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Au service du roi

 
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Katy
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MessagePosté le: 15/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Après avoir été plus ou moins froidement chassée de sa chambre par son bien-aimé revenu des morts, Gabriel errait dans le Bois des Anges, songeuse. Cette forêt avait été pour elle le théâtre de bien des aventures. En tant d’années écoulées dans la région, elle y avait folâtré pour le plaisir, y avait fait des rencontres de toutes sortes, croisé le fer parfois, frôlé la mort souvent. A force, cette galerie de troncs noueux et sa canopée ombrageuse avaient pris des airs familiers, comme on finit par connaître ses vieux ennemis et à les estimer. Ce jour-là, alors que le soleil déclinait lentement de son zénith, la lumière qui filtrait à travers le feuillage épais donnait un air presque féérique et accueillant à ce bois pourtant hostile, mettant en valeur le fauve des troncs et le vert tendre des feuilles. Ces rayons d’or irréguliers qui pavaient le chemin de jeunes pousses et de racines entremêlées donnaient un air solennel, comme une cathédrale végétale, au sous-bois que l’Arenienne traversait. Celle-ci avançait à petit pas, effleurant du bout des doigts les plantes, respirant l’air paisible et chaleureux du printemps. Son armure de cuir verte se confondait aisément dans le paysage, ses cheveux d’or scintillaient parfois sous les rais de lumière. Elle-même, quoiqu’elle ne soit pas d’un naturel lyrique, se sentait en harmonie particulière avec son environnement.
La guerrière s’arrêta tout à coup. L'enchantement de la sylve se rompit brusquement. Elle porta un regard sur le côté, main droite sur la garde de son épée, l’autre dans son dos, prête à décrocher son bouclier. Quelqu’un approchait.

La jeune femme se détendit quand elle reconnut Eöl Khaine. Celui-ci était semblable à ses souvenirs, grande silhouette anguleuse toute de noire vêtue, laissant apparaître à nu seulement un visage émacié à la peau sombre et aux yeux sanguins, difficiles à déchiffrer. Sa présence enveloppa de nouveau la guerrière d’en sentiment de familiarité et redonna son air relativement calme à la forêt, allongeant leur répit. Il était heureux qu’ils se rencontrent aussi tôt. Ses capacités d’Officier Assassin lui avaient permis de s’approcher assez près de la Protectrice aguérrie sans qu’elle ne s’en rende compte, ce qui était excellent. C’était un talent dont ils auraient besoin pour leur mission et qui, si elle se déroulait avec succès, se solderait par l’accès au rang d’Elite pour l’Elfe Noir.


- Bonjour, Eöl. Ca faisait longtemps, salua la jeune femme avec un petit sourire tout en relâchant la tension de ses bras le long de son corps.

D’un geste gracieux elle lui indiqua deux rochers recouverts d’un confortable lit de mousse. Il fallait qu’ils discutent ensemble avant de reprendre leur chemin afin qu’elle puisse lui fournir toutes les instructions nécessaires, car il lui semblait que l’Assassin ignorait ce qui l’attendait. Ce n’était pas le fort de Gabriel que de donner des instructions comme un chef de groupe mais, l’ancienneté la plaçant de plus en plus en tête des missions, elle s’y était accoutumée. C’était une moindre peine, comparé à tant d’autres auxquelles elle avait dû se plier durant toutes ces années comme instrument d’Arena.
Après avoir échangé quelques nouvelles pour le plaisir de leurs retrouvailles, Katy apprit que son vieil ami avait lui-même participé récemment à la formation pénible de deux Illusiens aux résultats mitigés : un échec et une réussite. Il félicita de sa voix de basse la promotion au rang d’Elite protectrice de la jeune femme et sembla surpris –ainsi que légèrement irrité, sembla-t-il à la jeune femme- d’apprendre que son formateur n’avait été personne d’autre que le Bersekir violent revenu d’entre les morts : Renji, le Vampire que sa réputation de guerrier incontrôlable et misanthrope précédait dans tout Arena, jamais égalée de l’histoire de l’Ecole, sauf peut-être par Valcen lui-même. L’Elfe Noir ne demanda pas à la jeune femme comment celle-ci faisait pour gérer le pêle-mêle entre les deux albinos, son colocataire et amant actuel et l’ancien. D’ailleurs, ils s’étaient vu depuis si longtemps, elle n’était même pas sûre qu’il soit au courant de sa relation avec le Démon d'albâtre. Pour l’anecdote, Gabriel donna le bilan des blessures qui lui avaient été infligées lors de son passage d’Elite. C’était quelque chose qui se faisait souvent, entre guerriers : de comparer les dégâts reçus en mission, comme certains mesuraient leur gueule de bois aux lendemains de soirées, ou d’autres appréciaient leur salaires respectifs. Plus le nombre de blessures était élevé et plus la faux de la mort était passée de près, meilleure l’histoire était à raconter et plus grand était le mérite en général.

Après une petite demi-heure de conversation calme et légère, la guerrière claqua ses mains gantées sur ses cuissardes.


- Bien, je crois qu’il est temps d’en venir aux choses sérieuses, déclara-t-elle.

Elle se saisit d’une brindille de bois pour s’en servir de stylet et se mit à graver quelques noms et schémas tandis qu’elle entamer son explication, pour leur servir à tous deux de mémos.


- Comme tu le sais peut-être, de nombreuses tribus vivent dans le Bois des Anges. Le Marécage est occupé par un tas de créatures comme les hommes-champignons, des espèces de Sauriens, des feux-follets… Dans la partie sylvestre, il y a les Elfes autoproclamés « Purs » et les Elfes Noirs, qui jusque récemment s’affrontaient pour un conflit de territoire et d’égo. J’ai dû intervenir il y a quelques années pour une mission diplomatique, car leur guerre insensée entraînait parfois des dégâts collatéraux en fauchant des jeunes recrues d’Arena et d’Illusia. A présent, nous sommes de nouveau mandatés, mais pour une tâche plus obscure et immorale. Cela me gêne mais je suppose que pour toi, le cas de conscience sera moins important. Une rumeur court que le roi des Elfes Purs, Waïlen, imbu de lui-même depuis toujours, aurait sombré dans ce qu’on appelle la « folie des elfes » ou la « démence du roi ». En effet, étant le plus âgé des siens, il est le plus sensible à la psychose qui peut s’emparer des âmes ayant trop vécues et vues trop de choses, et qui sentent leur fin arriver. On dit que, dans son ivresse de pouvoir, il fomente de briser la fraiche trêve entre son clan et celui des Elfes Noirs, ce qui plongerait de nouveau le Bois des Anges dans le chaos. Sa quête ne serait plus simplement l’annexion de territoire, mais le génocide de ses plus vieux ennemis. Mais plus grave encore, il parait qu’il aspire à annexer toute la forêt, ce qui ferait du clan de Waïlen un Etat gênant pour les Ecoles et la Capitale. Les histoires que l'on murmure veulent qu’il ait trouvé un artefact très puissant dans le Portail ou les Marécages, une arme qui lui donnerait réellement le pouvoir d’arriver à ses fins…
-- Tout ceci n’est encore que spéculations, bien entendu, continua Katy en haussant les épaules, l'air de douter de tout cela. Notre but est simplement d’en avoir le cœur net. Voici comment nous devons procéder selon les ordres : je suis envoyée en tant qu’émissaire d’Arena dans la demeure du roi, pour entretenir des relations cordiales avec les Elfes. Durant toute cette période, je dois le servir pour montrer la bonne foi de notre Ecole, tant que ses demandes n’entrent pas en conflit avec le traité de paix et la sécurité des élèves qui traversent le territoire. Tu me suivras, mais tu devras être invisible. Tu seras chargé d’espionner, de réunir toutes les informations que tu peux, mais aussi de me protéger d’éventuelles tentatives d’assassinat à mon égard. Nous échangerons discrètement des notes contenant les indices que nous aurons récolté et, si possible, essayerons de nous rencontrer pour établir des bilans. Tu as le droit de tuer, mais proprement, pour le bien de la mission si tu te fais repérer ou si tu perçois un danger nous menaçant. Bien sûr, comme le succès de notre mission repose sur ta discrétion et ton habilité à collecter des informations sans te faire remarquer, il faudra que tu tues le moins de personne possible, tu m’entends ? insista-t-elle en connaissance des pulsions meurtrières de son compagnon d'arme. Si notre couverture est révélée, il en sera fini de nous et de la paix dans la forêt, les conséquences seront dramatiques. Si, au bout du compte, les rumeurs se révèlent vraies sur Waïlen, tu auras alors pour mission de l’assassiner, mais de faire en sorte que sa mort passe pour un accident ou un suicide.
-- Pour t’aider, tu pourras essayer utiliser cette amulette qu’on m’a donné pour toi le temps de cette mission : il s’agit d’un hibou, qui pourra te servir d’espion discret de nuit comme de jour. Ce n’est pas facile d’utiliser deux amulettes, j’ai essayé par curiosité sur le chemin, mais je n’ai pas réussi. Mais de ton côté, lorsque tout sera terminé, tu devras être capable d’utiliser la technique « Camouflage » des Assassins et d’utiliser deux amulettes. Je validerai alors ta promotion dans mon rapport, acheva-t-elle en lui donnant une légère tape dans le dos, qui se voulait encourageante.

La jeune femme laissa s’écouler quelque temps, pour laisser le loisir à son ami de digérer ce long énoncé tandis qu’il regardait d’un air pénétrant les indications gravées dans le sol. Le soleil les chauffait doucement, douceur contrastant avec les jours pénibles qui les attendaient. Après encore quelques minutes, la guerrière se leva, faisant claquer les pièces de son armure.

- As-tu des questions ou des suggestions ? demanda-t-elle. Si tu n’en as pas, alors il est temps de nous séparer. Je partirai en première et tu me suivras quand tu le jugeras bon, sans te faire repérer. Le village se trouve au Nord-Est d’ici, à deux heures de marche. Je compte sur toi.

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MessagePosté le: 15/04/2018    Sujet du message: Publicité

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Eöl Khaine
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MessagePosté le: 20/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Un trait de lumière filtra à travers les volets de la chambre à la faveur d'une brise qui poussa les nuages. Balayant le visage d'Eöl endormi, la lumière le réchauffa, et l'elfe noir ouvrit les yeux.
Il se releva vivement, parfaitement alerte. Il s'était entraîné à être parfaitement réveillé au saut du lit, de fait, les grasses matinées n'étaient plus qu'un lointain souvenir, merci Winston, une fois de plus.
Il s'assit sur le bord du lit et descendit une demi bouteille d'eau qui restait sur sa table de nuit. Ensuite, il se mit debout et commença une série d'étirements pour réveiller les muscles de son corps. De la pointe des pieds à la base du coup, il prit cinq minute le temps de bien faire.
Il constata qu'il était encore seul dans la chambre. Tant mieux, sa misanthropie naturelle ne faisait pas de lui un bon colocataire.
Il alluma un petit post radio et brancha une clé usb dessus. Une musique d'ambiance douce et chaude se mit à envahir l'espace, il baissa le son. Toujours en sous vêtements, il sélectionna sa tenue du jours avant d'aller sous la douche.
Enfin propre, il s'habilla avec soin, puis il avala un rapide petit déjeuner pris à la cantine. Il faisait beau, très beau même pour la saison, il s'autorisa un sourire sans témoins. Il passa une partie de la matinée à ranger ses affaires dans son armoires et dans des rangements sous le lit, il briqua son armure et fit de menus travaux dessus quand il y en avait besoin. La préparation de l'armure demandait de la minutie, du soins, de la patience. Il inspecta sa côte de mailles, réparant les petits anneaux d'acier quand ils étaient pliés, il recousu son manteau de voyage fatigué, mais qu'il ne pouvait se résoudre à changer. Quand à l'armure en peau de Wyvern, il brossa soigneusement chaque pièces avec un chiffon enduit de graisse spécial, ce qui donnait au tout une teinte encore plus sombre.
Il flâna le reste du temps, prit un plateau à midi et mangea dehors sur un banc, profitant du soleil. Tout se passait pour le mieux lorsqu'une ombre plana sur lui. L'elfe soupira et reposa sa fourchette en s'essuyant la bouche.
Un traqueur qu'il connaissait de vue vint s’asseoir à coté de lui.


« - Eöl Khaine ? Je suis mandaté pour te remettre ceci... »

Il déposa une enveloppe à coté de l'elfe.

« - Ouvre là et suis les instructions à la lettre, et bonne chance. »

Eöl s'étonna, il n'était pas très courant qu'un traqueur fasse le facteur. En général, des élèves volontaires (ou pas) assuraient la circulations des informations au seins de l'école. A moins que...
Il voulut parler au traqueur mais celui ci était déjà invisible.
La lettre marron était cacheté à la cire noire, avec le symbole d'Arena. C'était un courrier officiel qui venait de haut. Il fouilla dans sa mémoire mais ne se rappela pas d'avoir tué quelqu'un d'important récemment, encore moins un officier. Ce n'était donc pas de cela qu'il s'agissait. Il s'était tenu rigoureusement tranquille, sous la supervision de Winston, il ne tuait que des cibles approuvées par son mentor, sauf quand la situations dérapait un peu, et qu'il faisait une mission en solo, où sa marge de manœuvre était plus souple.
Il finit son repas et repoussa le plateau sur le banc. Il décacheta la lettre d'une pichenette et ouvrit.
En fin de compte, elle ne contenait qu'une simple feuille, ou était inscrit une heure et un lieux.
Il jura, car c'était aujourd'hui même. L'art de faire chier !
En courant un peu, il pourrait y être à temps. L'ancien Eöl aurait sûrement maudit le traqueur, car il n'aimais être surprit, quoi de plus normal pour un assassin, mais le nouveau affrontait la situation avec flegme et fatalité. Il se mit à marcher d'un pas rapide vers sa chambre.
Heureusement, une discipline héritée des nombreuses années passé dans cette antichambre de la mort l'avait rodé. Son sac de voyage était toujours prêt, de même que ses armes. Il se changea rapidement, enfila sa côte de maille, son armure puis son manteau de voyage. Il accrocha à sa ceinture son sabre, ses deux arbalètes à mains à deux coups reposaient dans des étuis sur ses cuisses. Enfin , il disposa une quinzaine de couteaux un peu partout sur lui, avant bras, épaules, ceinture, bottes, poches, bref partout. Il jeta un coup d’œil rapide dans son sac pour vérifier qu'il n'oubliait rien. Il se secoua dans tout les sens pour vérifier que tout était bien attacher et que pas une boucle ne viendrait tinter et donc trahir sa présence s'il devait user de discrétion.

Son sac contenait le nécessaire pour parer à tout les situations possible. D'une taille moyenne, correctement rangé, il faisait vingt cinq kilos. On y retrouvait pèle mêle un kit su survie pour vivre en autarcie dans la nature, une trousse de premiers secours avec la matériel nécessaire pour se suturer soit même, de la nourriture lyophiliser , six litres d'eau, une paille filtre pour boire n'importe ou, n'importe quoi, de quoi faire du feu dans toute les situations, un duvet grand froid et son sac étanche. Des vêtements de rechange ainsi qu'une paire de chaussure de marche à sa pointure, une bâche camouflage, etc etc. Le tout était rangé très scrupuleusement à une place bien précise, pour pouvoir être à porté de main à partir des nombreuses ouvertures pratiqué dans le sac. Sac lui même en toile verte kaki, il était très solide, robuste, donc loin d’être beau, mais l'elfe s'en fichait pas mal.
Il connaissait l'emplacement de chaque choses, et il pouvait presque se saisir de n'importe quoi sans avoir à l'enlever de son dos. Le cas échéant, il pouvait même se battre avec, l'épaisseur du sac arrêterait tout ce qui était plus petit qu'un tir de baliste.
Enfin prêt, il se mit en route. Il fit le trajet en une heure, marchant à bonne allure pour se réhabituer à porter sa vie sur son dos.

Cela faisait bien une paire d'années qu'il n'avait pas été dans cette partie des bois. Ici, la fanfare des bruits naturels remplaçait avantageusement l'ambiance tapageuse de la capital. Ce n'était que bruissements dans la sylve, branches écrasées par de petits animaux, bourdonnement d'insectes, qu'il chassait de son visage du revers de la main. L'odeur de l'humus et de la forêt l'enchanta comme une pause bienvenue, il ralentit le pas et laissa son regard se perdre à gauche et a droite. Il repéra ici et là, de son œil entraîné, les traces de passages d'animaux. Ici une branche cassée, ici de la mousse piétinée, ici une touffe de poils discrète dans un buissons de ronces, empreintes dans la terre humide, chemins de gibiers à travers les fougères, déjections, pelotes de chouette, etc etc.
Son esprit analysait en mode automatiques ces dizaines d'indices de présence, presque comme un réflexe. Si Eöl n'avait pas autant aimer l'art de traquer une proie, jamais il n'aurait remarquer tout cela.
Il s'arrêta sur le chemin face à une empreinte qu'il ne connaissait pas. Il se baissa pour y voir de plus prêt. Pas de doute, une empreinte de botte, ou d'une large chaussure, et récente. Il passa son doigt sur la terre. La piste allait dans la même direction que lui. Il décida de la suivre, plus curieux que soucieux. Il ne craignait pas vraiment les habitants ou les bêtes du bois, sauf peut être les plus grosses, mais il fallait aller bien plus profondément encore pour espérer les rencontrer. Il marcha encore un peu lorsqu'il l'aperçut.
Une femme, blonde, attendais dans une petite clairière. Elle se tenait dos à lui. Immédiatement, inconsciemment même, il se mit à marcher furtivement. Non pas qu'il veuille la surprendre, mais juste être sur qu'il n'y avait pas de danger pour lui.
Silencieusement, il se déplaça pour essayer de la contourner. Et puis il la reconnut.

Au même moment, la guerrière se retourna en posant ses mains sur ses armes.

« - Bonjour, Eöl. Ça faisait longtemps.
Gabriel … Quelle surprise. »

La guerrière était une des seules personnes qu'Eöl respectait, et il était fier de pouvoir la considérer comme une amie, vue qu'il pouvait compter ses amis sur ses dix doigts.
Ils s'assirent, l'elfe déposa son sac à coté de lui et s'étira tout en échangeant quelques banalités avec la guerrière. Il hocha la tête en écoutant le récit de la blonde. Il raconta brièvement ce qu'il était advenu de lui durant ces deux ans, il parla de son mentor traqueur Winston, il parla de ses nombreuses blessures lui aussi, et ils se sourirent parce que contrairement aux soldats, il n'y avait pas entre eux cette compétition pour savoir qui avait le plus morflé. Ces deux ans n'avaient pas été tendre pour l'un comme pour l'autre, en tout cas.

Lorsqu'elle commença à lui parler de sa présence ici, il se tu, l'écoutant attentivement, concentré. Avant même qu'elle eu finit, son esprit tournait déjà les informations dans tout les sens, analysant, classifiant les donnés.
Pour commencer, il alluma une cigarette, anticipant le fait qu'il ne pourrait pas fumer avant un certain temps.


« - J'ai quelques question pour toi Gabriel. J'ai lu le rapport de mission concernant ta précédente visite chez les elfes, mon mentor ma fait lire des montagnes de rapports... Vieux fou, bref ! »

Il sortit un petit carnets pour prendre des notes.

« - Pour ce qui est de se rencontrer pour échanger, ça risque d'être compliqué, si je doit traîner à la périphérie du village, il faut que nous mettions au point un protocole sécurisé. On pourrait aussi utiliser ce hiboux pour s'échanger une correspondance codé.
- C'est une bonne idée, tu penses à un code en particulier ?
- Le code de combat d'Arena, c'est ce qu'il y a de plus simple, et c'est inviolable si l'on ne possède pas la clé. »

Ce code était apprit à chaque arénien dès son ascension au grade d'offcier pour pouvoir échanger des missives cryptées. Autant l'utiliser.

« - Dans la mesure du possible, je vais essayer de ne pas te perdre du regard, tout en essayant de ne pas me faire repérer. Et puis, en ce qui me concerne ... »

Il inspira.

« - Si c'est toi qui demande, je suis prêt à faire un effort pour me contrôler, mais tu sais, je ne suis plus le même qu'avant. Quand la situation l'exige, je suis sage. Et c'est le cas. De toute façon, je ne ferais rien qui puisse mettre ta vie en danger.
Pour en revenir à nos soucis, tu te souviens de la disposition du village ? Tu peux me gribouiller ça sur une page de carnet ? Et la disposition des gardes, la sécurité en général ?  Le roi a des gardes rapproché ? De quels armements disposent les soldats en général ?
»

Il lui tendit une feuille et un crayon, elle les saisit et commença à dessiner un plan rudimentaire.

«  - Le village est assez grand et dispersé, avec des habitations perchées à d'énormes arbres. Elles disposent toutes d'un Sceau du Vide. Pour éviter de te faire tuer la nuit, il faudra soit que tu investisses discrètement l'une d'entre elles, soit que tu t'éloignes avant la tombée de la nuit. La taille des maisons ne dépend pas du rang, mais des nécessités de chacun. Si rien n'a changé depuis, la maison du roi est au milieu du village et n'est pas spécialement distinguable des autres. C'est là que je devrais être accueillie. Presque tous les Elfes du village portent des dagues, le carquois et l'arc et savent s'en servir à la perfection. Je soupçonne qu'ils ont également de grande connaissance en alchimie et en herboristerie, ce qui implique donc le risque d'usage de divers poisons pour enduire leurs armes. Il n'y avait pas de garde rapprochée à proprement parler mais tous les soirs le roi invitait des membres de son village à sa table, et ceux-ci gardaient avec eux leur équipement, en tout cas en ma présence. On pourrait en fait voir le village entier comme la garde rapprochée du roi. Enfin, ces souvenirs datent d'il y a quatre ans et proviennent du rapport qu'Ambre et moi en avions fait. Je ne sais pas si je t'apprend grand chose de plus. Partout autour dans la forêt, il y a des sentinelles très bien camouflées dans les arbres, sois prudent d'autant plus que leurs ennemis sont à la base les Elfes Noirs. »

Bon, il allait falloir compter sur un environnement en trois dimension, la spatialisation allait être importante. Il se conditionna mentalement à être encore plus attentif aux hauteurs.

«  - Je repense à un truc là, si jamais on doit se voir en dehors du village, contente toit de marcher jusqu'à ne plus être à porter de vue des gardes, c'est moi qui te trouverait, mais soit prudente, si tout ce que tu m'a dit est vrai, alors il est fort possible que l'on te fasse surveiller de près. Je vais enquêter de mon coté, essayer de trouver tout ce qui est suspect, comme tu as dit, et l'on verra bien. Nous allons être un peut tributaire des événements, il s'agit juste de bien réagir, et à temps. »

Il marqua une pause.
Les implications de la missions et ses enjeux étaient très important, la paix ou la guerre ouverte avec les elfes, et les deux écoles n'avaient pas envie d'ouvrir un second front près de leurs murs. Mais ce qui résonnait encore plus dans l'esprit de l'elfe, c'était bien ce qu'avait dit Gabriel. Élite, il allait être élite. Si tout se passait bien. La consécration, la presque fin des emmerdes, reprendre sa vie à peu près en main ! Cette perspective lui faisait très plaisir, et pour ce faire, il n'allait pas s’embarrasser de principes. Il espionnerait discrètement, il amasserait des infos, et il tuerait même le vieux roi, sans frémir des sourcils, si jamais ça lui permettait d'atteindre ce niveau.


«  - Quoi qu'il en soit, ça me fait vraiment plaisir de te revoir et de retravailler avec toi.
- Le plaisir est partagé. Allons-y. » Elle lui rendit son sourire et se mit en route.

Il la laissa partir en avant. Il fallait lui laisser une large avance, elle avait dit deux heure de marche. Considérant la force de Gabriel, ça devait faire dans les dix kilomètres en plein cœur de la forêt. Il remit son sac sur son dos et quitta le chemin pour s'enfoncer dans les fourrées. La guerrière allait arriver par la route, évidemment, pour ne pas attirer les soupçons, surtout en ces temps troublés. L'elfe noir, lui, emprunta des chemins qui n’existait pas. Il gardait le chemin sur sa gauche tout en s'enfonçant dans les bois. De temps en temps, un coup d’œil sur sa boussole le remettait sur la voie s'il déviait trop. Il jetait de fréquent coup d’œil à sa montre pour estimer le temps que mettrait Gabriel à arrivé. Il lui fallait couvrir une distance plus importante en un temps égal s'il voulait être à proximité d'elle quand elle arriverait.
Par chance, il trouva un ruisseau au cœur de la forêt. Ce petit bras de rivière allait lui permettre de brouiller définitivement ses traces. Sans hésiter, il sauta dans l'eau, il ne devait pas y avoir plus de quinze centimètre de profondeur, puis il remonta le courant, les yeux sur la boussole et la montre.
Deux heure de ce rythme avait commencé à lui tirer sur les mollets lorsqu'il décida qu'il était assez proche. Il quitta le ruisseau à la faveur d'un coude protégé par des rocher de part et d'autre. Ici, il était invisible.
Selon ses estimations, il ne devait plus être qu'a une demi heure du village. Il déposa son sac et le recouvrit de mousse et de branchage. Cet endroit ferait un bon point de replis en cas d'emmerde, il le ferait savoir à sa collègue dès que possible. C'était loin des chemins et facile à défendre.
Il prit un peu de matériel avec lui, qu'il répartit dans différente poches, puis il se mit en route de nouveau.
Cette fois, sa progression fut aussi silencieuse que possible, il posait les pieds sur des endroits choisit à l'avance, il contrôlait sa respiration pour que même le bruit d'un souffle ne le trahisse pas sa présence, et surtout, ses yeux faisaient des allez retour permanent entre le sol et les arbres.

Il fut prit d'un doute. Les guetteurs étaient ils fixe ? Ou bien se déplaçaient ils d'arbres en arbres ? Dans le dernier cas, il risquait fort d'être découvert à tout instant, car il sentit qu'il pénétrait en territoire ennemis. La forêt était légèrement plus clairsemé maintenant, des arbres avaient été abattus pour servir de matériaux de construction, pas beaucoup, mais assez pour qu'on le remarque. Il infléchit sa trajectoire pour se rapprocher de la route sur sa gauche, il était presque dans les temps.

C'est alors qu'il repéra la première sentinelle. Presque invisible, la silhouette sombre, perché sur une branche, lui tournait le dos. Eöl jura dans sa tête et fit demi tour. Sur la droite, un flanc de colline allait lui servir puisque la route était surveillé de près comme de loin. Il gravit furtivement la déclinaison et se roula sous un buisson de houx. Ici, il était invisible du sol comme des arbres. Il sortit d'une de ses poches viseur monoculaire. Cet engin, petit et robuste, grossissait jusqu'à quinze fois et possédait un mode de vision nocturne et infrarouge. Il l'alluma et braqua son objectif vers là ou il pensait que ce trouvait la route. Quelques minutes frustrante de recherches, un éclair blond passa rapidement. Il venait de retrouver Gabriel au moment même ou elle arrivait non loin du village. De son perchoir, il pouvait scruter la scène, bien qu'il y eu des troncs d'arbres. Il devina le village plus loin sur sa droite et nota mentalement sa position supposé depuis son emplacement.

La suite allait être moins facile. A la nuit tombée, les sentinelles allaient probablement entrer. Il aurait alors quelques minutes pour se rapprocher au maximum du village et trouver un abris avant d'être à la merci des monstres du néant. Seul dans la forêt, il se serait enterré dans une cachette, mais aussi près du village, il y en aurait certainement, attiré par la chair, il allait donc être dans la merde. Dès qu'il serait sur que Gabriel serait entré saine et sauve, il foncerait récupérer ses affaires pour se trouver une cachette. Mains pendant quelques minutes il allait très certainement falloir serrer les fesses bien fort.
Il regarda vers le ciel et remontant un peu sa capuche, les ombres des arbres s'allongeaient déjà.

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|Eöl Khaine|
Officier Assasin

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"Ce qui ne me tue pas à intérêt à courir plus vite que moi."
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MessagePosté le: 22/04/2018    Sujet du message: Au service du roi

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