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RPG dans une école de combat et de magie
 
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Seuls au monde

 
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Pilipa
Eleve d'Illusia

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MessagePosté le: 28/03/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

Une masse difforme. Une poigne aquatique. De l'eau froide et salée. Elle se débat, elle panique. L'air lui manque. Un éclair la transperce...

Elle se réveille, en sursaut. Où est-elle ? Des grains chatouillent ses mains et pieds. Surprise. Elle se trouve dehors. La sorcière se lève, et contemple sa nouvelle chambre. L'endroit lui est familier. D'abord, parce qu'il y fait chaud. Ensuite, pour sa mélodie si particulière. Enfin, parce qu'elle se trouve sur une plage. Une île ? Est-elle rentrée chez elle ? Par quel miracle retrouve-elle son foyer ?

En simple pyjama, le caméléon déambule sur le sable, incrédule. Elle scrute les vagues. L'onde turquoise s'épanche tranquillement. Rien à voir avec la masse aqueuse qui hante ses nuits. Elle tend un pied. L'eau est chaude. Elle les immerge.
Par quelle miracle retrouve-t-elle ses chevilles caressées par le courant chaleureux des tropiques ?

Une horde d'oiseaux s'envolent dans un vacarme inquiétant. Alerte, elle s’accroupit et emprunte l'apparat du grain blanc immergé d'aigue-marine. Le pyjama repose étrangement entre mer et air. Quelque secondes. Elle se relève et détaille l'inquiétante jungle. L’œuvre d'un prédateur ? Avec vigilance, elle quitte sa posture pour emprunter le sentier de la plage.

Rien autour d'elle, hormis le ciel, la mer, la plage, le volcan. Son regard porté sur l'environnement, elle comprend qu'elle n'a pas retrouvé ses terres natales. L'air ici est plus... inhospitalier. Les volutes de fumée entourant le pic encouragent la prudence et non le relâchement qu'elle désire pourtant ardemment. Elle doit comprendre.

Son esprit dessine le récit de sa récente actualité. Hier, elle s'est endormie dans son lit, qu'elle avait trouvé dans sa chambre après la visite des cantines, où elle avait emporté un repas frugal et frugivore picoré dans la déprime. Elle se remémore l'infirmerie et le déplaisant discours de son mentor la prévenant des revers déplaisants qu'engendrerait son échec. Péniblement, elle ressasse ces souvenirs, ces témoins qu'elle aurait souhaité pouvoir écarter. Illusia ne passerait pas sur son faux pas, lui avait-il souligné...

Soudain, elle comprend. Tout devient clair à ses yeux. La raison de sa présence ici ; l'identité de l'île sur laquelle elle a été déposée. Oui, elle pouvait expliquer les raisons de son échouage ici. Illusia l'avait renvoyé. Pire, elle l'avait répudié. Plus terrible encore, elle l'avait exilé ! La jeune femme reste immobile devant la subite nouvelle. Seule, sur cette plage, on l'avait isolé parce qu'incapable de suivre la voie de l'école.

Le choc rencontre le creux de son ventre, et lui arrache un sanglot. Ainsi, on l'avait destinée à errer, pour toujours, sur ce maudit îlot, loin de tout, et, pire que tout, loin des siens. Le conseil l'avait donc proclamé : elle ne pouvait demeurer dans l'école, ou même retrouver son foyer.

L'esprit sapé, le caméléon déambule, hanté et hantant son nouveau domaine qu'elle pense lui être attitré.


(Digital Art par Renegade64)




Avec ses crocs, elle arrache le tendre gésier qui s'engouffre dans son œsophage et la soulage du harcèlement de la faim. La quiétude s'installe en elle. La remembrance du lointain passé apaise son âme. Son regard, vague, contemple les incandescences qui rougissent une volaille embrochée.

Elle prend une inspiration. L'air s'échappe et emporte le poids d'une tension qu'elle ne devine que dans sa disparition. Une pause, enfin. Non, plus qu'une pause, l'arrêt définitif des combats. La conclusion finale des luttes. La disparition totale des affrontements.
Enfin, elle goûte à l'ivresse d'être libre. Enfin, elle savoure la certitude de pouvoir vivre en paix. Derrière elle, les armes et le sang ! Derrière elle, les larmes et la malchance ! Elle rêve, à cœur ouvert, de sa destinée : simple, tranquille, paisible.

Les derniers filaments du gibier rongés, la lumière du jour bientôt consommée, elle s'élève et s'étend pour accueillir en elle une nouvelle fatigue, rédemptrice. De celles qui vous annoncent que l'effort est terminé, que réellement vous pouvez vous reposer. Se réfugiant dans un hamac de lianes fraîchement monté, elle se perd volontiers sur le sentier brumeux du sommeil. Consolée, elle s'abandonne, et s'endort. Mais toujours, ses rêves sont agités.






Ses doigts jouent avec une pièce qui danse de son index à son majeur et passe par son annulaire avant de reprendre le chemin inverse arrivée à l'auriculaire. La pièce d'or poursuit son manège, inlassablement, découvrant alternativement sa face pile et son côté face.

Le regard mort, celui qui la manipule attend patiemment, son poing supportant sa tête, le coude posé sur une table en décomposition. Diverses cartes et parchemins devenues illisibles jonchent la surface, prêtes à se décomposer au moindre souffles. Aucun air ne traverse sa poitrine.

La cabine exhale un air de renfermé, de moisissure, de poussière, de mort lointaine dans lequel repose l'exhumé. Des fissures constellent le parquet et les planches des murs agoniques que des rats, dont la vie est incertaine, occupent. Alors, dans l'éternel stupeur du mausolée, des coups lents résonnent à intervalles interminables avant de s'éteindre, enfin. Une voix gutturale traverse la porte :


« Capitain... Toujours aucun... trace des pièc... manquant...
-Continuez les recherches... »

Le souffle damné s'éloigne, pendant que le bras crochu du fantôme se lève pour tracer une énième entaille sur le plateau rongé par les griffures. Le décompte illisible des jours se poursuit, éternel, alors que le « capitaine » joue sans fin avec sa pièce.





Le chant des oiseaux nocturnes se transforme en cacophonie alarmante. La jeune femme se réveille de stupeur à l'envol fugitif de la faune aviaire. Elle descend discrètement de son lit de lianes pour ramasser sous la lueur des braises mourantes les galets qu'elle avait collecter plus tôt par précaution. Par des gestes vif mais silencieux, elle achève son feu à l'agonie en le recouvrant de terre avant d'emprunter, invisible, le sentier qui la rapproche de l'incident.

La végétation luxuriante couvre la terre des halos de la lune et masque de ténèbres son chemin qu'elle parcourt à l'instinct. Le silence paisible qu'elle retrouve est bientôt rompu par de lointaines échauffourées. Pressant le pas, elle se rapproche du combat pour bientôt découvrir, dans un théâtre de lune, un combattant vigoureux en lutte avec trois créatures humanoïdes dont l'allure ne présume pourtant d'aucune articulation vivante.

A terre, repose une première victime aux membres désolidarisés. La figure guerrière tient en respect ses trois adversaires avec une remarquable maîtrise. A couvert, la jeune femme admire la silhouette vengeresse dont les gestes et la danse ne manquent pas de lui rappeler les guerriers qu'elle a côtoyé il n'y a pas si longtemps encore. D'ailleurs...

Sans qu'elle n'ai le temps d'analyser l'inédite hostilité qu'elle éprouve, l'ombre poursuit un nouvel assaut qui met à terre un deuxième opposant, avant de s'attaquer sans sommation à son camarade dont la réaction lente ne parviendra pas à le protéger. Derrière eux, le dernier pantin mal articulé tente fourbement de l'attaquer par derrière, levant son sabre sans pourtant parvenir à l'abattre, puisqu'il repose désormais au sol, détaché. Le choc d'un deuxième galet fissure son crâne qui vole quelque instants avant de ricocher sur le sol pour s'immobiliser. Un coup final de la part du guerrier le fera rejoindre son coéquipier qui gît déjà au sol.

Le silence s'installe sur la scène du combat terminé, alors que la silhouette regarde autour d'elle. Un élève. C'est un élève d'Aréna. La jeune femme en est certaine. Rien ne trahit plus ces combattants que l'agacement qu'elle ressent malgré elle à leur encontre. Elle quitte son invisibilité pour se découvrir. L'incompréhension et la frustration la gagne. Pourquoi rencontre-t-elle un ancien coéquipier dans son nouvel havre de paix ? Pourquoi devait-elle se retrouver à nouveau impliquée dans le chaos des combats alors qu'elle saisissait enfin sa retraite ?

Encore incapable de saisir les traits de l'élève, elle s'approche, les mains levées en signe de trêve, pour rencontrer celui qui la dérange dans son repos mérité.




Niveau rapidité, ça commence mal, mais je vais faire des efforts. x)
J'ai plus ou moins une idée de comment on pourrait jouer la quête, que vous êtes tout à fait libres de ne pas suivre. :P
Si vous souhaitez en savoir plus (parce que vous n'avez pas peur du spoil) je reste disponible.
Je n'ai pas décrit l'arénien que je rencontre, à vous de choisir qui prend ma suite. Vous pouvez interpréter mon personnage pour dérouler l'intrigue. Si vous avez un doute, je suis là.
De même, comme toujours, si quelque chose ne vous convient pas, n'hésitez pas m'en faire part !

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MessagePosté le: 28/03/2018    Sujet du message: Publicité

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Lynn
Officier d'Arena

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MessagePosté le: 28/03/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

    Gueule de bois ?

    L'Orthros peinait à ouvrir les yeux, à refaire émerger son esprit des pénombres.
    L'immense douleur qu'elle ressentait sur le côté de son crâne la poussait à accuser son ami, Alcool, mais pour l'instant, rien n'était sûr. Elle était incapable de remettre ses idées en place, ni même à soulever ses lourdes paupières. Pourquoi pas continuer à dormir ? Dans un effort surréel, elle bascula sur le côté. En l'absence d'oreiller, son bras bougea mollement, se plaçant sous sa pesante tête.
    Chaque sensation lui semblait étrangère... Même son lit lui paraissait différent... D'ailleurs, était-elle dans son lit ? Ou bien dans celui de quelqu'un d'autre ? Était-ce même, un lit ? Elle n'avait aucun souvenir d'une quelconque bouteille, ou d'un quelconque verre si ce n'est un jus de fruit. Elle se souvenait vaguement de l'infirmerie, du réfectoire...
    Ses sens lui hurlaient de se réveiller, comme pour la prévenir de quelque chose d'anormal.


    Du sable.

    Ces grains, dans sa main, tirèrent définitivement la Guerrière de son ensommeillement. Le mouvement vif pour se redresser lui arracha un feulement de douleur et, tandis qu'elle se massait la tempe, son regard analysait d'un air presque absent les grains dorés sur lesquels elle était assise. Quelle partie d'Arena... ? Aucune ne présentait du sable... si ? Mais lorsque son ouïe lui revint, la houle répétitive lui fit lever les yeux vers l'horizon incertain... La plage ? Une fichue plage ? Certainement les Îles Terribles... Elle avait déjà visité les environs auparavant, mais comment était-elle arrivée ici ?
    L'incompréhension la gagnant, l'Orthros, malgré la douleur lancinante, tourna la tête à gauche, à droite, comme pour chercher à voir l'auteur de cette mauvaise blague...
    Personne.
    S'agissait-il d'une mauvaise blague de son ancien Formateur qui, dans son ennui, avait décidé de téléporter sa « Maîtresse » sur la plage ? Mais dans ce cas, pourquoi Diable était-elle seule ? La Traqueuse néophyte éprouvait des difficultés à faire appel à ses sens encore troublés par... quelque chose.
    Avait-elle été droguée ? L'impression que quelque chose ne tournait pas rond chez elle ne la rassurait guère. Certes, elle n'était toujours pas pleinement remise de son épisode au Palais Maudit mais l'Infirmière lui avait assuré qu'elle allait bien ; elle n'avait pas eu besoin de médications et s'était nourrie...

    Étant donné qu'il n'y avait personne sur cette fichue plage pour répondre à ses questions, Lynn s'était décidée. Se relever et rentrer.
    Époussetant ses vêtements et secouant vaguement sa cape pour faire disparaître le sable qui s'y était infiltré, Lynn réalisa, à son grand déplaisir qu'elle était non accompagnée de ses armes. Une certaine sensation de nudité la traversa : au sein d'Arena, elle avait tendance à être non armée mais lors de sortie extérieure, pour sa sécurité, elle ne les oubliait jamais. Dans un juron, déstabilisée par cette situation, l'Orthros s'avança en direction de la forêt...
    Les décors étaient assez différents du bien célèbre Bois des Anges. Suivant le sentier dessiné, elle arpentait ce paysage mal connu de ses soins.



    Claquements.

    Cet étrange son ne présageait rien de bon. Et cela voulait surtout dire que la Guerrière n'était pas seule, dans cette immense forêt...
    Là devant elle, un spectacle bien étrange... Un petit groupe de... humanoïdes décharnés, certains même squelettiques. Était-ce une hallucination de son esprit toujours envasé ? Le fait qu'ils se tournent tous en sa direction avant de s'approcher, d'un pas lent, ne lui annonçait rien de bon... Après tous, ils étaient armés et malgré leur lenteur, un tranchant peut faire beaucoup de dégâts. La mâchoire claquante, l'un d'entre eux semblait lâcher quelques... mots ?

    Lorsque l'un d'entre eux, un peu plus vigoureux que ses compères chargea dans une sorte de course grotesque. Qu'avait-elle dont fait, aujourd'hui pour mériter tant de hargne ? Mais soit. Puisque ces... squelettes-zombies ou quelque soit leur appellation avait décidé de vouloir en découdre...
    Son coup de pied donné de manière frontale heurta de plein fouet la cage thoracique (ou du moins ce qu'il en restait) de son assaillant. Éjecté, il ne tarda pas à entrer en contact avec le sol. Une partie de son corps se disloqua dans un bruit de claquement bien spécifique et l'Orthros se mit en garde, prête à en découdre avec les trois restants... Bien qu'elle ait l'avantage de par sa rapidité, le fait de voir l'une de ses créatures posséder une épée, bien qu’ébréchée ne la rassurait guère. Il fallait qu'elle se concentre ; qu'elle fasse abstraction de toutes ces questions se bousculant dans son esprit.


    Rageuse.

    Son poing entra en contact, à mainte reprise, avec le crâne fracassé d'une des victimes. Comme pour expier une colère profonde, l'Orthros avait jugé bon de faire un excès de fureur sur l'un de ses assaillants. Mais, dans cet même excès, brouillée par sa furie, elle n'avait pas fait attention à ce qui se passait derrière elle. De plus, elle ne s'attendait pas à ce que ces morts... ne restent pas mort. Fort heureusement quelque chose, ou quelqu'un, avait pris soin de la rappeler à l'ordre. Son poing ensanglanté vint balayer l'humanoïde derrière, laissant à présent, le sol orné de morceaux et de corps bien étranges.
    Dans le coin de sa vision, une agitation est perceptible, si bien que, prête à se battre d'avantage, la Guerrière s'était saisie de l'épée ébréchée de son ancien assaillant. Loin d'un humain décharné ou d'un squelette animé : une silhouette. Malgré l'obscurité ambiante des lieux, elle discernait les formes féminines et grâce à sensibilité, elle devinait qu'il s'agissait d'une élève d'Illusia. Fronçant les sourcils et à présent plus proche de celle-ci, il lui semblait déjà avoir rencontré cette jolie Illusienne aux tons changeant, quelque part, des années auparavant. Dans l'impossibilité de se rappeler du prénom de celle-ci, mais voyant l'absence d'hostilité venant à son encontre, Lynn abaissa doucement arme avant de s'essuyer le coin de bouche sanguinolent qui présentait une trace d'un frais hématome.
    Déboussolée par ces récents événements, elle lança, le ton emprunt de confusion :


    « Toi aussi... ? Tu t'es réveillée ici sans savoir pourquoi ? »

    *Ou c'est juste moi qui devient folle ?*, voulu-t-elle rajouter mais, par peur d'effrayer la femme aux miles couleurs, sa voix s’étouffa.
    Avant même que la nouvelle arrivante puisse formuler une quelconque phrase, le bruit d'une mâchoire claquante dérangea les deux fraîches complices. Les membres disposés sur le sol commençaient à s'animer dans une danse funèbre, essayant de se rattacher à leur corps.
    Le lieu n'étant pas opportun à une discussion, l'Orthros invita la Sorcière à emboîter le pas pour s'écarter, le plus rapidement de ces immortels cadavres...

    Leurs pas avalaient les mètres dans une ambiance pesante, gênante. Selon ces dires, la jeune Illusienne s'était également réveillée, comme par magie, dans le sable. Vêtue de son simple pyjama, elle lui avait raconté que de sa chambre, elle était arrivée ici... Récit peu différent du sien, si ce n'est que l'Orthros avait la sensation d'avoir été droguée avant d'être transportée...


    Quelqu'un.

    Devant elles, un corps gisait, presque paisiblement sur le sol terreux de cette sombre forêt... Étrangement, Lynn ne sentait aucune hostilité à l'égard de l'endormi et se rapprochant, l'apparence de celui-ci lui rappelait son colocataire, Vost...
    Prudemment, elle s'approcha d'un pas lent puis, réalisant qu'il s'agissait bel et bien de son colocataire et non pas d'un quelconque piège ou illusion, Lynael retourna le Guerrier endormi. Avait-il été attaqué ? Assommé par ces créatures ? L'absence de fraîches blessures ou de trace de sang sur le corps albâtre indiquait que non, il allait bien ; il respirait. D'abord doucement, elle tenta de le tirer des bras de Morphée mais sous le regard inquiet de l'Illusienne et voyant l'inefficacité que son action avait, l'Orthros se décida à utiliser des moyens plus drastiques : des claques.

    Allez petit Démon, réveille-toi... Est-ce le Grand Méchant Vampire qui t'a mis dans cet état... ?

    Un bruissement fit retourner Sloan qui, encore nerveuse de par les derniers événements, avait saisi de nouveau l'arme de fortune. Mais, avant même que le responsable ne fasse son apparition et ne se montre à la lueur de l'astre lunaire, elle abaissa son arme. Non pas un monstre, un Arenien... Si ses sens ne la trompaient pas, il s'agissait du même guerrier qu'elle avait rencontré, plus tôt... dans la journée ? Hier ? L'Arenien qui l'avait prise pour une Lycan. Elle ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel, lâchant un : « Oh génial... » Elle voulut prévenir également sa compagne d'infortune que cet arriviste pouvait et allait certainement se montrer agressif mais la jeune Illusienne semblait prête à se défendre.
    La notion du temps un peu confuse, elle chassa ses pensées, s'accroupissant de nouveau auprès de son colocataire, toujours plongé dans le pays des Songes...
    À présent, ce petit groupe pouvait juste prier pour que leur petite rencontre surprise au milieu de cette immense forêt n'ameute pas plus d'invités indésirables...

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Irkaal Blackstone
Eleve d'Arena

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MessagePosté le: 28/03/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

La tête bouillonnante, les membres engourdis, la bouche pâteuse et le souffle haletant, Irkaal se redressa avec douleur et difficulté. Il constata qu’il n’avait pas d’arme, ni armure, et qu’il était trempé. Les vêtements humides lui collant à la peau lui faisaient comme une seconde peau. Il ne savait pas si le jour se levait ou s’il allait se coucher. le guerrier tourna plusieurs fois sur lui-même, cherchant à se repérer. Ici l’Homme n’était pas le maître, mais c’était bien la nature, l’odeur des végétaux, les couleurs des plantes qu’il n’avait encore jamais vus. Afin de déduire où il se trouvait, il se glissa entre un arbre et une paroi rocheuse et en prenant appui avec son dos sur le mur de pierre et ses pieds sur le tronc, il se hissa un peu plus haut. Presque sur la cime tanguant de droite à gauche sous les vents maritimes. Il comprit.


*Une île… les Iles Terribles. * Pensa-t-il.


Irkaal récupéra une branche au sol et en récupéra l’écorce encore souple et flexible, le guerrier s’en servit pour attacher une pierre relativement tranchante au bout formant ainsi une lance. Son instinct de survie, sa rusticité et son enseignement militaire lui seront des plus utiles encore une fois. Le guerrier s’enfonça dans la forêt sereinement, comme s’il s’avait où il allait, au fur et à mesure où il avançait il tentait de se souvenir de sa soirée, l’arrivée à Arena, sa chambre, le réfectoire ou la nourriture peut défier la gravité et la fille.


*La fille..., l’Orthros. *


Il n’avait pas pu s’excuser, il avait insulté cette pauvre fille publiquement, sur son simple jugement, erroné qui plus est. Il espérait ne pas avoir abimé le livre qu’elle lui avait prêté afin de découvrir qu’elle était cette fameuse race : Orthros.

Il marchait depuis plusieurs minutes déjà, pour lui le temps lui semblait figé. Il décida de faire une pause, il se mit à genoux et avec l’aide de la lance rudimentaire, il commença à faire quelques copeaux, puis il fouillât dans sa grande botte noire. Le guerrier en ressorti un vieux briquet en mèche d’amadou. Il fit rouler la pierre lançant d’infime petites étincelles mais malheureusement pas assez conséquente pour allumer son feu. La colère montante il le jeta dans le feuillage épais de la forêt où probablement il ne le retrouvera jamais, mais le bruit que fit le briquet en touchant le sol fut celui d’un son creux comme une boite ou un coffre.

*Un coffre*

Il se releva en vitesse cherchant désespérément son briquet et l’endroit où il aurait pu atterrir, au lieu de ça, après quelque pas dans la forte végétation, une lame émoussée lui effleura le menton. Dans un réflexe qui l’étonnait encore, il avait esquivé cette attaque venue de nulle part mais la lame revint à la charge, une fois, deux fois puis trois mais la troisième fois, Irkaal lui attrapa le bras le tirant ainsi vers lui dans un terrain découvert où il aurait tout le temps et l’espace pour combattre son adversaire dans les meilleures conditions.


*Un pantin, une marionnette squelettique, des guenilles élimé par l’eau salée et le soleil, un pirate maudit ? *

Les yeux d’Irkaal jonglaient du bleu au vert aussi vite qu’il en esquivait les attaques de son adversaire. Après une dernière esquive il roula au sol et attrapa sa lance de fortune avec laquelle il traversa la cage thoracique du pantin, lui laissant échapper un léger ricanement tant la situation était comique, il tentait de tuer un mort.Il avait voulu lui transpercer les poumons ou bien même le cœur, mais il se heurta à des os et uniquement des os. Il retira d’un coup sec sa lance et d’un revers de bâton il détacha le crane de son ennemi de sa nuque, l’envoyant voler a plusieurs dizaines de mètre dans la forêt touffue. Le corps de son adversaire s’effondra sur le sol tel un château de carte.
Le guerrier en profita pour récupérer la lame émoussée du pantin car le choc de sa lance et du crane avait brisé son seul moyen de défense.


Irkaal voulu se reposer à nouveau lorsque des bruits de combats à l’épée, similaire à celui qu’il venait tout juste de terminer l’attirèrent. Après une légère seconde de réflexion il s’effaça à nouveau dans l’immense monde vert qui l’entourait.


« Oh génial. » Une voix perça le bruit calme de la végétation.


Cette voix, il l’avait déjà entendu, hier probablement, il entre-ouvrit un rideau de liane de son sabre et se retrouva nez à nez avec trois personnes, du moins, seulement deux la troisième était inconsciente allongé sur le sol l’une des filles semblait le connaitre car elle tentait par plusieurs moyens de le réveiller.
Soudain, il reconnut la fille, l’Orthros.


« Vous avez essayé de lui boucher les narines ? » Demanda le guerrier.

Le regard plein d’incompréhension des deux femmes le fit sourire.

« Essayez de mettre son corps dans une situation de survie, si vous coupez sa respiration son corps en détresse le forcera à se réveiller et à respirer non plus par réflexe naturel mais de manière, comment dire, manuel. Vous voyez ce que je veux dire ? » Demanda Irkaal.

Toujours sur la défensive l’Orthros détourna le regard comme si cela ne l’intéressait pas.
Irkaal comprit et fit marche arrière, il s’enfonça de quelques mètres en gardant une portée suffisante pour entendre la discussion que pourrai avoir les femmes.
Il s’adossa sur un tronc son sabre à la main, tentant d’apercevoir son reflet sur sa lame, en espérant que l’autre homme se lève afin qu’ils puissent comprendre ce qu’ils faisaient sur cette île.

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Irkaal

L’amour, la haine, la douleur, le plaisir, la mort, la vie… Tout est là ! Pour l’humain comme pour le démon.


Dernière édition par Irkaal Blackstone le 31/03/2018; édité 1 fois
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Vost
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MessagePosté le: 31/03/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

* ~ Sérénité, quiétude. Le néant anéantissait les tourments, le silence congédiait les songes. Rien ne l’emplissait excepté un sentiment de béatitude, un repos lénitif loin du tumulte de la vie. La faucheuse l’avait-elle enfin dérobé ?

* ~ Malheureusement non.~ *


* ~ Le léger picotement qui engourdissait ses joues soutirait progressivement Vost à sa léthargie. Ses oreilles distinguaient vaguement une lointaine mélopée ; un orchestre confus de voix et d’instruments de la Nature jouait doucement. Ses narines se gorgeaient d’iode marin tandis que sa peau blême se trouvait caressée par une brise frivole. Enfin, des grains glissaient sur sa langue, accompagnés d’un goût minéral. Dans un effort incommensurable, il entrouvrit ses paupières pour recouvrer l’usage de son cinquième sens. En dépit de la pénombre, il identifia sans mal les singuliers iris métalliques de sa camarade de chambrée, penchée au-dessus de lui. Cette dernière le fixait, vraisemblablement inquiète – du moins autant que ne le pût laisser transparaître son visage d’ordinaire impénétrable. Derrière elle s’étendait une voûte céleste parsemée d’astres lumineux et encadrée par les cimes qui dépassaient de la végétation environnante.

* ~ Lynn, en proie à la miséricorde, veillait sur lui sous une belle nuit étoilée ? Probablement un rêve. Or le Démon connaissait fort bien sa capacité à muer le plus doux des songes en un effroyable cauchemar. Il ferma donc ses yeux dans le but de reconquérir l’état de somnolence abandonné quelques instants auparavant. Néanmoins, en plus de s’avérer vain, cela ne prémunit pas son cerveau de s’affairer : pourquoi divaguait-il au sujet de sa colocataire ? Lui manquait-elle à ce point ? Par ailleurs, les sensations semblaient étrangement précises, trop élaborées pour être le fruit de son imagination ; particulièrement celle d’une claque s’abattant avec véhémence sur le côté gauche de sa mâchoire.

Seuil de douleur atteint. Menace potentielle détectée. Réaction de l’organisme enclenchée.

* ~ Le buste de l’albinos, raide comme un piquet, se redressa promptement sans pour autant que ses fonctions cognitives ne suivissent le mouvement. Sa tête grondait, hurlait sous le joug de l’excessive vivacité de son geste ; si bien qu’il fut une nouvelle fois contraint de cacher ses iris rouges, les sourcils plus froncés qu’à l’accoutumée. Alors que sa bouche arborait un horrible rictus provoqué par la migraine, ses doigts saisirent ses tempes. Il demeura prostré ainsi quelques instants avant que la souffrance ne s’apaisât. Ensuite seulement, ses lèvres retrouvèrent une inclinaison normale puis sa main quitta son crâne. Ses cheveux ébouriffés décrivaient, autour de son visage hagard, un arc de cercle semblable à une crête. Pour couronner cet air déphasé, il laissa péniblement apparaître ses rubis entre ses paupières à demi closes.

* ~ Vost constata avec effroi que quelqu’un l’épiait. Une fille, debout devant lui. L’obscurité l’empêchait discerner ses traits mais elle portait... Un pyjama ? La biture de la veille devait être mémorable ; pourtant l’albâtre n’en gardait aucune réminiscence. Son regard, à présent effaré et chargé d’incompréhension, se tourna lentement dans la direction de Lynael dont il avait entrevu le visage précédemment. Effectivement, elle se tenait réellement à ses côtés. La mine désorientée de son colocataire lui arracha même un discret sourire qui s’estompa aussitôt. Apparemment, l’heure n’était point à la plaisanterie. L’Orthos expliqua que la jeune femme cocassement vêtue venait d’Illusia. La concernée, sans doute agacée de se voir affublée du banal pseudonyme « l’Illusienne », profita de sa mention pour se présenter. Même s’il estimait la situation inopportune, le Démon lâcha également son prénom par réflexe. Les leçons de civisme de Katy s’étaient visiblement ancrées dans son esprit plus profondément qu’il ne l’escomptait. Dédaignant les mondanités, la Traqueuse fraîchement diplômée continua quant à elle son rapport. Les deux femmes s’était croisées un peu plus tôt, assaillies par des êtres décharnées capable de réassembler leurs corps une fois démembrés. Des zombies pirates ? Sérieusement ? Les évènements prenaient la tournure d’un film d’horreur à petit budget proposé par une chaîne du câble.

* ~ Une soudaine agitation dans la forêt avoisinante happa l’attention de l’albinos qui émergeait progressivement. Une forme ondulait dans le dos son interlocutrice. Afin de l’avertir et de disposer d’une vue plus dégagée, il la poussa du bras, le plus gentiment possible au regard de son indélicatesse congénitale. Habituée à sa rudesse, elle ne lui en tint pas rigueur ; elle se contenta de lui indiquer que l’ombre qui s’avançait appartenait à un Arénien. Sûrement une nouvelle recrue puisqu’elle l’avait récemment aperçu pour la première fois. Le guerrier à la peau immaculée se sentit alors stupide. Les sens de l’hybride s’avéraient prodigieusement plus affûtés que les siens ; tenter de la prévenir d’un potentiel danger semblait risible, voire effronté. Interrompant subitement la discussion, L’homme qui s’extrayait de la jungle déclama lui aussi son patronyme, de manière plus solennelle toutefois. Il cherchait à comprendre pourquoi il avait été conduit en ces lieux. Cependant, personne ne fut en mesure de lui fournir une réponse, surtout pas la femme panthère qui le traitait avec le plus grand des mépris. Aucun des trois compagnons rassemblés par la fortune ne connaissait la raison de leur présence.

* ~ Malgré la fin de leur conversation, le regard perçant de Lynn ne s’était pas détaché de Vost. Elle attendait censément quelque chose de sa part. Il le saisit très bien : elle espérait que son esprit cartésien les aidât à s’extirper de leur délicate condition. Conformément aux expectations de son amie, ses méninges cliquetantes se réamorcèrent. Aussitôt, d’innombrables vagues de questions déferlèrent avec violence tandis qu’un turbulent geyser de souvenirs récents émergeaient des abysses de son subconscient. Comment avait-il atterri ici ? Un colosse au bras d’acier remontait des tréfonds de sa mémoire suivi d’un insupportable albinos à la matière grise rationnée… Sa propre arrogance l’avait-elle étouffé ? Ç’aurait-été une fantastique nouvelle. Puis, sa bien-aimée, à l’article de la mort, se fraya également un chemin jusqu’à la surface. La flamme du phare qui guidait ses errances brulait-elle encore ? Seul moyen de dissiper cette angoisse : regagner Arena en hâte. D’une part, comment ? D’autre part, le voulait-il vraiment ? Le chevalier avait abandonné la princesse dans les griffes du dragon ; seul le Créateur en connaissait les conséquences…

Activité cérébrale critique. Arrêt du processus. Protocole de survie engagé. Redirection de l’énergie vers les tâches prioritaires.

* ~ D’abord, une analyse de la situation présente. S’ils se trouvaient, comme le croyaient certains, au beau milieu des Îles Terribles sans armes ni armures dignes de ce nom, y rester s’apparentait à de l’inconscience ou de l’audace déplacée. Confirmer cette conjecture nécessitait une extraction des données pertinentes – lues dans divers ouvrages consacrés à la géographie – de son registre mémoriel en vue d’une comparaison à des relevés visuels. Relevés qui devraient être effectués depuis altitude élevée afin d’augmenter leur représentativité. Les renseignements recueillis permettraient par ailleurs l’établissement d’un itinéraire. Son hibou grand-duc aurait aisément pu atteindre la hauteur requise. Restituer le fruit de ses observations demeurait, par contre, hors de son champ de compétences. Heureusement, la lueur de lune suffisait à un humanoïde – dépourvu de vision nocturne – pour collecter des informations optiques. Néanmoins, le Démon soupira à l’idée d’utiliser les attributs propres à sa race. L’envie de dévoiler ses cicatrices lui faisait défaut mais la faible luminosité le décida. Bien qu’allégé par la fidèle Lynael, il se leva péniblement, les muscles toujours engourdis par l’excès de tranquillisants. Ses pensées dorénavant en ordre, il tendit la main à sa camarade qui arqua un sourcil, interloquée. D’une voix aussi assurée qu’éraillée, il la congratula :

« Félicitations, officier. »

* ~ L’intéressée, à la fois gênée et réjouie, lui répondit avec sa poigne vigoureuse. Bientôt, la paume gauche de l’albâtre se plaça également sur l’enchevêtrement de doigts ; la plus grande marque d’affection qu’il pouvait déposer sur une autre personne que Katy. En vérité, sa survie à l’examen le soulageait infiniment même s’il n’osa lui en dire mot. En revanche, il osa lui annoncer qu’une très bonne bouteille l’attendait dans la chambre flanquée du numéro un. L’alcoolique avérée promit qu’ils la sabreraient ensemble s’ils parvenaient à rentrer au bercail. Ragaillardi par la perspective d’une beuverie à venir, Vost ôta son T-shirt. À la vue du col distendu, il se remémora l’hideux visage de Renji, ce qui l’énerva passablement. Dans un geste motivé par la hargne, il jeta son vêtement puis s’écarta du groupe.

* ~ Immobile, paupières closes, le Démon inspira profondément. Un effroyable grondement de chair et d’os déchira l’atmosphère avant que ses ailes ne transperçassent sa peau immaculée. Elles se déployèrent dans un typhon de sang teintant le sol de reflets pourpres. Deux rivières vermeilles suivaient le cours de son dos musculeux. Après quelques battements hasardeux qui soulevèrent un nuage de poussières, Il prit finalement son envol. L’air courrait sur son torse nu, le vent tourbillonnait dans lobes. Une sensation agréable dont il ne put profiter longtemps car il atteint rapidement la hauteur souhaitée. Ses yeux plissés parcoururent alors l’horizon en quête d’éléments intéressants. Les données pertinentes qui se présentaient à lui furent promptement encryptées dans son cerveau. Une fois l’analyse terminée, l’albinos regagna la terre ferme afin de soumettre son rapport. Sans omettre de ranger ses ailes, ni de se revêtir, il déclara sur un ton monotone :

« Île jumelée avec un volcan toujours en activité. La probabilité qu’on se trouve sur l’archipel capricieux est élevée. Si c’est le cas, la station balnéaire n’est malheureusement pas sur cette île. Aucun signe de vie dans les alentours. »

* ~ Éreinté par la plus longue tirade de son existence, Vost se tût. Bouche cousue, ses pas le guidèrent auprès d’un arbre qu’il jugea assez vigoureux pour le priver d’un de ses appendices. Ses bras puissants arrachèrent la branche la plus massive se trouvant à sa portée. Pendant qu’il élaguait son arme de fortune à l’aide de son pied, il continua son monologue conditionné par les nombreuses missions effectuées ces deux dernières années :

« Je propose qu’on aille la station balnéaire demander de l’aide. Je peux rejoindre l’autre île en volant mais je ne peux porter qu’une personne... Ce sera forcément Lynn. Si ça vous plaît pas, on peut toujours nager. Je m’en remets à la décision de ma supérieure. »

Désolé pour la fin bâclée. Désolé également de ne pas avoir fait énormément intervenir vos personnages (exceptée Lynn) mais Vost est quelqu'un de froid et il les connait pas (exceptée Lynn)². D'ailleurs si vous voulez que je corrige certains passages, n'hésitez pas à MP ou à me contacter par messagerie instantanée (je suis souvent connecté sur le forum). Voilà, j'espère que ça vous a plu! =)
P.S. : Pilipa, Lynn m'avait parlé de ton idée de bateau volant, c'est pourquoi je l'ai évoqué! =) Si ça ne te convient pas, n'hésite pas à m'en faire part!

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MessagePosté le: 07/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

Rapidement, l'incident de nuit s'était soldé d'une suite de rencontres inopinées, bousculant ses plans paisibles de sorcière « exilée ». Partageant désormais la compagnie de trois aréniens, un sentiment vif et désagréable l'infiltre.

Devant elle, une jeune femme drapée de noir, rencontrée la première suite à une altercation avec l'au-delà. Plus grande qu'elle, la guerrière profite d'un jolie visage encadré de cheveux châtains aux reflets cuivrés. Sa carrure fine ne s'encombre pas de muscles proéminents, bien que ses coups, souples et puissants, démontrent chez elle une certaine force. La cape noire, sans se montrer froide, avait fait preuve de neutralité à son égard.

Le tempérament glacial semblait plutôt assigné à son camarade pâle, qui, à ses côtés, faisait montre d'un esprit plutôt cartésien, voire même, carrément nihiliste. Un spectre, lui semble-t-elle, dont la carrure se dissimulait sous un large t-shirt estampillé « Je suis Métal » avant de se découvrir, solidement bâtie, à l'apparition d'ailes démoniaques. S'il pouvait échanger un contact chaleureux avec la corneille, il n'avait pas gaspillé sa courtoisie en lui déclinant simplement son nom.

Si le caméléon ne manque pas d'intérêts pour ses deux camarades, le dernier guerrier, quant à lui, dispose d'un trait physique unique qui éveille franchement sa curiosité : le regard de l'arénien fluctue régulièrement, révélant à certains instants des teintes bleutées, violettes ou émeraudes. La variation chromatique étant propre à sa race, la sorcière se questionne quant à leur parenté, que différents détails corporelles infirment pourtant rapidement. Bien trop grand pour partager ses origines, le solide gaillard dispose de traits trop « anguleux » pour provenir des Îles du Sud. Son intérêt quant à lui semble pour beaucoup se destiner à la cape noire, que des regards violacées trahissent régulièrement.

A la fois seule et pour autant contrainte par le vilain triangle, l'apparition successive des aréniens avait révélé des chaînes que la sorcière naïve avait cru bon d'oublier. De nouveau, la poigne écrasante des écoles s'appose sur ses maigres épaules, chassant d'un vol ses rêves légers pour entériner l'installation de lourds cadenas à ses fers qu'un cortège de corbeaux quatre années plus tôt lui avaient imposé. Avec concision, le destin s'acharne à lui tracer une route pavée de plumes sombres et tâchées d'écarlate pour guider ses pas vers l'épreuve.

Pour confirmer sa captivité, le ciel lui même s'entrave d'un impénétrable manteau humide prêt à lier terre et mer dans un barrage de torrents chaotiques. La cape noire, sensible à la tempête naissante, décline cordialement l'offre de son camarade pâle, qui, pourtant peu loquace, lui suggère lourdement sa fidélité, évinçant de fait quelconque coopération équilibrée. Un agacement franc nourrit l'hostilité inhérente qu'elle éprouve à leur encontre. Une vague angoisse s'imprime au creux de sa poitrine, que la solitude et un vent de plus en plus insistant attise. Peur et colère s'embrase en elle et s'échappent en mots :


« Je n'ai aucune raison de vous faire confiance ! Enfin... Pas encore... Je suis prête à coopérer, mais ne me laissez pas de côté ! »

La sentence accueillie d'un silence gêné s'achève par la décision commune de rejoindre le centre balnéaire par la voie du sol. Avec un peu de chance, il parviendrait à trouver une barque. Sinon, ils éprouveraient l'océan à la nage.




Concentrée sur son fagot plus ou moins épargné par le déluge, la sorcière dispose son atelier pour former quelconques incandescences capables de réchauffer sa peau lessivée par la mousson. A l'aide d'un silex, elle tranche deux planchettes, dont elle couvre l'une de paille sèche pour pointer en son centre un stylet boisée qu'elle fait bientôt tournoyer par son arcane. Quelques secondes de frottements réguliers parviennent à provoquer flamiches et fumée qu'elle transporte pour embraser un foyer plus important composé à ses côtés. Son œuvre ignée terminée, la jeune femme s'occupe d'essorer ses habits imbibés pour, par la suite, leur faire décrire et emprunter un cycle régulier et rapide. Longtemps fascinée par le roulement mécanique et constant de ses vêtements dans le sèche-linge de sa chambre, la sorcière inspirée s'est appliqué à reproduire la technique simple et magique.

« Ça intéresse quelqu'un que je m'occupe de son linge ? »

Les guerriers, plus ou moins occupés à l'entretien de leurs armes de fortunes, gardent le silence. Sa déclamation passée n'aidant pas à nouer un lien amical, la sorcière se retrouve plus ou moins seule écartée dans la salle qu'ils occupent. Déconvenue par l'état chaotique des flots, le petit groupe esseulé avait trouvé refuge dans un phare découvert non loin sur la pointe d'une arche formée par la falaise. Rendue passablement nerveuse par l'écho déchirant du tonnerre et la vindicte venteuse feulant à travers les maigres interstices des panneaux servant de fenêtres, la jeune femme parcourt les différents étages pour trouver quelconques draps capables d'isoler leur habitat.

Sa recherche bientôt vaine donne pourtant lieu à l'étonnante trouvaille d'une série de tonneaux soigneusement rangés portant la truculente inscription « Rhum ». Déstabilisée par des réminiscences honteuses qu'un passé alcoolisé au développement aberrant lui avait engendré, la jeune femme hésite longuement pour céder à la tentation onirique qu'une ivresse certaine pouvait lui procurer. Sermonnant avec elle-même un pacte vain de modération, la sorcière transporte à l'aide de son don le tonneau le plus susceptible de s'être correctement conservé dans le temps. Des regards interrogateur accueille le baril, que l'illusienne introduit ainsi :


« Je sais qu'on est pas parti sur de bonnes bases, mais... L'orage me met un peu sous tension, et... Ça peut être sympa, pour passer le temps ? »

Les trois guerriers, sceptiques, considèrent la proposition de la jeune femme avec circonspection. Était-il judicieux de s'enivrer en telles circonstances ? La jeune femme, quant à elle, connaissait déjà sa réponse. S'emparant de pichets reposant dans l'un des rares meubles de la pièce, elle entame d'éventrer le couvercle pour se servir une lampée généreuse qu'elle humecte d'une grimace révulsée avant d'avaler une longue gorgée.

Bientôt portée par l'entrain verbal de l'alcool, elle partage -non sans mal- les différentes et récentes difficultés qu'elle rencontre : sa rencontre inopinée avec son ancien amant arénien, sa formation échouée et la posture délicate léguée par l'école, ses cauchemars récurrents... Tout y passe dans un joyeux discours chaotiques.


*



Bien qu'encore soufflée par les quelques volutes d'éthanol résistantes, la jeune femme se réveille à l'entente stupéfiante d'une vibration sonore qu'une tempête pourtant redoublante ne parvient pas à masquer. L'écho présume un chant profond et subaquatique qu'elle entend pourtant clairement dans l'atmosphère. Ses camarades, frappé eux aussi par le récital éthéré, accuse la surprise avant d'emprunter la voie des escaliers pour observer le phénomène de leurs propres yeux.

Le spectacle déchaîné d'un océan en proie à la folie expose à leurs regards préoccupés des rideaux de brumes et de vagues confondus qu'un vent furieux manipule dangereusement. Régulièrement frappés par la houle démesurément gigantesque, l'équipe distingue avec difficulté la cantatrice élancée qui danse avec élégance entre brouillard et cumulus enragés. La superbe créature, lorsqu'elle ne se couvre pas sous les voiles célestes, éclate en flash lumineux que sa robe parsemée d'arcs électriques déclenche. C'est une saisissante baleine qui, devant leurs yeux ébahis, parcoure le ciel orageux et dément.

Submergée par le ballet puissant qu'offre le cétacé, les élèves étourdis sont bientôt rappelés à la réalité par la mise en branle du sol qui les supporte. La tempête cauchemardesque menace d'ébranler la tour de veille pourtant parée au siège de la mer. Dans un vent de panique, guerriers et sorcière dévalent l'escalier du bâtiment qui s'effondre à mesure qu'ils échappent à sa destruction. Plafonds et meubles s'écroulent tandis qu'ils abandonnent barrique et campement qu'une dalle désolidarisé vient bientôt faire exploser. Alors qu'ils franchissent l'arche pour rejoindre l'orée de la forêt tropicale, le ciel disparaît pour libérer sa lame vengeresse et aveuglante. Le phare, immuable vigile des océans, abdique sous le courroux vengeur de son éternelle rivale.

Désarçonné, le groupe questionne du regard la corneille pour écouter son instinct à travers la situation chaotique...



Commençons par des excuses ! Je m'engage à être beaucoup plus communicatif sur l'évolution de mes prochains posts.
Pour être le plus transparent possible, voici pêle-mêle les difficultés que j'ai rencontré à l'écriture de celui ci : l'intention d'apporter un projet épique à cette quête ; la distinction subtile entre "j'impose mon histoire" et "j'attends qu'on fasse avancer le récit" ; l'interprétation de mon personnage (pas encore clair dans ma tête) ; la prise à partie respectueuse des vôtres, sans pour autant les ignorer ; une production d'écriture lente et compliquée.

Dans les intentions qui m'ont poussé à choisir cette quête, il y a le champs vaste des possibles qu'elle propose, et son but difficile à atteindre (rejoindre les écoles sans moyens malgré les voies maritimes). Pour vous situer le contexte, j'étais en train d'écrire ma fiche et son histoire. J'ai donc commencé à imaginer un scénario rocambolesque, oubliant la règle élémentaire des Jeux de Rôles qui est la collaboration entre joueurs. Je me suis un peu trop laissé porter par mon délire de pirates maudits, de bateau volant et par la liberté solitaire qu'offre l'écriture personnelle d'une fiche, pour enfin me confronter à la réalité du jeu. J'ai eu beaucoup de mal à me situer entre la proposition et la masterisation et j'en profite d'ailleurs pour vous présenter de nouvelles excuses : j'ai conscience d'avoir été un peu mégalo dans la prise d'initiative.

Bref, j'ai vécu une longue pénitence pour rééquilibrer mes perspectives et tenter de composer et proposer un post convenable sans abandonner pour autant mes motivations premières. Je ne suis absolument pas certain d'y être parvenu, mais j'ai bon espoir. Du coup, vos retours me sont vraiment importants.

Pour vous situer sur comment j'ai imaginé la scène :
Post 1 : Des pirates, en des temps ancestraux, subirent la malédiction d'un trésor leur ôtant la perspective de la mort. Pour lever la condamnation, ils doivent réunir les pièces d'or qui le compose.
Post 2 : Le capitaine, alarmé par l'approche de sa Némésis, réunit son équipage pour combattre la terrible baleine des océans.

Pour ce qui est des perspectives, j'ai plus ou moins été pioché dans pas mal de références :
-Le capitaine et son second sont clairement inspirés de Crochet et Mouche, de l'univers de Peter Pan. J'avais imaginé en premier lieu qu'on nouerait un pacte avec ceux ci pour retrouver les pièces d'or manquantes dérobées par un ennemi disparu affilié à Peter Pan, suite à une prise d'otage de ma part ou à un pourparler en situation périlleuse d'encerclement. J'avais même imaginé qu'on se retrouve dans une grotte où l'on trouverait un cadavre (Clochette) et son témoignage à la craie ou au charbon sur une paroi (pour prévenir de la malédiction). Une autre idée, encore, était que les protagonistes étaient d'anciens élèves livrés sur l'île (comme nous), et que la malédiction des pièces les avait possédés pour leur faire incarner les personnages que je décris ci dessus. "Clochette" aurait été l'illusienne à l'origine de l'envol du bateau et Crochet un autre illusien capable de nécromancie (undeadception).
-Pas certain de devoir expliciter pour les pièces. Pirates des Caraïbes, toussa.
-La baleine fait référence à Moby Dick. Comme je trouve ça marrant de mélanger les univers, j'avais dans l'idée que la petite "Moby" porterait la responsabilité du membre crochu du capitaine. Pour la remasteriser un peu, je me suis inspiré d'une illustration de baleine volante qui m'a fait écho avec un exemple de baleine carrément malveillante que j'avais vu dans un animé que je regardais plus tôt dans mon calendrier (avant que l'écriture absorbe presque toute mon âme xD).

Voilà grosso modo mes inspirations et projections sur les protagonistes. Dans ma tête, j'ai pas franchement défini de moralité ou d'éthique claires pour les personnages. Je trouve assez intéressant d'ouvrir le champs sur l'ambivalence, plutôt que de restreindre à un tableau manichéen. Mais ça, c'est ma vision personnelle, pour le coup. Libre à vous d'en faire de purs méchants.

En ce qui concerne mon propre personnage, porté que j'étais par l'intrigue global, j'ai eu beaucoup de mal à la situer dans le groupe et gérer ses réactions que je voulais sensibles mais non extrêmes (un défaut que j'ai souhaité régler avec sa nouvelle direction). Pilipa est franchement pas à l'aise dans ce contexte tempétueux que je voulais développer pour avancer dans son schmilblick personnel (disparition de son père). J'ai insisté sur sa réaction face à Irkaal car il est fort probable que je lui fasse évoquer son père à travers un réminiscence traumatique quasi hallucinatoire d'ici l'un de mes prochains post. En ce qui concerne Lynn et Vost, Pili est un peu dépourvue face aux caractères réservés et froids (dont Vost est un cas d'école). Le fait qu'elle soit la seule illusienne évoque un sentiment d'isolement proche de sa vie dans les rues. Pour autant, son côté "bisounours" la pousse à tenter de briser la glace. C'est un personnage qui recherche beaucoup les contacts amicaux et rassurants. Pour le passage alcoolisé, j'avais imaginé que vos personnages se prêteraient bien à la proposition (je m'inspire des beuveries entre Katy, Lynn et Vost) mais je n'avais pas envie de m'avancer trop dans le jeu de vos personnages. Je supposais que vous en profiteriez pour exposer vos récents déboires avec Renji, Katy, Kira ou votre passé de chasseur de loup pour Irkaal. J'ai mis un * pour signifier un possible rajout selon vos volontés personnelles.

Pour la suite, je compte beaucoup sur l'intuition de traqueuse de Lynn. J'avais imaginé des indices pour nous guider (cf la grotte de clochette) mais je n'avais plus vraiment le temps d'y réfléchir. Encore désolé pour l'attente, et au plaisir de vous lire !

{HRP2} Partie sur les pirates enlevée, comme convenue !
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Dernière édition par Pilipa le 11/04/2018; édité 1 fois
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Lynn
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MessagePosté le: 10/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

    L'Orage.

    Adossée au mur d'une bâtisse délabrée, l'Orthros ne put s'empêcher de se crisper à chaque grondement sourd. L'échine déchirée par les mauvais souvenirs des punitions et gifles à répétition, Lynn tentait néanmoins de ne rien laisser transparaître, espérant que son impassibilité habituelle ait fait masque. Cependant, elle avait repéré, du coin de l’œil, qu'elle n'était pas la seule à être dérangée par ces plaintes violentes d'un ciel grincheux. Pilipa, l'Illusienne, arborait une certaine nervosité. Peut-être était-ce du à la météo peu clémente et capricieuse, ou bien au fait qu'elle était la seule Sorcière du lot. Sloan avait déjà tiqué sous sa réaction précédente que la femme-caméléon ne se sentait pas réellement à l'aise.
    Un sentiment d'exclusion, la solitude...
    Là, encore, elle se revoyait, petite. L’élément externe de la meute dont la présence dérange. L'intruse. La préposée à l'abandon.


    Rhum.

    Lynael haussa un sourcil voyant le baril se poser devant ses yeux. À présent, sûre qu'elle n'était pas la seule à être malmenée par l'orage, elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire furtif à la proposition de l'Ilusienne. Celle-ci s'empressa de se servir, peut-être pour montrer sa bonne foi, ou bien pour se dépêcher de noyer ces derniers événements dans des gorgées d'eau-de-vie.
    Vost et l'autre guerrier semblèrent plus que perplexes, voire réticents à la proposition. Après tout, ils étaient là, au milieu de nulle part, sans leurs armes, sans trop savoir pourquoi...

    Malgré cela, Lynn se leva, attrapant au passage un pichet qu'elle épousseta rapidement avant de s'approcher à son tour du tonneau. Était-ce réellement une bonne idée de boire ? Après tout, elle sortait récemment de sa formation, était encore fatiguée et avait possiblement été droguée. Sans compter la fatigue psychologique et émotionnelle causée par ses déboires avec une certaine personne... Et le conseil d'un Chaton-Humain qu'elle comptait bien suivre.
    Le verre de fortune rempli, elle alla cette fois-ci s'asseoir, plus proche de sa compère féminine. Une action anodine pour certains, mais qui voulait dire beaucoup plus pour Lynn. Réduire les distances, ne pas l'exclure comme elle l'avait été. L'Orthros inclina la tête direction de la Caemélidé, mimant de manière minimaliste l'action de trinquer avant de poser son regard sur le contenu de son verre. Même verre qui, au fil des minutes, se vidait lentement.

    Compatissante aux déboires de sa consœur mais gardant son air immuable, elle hochait la tête de temps à autre, comme pour rassurer la bavarde qu'il y avait au moins une paire d'oreille qui l'écoutait. Après tout, toutes informations étaient bonnes à prendre, même si Lynn ne put s'empêcher de faire un parallèle entre la rencontre inopinée de l'ancien amant de Pilipa -qui au passage, se révélait être son ancien colocataire, Eöl- avec ce qu'il s'était passé durant sa propre et tumultueuse formation. Contrairement à la Sorcière, l'Orthros gardait ses désillusions et mésaventures en sourdine. Et bien que l'envie de profiter de ce moment de partage pour déverser sur sa situation la traversait, elle se murait dans un silence, laissant la parole à qui veut la prendre.
    Se confier ? Elle ? Elle le pourrait. À Pilipa et à Vost, peut-être. Avec de nombreuses gorgées supplémentaires, aussi. Mais le fait d'avoir un élément perturbateur dans l'auditoire empêchait la jeune Guerrière à livrer ses tourments. Après tout, cet Hybride aux yeux changeant, l'avait ouvertement agresser et parfois, elle sentait son regard la darder.
    Durant ces mêmes minutes, Lynael avait réduit encore la distance les séparant et, ne sachant que faire lorsque l'Illusienne se tourna une énième fois vers elle, comme pour attendre une solution à ses impossibles démons intérieurs, la Féline apposa doucement sa main sur la tête brunette avant de la tapoter délicatement. Une manière bien à elle de dire « Ne t'en fais pas, ça ira... »

    Néanmoins, Sloan daigna partager quelque chose, dans un soupir. Presque malgré elle, levant les yeux au plafond abîmé laissant infiltré l'eau et le vent, elle lâcha :
    « Je déteste vraiment l'orage... »

    ~_~_~


    Une créature bien étrange...

    En toute honnêteté, c'était bien la première fois que les yeux de Lynn se posèrent sur ce genre de créature, ailleurs que dans des livres. D'ailleurs... N'était-ce dont pas là, une Baleine ? Pourquoi naviguait-elle dans les airs ? Était-ce les réminiscences d'alcool et de drogues qui affectaient son cerveau ?
    Le chant étranger qui s'en dégageait laissait l'Orthros totalement décontenancée. L'incompréhension la gagnant totalement, elle tenta néanmoins de se reprendre lorsqu'elle sentit le regard de ses compagnons d'infortune se poser sur elle. Elle se contenta d'incliner la tête à leur égard avant de balayer de nouveau les cieux, puis la terre. La pluie diluvienne s'abattait toujours avec autant de ferveur et les éclairs stridents dont la violence faisait pâlir la Guerrière déchiraient de temps à autre les airs. Un flash déchira de nouveau leur vision, frappant un arbre quelconque dans la forêt...

    Il leur fallait un abri. Attendre que cette tempête se calme pour pouvoir, d'un moyen ou d'un autre pouvoir rejoindre la station balnéaire. Rester loin des arbres, de l'eau, ne pas se balader avec une épée pouvant faire office de paratonnerre... Son épée recyclée était restée à l'intérieur du phare. Aux vues de son état, elle n'aurait pas survécu longtemps. Alors qu'ils commençaient à se détremper lourdement, elle jaugea de nouveau les alentours, passant ses yeux sur ses compagnons. Son regard se porta alors sur Irkaal, puis sur l'épée qu'il avait pris soin d'attacher à sa ceinture. L'Arenienne appuya lourdement son regard sur l'arme de celui-ci, attendant un geste, une réaction de sa part. Mais celui-ci se contentait de la regarder fixement, ses iris arborant un mélange de bleu-violet. Légèrement crispée par son incompréhension, mais encore passablement alcoolisée, Lynn s'approcha de lui d'un pas vif. Son regard défiant se planta dans le sien et, sans le quitter des yeux décrocha l'épée émoussé qu'il s'était amusé à garder. Celle-ci finit sa course dans le sol humide.


    « Pour t'éviter le « coup de foudre ». » lui lança-t-elle.

    ~_~_~


    La vue embrumée et l'odorat mis à mal par toute cette humidité, l'Orthros essayait tant bien que mal de mettre à profit ses sens. Peut-être que le plus simple serait de faire appel à sa seconde forme ? Elle ne pouvait pas réellement demander à Vost de réitérer son observation des alentours avec un temps pareil...
    Ils durent marcher un petit moment sous la pluie, évitant de trouver refuge sous les bois. Exaspérée et les nerfs éreintés par l'énième grondement elle s'arrêta une nouvelle fois, observant de nouveau les alentours. Ses yeux captèrent ce qui ressemblaient à une cavité, possiblement une grotte. Avec de la chance, ils pourraient s'y abriter, et attendre le retour au calme. Tout en espérant que la Baleine Volante, peut-être le fruit de leur imagination encore alcoolisé ou drogué ait disparu d'ici là. Elle fit signe aux autres de la suivre tandis que leurs pas s'embourbaient dans un sol trop imbibé.

    Une certaine appréhension traversa la Féline à l'entrée de la caverne. Peut-être l'antre d'un dragon ou du rejeton de la Baleine ? Rien ne pouvait la surprendre après la vision d'un cétacé volant... Provenant du lieu, un cliquetis répétitif lui parvint aux oreilles. Quelque chose, poussé par le vent s'écrasait sur les parois un peu plus loin mais en l'absence de lumière en ces lieux, il était difficile de savoir quoi. Cependant, elle ne ressentait aucune présence, aucune hostilité mais qui sait... Peut-être que l'endroit était piégé ? Prudente et n'étant point nyctalope, elle se tourna vers les deux Guerriers et l'Illusienne, tous détrempés et visiblement éreintés de leur longue marche :


    « Quelqu'un a de quoi faire un feu ? »

    Sloan appuya néanmoins son regard sur Pilipa, peut-être qu'avec ses pouvoirs, elle pourrait réitérer un nouveau feu avec quelques brindilles et silex... Mais avant même quelqu'un n'ait pu répondre à l'affirmative ou négative, elle s'avança d'un pas en direction des fourrés. Elle jurait que quelque chose avait bougé... À moins qu'il ne s'agissait juste de l'eau, secouant sauvagement les buissons épais à quelques mètres d'eux, ou une affabulation de son esprit fatigué. Néanmoins, elle eut juste le temps de crier un « Baissez-vous ! » que quelque chose vola en leur direction.

    Flèche.

    Le petit quatuor n'était pas seul...
    Lynn feula quelques doux jurons. Ni armes, ni visibilité sur leur(s) assaillant(s), elle jeta rapidement un coup d’œil aux autres, évaluant s'il y avait, ou non des blessés. Là encore, l'idée de se transformer la traversa. Pour des raisons futiles telles que : je-n'ai-pas-de-vêtements-de-rechange-avec-moi ou je-n'ai-pas-le-temps-de-me-déshabiller-à-l'abri-des-regards-indiscrets, elle vint à se saisir de son amulette, laissant apparaître une panthère dans une brume vaporeuse. Celle-ci se jeta dans les fourrées, disparaissant de la vue de tous. Néanmoins, ils purent noter l'absence de nouveau trait lancé à leur égard.
    De quoi leur laisser le temps de se reprendre et de se préparer à riposter...




    Désolée du petit temps de réponse. J'ai eu des difficultés à écrire mon post et je n'en suis pas satisfaite.

    Donc à mon tour, je m'excuse auprès de Irkaal, Vost mais à vous d'avoir la patate chaude et de voir ce que vous voulez faire ;) ! Je n'avais pas envie de trop m'avancer pour la suite de l'aventure, à vous de choisir s'il s'agit ou non de la grotte de Clochette.
    Pour ce qui est de jouer Lynn, si vous voulez la faire parler dans vos posts, vous pouvez m'envoyer le paragraphe/question en question pour que je puisse y répondre si vous le voulez. Je suis sur Discord, ma boite à MP est grande ouverte tout comme la messagerie instantanée !

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Irkaal Blackstone
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MessagePosté le: 11/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

Accoudé sur le rebord de la fenêtre du phare, laissant son esprit divaguer sur les différentes constellations, Irkaal ressentait une gêne vis-à-vis de l’illusienne, une sensation de rivalité, une irritabilité, il ne comprenait pas, il ne la connaissait pas n’avait rien contre elle mais comme par « magie » il ne pouvait pas la supporter. Peut-être cela s’estomperait avec le temps après tout, c’était la première fois qu’il rencontrait une étudiante de son école rivale. Il fut surpris de voir un tonneau voler jusqu’au centre de la pièce et également surprit qu’un verre lui soit proposé.
Malheureusement, il se refusa à son invitation de boire un bon verre de Rhum, lui qui ne se refusais jamais au bienfait de l’alcool.
Lorsque L’orthros se jeta sur le tonneau pour le partager avec la Sorcière, il hésita mais se résigna à contempler le ciel déchiré par les éclairs et la pluie torrentiel.
Une forme, un animal, une large queue plate, des nageoires sur les côtés : une baleine.
Le regard d’incompréhension de certain de ses camarades le fit sourire. Au départ il pensa que c’était la sorcière, qui, comme avec le tonneau faisait voler la baleine, mais vu son état d’euphorie elle ne pouvait pas être suffisamment concentrer pour faire cela, alors il pensa au Rhum, mais il en avait pas bu une goutte.


*Quel endroit étrange*

Irkaal regarda ses compagnons, Vost était isolé dans un coin, avec ses ailes, il aurait déjà pu être sur la terre du continent. Irkaal avait reconnu la forme de ces ailes, il portait les mêmes en tailles réduite. Celle d’un démon. Il aurait voulu parler avec lui, le connaitre comprendre comment avait était sa vie, le guerrier n’avait jamais rencontré d’autre démon.
Enfin son regard se porta sur les deux femmes adossées à un mur une choppe en bois dans la main, l'une des deux écoutait l'autre qui, l'alcool aidant, lui racontait sa vie, ses déboires amoureux, mais il ressenti aussi que sa propre présence gênait Lynn. Il décida de quitter la pièce lorsque l’orage éclata de toute sa puissance. Les éclairs fendants çà et là le ciel et sa nébuleuse. Une véritable tempête, le ciel gronda et la terre répondit, le phare se mit à se fissurer, les compagnons d’infortune eurent à peine le temps de s’engouffrer dans la forêt qu’une déferlante engloutie le phare et les tonneaux de rhum.
Ils regardaient tous la scène de noyade de l’édifice comme un moment historique.


Après avoir fait le compte que tout le monde était là, le guerrier attacha son épée de fortune à sa ceinture et allait ouvrir la marche quand Lynn lui lança plusieurs regards, sur lui et sur son épée.
Sous les airs hébétés d’Irkaal, Lynn s’approcha de lui froidement, elle lui défait le nœud laissant son épée se planter dans la terre meuble à quelques centimètres de son pied.

« Pour t’éviter le « coup de foudre » » Lui lança l’Orthros.

Irkaal comprit la bêtise qu’il faisait en prenant avec lui cette épée mais ces mots et ce regard, le guerrier n’en restait pas indifférent, ses yeux le trahissaient déjà. Même si Lynn sentait le chien mouillé, elle n’était pas un Lycan mais un Orthros bien qu’Irkaal n’avait aucune aucunes idées de ce qu’était cette race. Il voulait apprendre à la connaitre et surtout s’excuser pour l’agression de la veille. Même s’il ne savait pas par où commencer il aurait surement le temps d’y réfléchir avant d’arriver à Arena.

****


Arrivés devant l’entrée d’une immense grotte.

"Quelqu’un a du feu ?" Demanda l’Orthros.

Malheureusement, les trois réponses furent négatives. Irkaal aurai voulu répondre par l’affirmative, mais son foutu briquet à mèche d’amadou était perdu au beau milieu de cet enfer vert.

« BAISSEZ VOUS ! » Cria Lynn.

Dans un juron plein d’entrain Irkaal eu le temps de se plaquer au sol une flèche venait de se planter dans l’arbre juste derrière lui.
Il entendu Lynn jurer également, mais ce qu’il le surprit le plus fut son amulette, elle la jeta sur le sol et une panthère en sorti. Donc c’était vraiment une amulette magique, lui qui pensais que c‘était juste un stupide bijoux, un talisman, un cadeau de bienvenue.
Il attrapa la sienne et voulu la jeter quand un deuxième trait fendit l’obscurité. Le guerrier rangea son amulette et s’élança en direction de la grotte en hurlant de le suivre
.

Une fois les quatre à l’abri, il essuya quelques insultes et autre m’mécontentement de ses camarades plus expérimentés.

« Oui je vous l’accorde, hurler tous dans la grotte ça indique à l’ennemi où nous sommes, mais en attendant, ici on à qu’une direction à couvrir et on sait où se trouve l’ennemi. » Lança Irkaal en mimant la seule et unique direction par où pouvait venir l’ennemi avant de poursuivre.
« Le temps que le jour se lève, ce qui nous permettra de savoir où nous sommes et par où aller, et surtout de mieux voir nos foutus ennemi, je vous propose que l’on monte la garde à tour de rôle devant l’entrée de la grotte, pendants ce temps les autres pourront, ou dormir, ou tenter de trouver une deuxième sortie dans cette grotte. »

Une faible lueur dans le fond de la grotte attira son regard, il laissa à ses compagnons un instant de réflexion et s’éclipsa en direction de ce faisceau lumineux.
Il avança à tâtons dans l’obscurité, se cognant la tête à plusieurs reprises. Mais il se laissa guider par la faible lueur et ce qui pouvait s’apparenter à des battements d’ailes Le guerrier se retrouva face à quelque chose qu’il n’avait jamais vu, un être aussi petit qu’un pouce les cheveux gris portant une petite robe verte, la peau ridée et les yeux rouge de tristesse. Une fée.
Irkaal tourna vers l’entrée de la grotte ou il distingua les trois ombres de ses camarades. Il avait peut-être trouvé une solution.
Il tendit délicatement la main vers la fée, qui elle, la repoussa, elle lui tourna le dos et croisa les bras quand une petite voix en sortie.


« Si c’est pour ma poudre volante ça ne sers à rien ils me l’ont déjà volé et ils s’amusent avec ! Ils ont même fait voler une baleine avec… ils sont stupides et moi aussi je me suis faites avoir !" Lança la petite fée entre deux sanglots.

Les yeux d'Irkaal comme à leurs habitude jonglaient du bleu au vert quand il lança:

« Ne bouge pas, je reviens de suite »

Le sourire aux lèvres et une solution au bout des doigts Irkaal s’élança vers ses camarades.

« J’ai trouvé une solution, je m’explique, derrière, dans le fond de la grotte y a une fée. Elle à perdu sa poudre volante, la baleine ne volait pas d’elle-même, c’est les gens qui lui ont volé qui s’amusent avec, on a qu’à les retrouver, on récupère la poudre on la rend à la fée et elle nous remercie en nous saupoudrant de poudre et on vole jusqu’à l’école. C’est simple non ? Après faut aussi quelle accepte, mais c’est largement faisable. Non ? » Lâcha d'une traite le guerrier.
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Vost
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MessagePosté le: 14/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

* ~ Vost posa un regard interloqué sur son camarade fraîchement recruté. De prime abord, il avait cru à une plaisanterie de mauvais goût visant à détendre l’atmosphère orageuse. Une plaisanterie qui lui aurait peut-être arraché un sourire approximatif si un équipage de pirates morts-vivants ne les poursuivait pas ; sans parler du cétacé aérien. Cependant, l’énergumène n’ironisait point, une lueur dans ses yeux l’indiquait. Sérieux, il était sérieux... Il suggérait réellement d’aider une fée dealeuse de poudre à retrouver sa came dans le but de planer jusqu’à Arena.

* Sans déconner, c’est quoi cette idée d’merde ? Tant qu’on y est, on a qu’à chevaucher la fameuse baleine volante et aller drifter sur les arcs-en-ciel du pays des Télédumbies ! *


Qui diable avait flanqué le Démon d’une telle troupe de décérébrés ? Entre un faux blond dont la tempête venait vraisemblablement de griller les derniers neurones et une Illusienne qui, à la moindre goutte d’éthanol ingérée, composait d’assommants monologues au sujet de sa vie insignifiante... Même Lynn semblait n’avoir cure de leur situation désespérée ! Certes elle appréciait la boisson avec excès, mais de là à trinquer avec une parfaite inconnue au lieu de garder ses sens en alerte... Les éclairs interféraient aussi avec ses synapses ?

* ~ Calme. Du calme.~ *


* ~ Ne pas céder à la colère. Leur position s’avérait déjà suffisamment inconfortable ; rajouter un manteau d’amertume par-dessus ne rimait à rien. L’albinos mira alternativement ses compères en quête d’un comportement plus rationnel capable de l’apaiser. L’Orthos, toujours avare en paroles, ne se départait pas de la désinvolture qui la caractérisait tandis que Pilipa paraissait songeuse, comme si elle pesait le pour et le contre. Irkaal, quant à lui, attendait une réponse, ses iris changeants encore rivés sur le groupe. Devait-on vraiment lui expliquer en quoi s’en remettre à une fée en pleine descente au fond d’une grotte était une mauvaise idée? De surcroît lorsque celle-ci certifiait avoir égaré sa « poudre magique » aux mains d’une bande de zombis ? Au cours de ses péripéties au Pays de l’Aurore, l’albâtre avait appris à se méfier de ces créatures issues du Néant, des créatures fourbes aux apparences souvent trompeuses. Ainsi, l’absence de défiance de la part de ses compagnons d’infortune l’irrita. Dans un incommensurable effort, Il parvint à museler son humeur massacrante, relativement du moins. En effet, il ne manifesta son mécontentement qu’au moyen d’un simple « Rallume ton cerveau. » lancé à l’attention de son camarade à la matière grise déficiente. S’en suivit toutefois un « Putain. » qui s’échappa de ses lèvres par mégarde.

* ~ Vost ne pouvait se prémunir de songer à Katy. Les heures de son ange gardien étaient-elles comptées ? Pour s’enquérir de son état, il devait regagner Arena le plus rapidement possible. Son impatience le consumait, pourtant personne ne semblait enclin à l’assister dans son entreprise. Esseulé, le cartésien se retrancha dans son esprit ; là où demeurait l’unique acolyte qui tenait la route : sa raison. Une nouvelle fois, il entama une analyse de la situation. Si la perspective de transformer la grotte en un poste de garde était intéressante en théorie, le niveau d’éreintement du groupe rendait la tenue d’un siège difficile. De plus, devant l’inconnue que représentait le nombre d’ennemis, la durée dudit siège ne pouvait être calculée. Or, ils ne possédaient ni eau potable ni nourriture, ce qui les forcerait probablement à quitter leur cachette à un moment ou un autre. Enfin, restait la question de la nature de leurs assaillants. Heureusement, le deuxième trait avait terminé sa course non loin de la caverne. Avec précaution, le Démon se saisit de la flèche susmentionnée avant de rejoindre son abri précaire. Une pointe rouillée, érodée par des batailles immémoriales et un empennage délavée, déchiré par de nombreuses utilisations. En considérant que la pluie empêchait sûrement l’utilisation de mousquets – ou que les pirates maudits depuis des millénaires avaient épuisé leur stock de poudre noire –, la probabilité que cette arme provînt des fameux zombis excédait les quatre-vingt-dix pourcents. La capacité de ces êtres décharnés à régénérer leurs rangs rendait la défense du lieu complètement caduque. Par contre, leur mobilité réduite de permettait d’envisager la fuite ; sans doute l’option la plus pertinente. Dans un élan d’affabilité, l’albinos partagea le fruit de ses réflexions avec sa compagnie hétéroclite. Sa tirade se termina par :

« Faut qu’on bouge. Au pas de course. »

* ~ À la recherche d’une approbation, il plongea son regard dans celui de son officier supérieur. Cette dernière se contenta d’acquiescer d’un signe de tête. Toujours obnubilé par l’idée de se faire un rail de poussière fantasmagorique, Irkaal déclara que laisser la fée dans une telle condition l’exposait au danger. Il fut alors rejoint dans ses tergiversions absurdes par la philanthrope de service répondant au doux nom de Pilipa. Elle suggéra de l’emmener avec eux. Pourquoi s’encombrer d’une recrue supplémentaire susceptible de les suriner à la moindre occasion ? Face à tant d’irrationalité, l’agacement de Vost bondit de nouveau. Néanmoins, il s’abstint de tout commentaire car une masse de regards désapprobateurs le foudroyait. Pendant que la sorcière s’en y quérir la créature ailée, Lynn joua parfaitement son rôle d’éclaireur en se postant à l’entrée de la grotte, ce qui apaisa l’albâtre dans une moindre mesure. Une fois l’équipe parée, la Traqueuse indiqua d’un signe de la main que la marchait allait débuter. L’agitation qui s’en suivit fut parsemée de traits projetés dans leur direction. En hâte, la troupe dût slalomer entre les flèches et les arbres durant une éternité.

* ~ Le calme revenu, les conséquences de la course effrénée se firent ressentir. La fatigue qui pesait sur les infortunés les contraignait à une progression lente ; sans compter la pointe logée dans l’épaule droite de Vost. Par chance, aucun tendon ou ligament ne semblait sectionné, seul son deltoïde avait été endommagé. Par conséquent, lever le bras s’avérait encore possible, bien que douloureux. La priorité demeurait néanmoins de cautériser la plaie et d’y appliquer une contusion. Dans un premier temps, le guerrier rompit l’empennage afin d’extraire la tige qui l’entravait sans aggraver sa blessure. Ensuite, en l’absence d’autre alternative, il nettoya sa balafre grâce aux larmes des nuages puis la couvrit d’un cataplasme élaboré à l’aide de la végétation environnante. Assisté par Lynael, il déchira un morceau de son jogging détrempé pour le muer en un bandage précaire. Les premiers soins prodigués, le groupe réquisitionna d’immenses feuilles de bananier dans le but de se protéger sommairement des trompes d’eaux qui tombaient avant de poursuivre la marche.

* ~ ~*


« Vous êtes sûrs qu’on est dans la bonne direction ? On est pas déjà passé devant cet arbre ? Moi j’aurais pas pris ce chemin-là, après je dis ça je dis rien. »

* ~ Imbibé jusqu’aux os, accablé par sa blessure et exténué par la fuite, le Démon voyait sa patience vaciller. L’énième réplique horripilante de la demoiselle à échelle réduite acheva de rompre sa sérénité déjà branlante. L’envie d’arracher ses petits membres féeriques à la pince à épiler envahissait son esprit alors que ses dents grinçaient dans une mélodie semblable à celle jouée par une craie sur tableau noir. Incapable de réfréner son accès de rage, il s’approcha de la pipelette d’un pas menaçant. Ses iris rougeoyants de colère se plantèrent dans ceux de sa cible.

« T’ouvre encore ta gueule, tu finis en purée ; sans grumeaux. Clair ? »

* ~ Pilipa, qui portait la fée dans ses bras, resta pétrifiée devant la violence verbale dont elle venait d’être témoin. La concernée, quant à elle, tira sa minuscule langue, un air de défi affiché sur son visage. La surpression artérielle qui assaillit l’albinos laissa apparaître une veine palpitante sur sa tempe. Prêt à bondir sur sa proie, il retroussa ses babines quand une poigne ferme s’empara de son oreille. Lynn tirait son camarade au sang chaud vers l’avant du cortège pendant qu’il vociférait un flot d’injures illustrant parfaitement sa soif de meurtre.

* ~ ~*


* ~ Enfin, la compagnie harassée entrevoyait la lisière de la jungle. Derrière elle devait se trouver la plage providentielle permettant de rejoindre la deuxième île de l’archipel capricieux une fois la tempête calmée. Cependant, lorsque les survivalistes s’extirpèrent des feuillages touffus, un tableau surnaturel se dressa devant leurs yeux effarés : une baleine nageait dans les airs poursuivi par un navire qui fendait le ciel voilé. Sa coque en ruine, couverte de mousse et parsemée d’ébréchures gigantesques, semblait dater de plusieurs siècles ; comme sa voilure qui s’apparentait plus à une charpie qu’à une étoffe. Un de ses trois mâts avait cédé sous le joug d’une tempête ayant probablement eu lieu plusieurs décennies auparavant. Pour couronner cette toile digne du plus drogué des peintres, le vaisseau fantôme était accompagné par une ribambelle d’embarcations plus modestes mais volantes elles aussi. Visiblement, la camée ne mentait pas. Vost se retrouva complètement désemparé face au spectacle qui se jouait au-dessus des flots déchaînés. Ses aventures au sein d’Arena avaient souvent mis à mal sa raison, pourtant ses yeux écarquillés ne parvenaient à se détacher de cette scène d’un autre monde.

Lois de la physique violées. Paradoxe détecté. Erreur dans l’exécution des fonctions cognitives de haut niveau. Redémarrage nécessaire.

* ~ Son absence fut interrompue par une virulente tape dans le dos. L’Orthos tentait de l’extraire de ses rêveries par tous les moyens car la situation exigeait sa contribution. L’Illusienne utilisait ses pouvoirs afin de capturer une barque qui avait commencé son ascension à proximité tandis qu’Irkaal combattait déjà un pirate encore au sol. Heureusement, aucun de leurs opposants ne possédaient d’arcs. De plus, la pluie diluvienne réduisait leurs arquebuses à de simples pétards mouillés. Reprenant peu à peu ses esprits, l’albâtre raffermit sa prise sur son arme de fortune. Quand le canot fut à sa portée, il s’élança puis faucha un des zombis embarqués au niveau des genoux. Alors que des rotules volaient, il para l’épée émoussée qui s’abattit sur son épaule gauche. La lame se coinça dans le branche qu’il tenait ; encore un coup et elle céderait. Par ailleurs, la véhémence de l’impact associée à sa fraîche lésion le força à fléchir. Peut-être que se jeter à corps perdu dans la bataille s’avérait présomptueux au vu de sa condition...

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[ Vost Odium, le coeur à droite. ]

Pinguin maléfique du Velm


Dernière édition par Vost le 25/04/2018; édité 1 fois
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Pilipa
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MessagePosté le: 20/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

Dans une ambiance pesante, l'équipe traverse la végétation humide sous un rideau constant de pluie torrentiel. Le sifflement permanent des cimes fourbues par le vent décourage le groupe de communiquer, contraignant chacun à garder le silence. Pourtant, la sorcière ressent le besoin de discuter, ne serait ce que pour dessiner un semblant d'horizon à leur escapade imposée. Les élèves d'Arena, à nouveau, souhaitent trouver la plage. Mais pour quelle raison ?

L'illusienne ne comprend pas pourquoi ils veulent prendre cette direction. Certes, la station balnéaire se trouve sur l'île jumelle mais, piégés par la tempête, elle ne devine aucun moyen de rejoindre cette consœur terrible que les flots déchaînés par un cétacé géant leur rendent inaccessible. La sorcière, qui s'était jusqu'à présent fiée à l'esprit d'analyse du guerrier albinos, commence à douter de ses capacités déductives. D'autant que, quelques instants auparavant, il s'était découvert impulsif, colérique, meurtrier même. La confiance fragile qu'elle lui avait jusqu'alors donné s'était ébranlée de suite. Fort heureusement, Lynn, sa consœur arénienne, s'était interposée pour calmer le jeu.


« Il est un peu dingue votre ami albinos, non ?
-Ne t'inquiète pas, il est juste sous tension. »

Ces mots, elle les prononcent à la fée sans réel conviction. En vérité, la sorcière se méfie du démon albâtre depuis leur rencontre. Le guerrier au caractère froid ne leur avait jusqu'alors montré aucun signe d'intérêt, à elle ou à Irkaal, Lynn semblant être la seule présente digne de son estime. La caméléon, sceptique, parvient difficilement à imaginer un tel personnage capable de tisser des liens fraternels. Elle se promet d'en toucher quelques mots à sa sœur d'arme, plus tard. Pour l'heure, le souvenir de sa main tapotant timidement sa tête ou tirant par l'oreille le vilain blanc-bec lui remonte le moral.

« Cloche ?
-Oui Pili' ?
-Tu nous as bien dit qu'on t'avait volé ta poudre ?
-Oui, c'est bien ça.
-Tu peux m'en dire plus sur ceux qui t'ont volé ?
-J'aime pas trop pensé à eux, tu sais, mais j'imagine que je peux faire un effort.
-Merci...
-Alors, tout commence lorsque... »

Pour une raison qui échappe à la sorcière, la petite fée déclame son conte tel une épopée fantaisiste, accentuant ses sentences graves de gestes expressifs, ses passes légères de chorégraphies aériennes, ses instants tragiques d'expressions mortifères pour, semble-t-il, figurer à sa spectatrice tout le grandiose de son histoire. La caméléon doute cependant de la sincérité du tableau que lui dépeint sa locutrice, remarque dont elle lui fait part à la fin de sa représentation.

« Je ne veux pas te blesser, Cloche, mais j'ai l'impression que tu te gardes d'évoquer certains faits... »

La petite fée, surprise, contemple la jeune femme avec des yeux ronds. Pourtant assurée de ses talents de comédienne, elle saisit son échec à convaincre la sorcière, et quitte son masque de scène pour emprunter une expression plus sérieuse, plus sombre.

« Comme tu t'en doutes, je ne t'ai pas vraiment dit toute la vérité... Si ça ne te dérange pas, Pili', j'aimerais que cette confidence reste entre nous. En fait, mon histoire commence il y a longtemps. Trop longtemps pour que je m'en souvienne bien. J'ai été crée pour une raison qui, aujourd'hui, m'échappe. Mes souvenirs de cette époque ont disparu avec les gardiens, et, franchement, j'aurais bien aimé disparaître avec eux. Mais voilà, je suis... encore là. Il s'est passé beaucoup de temps avant que je ne rencontre d'autres gens, ici. Autant te dire que je me suis pas mal ennuyée. Au début, je les regardais juste, de loin, et puis, un jour, va comprendre pourquoi, je me suis intéressée à un groupe d'enfants, et j'ai commencé à jouer avec eux. Je ne sais pas pourquoi, Pili', mais ce que vous appelez « adultes » ou « parents », c'est carrément ennuyant... Un peu comme ton ami qui se la joue « guerrier sanguinaire », là-bas. »

La sorcière se retient de rire lorsque la petite fée lui désigne discrètement Vost d'un coup de tête, lui tirant la langue à son insu, par défiance. Elle poursuit :

« Tu vois, le soucis avec vous, c'est que vous grandissez. Tous. Vous grandissez, vous devenez ennuyant, et puis, vous « mourrez »... J'ai jamais trop compris pourquoi, mais vous finissez rapidement par disparaître. Alors que moi... Bref, j'en suis pas vraiment fière, mais j'ai essayé d'allonger un peu votre vie. J'avais aperçu des hommes un peu cinglés faire des choses bizarres avec de l'or. Ne me demande pas quoi ! C'était vraiment bizarre », dit-elle avec une expression dégoûtée. « J'ai vu l'un d'eux vivre plus longtemps que les siens, avant d'être « détruit » par les petits nouveaux. Tu comprends pourquoi, j'imagine. Ils ont tous disparu, mais je savais où se trouvait l'or. C'est à ce moment là que j'ai fait leur rencontre, à eux. La suite... tu la connais. J'ai été stupide.
-J'ai du mal à comprendre, Cloche. Ça fait combien de temps qu'ils sont comme ça ?
-Comme ça ? Quelques temps. Quelques siècles, je dirais. »

La sorcière ne peut s'empêcher de penser à leur triste sort. Trompés par la petite fée, ces hommes, plus morts que vivants, arpentent l'île depuis des lustres. En comparaison, ses propres difficultés lui paraissent, sinon ridicules, du moins raisonnables. Être l'élève d'une institution tyrannique lui est certes pénible, mais l'illusienne, à défaut d'éprouver l'allégresse d'une vie épanouie, mesure sa chance d'être un tant soit peu maîtresse de sa destinée. Quand bien même cela pouvait signifier son décès. Surprise par l'étonnante profondeur de sa pensée, elle interrompt le fil de sa réflexion pour prévenir la fée :

« Je suis désolé, Cloche. Ça n'a pas du être facile, tout ce temps, seule.
-Oh, ne t'inquiète pas, Pili', on s'y fait. Enfin, je crois...
-Je ne suis pas certaine qu'on puisse aider ces gens mais, si tu veux bien nous suivre, je serais contente que tu nous accompagnes. Je ne suis pas certaine de vivre longtemps, pour être sincère, mais sur le continent, au moins, tu trouveras plus de gens et, qui sait, des êtres avec ta longévité ?
-C'est gentil, Pili, je... Tu es plutôt marrante, tu sais. Je vais vous suivre, pour l'instant. »

Tandis qu'elles conversent avec légèreté du passé de la fée, le groupe quitte enfin les sentiers forestiers pour fouler le sable rendu lourd par l'humidité. Devant eux, la jeune femme découvre avec saisissement la fameuse baleine poursuivie par un vieux navire. L'affrontement, pourtant dantesque, quitte subitement son attention qui se porte désormais sur le cri d'Irkaal en charge contre un membre maudit de l'équipage. Un petit groupe d'immortels squelettiques tente de rejoindre une barque prête à s'envoler. La caméléon saisit la chance inespérée que leur offre l'embarcation enchantée.

Apparemment peu encline à attendre les retardataires, elle débute déjà son ascension, tandis que la sorcière, prête à tout pour retenir le transport, course à travers les silhouettes maudites pour rattraper la distance. Alors qu'elle danse entre les lames, l'illusienne évite de justesse un coup porté sur son flanc, alertée par le cri strident de Cloche. Assez proche désormais, elle libère les flux de son arcane pour stopper la barque rendue légère par la fée et sa poussière. L'effort qu'elle économise ainsi à manipuler un objet léger lui permet de se concentrer sur ses arrières, qu'elle défend férocement en manipulant les armes même de ses opposants. L'un des guerriers voit, ainsi, sa propre rapière transpercer son crâne, tandis que son corps, libéré de sa tête et de son arme, déambule grossièrement sur la plage pour récupérer ses possessions. Alors qu'elle s'occupe des squelettes dans son périmètre, l'illusienne aperçoit un éclair blanc prendre sa direction. Le guerrier pâle amorce une course effrénée vers elle, pendant que Lynn, absente, a laissé place à une étrange panthère se jetant l'un après l'autre sur ses assaillants trop lents pour réagir. Son sang ne fait qu'un tour. Vost a t-il l'intention de l'attaquer ? Veux t-il profiter du chaos ambiant pour s'en prendre à elle ? Est-il vraiment le guerrier sanguinaire qu'elle s'imagine, prêt à sacrifier ses camarades ? Tandis qu'elle se prépare à subir l'assaut du démon, Cloche à nouveau vocifère dans ses oreilles pour la prévenir d'un danger imminent. En volte face, la sorcière découvre, trop tard, la courbe du sabre qui doit s'abattre sur elle. Alors qu'elle se prépare à subir le coup, la lance du guerrier s'oppose, pour dévier ensuite vers ses rotules, qui voltigent longuement avant de disparaître dans les courants.

Bien avant qu'elles ne rencontrent la surface de l'eau, le guerrier est déjà en train de parer un deuxième sabre, fragilisant sa propre arme ainsi que sa propre posture. La sorcière, sous le choc, déclenche sans considération son pouvoir pour protéger l'arénien. Les squelettes, soufflés par l'impulsion arcanique, volent en éclat avant de disparaître dans une myriade d'éclaboussures. A bout de souffle, elle s'appuie contre le bord de la barque pour encaisser le contrecoup de son effort. Vost la considère, en silence.

Bien avant qu'elle récupère son souffle, les deux camarades perçoivent le cri tonitruant d'Irkaal. Le guerrier et la panthère, un paquet à la gueule, coursent en direction de la barque, poursuivis par une chaîne erratique de guerriers rachitiques. « Démarrez la barque ! » hurle-t-il à leur attention, alors que la sorcière, aidée du démon, poussent le navire pour amorcer son mouvement. Sans grand effort, la barque s'élève de quelques centimètres. L'illusienne et l'arénien sautent dans le transport, bientôt suivis par le bond puissant de la panthère, tandis que Pilipa et Vost tendent leurs bras valides pour attraper ceux d'Irkaal, bientôt suspendu dans le vide. Alors qu'il quitte de plus en plus le sol, Vost manifeste des difficultés à remonter Irkaal, arborant une grimace affreuse, pendant que la sorcière elle même peine à soulever le poids du lourd guerrier.

Un éclair transperce le ciel. La jeune femme voit l'homme suspendu illuminé, la crainte imprimée sur son visage. Ses yeux écarquillés laissent apercevoir des variations de teintes fugaces. Une boule néfaste s'imprime dans le cœur de la jeune fille. Elle tend toujours le bras pour soutenir Irkaal. Un sentiment noir envahit sa tête. La tension s'accentue dans ses muscles. Les flots déchaînés semblent l'appeler. Une angoisse familière la gagne. Le tonnerre bat des pulsations chaotiques. A chaque flash lumineux, elle aperçoit un autre visage. La douleur dans son corps s'accentue. La peur de lâcher prise se change en terreur. La petite fille pleure. Son père est trop lourd. Les écumes l'appellent. Elle va lâcher prise. Elle crie. Deux bras apparaissent. Stupeur. Lynn est apparue pour les soutenir. A trois, ils parviennent à soulever Irkaal, qui remonte. Enfin, le guerrier parvient à se hisser, aidé par ses trois compères.

Le groupe éreinté reprend son souffle, bientôt perturbé par les mouvements aléatoires de la barque. La jeune femme, presque machinalement, prend en main le gouvernail lorsqu'elle entend :
« quelqu'un sait manœuvrer ce genre d'engin ? » Étrangement, elle se remémore en être capable en même temps qu'elle navigue. Les membres encore tremblant, elle guide l'embarcation à travers la tempête, le regard tourné vers un point lointain, comme à la recherche d'un signe. Chacun se rassérène comme il peut, conscient du danger permanent qui les guette. Le bateau, sinistrement, craque longuement à chaque oscillation. Pilipa, inquiète, se confie au groupe :

« Je ne veux pas vous paniquer... Mais vu l'état de la barque, je doute qu'on aille bien loin. Surtout dans cette tempête. »

Le tonnerre, pour confirmer ses dires, lui répond. A travers l'orage, l'écho lointain d'un chant de baleine leur parvient. La voix de Lynn, alors, se fait entendre :

« J'ai peut être une idée à vous soumettre... »


Voilà le bébé !
Originellement, je voulais y mettre plus de choses, mais bon, ça me semble déjà pas mal.
Normalement j'ai fait attention à ce que tout soit clair, sauf peut être ce point : l'utilisation abusive de mon pouvoir m'occasionne un malus. Je pencherais pour l'impossibilité d'utiliser mon pouvoir jusqu'à mon prochain post compris. Si vous avez d'autres idées de malus, n'hésitez pas !
Vous remarquerez que j'ai mis un soin tout particulier à mettre vos personnages en avant. Je me suis dit que créer une dynamique de groupe serait pas mal pour ce qui nous attend.
S'il y a un soucis, faites m'en la remarque et j'éditerais.
Au plaisir de vous lire !

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Lynn
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MessagePosté le: 20/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

    Drapée dans sa cape pour couvrir sa nudité, l'Orthros redevenue humaine aida ses partenaires à remonter le Guerrier sur la barque. Elle put sentir l'hésitation du Démon. Il devait certainement penser qu'il ne s'agissait pas d'une grande perte si celui-ci ne parvenait pas à monter dans la barque. À moins que cela était dû à sa fraîche blessure, l'empêchant d'user de sa force titanesque. Elle avait également pressenti un trouble chez l'Illusienne. Son expression tétanisé n'avait pas échappé à l’œil de la Féline. Les efforts et forces réunies, ils parvinrent à hisser le retardataire.
    Reprenant tous leur souffle, l'Orthros tapota délicatement sur la tête brune de la Caemélidé comme pour chasser ses sombres pensées avant d'attraper ses vêtements non loin d'elle. Arrangeant sa cape qui lui servait actuellement de drap, elle se redressa lentement, de peur de perdre l'équilibre. Proche de Vost, elle lui apposa doucement sa main sur l'épaule non-blessée avant d'acquiescer d'un signe de tête. Jaugeant la blessure de son colocataire, elle finit par lui lâcher à voix basse :


    « Je pense que Katy serait furieuse si tu ne revenais pas entier à Arena... Je t'ai vu, l'autre fois à l'infirmerie avec... Enfin, on parlera de ça plus tard, autour d'un verre. Fais attention à toi et essaies de garder la tête froide. Je dois me rhabiller. Tu veux bien faire en sorte qu'il n'y ait pas de regards indiscrets ? »

    Le Démon acquiesça d'un signe de tête tandis que l'Orthros se dirigeait vers la tête de la barque. Dos à la troupe, se revêtir de ses vêtements détrempés lui étaient très désagréable, sans compter la difficulté supplémentaire causée par la situation actuelle. Naviguer dans les airs par un temps pareil, dans une barque prête à céder à tout moment... Bas enfilé, Lynn laissa tomber sa cape pour pouvoir enfiler avec plus de facilité ses hauts. Ceux-ci se déroulèrent sur son dos, se collant avec une froideur glaciale. Elle grimaça, remarquant une balafre sanguinolente mais peu profonde sur son ventre probablement causée par un coup d'estoc alors qu'elle était sous son autre forme. L'avantage avec un haut noir et une épaisse pluie : la blessure apparaît presque invisible aux yeux des autres. Dans un soupir, elle commença à lacer ses chaussures, observant le ciel orageux d'un air absent...
    La barque ne tiendra jamais le choc par une telle météo... Il était également impossible de savoir si celle-ci tiendrait le coup jusqu'au centre balnéaire ou s'ils ne finiraient pas par s'écraser plus bas, sur les falaises ou rochers tranchants. Au loin, quelque chose déchirait la voûte céleste en proie à des caprices incessants. Les éclairs éblouissants ainsi que la pluie battante rendaient le visuel de cette peinture incertaine.


    Chant.

    La Baleine, encore. Et ce fichu bateau, toujours. Peut-être que si ces pirates arrêtaient de poursuivre ce pauvre cétacé, la météo se montrerait plus clémente ? Il leur fallait à tous réfléchir. Trouver un plan d'action, survivre, rentrer... Lorsqu'un flash déchira de nouveau, les cieux capricieux, Lynn eut une idée. Elle se tourna légèrement afin d'observer la position de ses partenaires. Elle était sûre que son colocataire serait plus que favorable à son idée. L'avis de l'autre guerrier lui importait peu, étant donné qu'il se contenterait certainement de suivre les ordres. Déformation militaire, probablement. La plus dure à convaincre resterait la Sorcière. Dans l'histoire, Clochette n'aurait pas grand chose à dire : elle allait être la victime. C'est avec une certaine froideur que le plan se dessinait dans la tête de la Traqueuse. Leur survie, à tous -des élèves, du moins- lui était primordial. Bien sûr, les dommages collatéraux étaient à éviter, si possible, mais dans les grandes lignes, s'il y avait des sacrifices à faire...
    Réajustant sa cape, la Féline se tourna en direction de ses camarades, toujours assis, leurs mines troublées par les événements récents, l'incertitude, la fatigue. Elle prit alors la parole, essayant de s'expliquer aussi distinctement que possible malgré le brouhaha :


    « J'ai peut-être une idée à vous soumettre... Je sais que ça ne plaira pas à tout le monde, cependant je me suis fixée comme objectif de nous ramener, saint et sauf à Arena et Illusia et ce, quelque soit le prix à payer. Son regard balaya tour à tour, les membres présents sur la barque. Il est clair que notre moyen de locomotion actuel ne nous permettra ni de rejoindre nos écoles, ni même le centre balnéaire. Chaque seconde supplémentaire dans cet embarcadère représente un danger pour nous. Nous devons rapidement en changer. D'un signe de tête, elle montra la direction du navire volant. Celui-ci naviguait les cieux, suivant les sillages aériens d'un cétacé en fuite. La surprise était visible sur le visage de certain. Ce serait le moyen le plus sûr, pour nous, de pouvoir rentrer. D'autant plus qu'avec cela, nous n'auront peut-être, même pas besoin de nous arrêter via le centre balnéaire... Donc notre objectif est de pouvoir être à portée du navire pour monter à bord.
    Bien sûr, il y à cette phase dangereuse où ils risquent de se rendre compte que nous essayons de les aborder. D'autant plus qu'ils sont certainement armés d'arc ou de canon et que, dans notre situation, nous n'avons pas grand chose pour nous défendre, si ce n'est la... magie de Pilipa et encore, tu sembles ne pas pouvoir l'user comme bon te semble. De ce fait, je pense qu'il serait plus judicieux pour nous d'afficher patte blanche... Après tout, nous avons quelque chose qui les intéresse...
    rajouta-t-elle, posant alors ses yeux sur la petite fée boudeuse.
    Je n'ai pas pu m'empêcher de laisser mes oreilles traîner lors de ta conversation avec Clochette, Pilipa. Ils veulent cette Fée pour sa poudre, ou pour l'or... ou je sais pas quoi. Je m'en fiche un peu mais, si l'on propose un échange : cette fée contre notre ticket de sortie, ils seront certainement amenés à nous écouter. De là, la Sorcière et l'agaçant petit-être commencèrent une batterie de protestations incessantes. Profondément outrée de se voir traiter comme une simple marchandise, Clochette piaillait d'inepties rageuses que l'Orthros ne prenait guère le temps d'écouter, regardant d'un air impassible l'expression décomposé de la Caemélidée. Des « sans-cœur ! » répétés à tout va lui sciaient les oreilles et alors qu'elle feulait un mécontentement à l'égard de la fée qui se tut sous la terreur, elle ne put s'empêcher de lever les yeux sur le ciel pleureur.
    Vous avez des meilleures idées ? Comme je l'ai dit : notre survie avant tout. Si donner Clochette à ces mort-vivants est une option à exploiter pour notre survie et notre retour, soit. On l'utilise. Après tout, c'est un peu de sa faute, non ? Si ces pirates arpentent depuis des siècles terres et cieux... Alors autant qu'elle se rachète comme elle peut et qu'elle nous aide, lâcha-t-elle froidement. »

    La fée, totalement séchée et douchée par ces dires commença à balbutier avant d'aller se réfugier, dans les bras de sa seule amie. L'Orthros haussa des épaules avant de soupirer. Dans le fond, la Féline ne disait que la vérité et partageait l'option la plus sûre et la plus probable... Un silence pesant commença à s'installer. Vost, les bras croisés n'avait émis aucune protestation concernant le plan donné et semblait passablement ravi de se voir futurement débarrasser du parasite. Pilipa, elle, restait interdite, serrant contre elle la petite fée. Irkaal, apparemment agacé par ce cirque secoua la tête, lâchant au passage un « Bordel... » clairement audible. Il émit un mouvement à l'égard de Pilipa, comme pour lui demander de remettre le petit-être volant mais celle-ci, sur la défensive, se prostra davantage serrant la fée.
    Cette situation commençait doucement à prendre le tournant Arena versus Illusia... Survivre aux détriments des autres, des plus faibles. Il était certainement très triste de penser ainsi mais la compassion n'avait jamais été sa grande amie... L'instinct de survie contre un semblant d'humanité...


    Instinct animal.

    La barque continuait son trajet incertain dans les cieux tandis que la pluie continuait à s'abattre lourdement sur le quatuor en discorde. L'agacement croissant des Démons (ou assimilé) du groupe était palpable. La situation amorcée adoptait un tournant dangereux, pour tous. Heureusement, l'heure n'était pas à la trahison, ni aux coups bas. Dans ce petit embarcadère, toute action pouvait avoir des tournures dramatiques pour leur survie, à tous. Si l'un d'eux venait rompre son sang froid, autant dire qu'ils finiraient tous à patauger plus bas, en petite poudre écarlate...

    « Un simulacre, lança-t-elle, presque incertaine du terme. Un leurre... On a cas faire « semblant » de vouloir leur remettre la fée. Juste assez pour pouvoir atteindre le navire sans se faire « couler » juste avant et de prétendre vouloir négocier... Bien sûr, rien n'est dit qu'ils nous remarquent étant donné qu'ils sont à la poursuite de la Baleine, mais ils ont très probablement un guetteur... Mais, une fois à bord, il faudra qu'on soit rapide et efficace : se débarrasser de la menace. Ils sont plus nombreux mais surtout, plus armés que nous. Donc il nous faudra user de tous les subterfuges possibles... Clochette restera sous ta protection, Pilipa. »

    Continuant de s'expliquer, l'Orthros remarqua que les tensions s'étaient raisonnablement apaisées. L'unique sorcière du groupe semblait finalement approuver le plan, tout comme Clochette qui, bien que toujours secouée opinait plus silencieusement que précédemment.

    *~*~*


    La barque continuait à tanguer, rattrapant, non sans mal le navire toujours en chasse. Néanmoins, ils furent rapidement repérés par le Guetteur qui, dans un langage peu reconnaissable (à moins que ce soit l'absence de corde vocale) annonça à l'équipage la venue de vivants. Lorsque le groupe d'élèves virent arc et flèches s'élever à leur égard, Irkaal, à présent debout, sur la barque leva le poing, serrant la petite Clochette... Lynael était légèrement dubitative quant au fait d'avoir laisser l'Hybride aux commandes des négociations. Cependant, si elle en croyait ses dires, il était anciennement un Capitaine de renom donc... La Féline regarda Vost avec une certaine appréhension, mais elle n'était pas sûre que son colocataire peu bavard mais également blessé,se serait prêté au jeu des pourparlers avec un équipage de mort plus ou moins vivant... Pilipa, peut-être plus sensible, aurait certainement été très mauvaise négociatrice, surtout si ces gênes de Caméléon la trahissaient...
    Avec lenteur, le petit embarcadère se porta au niveau du navire. La présence des pirates, toujours hostiles ne tardèrent pas à acculer le petit quatuor et la fée. Néanmoins, avec une certaine prudence, le second du Capitaine les invita à venir sur le bateau... L'imposant trois-mâts se présentait, par endroit, sous d'épaisse couche de mousse ou de bois fortement détrempés. L'équipage, tout comme le navire étaient lourdement assaillis par les promesses du temps. Les voiles, abîmées, se faisaient malmenées par un cordage bien âgé...


    « Serait-ce là... Clochette…? »

    La voix rocailleuse décrépie de l'être immortel manqua d'arracher une mine dégoûtée à l'Orthros. Un vague sentiment navré la traversa. Ces pirates étaient apparemment maudits depuis des siècles, à errer sans fin, cherchant un moyen vain d'être libéré de leur malédiction...
    La Féline tentait d'analyser la situation, de savoir quel moment serait le plus opportun pour leur stratégie de bas étage. Son regard revêche coula alors sur Irkaal. Elle lui donna au passage un léger coup de coude, en guise d'encouragement. Elle ne pouvait pas utiliser son amulette pour accentuer un possible effet de surprise... Mais cette fois, en cas de besoin, elle leur avait fait savoir qu'elle n'hésiterait pas à se transformer.
    Alignés sur le pont du navire mais encerclé par une dizaine de squelettes décharnés, ils laissaient ces êtres sans-vie les darder.


    « Vous avez dit... « pourparler » Parlez. »

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Irkaal Blackstone
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MessagePosté le: 21/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

La pluie torrentielle s’abattait sur les quatre élèves et l’équipage, la foudre hachait le ciel de flash aveuglant et le tonnerre, lui martelait la nuit de bruits assourdissants. Alors que la pluie se contentait d’imbiber les vêtements des quatre protagonistes, sur le groupe de pirate, l’eau opérait un balai dansant, elle ruisseler le long des os et des articulations et parfois même sur quelques lambeaux de chair en décomposition. Irkaal ne savait pas s’il devait être étonné ou dégouté, les deux sentiments jonglaient dans son esprit incertain. Mais l’haleine mélangeant rhum et poisson pas frais du second le ramena à la raison et il choisi le dégout.

« Serait-ce là... Clochette…? »

Aligné sur le pont principal, encerclé par une dizaine de pirates, le doute sur leur stratégie s’installa. Irkaal reçu un coup de coude discret de la part de Lynael, une manière de lui faire savoir que les cartes étaient à présent dans ses mains et la survie de tous également.
Le vent s’intensifia et s’engouffra dans ce qu’il fut un temps, étaient appelées voiles. Les cordages claquaient et le vent sifflait. Irkaal s’en servi comme excuse.


« Je suis le capitaine Irkaal Blackstone, je souhaite m’entretenir avec le capitaine de ce navire ! J’ai reconnu votre « Jolly Roger »( le pavillon noir) et si vous êtes vraiment des pirates appliquant le code, vous accepterez notre requête de pourparlers. » Lança Irkaal à travers l’orage.

Le second, s’il en avait possédé, aurai surement froncé les sourcils face à cette demande. Mais ce fut une voix dans le dos d’Irkaal qui lui répondit. En effet, la porte des appartements du capitaine se trouvant derrière eux s’ouvrit.


« Vous avez dit... « pourparlers » Parlez. »

« Ne pensez-vous pas cher confrère, que nous pourrions parler en privé et surtout à l’abri de cette tempête ? » Demanda le guerrier en désignant d’un geste de la tête la porte d’où venait de sortir le chef des pirates.

Le chef des squelettes se gratta la tête dénuée d’expression et regarda de la tête au pied son interlocuteur, puis d’un geste de la main, il lui fit signe d’avancer, Irkaal entra le premier, et lorsque ses trois autres compagnons voulurent entrer le second leur bloqua la route. Vost voulu forcer le passage, mais Lynn posa une main sur son épaule ce qui l'apaisa et le ramena à la raison. Irkaal repris son souffle qui s’était arrêté l’espace d’un instant et inspira profondément, l’accident diplomatique venait tout juste d’être évité.

*Pourquoi ses gens ne laisse le plan se dérouler, bordel ! Il va finir par nous faire tuer le surfer de rêve…* Pensa Irkaal en jetant un regard noir au guerrier albâtre.

Blackstone lança un regard gêné à son confrère, et en rentrant dans les appartements délabrés il lâcha suffisamment fort pour que l’Arénien l’entende :

« Morbleu ! les jeunes marins de nos jours, tous des marins d’eau douce ou des gredins qui ne respecte plus la hiérarchie. »

Vost serra les poings et le foudroya du regard, il voulu s'avancer mais encore une fois Lynn le stoppa .

La cabine paraissait grande, une large table recouverte d’une carte et d’un compas meublait l’espace central, il n’y avait pas ou du moins plus de lit, surement plus besoin de dormir pour ces êtres immortels. Les murs, le plafond et le plancher troué, laissait passer l’eau de la tempête, mais du vacarme extérieur, il n’en restait plus qu’un simple bruit sourd.
Irkaal scruta l’homme sans peau, il pouvait voir au travers de sa cage thoracique, il était en train d’épousseter deux pintes en bois afin d’y servir du grog. Irkaal songea d’abord à comment l’autre allait pouvoir boire, mais aussi combien d’années avait ce grog.
Durant un instant, il aurait voulu que loin de ses compagnons, il puisse retrouver son éloquence et sa dignité de capitaine qu’il avait abandonné en arrivant à l’école d’Arena. Mais la survie de ses compagnons était en jeu. Même s’il ne les connaissait pas et en avait essuyé quelques insultes de certains, ils étaient avec lui, ils n’étaient pas ses hommes, mais ses coéquipiers. Il reprit ses esprits quand le pirate lui lança en tendant une pinte
:

« T'es un bon bougre, le mystérieux étranger ! Mais qu’est que c’est que cet équipage ?! Deux pucelles et un gredin malade, il est tout pâle alors qu’il vient à peine de monter à bord, et en plus il force face à ton autorité, un foutu gibier pour la potence, oui !»

"Nous nous sommes échoués, notre gouvernail était avarié, ce sont les seuls survivant." Lança Irkaal avant de s’envoyer sa pinte directement dans le gosier.

Le pirate commença à perdre patience, il n’était pas là pour entendre un foutu récit, il imita Irkaal et descendit sa pinte qui finira sa route direct sur le plancher et en frappant du poing sur la table d’agacement, il lança :

« Ce n’était pas une question…Bref, tu as demandé des pourparlers ? Donc parles…, et vite avant que tes compagnons finissent accrochés à mes harpons pour chasser la baleine. »

Irkaal avala sa salive et de l’index il détendu le col de sa tunique qui l’oppressait soudainement.

« Oui oui, alors voilà, nous n'avons plus de navire, et vous vous recherchez une fée ? Nous en avons une, en échange de celle-ci vous pourriez, comment dire, nous déposer au niveau de la station balnéaire ? »

Le pirate posa ses deux poings squelettiques sur la table et se redressa, faisant apparaitre un sabre en parfait état à sa ceinture, pour montrer sa supériorité et également son indifférence à sa requête.

« Hum… mais qu’est-ce qui m’empêche de récupérer la dealeuse de poudre, et de vous exécuter après ? »

Irkaal resta interdit et fixa le sabre.

« Et bien parce que nous avons une sorcière avec nous et quelle peut vous maudire à jamais et que nous sommes prêts à nous battre si votre réponse ne nous convient pas ! » Retorqua Irkaal, en se redressant à son tour les deux poings sur la table, les iris jaunes tels un serpent.


****



A l’extérieur, sur le pont les trois compagnons commençaient à ressentir le froid, entièrement trempé, le vent fouettant leurs visages fatigués, leurs bouches laissaient de petites volutes s’envoler à chaque expiration. Ils comprirent que la situation aller déraper quand ils entendirent le ton dans la cabine monter. Ils se regardèrent du coin de l’œil, Vost indiqua à Lynn que le garde derrière elle avait un sabre à la ceinture facilement récupérable, en effet le garde n’avait plus de bras.
Elle lui rendit la pareille en lui désignant un pieux planté à côté d’un tonneau de poudre. Pilipa quant à elle se concentrait sur la fée qui attirait de plus en plus les pirates vers elle.



****



Face à l’affront, le pirate s’avança de nouveau, il traversa la table comme un fantôme l’aurai fait, ses jambes sous la table et le buste au-dessus, il arriva face au guerrier posant son crane décharner sur son front. Irkaal d’un geste calculé attrapa le sabre et trancha la tête de son adversaire. Elle roula sur le sol un moment, laissant à Irkaal l’espoir d’avoir réussis sa négociation. Mais le corps du pirate réagit, les deux mains de l’homme sans tête se jetèrent sur le guerrier, l’une sur la gorge l’autre sur le poignet tenant le sabre. Irkaal voulais lui donner un coup de boule, mais la tête de son adversaire roulait sur le sol au rythme des vagues célestes. Il se servi de son bras restant pour lui frapper dans les côtes, le squelette eut un mouvement de recul, laissant juste assez de place à Irkaal pour placer un puissant coup de pied au niveau du bassin de son adversaire le faisant voler sur la table, les deux bras sans chair ni tendons restèrent eux accroché au guerrier. D’un revers de la main il se débarrassa de celui à la gorge et attrapa celui sur son poignet. Le sabre à la main et le bras du pirate, dans l’autre il s’avança vers la porte et sorti sur le pont.
Le regard étonné des trois élèves lui arracha un sourire figé.
Il se tourna vers le second :

« Les pourparlers sont terminés, tu viens de monter en grade. » lâcha Irkaal en lui lançant le bras du défunt capitaine.

Irkaal, eu comme un second souffle, il sentait enfin revenir en lui ces sensations, ce moment fatidique d’avant une bataille, cette excitation, ces palpitations et surtout cette rage insatiable de vaincre. Il se jeta sur le second sous le regard interdit de ses camarades.
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MessagePosté le: 25/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

* ~ Le guerrier aux iris arcs-en-ciel jeta le membre du capitaine à son second qui l’attrapa avec incrédulité. Ses compétences en négociation se montraient à la hauteur de son nombre de synapses ; dans le sens où elles avoisinaient la nullité. Même Vost, Lynn et leur loquacité légendaire auraient pu égaler la performance de leur camarade, ce dont il ne devait pas se sentir flatté. Au moins, le sourire qui se dessina sur ses lèvres, lorsqu’il fondit sur le bosco, soulignait son enclin à la violence ; probablement l’unique trait partagé avec le Démon. Ce dernier, comme planifié quelques instants auparavant, arracha un large piquet qu’il envoya à pleine puissance dans la direction de l’Orthos. Ayant complètement anticipé l’action, elle se baissa pour laisser l’épieu de bois décrocher le torse du pirate sans mains qui se trouvait derrière elle. Animée d’une vivacité semblable à celle de la foudre qui déchirait les nuages, elle s’empara de l’épée du bandit morcelé, se redressa puis fit volte-face en faisant rouler son épine dorsale contre celle de son ami. Cette pirouette lui permit de fendre un crâne avant que l’idée d’une attaque à revers ne germât en lui. Dos à dos, les colocataires jaugèrent promptement la situation qui, suite à ce pourparler infructueux, paraissait désespérée. La précipitation avait prémuni l’élaboration d’une stratégie de repli, ce qui contraignait le groupe, déjà éreinté et au bord de l’évanouissement, à affronter une horde de morts-vivants armée de barres de fer rouillées. Des embryons de cercles ne tardèrent pas à se tracer autour des élèves harassés ; une trentaine d’ennemis capables de se régénérer leur faisait face. Seul moyen de les mettre hors d’état de nuire : les passer par-dessus bord. Une tâche néanmoins ardue compte tenu de l’épuisement général.

* ~ Irkaal se trouvait aux prises avec de multiples adversaires mais, en l’absence de graves blessures, il se débrouillait plutôt bien – pour un novice. À l’aise au sabre, tantôt il déviait les lames, tantôt il esquivait les estocades. De son côté, Pilipa subissait plus sévèrement les assauts, accusant le contrecoup de son excès de zèle magique. Inaccoutumée au maniement des armes, elle tentait tant bien que mal de retourner celles de ses opposants contre eux afin de protéger l’insupportable fée. Une attitude inconsidérée qui allait probablement lui coûter cher. Regrettablement, l’albinos ne put poursuivre son analyse plus longtemps car des éclairs d’acier émoussé s’abattait déjà sur lui. Il para le premier de sa masse de fortune, évita le second d’un pas de côté en s’assurant au préalable que Lynn ne souffrirait d’aucun dommage collatéral. Avec comme dessein de séparer de leurs troncs le plus de jambes possibles, Vost utilisa toute l’envergure qu’offrait son club dans un fauchage brutal. Trois paires de rotules prirent leur envol, suivies de près par des ménisques virevoltants. Profitant de l’alignement des bustes qui jonchaient à présent le sol, il mua son retour de bâton en un vigoureux swing digne de Tigre de Bois, le plus grand golfeur du Velm. Deux des balles se logèrent dans le trou visé, la dernière s’écrasa sur la rambarde dans une tempête de côtes brisées. L’officier, quant à elle, n’était pas en reste de prouesses martiales. Elle venait de débiter une paire de zombis incapables de réagir à sa vélocité féline. Sans se départir de cette rapidité, elle propulsa une autre dépouille mouvante hors du navire à l’aide d’un coup de pied en plein plexus.

* ~ La bataille se déroula de manière relativement favorable pour le quatuor jusqu’à ce qu’une note stridente ne se détachât de la fanfare formée par le tintement des lames. D’un geste vif, tous se tournèrent vers la sorcière au grand cœur. Elle ployait, sa cuisse transpercée par une lance. L’albâtre et la jeune femme aux iris métalliques échangèrent un regard qui, bien que n’excédant pas la durée d’une double-croche, leur suffit à s’accorder. À l’unisson, ils s’élancèrent vers celle qu’ils devaient malheureusement qualifier de sœur d’arme. Le Démon faisait tournoyer son instrument au-dessus de la tête de sa supérieure qui glissait quasiment allongée sur le pont détrempé, sa main libre en guise de dernier appui. Tandis que des morceaux d’os entamaient un ballet aérien, Lynael atteingnit finalement sa cible. Elle se redressa d’un bond, empalant dans le même mouvement le torse ajouré de l’agresseur de Pilipa. Cette dernière poussa un nouveau cri de douleur car l’impact avait remué le couteau dans la plaie, au sens littéral du terme. Grâce à la force du désespoir, l’Orthos parvint à soulever le mort-vivant planté au bout son épée puis à le projeter quelques mètres plus loin. Alors qu’elle recouvrait sa garde, un véloce pieu de bois vint s’exploser contre un autre assaillant qui s’apprêtait à l’attaquer par derrière. En proie à un ouragan d’échardes, l’albinos avait à nouveau ruiné sa batte. Avantageusement, le demi-humain possédait à minima un demi-cerveau puisqu’il avait également eu la bonne idée de rejoindre l’Illusienne mutilée. Dans une interpellation virile, il offrit un sabre au combattant désarmé qui le remercia d’un signe de tête.

* ~ Tels des tours de défense, les trois guerriers entouraient à présent la magicienne. La gravité de sa balafre nécessitait toutefois une prompte intervention, mission qui incombait naturellement à Vost. Sa propre affliction endiguait en effet une partie de ses capacités martiales ; céder le rôle de gardien à ses deux compagnons semblait donc l’option la plus sensée. Furtivement, ses rubis scrutèrent la Traqueuse qui acquiesça, lèvres closes. En dépit de l’indifférence qu’il éprouvait à l’égard de Pilipa, le bretteur à la peau blême se résolut à s’agenouiller près d’elle. Vu la quantité de sang déversée, son artère fémorale demeurait intacte ; ses chances de survie n’étaient pas nulles. Rompu à la routine des premiers soins, il préleva un fin morceau de son jogging pour le muer en un garrot qu’il serra au-dessus de la lance ; au mépris de son épaule bombardée de tourments. Sans se soucier des potentielles protestations de sa patiente, il retira brusquement le fer de sa chair. Dans le but de s’octroyer une vue plus dégagée, il déchira ensuite son bas de pyjama. La plaie, loin d’être belle, traversait le muscle de part en part. La décrépitude de l’arme qui l’avait engendrée augmentait grandement le risque d’infection mais l’infirmier improvisé ne disposait d’aucun antiseptique. Faute de mieux, il dut se contenter d’un nettoyage rudimentaire à l’eau de pluie. Soudain, il sursauta devant un crâne venu troubler son office. Logé entre les jambes de la jeune femme, le curieux projectile mirait avec désir ses parties intimes. Le chirurgien en herbe, envahi par le dégoût, rendit la tête perverse à la mer avant de poursuivre son œuvre. Comme touche finale, il utilisa les étoffes récemment tranchés afin de réaliser un pansement compressif en complément de la ligature. Le bandage achevé, il leva les yeux vers l’éclopée pour la première fois depuis le début de l’opération. Fouetté par des trombes diluviennes et bien plus pâle qu’à l’accoutumée, son visage arborait une expression déformée par la douleur ; douleur que la brutalité de l’albâtre n’avait qu’intensifiée. Ses traits altérés étaient balayés par une tumultueuse déferlante d’émotions : effroi, surprise, répugnance, reconnaissance... Difficile d’en cerner tous les remous, facile de constater l’état de choc. En tant qu’élève d’Illusia, n’était-elle pas habituée à ce genre de maux ? Au gré des éclairs qui s’abattaient, ses muscles se crispaient. Était-ce sa peur du tonnerre qui, ajoutée au traumatisme, la tétanisait ? La rudesse de l’affrontement ne permettait pas de s’encombrer d’un poids mort, elle devait se ressaisir. Le Démon lui intima alors de se relever, en vain. Au moindre contact entre son pied et les lattes des bois, elle tressaillait. Sa patience emportée les vents tempétueux, il la saisit par le col pour la remettre sur ses appuis lui-même. Son bras gauche la souleva telle une plume tandis que le droit lui offrit l’arme responsable de son malheur en guise de canne. Sans lâcher sa prise sur le tissu bariolé, le guerrier approcha son visage de celui de Pilipa ; si bien qu’une distance outrageusement courte les séparait. Les sourcils froncés, l’air sévère, Il planta ses iris flamboyants dans les prunelles de la magicienne.

« Tu veux mourir ? », il marqua une courte pause pour souligner le ton dramatique de sa réplique, « Alors reprends toi et lâche cette putain de fée. »

* ~ Malgré leur sécheresse, ses mots ne visaient qu’à ragaillardir la blessée ; ils ne témoignaient d’aucune animosité. D’une part, l’albinos était assez intelligent pour comprendre que le succès de leur entreprise reposait sur ses compétences en navigation et, d’autre part, l’amertume qu’elle lui inspirait ne suffisait pas à souhaiter son trépas. Cependant, l’avertissement n’était pas infondé : la nouvelle cicatrice dont allait pouvoir se vanter l’Illusienne – pour peu qu’elle survécût – provenait très probablement d’une négligence provoquée par sa philanthropie à l’égard de la minuscule créature ailée. Pourtant, elle ne put se décider à abandonner sa nouvelle amie, gratifiant même son interlocuteur du plus noir de ses regards. Parfait, la haine devenait un puissant moteur dans ce genre de situation. Au moins, elle ne risquait pas de s’évanouir ; Vost pouvait enfin reprendre le démembrement de pirates. Lorsqu’il réintégra sa position dans la formation, il ne parvint à asséner qu’un seul coup avant d’être interrompu par une voix d’outre-tombe émergeant du déluge d’eau et de lames :

« Fini de jouer la bleusaille. »

* ~ Les restes squelettiques du Capitaine se tenaient debout sur le seuil de la cabine. Sur sa chair putréfiée ruisselait une effroyable mixture composée de pue et de pluie. Dans sa main, la dernière en sa possession, se trouvait sa propre tête. D’un geste lent, il la replaça sur ses épaules. Une fois celle-ci orientée dans la bonne direction, il pointa ses doigts vers les cieux orageux, comme pour invoquer la foudre. Au lieu de ça, tous les os épars se murent de plus belle, réassemblant une nouvelle fois l’armée des morts. Même les cadavres préalablement jetés aux requins regagnaient progressivement le navire. La bataille prenait une fâcheuse tournure. Traînant en longueur, elle drainait le peu d’énergie dont disposaient encore les jeunes élèves. La langueur, la désolation et la sentence de la faucheuse planaient sur eux pareilles à des vautours affamés.

* ~ Pilipa, embrasée par un feu sacré d’origine inconnue, ne baissa pourtant pas les bras. Elle titubait vers le commandant, ses jambes manquant de lui faire défaut à chaque pas. Elle n’avait pas recouvré sa vigueur mais sa détermination venait de renaître. De prime abord, l’homme à la toison blanche considérait cette velléité comme motivée par le désespoir quand, subitement, son esprit embrassa les intentions de la sorcière. Ses arcanes permettraient de débarrasser définitivement le pont du nécromancien qui le foulait. Les trois Areniens organisèrent alors la contre-offensive au moyen de coups d’œil fugaces. À l’arrière du cortège, Irkaal tirait avantage de son habileté à l’épée pour prémunir les débordements. L’agile et robuste Traqueuse, quant à elle, soutenait la magicienne tout en protégeant les flancs. Devant, un bulldozer vivant déblayait le chemin à grand renforts de moulinets. L’étrange prédateur à quatre têtes perçait lentement les rangs ennemis, sa progression ralentie par l’éreintement. À mesure qu’il s’approchait sa proie, les pieds de celle-ci se détachaient du sol trempé. Dans un ultime hurlement de rage qui contrastait avec son apparence fluette, l’Illusienne exténuée catapulta le chef des bandits hors du vaisseau avec une véhémence inouïe. Les marins maudits s’écrièrent en chœur : « CAPITAINE ! ». Certains partirent à la rescousse de leur bien aimé capiston, d’autres cédèrent à la débâcle. Forte du désordre qu’elle avait semé dans les lignes adverses, la créature aux multiples paires jambes continua sa course vers la barre. Dans l’escalier menant au pont supérieur, elle se vit toutefois bloquée par une horde de morts-vivants qui n’appréciaient guère l’idée de se faire dérober leur navire. Excédé, les nerfs aussi palpitants que son épaule, le Démon renonça un instant à son humanité, chargeant tête baissée les pauvres zombis posés sur les marches. De ses bras semblables à des serres, il ceintura ses opposants, récoltant au passage quelques estafilades au niveau des clavicules. Un mugissement à faire pâlir un lion s’échappa de sa gueule lorsqu’il précipita dans le vide l’amas de chair putride qu’il tenait. La voie libérée, le groupe poursuivit son ascension en slalomant entre les dépouilles ambulantes. Arrivés à proximité de l’engin servant à manœuvrer le galion, les élèves rincés adoptèrent une nouvelle formation. Pour couvrir les deux femmes pendant la navigation, Vost rejoint son camarade aux méninges rouillées qui venait d’essuyer un puissant coup de masse dans le buste. Il l’aida à se relever, non sans avoir au préalable réduit son assaillant à l’état de compost. Derrière les deux guerriers, la roue s’actionna. Le gouvernail craqua et la proue se trouva promptement à l’opposé du cétacé aérien.

* ~ Au cours des péripéties, le nombre de carcasses ranimées avait drastiquement diminué ; peut-être que cette bataille démesurément longue allait connaître une heureuse issue. L’albâtre rassembla ses dernières forces pour mener l’assaut final. Dans un torrent d’acier, il tranchait des membres gangrenés. Dans une fureur inhumaine, il jetait des morts-vivants à la baille. Irkaal le suivait de près, écrasant tout ce qui passait à sa portée. Si sa matière grise semblait déficiente, ses compétences martiales étaient indéniables. Grâce à leur ardeur, les frères d’armes atteignirent bientôt l’ultime ennemi qui, à la vue de leurs mines déformées par la rage, préféra sauter la rambarde de son propre chef. Immédiatement, le Démon tomba à genoux puis s’allongea sur le dos, bras écartés. L’ensemble de ses muscles le lançait, sans parler de ses blessures. À bout de souffle, qu’il tentait bruyamment de récupérer, il se laissa bercer par les ballottements du vaisseau. Libéré des frottements de l’eau, celui-ci s’éloignait du cœur de la tempête à vive allure ; si bien que la pluie cessa.

* ~ Malheureusement, l’heure du repos salvateur n’était point venue ; le cap n’allait pas se fixer tout seul, les plaies n’allaient pas se panser toutes seules. Le prétendu capitaine partit en quête du matériel de navigation tandis que l’albinos descendit péniblement dans la cale. Ce dernier trouva exactement ce qu’il cherchait : du fil de pêche, des hameçons érodés, du silex, de l’amadou ainsi qu’une lanterne. Parmi les innombrables tonneaux de rhum, une bouteille esseulée attira particulièrement son attention. Il imbiba alors son index de la liqueur fraîchement acquise avant de le porter à ses lèvres. Dès que le liquide entra en contact avec muqueuses, il s’ébroua ; probablement de l’absinthe, idéale pour désinfecter les balafres purulentes. Ses emplettes terminées, il regagna le pont. La nouvelle recrue d’Arena s’était visiblement perdue dans les quartiers du commandant puisqu’elle n’avait pas refait surface. Les yeux braqués sur le lointain, Lynn tenait la barre en suivant scrupuleusement les indications de la sorcière gisant à ses pieds. De nouveau affublé de sa blouse d’infirmier, Vost s’agenouilla aux côtés de la boiteuse. Il entama de défaire le bandage de fortune malgré la désapprobation de sa patiente. Seuls les mercenaires ou les combattants clandestins savaient se suturer eux-mêmes ; or la jeune femme n’appartenait visiblement à aucune des deux catégories. Pendant que l’apprenti médecin allumait un feu dans son lampion, l’exécrable fée, encore pendue au pyjama de sa grande copine, ne put s’abstenir de faire un commentaire :

« Finalement, t’es peut-être pas le monstre sanguinaire que...

- Ta gueule. »

* ~ L’ex-pugiliste se considérait déjà comme un monstre, inutile d’en rajouter. À cause de son humeur massacrante et d’un éreintement qui frisait avec le coma, chaque mot prononcé par l’insupportable Cloch’ lui donnait des envies de meurtres. Par ailleurs, ses gestes n’étaient toujours pas motivés par la bonté ; Pilipa s’avérait nécessaire à la survie de la troupe. Recouvrant peu à peu sa concentration, il déchira un fragment du pantalon de la magicienne ; fragment qu’il imprégna ensuite d’éthanol. Après avoir essoré la compresse tout juste confectionnée, il attrapa la lance qui servait anciennement de canne, cassa un morceau du manche puis le présenta à la blessée.

« Mords. »

* ~ Ravalant sa réticence, elle se soumit à la volonté de son guérisseur. Ce dernier entreprit de nettoyer la profonde entaille avec son chiffon aromatisé à l’absinthe. À intervalle régulier, il y versait directement le contenu de la bouteille ; ce qui arrachait systématiquement un cri de douleur étouffé à la propriétaire de la cuisse mutilée. Quand il jugea la plaie suffisamment propre, il commença à la recoudre en ayant au préalable stérilisé l’hameçon à la flamme. Au même moment, Irkaal réapparut. Muni d’une carte, d’une boussole et d’un compas, il comprit rapidement que l’élaboration d’un itinéraire devrait attendre la fin de l’office. Ce délai lui permit de s’enquérir de l’état de la traqueuse qui l’envoya gentiment – du moins autant qu’elle en fût capable – balader. Chacun dans leur coin, les deux tourtereaux en devenir pansèrent également leurs blessures.

* ~ Une fois remise sur pieds, ou plutôt secouée comme un prunier pour éviter l’évanouissement, la navigatrice s’attela à déterminer la trajectoire à suivre. Procédure qui laissa à Vost le temps d’appliquer le même traitement brutal à ses meurtrissures. Son torse couvert de cicatrices boursouflées témoignait de la barbarie dont il faisait preuve une aiguille à la main. Focalisé sur les va-et-vient de la pointe d’acier qui traversait sa peau, il fut une nouvelle fois interrompu dans son œuvre médicale par l’horripilante voix de la minuscule créature.

« Vous naviguez vers le continent ? Alors c’est ici que nos chemins se séparent... »

* ~ Dégoulinante de mièvrerie, la petite chose expliqua à son amie qu’elle ne pouvait s’éloigner de l’archipel terrible. Des larmes, probablement feintes, glissaient le long de ses joues alors qu’elle disparaissait dans un très joli ballet de poussières multicolores que les licornes jalousaient. Abasourdi par ces abracadabrantesques adieux, une seule pensée résonna dans l’esprit du cartésien : *Elle est sérieuse cette pute ?!*. Elle avait manqué de les faire tuer à plusieurs reprises, leur avait rabattu les oreilles de ses remarques infâmes, avait joué la princesse esseulée... Tout ça pour finalement avouer qu’elle ne pouvait pas quitter l’île ? Le sang du Démon ne fit qu’un tour. Vociférant des insultes que le pire des punks aurait trouvé excessives, il manqua d’arracher son deltoïde à coup d’hameçon. Dans sa grande mansuétude, Lynael tapota son crâne bouillonnant tandis que le vaisseau fantôme poursuivait, lentement mais sûrement, son périple vers le continent.

Voilà la bête! J'ai essayé de faire un final un peu épique, j'espère qu'il vous plaira! J'ai aussi essayé de pas mal interagir avec vos personnages, n'hésitez pas à me dire si vous jugez bon d'éditer des passages!

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MessagePosté le: 25/04/2018    Sujet du message: Seuls au monde Répondre en citant

MINI QUETE "SEULS AU MONDE" TERMINEE

Commentaires : Un très bon niveau RP global avec une bonne communication entre les joueurs et les différents personnages ! Sont à féliciter pour leur rapidité de réponse : Irkaal et Lynn, et Irkaal pour également pour ses progrès fulgurants sur son premier forum RP. La qualité des posts de Vost est à saluer, ils sont excellents. Ceux de Lynn sont très bien aussi et font toujours avancer l'action. Du côté de Pilipa, toujours une bonne rédaction et beaucoup d'idées originales, mais on sent que tu cherches encore ton personnage. Attention à ne pas vouloir trop diriger l'action et à ne pas être confuse dans les métaphores.

C'est l'occasion de de rappeler quelques points importants pour tous les joueurs du forum en Mini-Quête :
- Tenez vos engagements donnés en début de RP
- Informez bien vos camarades RP de l'avancée de vos posts
- Communiquez bien entre vous sur l'évolution de la Mini-Quête
- Faites attention de bien rester dans la thématique de la Mini-Quête
- Evitez de résumer
- Faites avancer l'action !


Mais à nouveau, la bonne communication que vous avez eu entre vous a permis de produire ce qui est à tout regard une très bonne Mini-Quête. Même si cela aurait pu être plus long (pas forcément sur la fin mais au cours du développement)
Par conséquent même si les modifications ont été faites après coup, vous héritez du barème sur lequel Pilipa a durement travaillé (à l'échelle maximale) !

Récompenses :
- 130 xp/post soit 390 xp chacun pour vos 3 posts
- 500 écus/personne
Deux potions de soin moyenne
1 objet au choix à l'officine de l'Alchimiste Four'bu ou au Cabinet du Maître Scribe (envoyez moi votre choix par MP)

N'oubliez pas de repasser dans vos Ecoles (Chambre ou Couloirs) avant d'entamer un autre RP
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MessagePosté le: 20/08/2018    Sujet du message: Seuls au monde

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