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Au service du roi

 
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Katy
Elite d'Arena

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MessagePosté le: 15/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Après avoir été plus ou moins froidement chassée de sa chambre par son bien-aimé revenu des morts, Gabriel errait dans le Bois des Anges, songeuse. Cette forêt avait été pour elle le théâtre de bien des aventures. En tant d’années écoulées dans la région, elle y avait folâtré pour le plaisir, y avait fait des rencontres de toutes sortes, croisé le fer parfois, frôlé la mort souvent. A force, cette galerie de troncs noueux et sa canopée ombrageuse avaient pris des airs familiers, comme on finit par connaître ses vieux ennemis et à les estimer. Ce jour-là, alors que le soleil déclinait lentement de son zénith, la lumière qui filtrait à travers le feuillage épais donnait un air presque féérique et accueillant à ce bois pourtant hostile, mettant en valeur le fauve des troncs et le vert tendre des feuilles. Ces rayons d’or irréguliers qui pavaient le chemin de jeunes pousses et de racines entremêlées donnaient un air solennel, comme une cathédrale végétale, au sous-bois que l’Arenienne traversait. Celle-ci avançait à petit pas, effleurant du bout des doigts les plantes, respirant l’air paisible et chaleureux du printemps. Son armure de cuir verte se confondait aisément dans le paysage, ses cheveux d’or scintillaient parfois sous les rais de lumière. Elle-même, quoiqu’elle ne soit pas d’un naturel lyrique, se sentait en harmonie particulière avec son environnement.
La guerrière s’arrêta tout à coup. L'enchantement de la sylve se rompit brusquement. Elle porta un regard sur le côté, main droite sur la garde de son épée, l’autre dans son dos, prête à décrocher son bouclier. Quelqu’un approchait.

La jeune femme se détendit quand elle reconnut Eöl Khaine. Celui-ci était semblable à ses souvenirs, grande silhouette anguleuse toute de noire vêtue, laissant apparaître à nu seulement un visage émacié à la peau sombre et aux yeux sanguins, difficiles à déchiffrer. Sa présence enveloppa de nouveau la guerrière d’en sentiment de familiarité et redonna son air relativement calme à la forêt, allongeant leur répit. Il était heureux qu’ils se rencontrent aussi tôt. Ses capacités d’Officier Assassin lui avaient permis de s’approcher assez près de la Protectrice aguérrie sans qu’elle ne s’en rende compte, ce qui était excellent. C’était un talent dont ils auraient besoin pour leur mission et qui, si elle se déroulait avec succès, se solderait par l’accès au rang d’Elite pour l’Elfe Noir.


- Bonjour, Eöl. Ca faisait longtemps, salua la jeune femme avec un petit sourire tout en relâchant la tension de ses bras le long de son corps.

D’un geste gracieux elle lui indiqua deux rochers recouverts d’un confortable lit de mousse. Il fallait qu’ils discutent ensemble avant de reprendre leur chemin afin qu’elle puisse lui fournir toutes les instructions nécessaires, car il lui semblait que l’Assassin ignorait ce qui l’attendait. Ce n’était pas le fort de Gabriel que de donner des instructions comme un chef de groupe mais, l’ancienneté la plaçant de plus en plus en tête des missions, elle s’y était accoutumée. C’était une moindre peine, comparé à tant d’autres auxquelles elle avait dû se plier durant toutes ces années comme instrument d’Arena.
Après avoir échangé quelques nouvelles pour le plaisir de leurs retrouvailles, Katy apprit que son vieil ami avait lui-même participé récemment à la formation pénible de deux Illusiens aux résultats mitigés : un échec et une réussite. Il félicita de sa voix de basse la promotion au rang d’Elite protectrice de la jeune femme et sembla surpris –ainsi que légèrement irrité, sembla-t-il à la jeune femme- d’apprendre que son formateur n’avait été personne d’autre que le Bersekir violent revenu d’entre les morts : Renji, le Vampire que sa réputation de guerrier incontrôlable et misanthrope précédait dans tout Arena, jamais égalée de l’histoire de l’Ecole, sauf peut-être par Valcen lui-même. L’Elfe Noir ne demanda pas à la jeune femme comment celle-ci faisait pour gérer le pêle-mêle entre les deux albinos, son colocataire et amant actuel et l’ancien. D’ailleurs, ils s’étaient vu depuis si longtemps, elle n’était même pas sûre qu’il soit au courant de sa relation avec le Démon d'albâtre. Pour l’anecdote, Gabriel donna le bilan des blessures qui lui avaient été infligées lors de son passage d’Elite. C’était quelque chose qui se faisait souvent, entre guerriers : de comparer les dégâts reçus en mission, comme certains mesuraient leur gueule de bois aux lendemains de soirées, ou d’autres appréciaient leur salaires respectifs. Plus le nombre de blessures était élevé et plus la faux de la mort était passée de près, meilleure l’histoire était à raconter et plus grand était le mérite en général.

Après une petite demi-heure de conversation calme et légère, la guerrière claqua ses mains gantées sur ses cuissardes.


- Bien, je crois qu’il est temps d’en venir aux choses sérieuses, déclara-t-elle.

Elle se saisit d’une brindille de bois pour s’en servir de stylet et se mit à graver quelques noms et schémas tandis qu’elle entamer son explication, pour leur servir à tous deux de mémos.


- Comme tu le sais peut-être, de nombreuses tribus vivent dans le Bois des Anges. Le Marécage est occupé par un tas de créatures comme les hommes-champignons, des espèces de Sauriens, des feux-follets… Dans la partie sylvestre, il y a les Elfes autoproclamés « Purs » et les Elfes Noirs, qui jusque récemment s’affrontaient pour un conflit de territoire et d’égo. J’ai dû intervenir il y a quelques années pour une mission diplomatique, car leur guerre insensée entraînait parfois des dégâts collatéraux en fauchant des jeunes recrues d’Arena et d’Illusia. A présent, nous sommes de nouveau mandatés, mais pour une tâche plus obscure et immorale. Cela me gêne mais je suppose que pour toi, le cas de conscience sera moins important. Une rumeur court que le roi des Elfes Purs, Waïlen, imbu de lui-même depuis toujours, aurait sombré dans ce qu’on appelle la « folie des elfes » ou la « démence du roi ». En effet, étant le plus âgé des siens, il est le plus sensible à la psychose qui peut s’emparer des âmes ayant trop vécues et vues trop de choses, et qui sentent leur fin arriver. On dit que, dans son ivresse de pouvoir, il fomente de briser la fraiche trêve entre son clan et celui des Elfes Noirs, ce qui plongerait de nouveau le Bois des Anges dans le chaos. Sa quête ne serait plus simplement l’annexion de territoire, mais le génocide de ses plus vieux ennemis. Mais plus grave encore, il parait qu’il aspire à annexer toute la forêt, ce qui ferait du clan de Waïlen un Etat gênant pour les Ecoles et la Capitale. Les histoires que l'on murmure veulent qu’il ait trouvé un artefact très puissant dans le Portail ou les Marécages, une arme qui lui donnerait réellement le pouvoir d’arriver à ses fins…
-- Tout ceci n’est encore que spéculations, bien entendu, continua Katy en haussant les épaules, l'air de douter de tout cela. Notre but est simplement d’en avoir le cœur net. Voici comment nous devons procéder selon les ordres : je suis envoyée en tant qu’émissaire d’Arena dans la demeure du roi, pour entretenir des relations cordiales avec les Elfes. Durant toute cette période, je dois le servir pour montrer la bonne foi de notre Ecole, tant que ses demandes n’entrent pas en conflit avec le traité de paix et la sécurité des élèves qui traversent le territoire. Tu me suivras, mais tu devras être invisible. Tu seras chargé d’espionner, de réunir toutes les informations que tu peux, mais aussi de me protéger d’éventuelles tentatives d’assassinat à mon égard. Nous échangerons discrètement des notes contenant les indices que nous aurons récolté et, si possible, essayerons de nous rencontrer pour établir des bilans. Tu as le droit de tuer, mais proprement, pour le bien de la mission si tu te fais repérer ou si tu perçois un danger nous menaçant. Bien sûr, comme le succès de notre mission repose sur ta discrétion et ton habilité à collecter des informations sans te faire remarquer, il faudra que tu tues le moins de personne possible, tu m’entends ? insista-t-elle en connaissance des pulsions meurtrières de son compagnon d'arme. Si notre couverture est révélée, il en sera fini de nous et de la paix dans la forêt, les conséquences seront dramatiques. Si, au bout du compte, les rumeurs se révèlent vraies sur Waïlen, tu auras alors pour mission de l’assassiner, mais de faire en sorte que sa mort passe pour un accident ou un suicide.
-- Pour t’aider, tu pourras essayer utiliser cette amulette qu’on m’a donné pour toi le temps de cette mission : il s’agit d’un hibou, qui pourra te servir d’espion discret de nuit comme de jour. Ce n’est pas facile d’utiliser deux amulettes, j’ai essayé par curiosité sur le chemin, mais je n’ai pas réussi. Mais de ton côté, lorsque tout sera terminé, tu devras être capable d’utiliser la technique « Camouflage » des Assassins et d’utiliser deux amulettes. Je validerai alors ta promotion dans mon rapport, acheva-t-elle en lui donnant une légère tape dans le dos, qui se voulait encourageante.

La jeune femme laissa s’écouler quelque temps, pour laisser le loisir à son ami de digérer ce long énoncé tandis qu’il regardait d’un air pénétrant les indications gravées dans le sol. Le soleil les chauffait doucement, douceur contrastant avec les jours pénibles qui les attendaient. Après encore quelques minutes, la guerrière se leva, faisant claquer les pièces de son armure.

- As-tu des questions ou des suggestions ? demanda-t-elle. Si tu n’en as pas, alors il est temps de nous séparer. Je partirai en première et tu me suivras quand tu le jugeras bon, sans te faire repérer. Le village se trouve au Nord-Est d’ici, à deux heures de marche. Je compte sur toi.

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MessagePosté le: 15/04/2018    Sujet du message: Publicité

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Eöl Khaine
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MessagePosté le: 20/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Un trait de lumière filtra à travers les volets de la chambre à la faveur d'une brise qui poussa les nuages. Balayant le visage d'Eöl endormi, la lumière le réchauffa, et l'elfe noir ouvrit les yeux.
Il se releva vivement, parfaitement alerte. Il s'était entraîné à être parfaitement réveillé au saut du lit, de fait, les grasses matinées n'étaient plus qu'un lointain souvenir, merci Winston, une fois de plus.
Il s'assit sur le bord du lit et descendit une demi bouteille d'eau qui restait sur sa table de nuit. Ensuite, il se mit debout et commença une série d'étirements pour réveiller les muscles de son corps. De la pointe des pieds à la base du coup, il prit cinq minute le temps de bien faire.
Il constata qu'il était encore seul dans la chambre. Tant mieux, sa misanthropie naturelle ne faisait pas de lui un bon colocataire.
Il alluma un petit post radio et brancha une clé usb dessus. Une musique d'ambiance douce et chaude se mit à envahir l'espace, il baissa le son. Toujours en sous vêtements, il sélectionna sa tenue du jours avant d'aller sous la douche.
Enfin propre, il s'habilla avec soin, puis il avala un rapide petit déjeuner pris à la cantine. Il faisait beau, très beau même pour la saison, il s'autorisa un sourire sans témoins. Il passa une partie de la matinée à ranger ses affaires dans son armoires et dans des rangements sous le lit, il briqua son armure et fit de menus travaux dessus quand il y en avait besoin. La préparation de l'armure demandait de la minutie, du soins, de la patience. Il inspecta sa côte de mailles, réparant les petits anneaux d'acier quand ils étaient pliés, il recousu son manteau de voyage fatigué, mais qu'il ne pouvait se résoudre à changer. Quand à l'armure en peau de Wyvern, il brossa soigneusement chaque pièces avec un chiffon enduit de graisse spécial, ce qui donnait au tout une teinte encore plus sombre.
Il flâna le reste du temps, prit un plateau à midi et mangea dehors sur un banc, profitant du soleil. Tout se passait pour le mieux lorsqu'une ombre plana sur lui. L'elfe soupira et reposa sa fourchette en s'essuyant la bouche.
Un traqueur qu'il connaissait de vue vint s’asseoir à coté de lui.


« - Eöl Khaine ? Je suis mandaté pour te remettre ceci... »

Il déposa une enveloppe à coté de l'elfe.

« - Ouvre là et suis les instructions à la lettre, et bonne chance. »

Eöl s'étonna, il n'était pas très courant qu'un traqueur fasse le facteur. En général, des élèves volontaires (ou pas) assuraient la circulations des informations au seins de l'école. A moins que...
Il voulut parler au traqueur mais celui ci était déjà invisible.
La lettre marron était cacheté à la cire noire, avec le symbole d'Arena. C'était un courrier officiel qui venait de haut. Il fouilla dans sa mémoire mais ne se rappela pas d'avoir tué quelqu'un d'important récemment, encore moins un officier. Ce n'était donc pas de cela qu'il s'agissait. Il s'était tenu rigoureusement tranquille, sous la supervision de Winston, il ne tuait que des cibles approuvées par son mentor, sauf quand la situations dérapait un peu, et qu'il faisait une mission en solo, où sa marge de manœuvre était plus souple.
Il finit son repas et repoussa le plateau sur le banc. Il décacheta la lettre d'une pichenette et ouvrit.
En fin de compte, elle ne contenait qu'une simple feuille, ou était inscrit une heure et un lieux.
Il jura, car c'était aujourd'hui même. L'art de faire chier !
En courant un peu, il pourrait y être à temps. L'ancien Eöl aurait sûrement maudit le traqueur, car il n'aimais être surprit, quoi de plus normal pour un assassin, mais le nouveau affrontait la situation avec flegme et fatalité. Il se mit à marcher d'un pas rapide vers sa chambre.
Heureusement, une discipline héritée des nombreuses années passé dans cette antichambre de la mort l'avait rodé. Son sac de voyage était toujours prêt, de même que ses armes. Il se changea rapidement, enfila sa côte de maille, son armure puis son manteau de voyage. Il accrocha à sa ceinture son sabre, ses deux arbalètes à mains à deux coups reposaient dans des étuis sur ses cuisses. Enfin , il disposa une quinzaine de couteaux un peu partout sur lui, avant bras, épaules, ceinture, bottes, poches, bref partout. Il jeta un coup d’œil rapide dans son sac pour vérifier qu'il n'oubliait rien. Il se secoua dans tout les sens pour vérifier que tout était bien attacher et que pas une boucle ne viendrait tinter et donc trahir sa présence s'il devait user de discrétion.

Son sac contenait le nécessaire pour parer à tout les situations possible. D'une taille moyenne, correctement rangé, il faisait vingt cinq kilos. On y retrouvait pèle mêle un kit su survie pour vivre en autarcie dans la nature, une trousse de premiers secours avec la matériel nécessaire pour se suturer soit même, de la nourriture lyophiliser , six litres d'eau, une paille filtre pour boire n'importe ou, n'importe quoi, de quoi faire du feu dans toute les situations, un duvet grand froid et son sac étanche. Des vêtements de rechange ainsi qu'une paire de chaussure de marche à sa pointure, une bâche camouflage, etc etc. Le tout était rangé très scrupuleusement à une place bien précise, pour pouvoir être à porté de main à partir des nombreuses ouvertures pratiqué dans le sac. Sac lui même en toile verte kaki, il était très solide, robuste, donc loin d’être beau, mais l'elfe s'en fichait pas mal.
Il connaissait l'emplacement de chaque choses, et il pouvait presque se saisir de n'importe quoi sans avoir à l'enlever de son dos. Le cas échéant, il pouvait même se battre avec, l'épaisseur du sac arrêterait tout ce qui était plus petit qu'un tir de baliste.
Enfin prêt, il se mit en route. Il fit le trajet en une heure, marchant à bonne allure pour se réhabituer à porter sa vie sur son dos.

Cela faisait bien une paire d'années qu'il n'avait pas été dans cette partie des bois. Ici, la fanfare des bruits naturels remplaçait avantageusement l'ambiance tapageuse de la capital. Ce n'était que bruissements dans la sylve, branches écrasées par de petits animaux, bourdonnement d'insectes, qu'il chassait de son visage du revers de la main. L'odeur de l'humus et de la forêt l'enchanta comme une pause bienvenue, il ralentit le pas et laissa son regard se perdre à gauche et a droite. Il repéra ici et là, de son œil entraîné, les traces de passages d'animaux. Ici une branche cassée, ici de la mousse piétinée, ici une touffe de poils discrète dans un buissons de ronces, empreintes dans la terre humide, chemins de gibiers à travers les fougères, déjections, pelotes de chouette, etc etc.
Son esprit analysait en mode automatiques ces dizaines d'indices de présence, presque comme un réflexe. Si Eöl n'avait pas autant aimer l'art de traquer une proie, jamais il n'aurait remarquer tout cela.
Il s'arrêta sur le chemin face à une empreinte qu'il ne connaissait pas. Il se baissa pour y voir de plus prêt. Pas de doute, une empreinte de botte, ou d'une large chaussure, et récente. Il passa son doigt sur la terre. La piste allait dans la même direction que lui. Il décida de la suivre, plus curieux que soucieux. Il ne craignait pas vraiment les habitants ou les bêtes du bois, sauf peut être les plus grosses, mais il fallait aller bien plus profondément encore pour espérer les rencontrer. Il marcha encore un peu lorsqu'il l'aperçut.
Une femme, blonde, attendais dans une petite clairière. Elle se tenait dos à lui. Immédiatement, inconsciemment même, il se mit à marcher furtivement. Non pas qu'il veuille la surprendre, mais juste être sur qu'il n'y avait pas de danger pour lui.
Silencieusement, il se déplaça pour essayer de la contourner. Et puis il la reconnut.

Au même moment, la guerrière se retourna en posant ses mains sur ses armes.

« - Bonjour, Eöl. Ça faisait longtemps.
Gabriel … Quelle surprise. »

La guerrière était une des seules personnes qu'Eöl respectait, et il était fier de pouvoir la considérer comme une amie, vue qu'il pouvait compter ses amis sur ses dix doigts.
Ils s'assirent, l'elfe déposa son sac à coté de lui et s'étira tout en échangeant quelques banalités avec la guerrière. Il hocha la tête en écoutant le récit de la blonde. Il raconta brièvement ce qu'il était advenu de lui durant ces deux ans, il parla de son mentor traqueur Winston, il parla de ses nombreuses blessures lui aussi, et ils se sourirent parce que contrairement aux soldats, il n'y avait pas entre eux cette compétition pour savoir qui avait le plus morflé. Ces deux ans n'avaient pas été tendre pour l'un comme pour l'autre, en tout cas.

Lorsqu'elle commença à lui parler de sa présence ici, il se tu, l'écoutant attentivement, concentré. Avant même qu'elle eu finit, son esprit tournait déjà les informations dans tout les sens, analysant, classifiant les donnés.
Pour commencer, il alluma une cigarette, anticipant le fait qu'il ne pourrait pas fumer avant un certain temps.


« - J'ai quelques question pour toi Gabriel. J'ai lu le rapport de mission concernant ta précédente visite chez les elfes, mon mentor ma fait lire des montagnes de rapports... Vieux fou, bref ! »

Il sortit un petit carnets pour prendre des notes.

« - Pour ce qui est de se rencontrer pour échanger, ça risque d'être compliqué, si je doit traîner à la périphérie du village, il faut que nous mettions au point un protocole sécurisé. On pourrait aussi utiliser ce hiboux pour s'échanger une correspondance codé.
- C'est une bonne idée, tu penses à un code en particulier ?
- Le code de combat d'Arena, c'est ce qu'il y a de plus simple, et c'est inviolable si l'on ne possède pas la clé. »

Ce code était apprit à chaque arénien dès son ascension au grade d'offcier pour pouvoir échanger des missives cryptées. Autant l'utiliser.

« - Dans la mesure du possible, je vais essayer de ne pas te perdre du regard, tout en essayant de ne pas me faire repérer. Et puis, en ce qui me concerne ... »

Il inspira.

« - Si c'est toi qui demande, je suis prêt à faire un effort pour me contrôler, mais tu sais, je ne suis plus le même qu'avant. Quand la situation l'exige, je suis sage. Et c'est le cas. De toute façon, je ne ferais rien qui puisse mettre ta vie en danger.
Pour en revenir à nos soucis, tu te souviens de la disposition du village ? Tu peux me gribouiller ça sur une page de carnet ? Et la disposition des gardes, la sécurité en général ?  Le roi a des gardes rapproché ? De quels armements disposent les soldats en général ?
»

Il lui tendit une feuille et un crayon, elle les saisit et commença à dessiner un plan rudimentaire.

«  - Le village est assez grand et dispersé, avec des habitations perchées à d'énormes arbres. Elles disposent toutes d'un Sceau du Vide. Pour éviter de te faire tuer la nuit, il faudra soit que tu investisses discrètement l'une d'entre elles, soit que tu t'éloignes avant la tombée de la nuit. La taille des maisons ne dépend pas du rang, mais des nécessités de chacun. Si rien n'a changé depuis, la maison du roi est au milieu du village et n'est pas spécialement distinguable des autres. C'est là que je devrais être accueillie. Presque tous les Elfes du village portent des dagues, le carquois et l'arc et savent s'en servir à la perfection. Je soupçonne qu'ils ont également de grande connaissance en alchimie et en herboristerie, ce qui implique donc le risque d'usage de divers poisons pour enduire leurs armes. Il n'y avait pas de garde rapprochée à proprement parler mais tous les soirs le roi invitait des membres de son village à sa table, et ceux-ci gardaient avec eux leur équipement, en tout cas en ma présence. On pourrait en fait voir le village entier comme la garde rapprochée du roi. Enfin, ces souvenirs datent d'il y a quatre ans et proviennent du rapport qu'Ambre et moi en avions fait. Je ne sais pas si je t'apprend grand chose de plus. Partout autour dans la forêt, il y a des sentinelles très bien camouflées dans les arbres, sois prudent d'autant plus que leurs ennemis sont à la base les Elfes Noirs. »

Bon, il allait falloir compter sur un environnement en trois dimension, la spatialisation allait être importante. Il se conditionna mentalement à être encore plus attentif aux hauteurs.

«  - Je repense à un truc là, si jamais on doit se voir en dehors du village, contente toit de marcher jusqu'à ne plus être à porter de vue des gardes, c'est moi qui te trouverait, mais soit prudente, si tout ce que tu m'a dit est vrai, alors il est fort possible que l'on te fasse surveiller de près. Je vais enquêter de mon coté, essayer de trouver tout ce qui est suspect, comme tu as dit, et l'on verra bien. Nous allons être un peut tributaire des événements, il s'agit juste de bien réagir, et à temps. »

Il marqua une pause.
Les implications de la missions et ses enjeux étaient très important, la paix ou la guerre ouverte avec les elfes, et les deux écoles n'avaient pas envie d'ouvrir un second front près de leurs murs. Mais ce qui résonnait encore plus dans l'esprit de l'elfe, c'était bien ce qu'avait dit Gabriel. Élite, il allait être élite. Si tout se passait bien. La consécration, la presque fin des emmerdes, reprendre sa vie à peu près en main ! Cette perspective lui faisait très plaisir, et pour ce faire, il n'allait pas s’embarrasser de principes. Il espionnerait discrètement, il amasserait des infos, et il tuerait même le vieux roi, sans frémir des sourcils, si jamais ça lui permettait d'atteindre ce niveau.


«  - Quoi qu'il en soit, ça me fait vraiment plaisir de te revoir et de retravailler avec toi.
- Le plaisir est partagé. Allons-y. » Elle lui rendit son sourire et se mit en route.

Il la laissa partir en avant. Il fallait lui laisser une large avance, elle avait dit deux heure de marche. Considérant la force de Gabriel, ça devait faire dans les dix kilomètres en plein cœur de la forêt. Il remit son sac sur son dos et quitta le chemin pour s'enfoncer dans les fourrées. La guerrière allait arriver par la route, évidemment, pour ne pas attirer les soupçons, surtout en ces temps troublés. L'elfe noir, lui, emprunta des chemins qui n’existait pas. Il gardait le chemin sur sa gauche tout en s'enfonçant dans les bois. De temps en temps, un coup d’œil sur sa boussole le remettait sur la voie s'il déviait trop. Il jetait de fréquent coup d’œil à sa montre pour estimer le temps que mettrait Gabriel à arrivé. Il lui fallait couvrir une distance plus importante en un temps égal s'il voulait être à proximité d'elle quand elle arriverait.
Par chance, il trouva un ruisseau au cœur de la forêt. Ce petit bras de rivière allait lui permettre de brouiller définitivement ses traces. Sans hésiter, il sauta dans l'eau, il ne devait pas y avoir plus de quinze centimètre de profondeur, puis il remonta le courant, les yeux sur la boussole et la montre.
Deux heure de ce rythme avait commencé à lui tirer sur les mollets lorsqu'il décida qu'il était assez proche. Il quitta le ruisseau à la faveur d'un coude protégé par des rocher de part et d'autre. Ici, il était invisible.
Selon ses estimations, il ne devait plus être qu'a une demi heure du village. Il déposa son sac et le recouvrit de mousse et de branchage. Cet endroit ferait un bon point de replis en cas d'emmerde, il le ferait savoir à sa collègue dès que possible. C'était loin des chemins et facile à défendre.
Il prit un peu de matériel avec lui, qu'il répartit dans différente poches, puis il se mit en route de nouveau.
Cette fois, sa progression fut aussi silencieuse que possible, il posait les pieds sur des endroits choisit à l'avance, il contrôlait sa respiration pour que même le bruit d'un souffle ne le trahisse pas sa présence, et surtout, ses yeux faisaient des allez retour permanent entre le sol et les arbres.

Il fut prit d'un doute. Les guetteurs étaient ils fixe ? Ou bien se déplaçaient ils d'arbres en arbres ? Dans le dernier cas, il risquait fort d'être découvert à tout instant, car il sentit qu'il pénétrait en territoire ennemis. La forêt était légèrement plus clairsemé maintenant, des arbres avaient été abattus pour servir de matériaux de construction, pas beaucoup, mais assez pour qu'on le remarque. Il infléchit sa trajectoire pour se rapprocher de la route sur sa gauche, il était presque dans les temps.

C'est alors qu'il repéra la première sentinelle. Presque invisible, la silhouette sombre, perché sur une branche, lui tournait le dos. Eöl jura dans sa tête et fit demi tour. Sur la droite, un flanc de colline allait lui servir puisque la route était surveillé de près comme de loin. Il gravit furtivement la déclinaison et se roula sous un buisson de houx. Ici, il était invisible du sol comme des arbres. Il sortit d'une de ses poches viseur monoculaire. Cet engin, petit et robuste, grossissait jusqu'à quinze fois et possédait un mode de vision nocturne et infrarouge. Il l'alluma et braqua son objectif vers là ou il pensait que ce trouvait la route. Quelques minutes frustrante de recherches, un éclair blond passa rapidement. Il venait de retrouver Gabriel au moment même ou elle arrivait non loin du village. De son perchoir, il pouvait scruter la scène, bien qu'il y eu des troncs d'arbres. Il devina le village plus loin sur sa droite et nota mentalement sa position supposé depuis son emplacement.

La suite allait être moins facile. A la nuit tombée, les sentinelles allaient probablement entrer. Il aurait alors quelques minutes pour se rapprocher au maximum du village et trouver un abris avant d'être à la merci des monstres du néant. Seul dans la forêt, il se serait enterré dans une cachette, mais aussi près du village, il y en aurait certainement, attiré par la chair, il allait donc être dans la merde. Dès qu'il serait sur que Gabriel serait entré saine et sauve, il foncerait récupérer ses affaires pour se trouver une cachette. Mains pendant quelques minutes il allait très certainement falloir serrer les fesses bien fort.
Il regarda vers le ciel et remontant un peu sa capuche, les ombres des arbres s'allongeaient déjà.

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|Eöl Khaine|
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"Ce qui ne me tue pas à intérêt à courir plus vite que moi."
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Katy
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MessagePosté le: 22/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Après avoir quitté Eöl, Gabriel s’enfonça dans la forêt enchantée d’un pas leste, la main gauche tranquillement reposée sur le pommeau de son épée, l’autre balançant contre sa cuissarde au gré de sa marche. Les dernières années à lutter contre la Malédiction avaient aplani la nervosité de ses gestes lorsqu’elle s’élançait à corps perdu dans une mission comme celle qui l’attendait. Elle se faufilait à travers le corridor de troncs massifs à la ramure majestueuse avec un total empire sur elle-même, confiante en la solidité de son binôme et déterminée à mener à bien sa mission. La présence de l’Elfe Noir avait totalement disparue, pour peu qu’elle puisse en juger par des regards furtifs au-dessus de son épaule - qu’elle cessa bientôt pour étouffer les soupçons que pourraient avoir des observateurs discrets camouflés dans la cime luxuriante. Tout en arpentant le chemin imaginaire recouvert de la végétation du sous-bois qui conduisait ceux qui l’avaient déjà parcouru au royaume secret des Elfes Purs, la guerrière aux cheveux blonds laissait vagabonder son esprit sur les intrigues qui tournaient autour du souverain corrompu. L’idée d’être la complice de ce qui ressemblait à de l’espionnage, un régicide politique voire même un putsch la révulsait. Elle espérait que les soupçons des Ecoles et de la Capitale se révèleraient infondés ou, le cas contraire, se livrait à une intense lutte intérieure pour se convaincre qu’ils servaient une juste cause et non pas des intérêts politiques. Néanmoins au fond d’elle-même, l’Arenienne savait qu’elle n’était qu’un outil dans la paume d’une institution à l’influence tentaculaire qui se vantait d’être le gendarme du Velm. Obéir envers et contre tout était son devoir et, qui plus est, son inéluctable destin. De temps en temps les pensées de la guerrière dérapaient sur les pentes glissantes de ses préoccupations personnelles concernant ses colocataires, mais en professionnelle de la guerre elle chassait ces égarements malvenus dans une situation qui requérait toute sa concentration. Si elle revenait vivante au sein des remparts d’Arena, elle aurait tout le loisir de s’inquiéter de ses problèmes, aussi il lui fallait dans un premier temps incarner son obscure ambassade. De temps à autre, l’Humaine suspendait la machinerie de ses pensées pour consulter sa boussole et sa carte; elle vérifiait ainsi sa position et corrigeait sensiblement son orientation si le besoin se faisait sentir.
Elle repéra assez rapidement, plus par chance que par mérite de son acuité visuelle, la première sentinelle postée dans la ramure d’un chêne centenaire. Ramassé sur lui-même sur une branche dont il faisait à peine ployer le bois, l’Elfe se confondait avantageusement par ses vêtements et son immobilité à la cime de l’arbre ; seul son regard, vif et acéré comme ceux d’un oiseau prédateur, disséquaient la guerrière avec une vivacité hors du commun. La pointe de ses pieds reposaient délicatement en équilibre sur son perchoir et sur ses genoux pliés étaient tendus ses bras, au bout desquels un arc à la flèche encochée n’attendait qu’à être bandé. Katy ralentit le pas, le visage tourné vers l’Elfe, guettant un signe d’hostilité ou de bienvenue, une légère tension gagnant ses muscles au qui-vive d’un carreau qui partirait dans sa direction. Après quelques secondes d’une absolue immobilité pendant laquelle même la forêt sembla retenir son souffle, la sentinelle esquissa un ostensible mouvement de tête pour indiquer le chemin à l’émissaire d’Arena, qui interpréta ce signe comme une trêve et se détendit légèrement avant de reprendre sa progression. Au fur et à mesure qu’elle pénétrait plus profondément la périphérie du village le poids et l’intensité des regards qu’elle sentait sur elle ne fit que croître sans pour autant qu’un visage ne se dessine dans son champs de vision. C’était à croire que le premier villageois qu’elle avait aperçu c’était rendu volontairement visible ou bien était un néophyte dans l’art du camouflage comparé au reste de son peuple.

Après encore quelques minutes de marche, le cœur du royaume des Elfes Purs lui apparût enfin. Sur plusieurs kilomètres, de façon bien plus diluée que dans les bourgs Humains, des maisons en bois se tenaient en hauteur dans les branchages d’arbres au tronc imposant. Rien ne semblait différent des souvenirs de la jeune femme, qui par hasard arrivait à peu près à la même saison et à la même heure de la journée que pour sa première venue. Pourtant si rien ne transparaissait, il lui semblait sentir dans le fond de l’air comme de l’électricité, comme si l’apparence paisible du village masquait en réalité un orage menaçant dont l’éclair funeste et capricieux pouvait s’abattre au hasard sur chacune des chaumières insouciantes du bois. Trois Elfes apparurent pour l’escorter, non sans l’avoir salué et s’être présentés selon le protocole. Dédaignant comme autrefois à retenir ces noms aux sonorités complexes, Gabriel les imita en rassemblant toute la maigre volonté dont elle était capable pour respecter les civilités. Elle nota du coin de l’oeil que les sentinelles rentraient progressivement au village, discrets comme des lynx parcourant la forêt. Ils barraient le chemin derrière elle. Pas de traces d’Eöl, bien que la guerrière ne douta point que l’Assassin se trouvât dans les parages. Le piège se refermait ; tous les pions étaient en place sur l’échiquier et le grand jeu allait se jouer dès à présent.
On la conduisit jusqu’à la maison du roi qui était la même que quatre années auparavant. Prévenus de son arrivée, Waïlen, sa femme et leur progéniture - qui semblait n’avoir pris que quelques mois depuis leur dernière rencontre – l’attendaient sur le balcon de leur demeure. Avec une prestance égale à son souvenir dans son grand manteau de furet, le roi baissait ses magnifiques yeux ocre sur son hôte avec un fin sourire étiré sur son visage. D’un geste empreint de majesté, il leva sa main blanche de la balustrade pour inviter la jeune femme à rejoindre la loge par le colimaçon de lattes qui parcourait le tronc porteur de leur abri. Lorsqu’elle arriva enfin à leur niveau, Gabriel dut répéter la marque de respect des Purs, c’est-à-dire qu’elle baisa le dos de sa main et la plaça sur son cœur, mouvement que répéta le couple royal avec une grâce bien supérieure à la rudesse involontaire de ses gesticulations.

Quelques instants plus tard ils étaient en sécurité dans la bâtisse, protégés par le Sceau du Vide des créatures maléfiques de la nuit. Katy eut une pensée pour Eöl, espérant que son ami et frère d’arme avait réussi à s’infiltrer à temps dans le village ou bien à s’en éloigner suffisamment rapidement pour échapper à la pression démographique des lieux. Mais bientôt sa pensée s’évanouit au profit du spectacle qui s’offrait à elle : la magnificence épurée de la réception modeste dans laquelle ils se trouvaient. L'architecture et les ornementations qui l'entouraient étaient le fruit d'un travail exquis de matériaux brut du Bois des Anges : bois, os, corne, plumes, fourrures, plantes et fibres végétales... tout décorait avec une esthétique équilibrée la pièce. Ce n’est pas tant que la jeune femme était sensible aux ornements de la pièce à leur disposition, certes de bon goût, mais plutôt que leur vision frappante était identique à celle qu’elle avait eu des années auparavant. Cela fit affluer en elle, contre toute attente, un flot de souvenirs qu'elle pensait avoir enterrés dans les geôles salvatrices de l'oubli.
Elle se revit, agenouillée à cette table de pin lustrée, avec ses deux autres équipiers venu prêcher la paix entre les différentes factions de la forêt. Elle se peigna de nouveau la jeune Ambre, succube belliqueuse au visage souvent contrarié encadré de cheveux noirs, tendue comme un arc. Elle méprisait tant les Elfes et leur compagnon Illusien, contre lequel elle serrait les dents quotidiennement pour retenir dans sa mâchoire le flot interminable d’injures qu’elle ruminait à son égard. Terendul, l’Ange qui excitait tant d’animosité chez la guerrière colérique était quant à lui un sorcier candide, l’incarnation de la naïveté et de l’innocence. Peut-être l’idéalisait-elle, comme on place souvent un vernis vertueux sur le portrait des morts. Les guerres qui déchiraient le Bois des Anges avaient éveillé chez lui une indignation qui avaient frôlé l’affront chez leurs hôtes des deux clans et les avais mis dans une situation délicate. En se remémorant son souvenir, Gabriel sentit un une vague inattendu d’émotions amères la submerger. Elle tenta de repousser les images de sa mort dans les falaises au cours de cette même mission, sans succès. Elle le revit en boucle tomber, inéluctablement, ses ailes brûlées, un sourire aux lèvres, comme si l’idée de sa mort cueillie par la terre le soulageait. Mais le soulageait de quoi ? Et ses deux compagnes d’arme, laissées au dépourvu derrière lui ? Et ce souvenir qui les hanterait des années durant ? Du moins, la hanterait, elle. Car Ambre avait elle aussi fini par rejoindre le Hall des Morts, mais loin des yeux de la guerrière qui ne pouvait qu’espérer que son âme ait trouvé la paix quelque part.

On l'extirpa du labyrinthe de souvenirs pour l'inviter à table. Ils s’installèrent pour le souper et, après encore quelques échanges de courtoisie auxquelles l’Humaine se prêta au mieux qu’elle put, encore légèrement secouée, ils discutèrent sur le ton feint de l’innocence.


- Que me vaut réellement l’honneur de votre présence dans mon paisible royaume, Gabriel Sorden d’Arena ? demanda avec légèreté le roi sans se départir de son expression aimable et quelque peu condescendante. Il avait mis volontairement l’accent sur l’adjectif "paisible", souhaitant probablement faire réaliser que cette sérénité avait déjà été forcée par une intervention extérieure et qu’elle était vouée à continuer, rendant la présence de l’Arenienne plus intrigante encore pour le souverain.

Un instant, peut-être charmée par la beauté de l’Elfe, ou bien la langue déliée par l’hydromel savoureux qu’on lui avait servi, ou bien qu’elle détestait mentir tout simplement, Katy fut tentée de dévoiler simplement la réalité « Je suis envoyée ici car il plane des soupçons sur vos agissements et que les Ecoles comme la Capitale craignent que vous ne rompiez le traité de paix de la forêt et envahissent tout le territoire ». Mais elle ne pouvait s'affranchir à ce point des instructions qui lui avaient été données, sans compter le danger dans lequel elle mettrait sa vie et celle de son compagnon si jamais les soupçons étaient avérés. En même temps, elle se sentait incapable d’élaborer des prétextes convaincants, n'ayant ni l'âme d'une menteuse ni les talents d'une comédienne. Elle répondit donc simplement, ses yeux verts toujours rivés sur son plat où elle se débattait avec un artichaut :


- Je ne suis pas là pour mon plaisir ni le vôtre, mais simplement parce qu’on me l’a demandé. Ma mission est simple : vous servir tant que cela ne nuit pas au traité de paix ou aux élèves qui traversent la forêt. Et ce, pour entretenir de bonnes relations entre les Ecoles et votre peuple.

Peut-être que niveau diplomatie, ces murs centenaires avaient connu mieux. Les membres de l’escorte qui étaient venu la chercher à l’orée du village tressaillirent à la voix cassante de la guerrière et le manque de courtoisie avec laquelle elle s’adressait à leur souverain. Pour eux, cela représentait presque un crime de lèse-majesté. Mais le roi, fort de la supériorité sur son invitée, fit preuve d’une mansuétude digne de son rang. Il laissa échapper un petit rire indulgent tandis qu’il étendait ses mains devant lui de façon énigmatique, comme pour se réchauffer près d’un feu invisible ou pour observer ses longs doigts immaculés.

- C’est en effet ce que stipule la missive que j’ai reçu de la part de votre Ecole, qui semble oublier dans son impertinence que pour qu’un échange diplomatique de la sorte ait du sens, il faut encore avoir l’approbation de ceux à qui l’on veut bien faire croire que l’on leur rend service. Car qu’ai-je à faire du service d’une guerrière forgée à la lutte contre les Monstres du Néant si ce n’est pour la guerre ?

- C’est à vous de me le dire, rétorqua Gabriel en plantant ses émeraudes brutes dans les ambres du roi. Mais si vous manquez d’inspiration lorsqu’il ne s’agit pas de taper sur des Elfes Noirs, je pense que je peux commencer par accomplir les tâches que font vos soldats…

- Mon peuple, corrigea patiemment son interlocuteur sur le ton d’un professeur faisant répéter sa leçon à son élève.

- Que fait votre peuple, grinça Katy en faisant un effort sur elle-même pour se contenir. Par exemple, parcourir la forêt en tant que sentinelle…

- Avec une telle armure je doute que la discrétion soit votre qualité principale, l’interrompit de nouveau le souverain avec un petit sourire, ce qui occasionna les rires silencieux de son audience raffinée.

Gabriel supportait très mal que l'on se moque d’elle et que l'on flirte avec sa patience. Saisissant sa coupe, elle se servit et but une mesure d’hydromel avant de se sentir la force de continuer sans frapper quelqu’un. En son for intérieur, elle se demandait pourquoi Arena l’avait choisie pour ce rôle pour lequel elle n’avait aucune des qualités diplomatiques requises. A moins qu’ils eussent présagé que la rusticité de la guerrière endormirait les soupçons de ces Elfes vaniteux, qui ne s’imagineraient pas qu’un si vulgaire personnage puisse être envoyé pour une mission délicate et leur nuire. Ce qui n’était pas tout à fait un tort directement, puisque le véritable danger pour eux était en réalité symbolisé par Eöl, l’Assassin dans l’ombre sur lequel reposait réellement la mission tandis que les regards dédaigneux étaient détournés sur la guerrière ébouillantée.


- Je peux chasser des créatures pour vous, que vos guerriers incompétents – pardon, votre peuple, ne sont pas capables d’abattre seuls. Ou bien entraîner vos troupes. Ou bien transmettre des messages aux Elfes Noirs ou aux Oïtakas de votre part, lacha-t-elle en accélérant le débit pour éviter qu'on ne l'interrompît pas une nouvelle fois, ce qui l'aurait définitivement courroucée.

Elle insista bien sur le nom du dernier peuple et les sourires moqueurs qui s’étaient agrandis au fur et à mesure de son discours s’évanouirent. Elle venait de leur rappeler que, contrairement à tous ceux présent à cette table, elle avait rencontré un peuple elfique qui pour eux n’était qu'une légende et surtout, en était revenu vivante. Son épaule tatouée d'une Manticore depuis ce jour était la preuve indéniable qu’elle était considérée par les Oïtakas comme l'une des leurs, même si en soi être associée à un peuple cannibale lui offrait un honneur mitigé. Mais cela avait le mérite de rappeler les convives au respect qu’ils lui devaient et refroidit quelque peu la chaude désinvolture du roi.


- C’est en effet un point intéressant. Nous aurons l’occasion de mettre à profit vos services durant ce mois ensemble. Après tout, un mois est une longue période pour une Humaine, n’est-ce pas ? sourit étroitement Waïlen, plus songeur et sérieux qu’auparavant. La nuit porte conseil, aussi ne tardons pas. Demain, à l’aube, je saurais quelles tâches vous assigner.

C’était le signal et, après s’être tous rincés les doigts et les lèvres dans les bassines d’eau et de pétales de fleurs, ils disposèrent. La femme du chef lui avait préparé sa couche, toujours aussi docile d’apparence bien que Gabriel sût quelle force de caractère se cachait derrière ce voile d’épouse attentive. Celle-ci d’ailleurs, en passant près d’elle pour aller rejoindre son mari dans leur propre alcôve, la gratifia d’un avertissement qui pendant plusieurs heures empêchèrent la guerrière de trouver le sommeil.

- Un mois est certes une longue période pour une Humaine, mais c’est un répit trop court pour quiconque sait qu’il s’agit du peu de temps qu’il lui reste à vivre.


~*~*~*~



Le lendemain à l’aube, comme promis au souper de la veille, Waïlen avait trouvé de quoi occuper l’Arenienne à son service. Bien qu’il lui annonçât avoir établi un calendrier des différentes tâches auxquelles il voulait assigner la jeune femme, il ne lui égrena que quelques miettes du programme. Celui-ci comprenait plusieurs heures par jour d’apprentissage des us et coutumes des Elfes Purs afin de donner un semblant de bonne éducation à l’Elite qui se retint de ne pas pester sous la nouvelle, mais attendit la première occasion de se retrouver seule pour déverser sa rage contre un tronc d’arbre. La première journée comprenait également une visite intensive du village et une présentation de tous ses habitants, qui étaient bien plus nombreux que la blondinette ne s’y attendait, à moins que ce ne soit l’interminable inventaire de noms elfiques qui lui donnât le vertige. Elle s’acheva par une chasse à cheval en compagnie du roi lui-même, pendant laquelle l’Arenienne ne fit aucune prouesse et demeura spectatrice de l’habilité de l’escadron, incapable de manier l’arc et donc d’abattre une cible à distance – et qui, par ailleurs, était bien trop occupée à tenir en selle, un exercice auquel elle n’était déjà pas familière. Le couvre-feu s’acheva sans qu’elle n’ait de nouvelle d’Eöl par le Hibou ou autre signe qu’elle ait pu distinguer. Elle n’en eut pas plus le lendemain ni le surlendemain, où elle dût tâter de l’épée certains Elfes au cours d’entraînements amicaux qu’elle leur dispensait. Si son style de combat paraissait grossier comparé à la légèreté, la souplesse et l’agilité de ses adversaires, il était néanmoins efficace et aucun ne parvint à la toucher durant ces combats feintés. On l’assigna bientôt à la tête d’un trio d’Elfe (dénommés Saellenee, Vayänim et Olobren, ce qu’elle s’efforça de retenir) afin de sillonner une partie du Bois des Anges où se trouvaient de jeunes dragons dont le roi souhaitait que l’on dérobe la pierre frontale, la fameuse dragonite qui permettait à des mages de créer des golems et aux alchimistes de synthétiser de miraculeuses potions. Il souhaitait également que des plantes aux noms brumeux que Gabriel était de toute façon incapable de reconnaître : gui, houx, cigüe, belladone, laurier rose, écorce de saule blanc, rose des prés, mandragore… une liste de course conséquente qui ne sembla pas effrayer ses compagnons elfiques auxquelles elle remit aussitôt la tâche de la cueillette.

Katy n’était pas mécontente de s’éloigner du village. Elle s’inquiétait pour Eöl et aurait souhaité un signe de vie de sa part. Mais elle était sans cesse entourée et affairée, si ce n’est la nuit dans la maison du roi. En journée, il lui était difficile de trouver des excuses pour s’éclipser loin dans la forêt, sachant que le regard acéré des sentinelles rapportait au roi chacun de ses mouvements. Quant aux missives cryptées qu’elle attendait du Hibou, il était fortement possible que l’Assassin ne soit pas encore parvenu à faire fonctionner une amulette autre que la sienne et à invoquer le volatile. Avec cette chasse à la dragonite, elle n’avait pas besoin de s’échiner fomenter une ruse pour se soustraire à l’attention des Elfes. Eöl les suivrait probablement à bonne distance et attendrait la première occasion où il la verrait seule, par exemple pendant les cueillettes, pour venir lui faire son propre rapport. Enfin, bien entendu, s’il était toujours sain et sauf. Pour sa part, elle n’avait rien à lui rapporter d’inquiétant, si ce n’est la phrase énigmatique de l’épouse. Mais peut-être que lui avait intercepté un indice supplémentaire de plus ou avait des difficultés à lui témoigner… Dans le cas contraire, ils reporteraient simplement à plus loin leur prochaine rencontre, en espérant pour sa part qu’ils n’auraient toujours rien de grave à s’annoncer la fois suivante.
Dès le premier soir de l’expédition, au milieu de son tour de garde, la jeune femme entreprit de s’éloigner de son groupe. Elle marcha longtemps tout droit, sans armure pour faire le moins de bruit que possible, à peine éclairée par la lumière de la pleine lune qui filtrait à travers les branchages. Elle avançait précautionneusement, balayant parfois devant elle la végétation du fourreau de son épée. Autour d’elle, le paysage se dessinait en une palette de bleus, de gris et de noirs sous la lumière argentée de la voûte céleste et de son astre de nuit. Le tout était d’une paisible immobilité, comme endormi, et pourtant on entendait et entrapercevait dans le lointain l’activité d’animaux nocturnes, croassements de grenouilles, chants de rapaces, vols de chauve-souris, bourdonnements de pollinisateurs en quête des fleurs n’éclosant qu’à la nuit tombée. Tout cela donnait une étrange beauté au Bois des Anges, comme s’il s’agissait d’un tableau vivant sorti d’un conte des Mille et une Nuits. La lumière jaunâtre de quelques lucioles acheva d’apporter une touche féérique au bosquet où elle s’était arrêtée pour se reposer et apprécier les alentours. Qu’un esprit évanescent se mît à danser entre les charmes qu’elle n’aurait point été surprise, tant la splendeur de la forêt était à son comble sous les coups de minuit. Elle entendit un bruissement de végétation que l’on écarte et se tourna vers la source de ce bruit, sans pour autant se mettre en garde.
S’agissait-il d’un génie de la forêt, ou bien… ?

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MessagePosté le: 27/04/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Le premier soir fut un calvaire, et les autres aussi, bien que différemment. A peine les derniers gardes hors de porté, Eöl s'élança vers l'endroit ou il avait caché ses affaires. L’œil rivé sur la montre, il cavalait dans le sous bois comme s'il avait Dieu lui même aux trousses. Sa vision lui permettait d'éviter de se prendre les bottes dans une racine fourbe ou bien qu'une branche traîtresse ne vienne faire connaissance de trop près avec son crane.
Il lui fallut dix bonnes minutes pour arriver dans le coude du ruisseau. A bout de souffle, il se laissa tomber à coté de son sac pour s'accorder quelques secondes de répit. La lumière tombait maintenant si vite qu'il su qu'il était trop tard. Le ciel n'était plus qu'un halo orangé tirant vers le noir, il lui faudrait encore une autre demi heure pour retourner au village avec ses affaires, il était bien trop tard, et un craquement sinistre lui donna raison.
L'elfe bloqua son souffle, aux aguets. Le sang lui battait les tempes avec un rythme de piston hydraulique. Il n'osait pas bouger, tout les sens en éveil complet. Sur sa droite, un bruissement , à quelques dizaines de mètres, lui indiqua la direction du danger. Lentement, il se leva, aucun sons ne s'échappaient de lui sous quelques formes que ce soit, il s'accorda la droit d'ouvrir la bouche pour expirer en silence et reprendre une grande inspiration. Les monstres du néant était là.

Sur sa droite, dans la roche, l'érosion avait creusé une crevasse assez grande pour qu'il s'y glisse en long, elle était en outre assez profonde pour qu'il y soit dans une relative sécurité. Avec précaution, il amena son sac à la limite de l'ouverture, puis il s'y glissa à son tour. Chaque grattements sur le calcaire tendre provoquait chez lui des élans de terreur abjecte qu'il maîtrisait à grande peine. Il avait déjà été confronté à l'une de ces créatures dans le passé, et avait bien faillit y rester si son mentor, le traqueur fou, n'était pas intervenu pour défaire la bête avant qu'elle ne mette Eöl en pièce.
Le cauchemar de cet affrontement, ou plutôt de cette course poursuite effréné pour sauver sa vie hantait encore ses nuits. Il y avait un mince espoir, toutefois, s'il faisait exactement ce que Winston lui avait appris et expliqué, mais seulement en théorie jusqu'à aujourd'hui... Il ramena son sac dans la crevasse contre lui et sortit l'une de ses arbalètes à une main qu'il posa sur son ventre. La créature possédait des sens supérieurs à lui, mais il était possible de les tromper. Il tacha, malgré sa situation de se détendre. La voix du traqueur retentit dans sa tête, ses conseils et astuces lui revinrent. L'elfe noir se disciplina et reprit le contrôle sur son esprit et son corps. Il régula son souffle et commença à ralentir le rythme de ses inspirations. Lentement, son cœur son mit à ralentir, et sa température corporel chuta. Il récita mentalement les mantras respiratoire, adaptant son corps sur un tempo métronomique hypnotique. Après quelques minutes, il ne pensa même plus. Seul un décompte inconscient, marqué dans son esprit par un entraînement long et fastidieux, le ferait sortir de sa transe.


«  - Il faut que tu comprenne Eöl, au jeu de la chasse, tu es sûrement l'un des plus doué que je connaisse, mais les monstres du néant auront toujours avantage sur toi dans toutes circonstances, pour autant, il ne sont pas infaillible et peuvent être trompé. Si tu sais te rendre invisible, tu pourras leurs échapper et les surprendre, c'est ta seul chance. Compte tenu de ta … spécialisation, nous allons jouer sur tes atouts, je vais t'apprendre à disparaître, à effacer ta présence aux monstres, et aux autres aussi. Si tu avait été un futur élite Bersekir, la question ne se serait pas posé, puisque tu aurait pu combattre l'un de ces monstres en combat singulier. Les élites défenseurs peuvent aussi encaisser leurs attaques, et dans une moindre mesure, rendre les coups, quand au traqueurs, comme moi, nous sommes assez polyvalent, mais je n'encaisse pas aussi bien qu'un défenseur, et je ne frappe pas aussi fort et efficacement qu'un Bersekir. Nous sommes moyen en tout. Toi, tu posséderas un talent rare, car tu pourra les prendre en embuscade, et ça sera ta seul option face à eux. »

Les paroles du traqueurs prenaient sens ici et maintenant, tandis qu'Eöl imposait à son corps de ne pas réagir, effaçant ses traces. Il n'avait jamais été aussi loin dans ce processus, Winston lui avait mainte fois expliqué la théorie, qu'il connaissait sur le bout des doigts. Pour survivre, il allait devoir apprendre très vite. Il restait bien sur l'odeur, mais il espérait que la présence du ruisseau tout proche suffirait à couvrir ses traces olfactive aux montres. Il y eu un craquement, comme ceux des griffes sur la pierres, une présence malsaine, toute proche, un concentré d'énergie et de rage, une créature dont l'unique but était la traque et la mise à mort, et pas des façons les plus douces. Eöl avait vu assez de victimes des monstres pour se faire sa propre idée de l'arsenal de crocs et de griffes à disposition de ces tueurs. A la fin, ce n'était que corps brisés, demeurés à peine reconnaissable, et des flots de sang dans les caniveaux. Une force colossal capable d'abattre un mur de pierre, d'éventrer une maison. Sur le visage des corps retrouvé, la même expression de terreur, la même bouche figée dans un hurlement muet. L'expression de la peur la plus primaire, celle qui fait perdre le contrôle de son corps, celle qui paralyse, celle qui tue. La peur est un poison poisseux, le pire de tous, disait Winston, et je vais t'apprendre à t'en débarrasser. Ce qu'il avait fait, en définitive, après cet entraînement que son esprit refusait encore d'admettre, tant il fut long et douloureux.

La créature passa près de l'ouverture, Eöl avait pointé l'arbalète vers l'extrémité, une bravade, histoire de mourir les armes à la main. Elle sembla hésiter, puis, d'un bond puissant, elle disparut comme elle était arrivé. Les yeux fermé, l'elfe noir attendit, puis le décompte mentale arriva à zéro.
Il se permit de respirer normalement. Il crispa ses muscles un à un pour se réchauffer. Attentif, il resta plusieurs minutes à écouter dehors, les bruits de la nuits. Rien, hormis le glouglou rassurant du ruisseau et les bruits de la forêt. Alors, il se décontracta, la tension accumulé se relâcha et il fut prit de tremblement dans tout les membres. Il lui fallut encore une poignées de minutes pour reprendre le contrôle de ses membres endoloris … Haletant, il s'étira tant bien que mal. Il avait froid, faim et soif. La nuit était total à présent et seul ses yeux d'elfe lui permettait de distinguer quoi que ce soit grâce à la lumière d'une lune montante et des étoiles.
Tout danger presque écarter, il sortit de son abris et s'étira, faisant craquer ses articulations. Il considéra sa montre et calcula qu'il pourrait dormir environ cinq heure s'il se couchait maintenant. Il avait décidé de partir avant l'aube pour pouvoir s'installer en lisière du « village » elfique et de commencer ses investigations. Aussi, il se dépêcha de sortir son duvet et son sur sac gore tex, il se glissa de nouveau sous l’abri et il cala son sac près de sa tête pour s'abriter des courants d'air. Mentalement, il se conditionna pour se réveiller avant l'aube, il eu une dernière pensée pour Gabriel, espérant qu'elle ne s'inquiète pas trop pour lui, il verrait demain s'il pouvait la contacter. Il ferma les yeux et dormit d'un lourd sommeil sans rêves.

Il s'éveilla avant le jour, rassuré par le chant des oiseaux qui indiquaient que le soleil arrivait. Prudemment, il sortit de son duvet mais resta sous l'auvent rocheux, à l'écoute. Lorsque le ciel se teinta d'or en fusion sur l'horizon, il put sortir de sa cachette. Il fut près en quelques minutes, son sac rangé et caché dans la roche. Il remplit une flasque d'eau dans le ruisseau pour la journée. Elle était propre et consommable, pour autant qu'on ne soit pas déjà malade. Il se débarbouilla également pour se rafraîchir et prolongea le plaisir quelques secondes de plus pour frotter ses longs cheveux d'ébènes qu'il noua en catogan humide. Satisfait, il se mit en route en mâchonnant une bar de céréale en guise de repas. Ses poches en était remplis afin de tenir la journée.

Le second jour de la mission arriva avec un léger refroidissement de l'air, rien de grave, et bien plus appréciable pour l'elfe qui n'aimait pas la chaleur. La journée fut assez monotone. Il la passa pour moitié allongé à ramper, l'autre moitié à marcher, cassé en deux pour être plus discret. Il avait pour but de faire le tour complet des habitations. Il resta à très bonne distances des patrouilles et des gardes statiques, il évita les chemins comme la peste et se fondit dans le décor sylvestre.
Il nota, sur un petit carnet, l'emplacement des maisons sur une carte grossière, avec, quand il pouvait le voir, le nombre d'habitants. Il nota l'emplacement de toute les sentinelles qu'il pu déceler, le trajet de chaque patrouille, et d'une façon générale, il note tout ce qu'il vit ce jour là. Le renseignement était vitale pour chaque mission, on lui avait fait suffisamment entré cette doxa dans la tête à grand coups de pompes au derche. La disposition du village n'en était pas vraiment une. Les habitations étaient construites en hauteur, au fait des arbres, et leurs éloignements les unes des autres variaient d'un secteur à l'autre Il nota que beaucoup de ces bâtisses était relié entre elles par des passerelles suspendu, et qu'on y accédait du sol par des escaliers en colimaçon. Il supposa que les maisons reliés entre elles devaient appartenir à la même cellule familiale. Sur le coup de midi, il passa dans la zone ou les elfes cultivait leurs nourriture. Il passa au large en faisant un détour qui lui coûta une bonne heure, pour éviter un ensemble de ruches étalé sur un bon kilomètre. Mais il ne remarqua rien de particuliers jusqu'en milieu d'après midi.
Il venait d'apercevoir Gabriel, dans l'objectif de son monoculaire. La guerrière accompagnait ce qu'Eöl devina être le roi, à la façon dont les autres lui rendait des politesses. Toute la troupe monta à cheval et se mit en chasse. A deux kilomètre de là, Eöl les regarda disparaître rapidement entre les arbres, il reprit ses investigations lorsqu'un groupe d'elfes attira son attention. Ils étaient une douzaine, des guerriers, vu leurs harnachement. Les patrouilles les plus nombreuses qu'il avait croisé comportait quatre guerriers elfique, ce qui constituait déjà une force conséquente. Ce groupe l'intriguait, il reporta son attention sur eux et décida de les suivre. Ils marchèrent pendant une heure environs, à vive allure. L’assassin fit de son mieux pour les suivre discrètement, il transpira sous l 'effort. Le groupe avait maintenant disparu derrière une petite colline, mais lorsque arriva à son tour, ils avaient disparut.

L'étonnement le figea une demi seconde avant qu'il ne se cache derrière un rocher. Soit il avait perdu leurs traces, soit ils l'avaient vu et il allait droit dans une embuscade. Il appliqua le principe de précaution et fit rapidement demi tour. Il fit cinquante mètre en sens inverse avant de se cacher et d'attendre. Mais rien ne se produisit. On pouvait donc raisonnablement penser qu'ils ne lui tendaient pas une embuscade. Intrigué, il revint prudemment vers l'endroit ou il avait perdu leurs traces. Cette petite colline devait être au centre de quelque chose, car il était impossible qu'il aient purement et simplement disparut, s'ils avaient poursuivit leur route, il aurait du les voir. Il contourna la hauteur en passant bien large afin de ratisser l'endroit. Finalement, il le sentit avant de le voir.
Une odeur bien trop connu, un parfum rance, plein de subtilité, foisonnant de vie tout en étant le résultat de son absence. On sentait la mort, littéralement.
Suivant son flair, il partit à la recherche de la source d'une telle odeur, marchant d'un pas de velours sur le sol moussu. Plus l'odeur devenait forte, plus le silence de la forêt devenait lourd, menaçant.
Et puis, au somment d'une butte, il trouva ce qu'il cherchait.
Creusé dans le sol, une fosse, d'environ dix mètres de long sur trois de large, profonde de deux. Et dans cette fosse, une trentaine de corps dans des états de décomposition plus ou moins avancé. Eöl, qui en avait déjà vu d'autre, tiqua tout de même.
Il n'y avait que de corps d'elfes noir dans cette fosse.

L'elfe passa un foulard autour de son nez et descendit dans la fosse. L'odeur était écœurante, à peine supportable. Le bourdonnement des mouches qu'il dérangea sonna comme un essaim de frelon furieux, quand aux vers et asticots, leurs grouillements audible lui imprima un haut le cœur qu'il réprima rapidement. Toute ce que comptait la forêt comme nécrophage s'était donné rendez vous ici, apparemment, pour ripailler sur le dos de ces malheureux.
Il inspecta les corps les plus récents afin d'essayer de comprendre comment ils étaient mort. Ils avaient été dépouillé de leurs vêtements, mais il ne trouva rien. Ces corps ne possédaient pas de blessures visible qui aurait pu les tuer. Il n'y avait que des jeunes Druchis, des guerriers elfe noirs, comme l’attestait leurs tatouages faciaux, il compta huit corps féminin parmi les morts.

Il allait sortir lorsqu'il les entendit approcher. Rapidement, il sauta hors de la fosse et se cacha derrière un bouquet de bouleau. Il sortit sa monoculaire.
Devant la fosse, la troupe de guerrier jeta trois nouveau corps dans le trou avant de repartir en riant vers le village.

Assit devant son abris, l’assassin pensait. Non bien sur, ce n'était pas le fait d'avoir vu une trentaine de corps d'elfe noir qui le tracassait, il n'avait jamais été très attaché à la race. Non, c'était bien le fait qu'ils n'aient aucune blessures.
Il n'ignorait pas qu'il existait de nombreuses façons de tuer sans laisser de traces, lui même en utilisait quelques unes. Seulement, il voyait mal les elfes « purs » torturer des prisonniers ou les empoisonner. L’expérience lui avait appris à toujours se méfier des a priori. Tout était possible. Il essaya tant bien que mal de se servir de la seconde amulette mais il ne parvint qu'à se frustrer, ce qui l'énerva, alors pour se calmer, il trempa ses pieds nus dans l'eau froide du ruisseau. Il frissonna, mais en profita pour se laver les pieds avec un savon sans odeur qu'il emportait en mission. Avoir des pieds propre était important, surtout lorsque l'on devait faire vingt kilomètre pas jour.
Finalement, il avala une ration froide et se coucha, pensif, analysant ce qu'il avait vu pour essayer de comprendre. Il s'endormit en se programmant mentalement à un réveil très tôt, le charnier de cet après midi ne l’empêcha pas de bien dormir. Aucun monstre ne vint cette nuit là.

Le troisième jours, il fit le tour du village dans l'autre sens affin d'affiner son croquis. Il surveilla la direction de la fosse mais personne ne sembla s'y rendre. Comme il s'éloignait pour se rendre au charnier dans l'autre direction, il stoppa nette.
Il était presque midi lorsque l’assassin repéra deux silhouettes sombres se faufilant dans les sous bois. Il se plaqua derrière un tronc d'arbre, il n'avait pas été repéré. Les deux formes s'allongèrent dans un par terre de fougère, et l’assassin en profita pour se rapprocher. Il avait une vague idée de qui ils étaient mais il voulait en avoir la confirmation. S'approchant à pas de loup, il commença à percevoir des murmures. Finalement, il posa un genoux au sol.

Il s'agissait de deux éclaireurs Druchis, comme il l'avait supposé. Assez jeunes mais loin d'être des enfants. Il fallait s'y attendre, on devait rechercher les disparus. Ces deux là étaient ils des éclaireurs en quête d'information, un commando, ou bien l'avant garde d'une armée ? Connaissant le goûts pour la violence de ses congénères, il devait s'agir d'un peu tout à la fois.
Ça risquait de compliquer sérieusement la mission s'il devait prendre en compte la vindicte des sombres. S'il les tuaient, les elfe noirs enverraient d'autres éclaireurs, ou, s'il perdaient patience, ils enverraient le gros de leurs forces. Enfin probablement. Cela se présenterait sous la forme d'une vague sombre de meurtriers silencieux, et la forêt allait boire des litres de sang avant que les deux forces ne se massacre l'une et l'autre.
Depuis des temps immémoriaux, l'équilibre des forces dans la forêt avait plus ou moins gardé la paix, ou tout du moins, évité une annihilation mutuelle des deux peuples. Si quelque chose venait rompre cet équilibre, la chaîne d’événement résultant risquait de mettre le Velm à feu et à sang.
Il décida donc de leur laisser la vie sauve, afin de ne pas révéler sa présence. Mais il fallait prévenir Gabriel de toute urgence.
Le reste de la journée se passa dans la frustration de l’assassin qui essaya tant bien que mal d'utiliser la seconde amulette, mais toujours sans succès. Son tour complet du village lui donnait une idée assez précise de la disposition des sentinelles, des patrouilles et des bâtiments, dans la mesure ou ces derniers ne changeaient pas de places tout les soirs, eux.
Il décida de consacrer la journée d'après à une surveillance rapproché de Gabriel, et éventuellement à un moyen de la contacter. Il fallait qu'ils puissent échanger leurs impressions et renseignements. Le roi avait fait exprès de faire partir la guerrière en chasse pour que sa bande de guerriers puisse allez continuer de remplir la fosse au nord du village.

Le jour suivant, il trouva un poste de surveillance sous un jeune hêtre qui le dissimulait bien au sol sous une exubérante couverture de jeunes feuilles printanière. L’œil dans la lunette, il scruta longuement l’activité du village, autant qu'il puisse le faire de là ou il se trouvait. Il aperçut plusieurs fois son amie et fut rassuré de constater qu’elle allait bien. Après tout, il fallait se lever tôt pour espérer tuer Gabriel Sorden, il savait bien de quoi elle était capable, presque invulnérable dans son armure, lui même aurait été bien en peine de l'affronter.
Il semblait que l'on préparait quelque chose, la guerrière resta dehors un bon moment, accompagné de deux ou trois autres elfes. Finalement, la petite équipe passa la frontière du village avant de s'enfoncer dans les bois. Intrigué, il les suivit. C'était peut être l'occasion qu'il attendait depuis trois jours ! A contrario, il pouvait aussi s'agir d'une ruse, pour abbatre Gabriel loin des regards, à trois contre une. Comme cette perspective ne l'enchantait pas, il s'élança sur leurs traces. Les détours qu'il du prendre pour rester invisible lui firent perdre beaucoup de temps. Au fond de lui, l'elfe sentait poindre les premières étincelles de l'agacement. Cette forêt lui tapait sur les nerfs, courir dans les bois toute la journée l'emmerdait et la tension accumulé depuis trois jours suintait dans son organisme comme un poison insidieux. Néanmoins, armé d'une volonté de fer et de la discipline né de l’entraînement, il se força à faire comme il le faisait à chaque fois : mieux qu'excellent. Il ne laissa pas de traces que l'on pouvait suivre derrière lui, il resta invisible sous son manteau gris-vert.
La journée passa , puis la nuit vint. Il était resté prudent, campant a presque trois cent mètre du groupe, dont le feu brillait comme un fanal dans le noir de la forêt. Une lune pale et blanche dispensait un éclairage ténu dans les sous bois.

Eöl somnolait, enchaînant les micros siestes d'une dizaine de minutes. A chaque fois qu'il se réveillait, il vérifiait que tout allait bien. Il pouvait tenir toute une nuit comme cela, mais il allait le payer au prix fort demain, ou il lui faudrait dormir pour de bon a moins de perdre ses facultées de discrétion. La fatigue donnant le vertiges, affaiblissant le corps et provoquant des hallucinations si l'on y prenait pas garde.
Il entra dans un nouveau cycle court lorsqu'un bruit le fit se réveiller aussi sec. Un flot d'adrénaline se déversa dans son organisme. Il se releva et son manteau, enroulé autour de son corps comme une couverture, tomba à ses pieds tandis qu'il brandit l'une de ses arbalètes dans sa main droite. L'autre se posa sans bruit sur la garde de son katana. Quelqu'un approchait.
Il risqua un coup d’œil derrière le tronc d’aber qui lui servait d’oreiller, après une seconde, il souffla. Visiblement, la guerrière avait compris qu'il les suivaient.

Il se redressa lorsqu'elle arriva à son niveau. Comme elle se tournait en un éclair vers lui, il lui intima de se taire en posant un index sur ses lèvres avant de l'inviter à le suivre dans sa cachette, le gros tronc de chêne à la basse couverte de buissons. Personne ne pourrait les voir ici, pas depuis le campement en tout cas.


«  - Bonsoir Gabriel.
- Bonsoir Eöl, j'étais presque inquiète tu sais ?
-Moi aussi, je suis content de voir que tu vas bien, tu as l'air en pleine forme. J'aurais aimé te donner des nouvelles plus tôt, mais je n'arrive pas à faire fonctionner cette amulette, j'ai même pensé à me débarrasser de ma vielle amulette mais l'intendance d'Arena me fera la peau si je fais ça. Je suis content de voir que tu vas bien.
- Moi aussi.» Ajoutât elle en souriant

Elle lui expliqua en quelques phrases les activités de ces trois dernier jours.

«  - Voilà, inutile de dire que je ne suis pas faite pour jouer la comédie, et toi alors ?
- Moi, j'ai trouver un super coin à champignons, je l'ai noté pour quand on reviendra. »

Sa tentative d'humour tomba un peu à plat, Gabriel lui envoya un sourire polie mais ferme.

«  - Heam, bref, nous avons deux problèmes. Le premier : lorsque tu es partis à cette partie de chasse dont tu me parle, j'ai suivit la trace d'un groupe de guerriers qui à quitté le village après vous. Toute une section en armes, une douzaine de guerriers paré pour la guerre. J'ai perdu la piste une heure après leurs départs, mais j'ai trouvé autre chose. Il y à là bas une fosse, un charnier, peu importe comment tu le nomme, qui contenait les corps d'une trentaine d'elfe noirs. Ils étaient nus, et n'avait pas de blessures apparente, j'ai vérifié tout les corps que j'ai pu, je n'ai rien trouvé qui explique leur décès. Ils n'avaient pas non plus l'air empoisonné. Pendant que je vérifiais les corps, ils sont revenu en jeter trois de plus. Ce qui me fait penser qu'ils ont une planque là bas. Et qu'il y a des prisonniers, peut être. »

Ce n'était que suppositions, bien sur, mais une fois de plus, il envisageait toutes les possibilités, et il avait eu le temps de bien retourner la question dans sa tête.

«  - Le second problème, c'est que j'ai croisé deux éclaireurs druchis hier. Deux elfe noirs. J'ignore s'il s'agit seulement d'une collecte de renseignement ou bien bien de l'avant d'une armée. Je n'ai pas révélé ma présence, et je les aient laissé partir. Mais ça m'inquiète, quand d'un coté tu trouves une fosse commune, et de l'autre des éclaireurs en arme de la même espèce que ceux qui sont mort, ce n'est jamais bon.
Je me refuse à faire de larges extrapolations, mais j'ai l'impression d'arriver en plein conflit larvé, et que ce n'est qu'une question de temps avant que la situation ne dégénère. Mon intuition me dit qu'a ce moment là, ce n'est pas moi serait le plus en danger.
 » Ajoutât il regardant son amie dans les yeux. Gabriel soupira lentement.
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Katy
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MessagePosté le: 02/05/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

La voix de basse de l'Elfe Noir égrenait une à une les informations récoltées au compte-goutte des derniers jours. Appuyée un genou à terre près de sa grande stature repliée de l'Assassin, tête inclinée du côté de celle de son frère d'arme pour préserver l'intimité de leurs messes-basses, la guerrière écoutait attentivement le rapport qui lui était fait en tâchant d'intriquer les pièces du puzzle avec les maigres éléments en sa possession : les soupçons des Ecoles et de la Capitale... La menace latente proférée par la femme du chef... Des guerriers Elfes Purs armés jusqu'aux dents... Un charnier à ciel ouvert remplit de cadavres à différents stades de décomposition, réapprovisionné régulièrement de dépouilles d'Elfes Noirs sans aucune meurtrissures... Des éclaireurs Druchis violant les limites de leur territoire, possiblement à la recherche de leurs frères disparus... Le mystère du Bois des Anges s'épaississait en même temps que se levait un voile menaçant au-dessus de lui et de ses habitants aux si sombres desseins. Aucune logique ne semblait encore se dessiner derrière le brouillard opaque d'intrigues qui hantait le cœur faussement paisible de la forêt, mais une chose était sûre : une sombre machination se tramait dans le royaume de Waïlen. Il n'était pas surprenant que leurs agissements aient éveillé la défiance des Ecoles et des autorités de la Capitale. Gabriel ne s'était forgé comme armes d'anthropologue, d'historienne et de géopoliticienne que ce que le gré de ses aventures et ses inconstantes lectures lui avaient donné comme matière première à travailler. Cela signifiait qu'elle n'était en aucun cas une spécialiste et que les différents indices de l'énigme qui leur était posée ne traçaient pas pour elle la trame claire d'une histoire. Pour le moment.
Pliés directement ou indirectement au service du roi, les mouvements dont les deux Areniens étaient capables pour enquêter étaient entravés. Eöl, en tant qu'ombre de l'Humaine, ne pouvait interagir avec personne d'autre hormis pour faucher les âmes qui mettraient en péril leur mission. La guerrière quant à elle devait feindre l'ignorance des renseignements qui lui étaient transmis, un jeu d'acteur qui l'incommodait dans l'avancée de leur investigation puisqu'elle ne pouvait faire subir aucun interrogatoire musclé aux suspects principaux. Sans doute qu'un Traqueur doué d'un sens aigu d'analyse et de déduction aurait été un remplaçant de choix pour l'Humaine aux cheveux d'or, seulement aucun n'avait déjà effectué de mission auprès des Elfes du Bois des Anges. Elle était la seule survivante du trio d'émissaires qui avait déjà accompli des fonctions de diplomates en ces territoires contestés et donc susceptibles d'être acceptée auprès de ce peuple intraitable. Après un long moment de silence entre les deux protagonistes de ce singulier service secret, la plus gradée articula doucement :


- Voilà comment nous allons procéder : je vais chasser des Dragons, comme prévu. Je n'ai pas besoin de ta surveillance, trois Elfes Purs ne peuvent pas m'abattre, tant est soi peu qu'ils en aient réellement l'intention. De ton côté, je pense qu'il est préférable que tu ailles trouver le village des Elfes Noirs. Montre-moi ta carte... L'Elfe noir s'exécuta et déplia une carte qu'il gardait à portée de main. Celle-ci était recouverte d'un plastique souple étanche pour lui épargner les désagréments de la pluie et des traversées inopinées de torrents. Voyons... Nous sommes ici. Le village des Elfes Purs est donc localisé ici... Ce fleuve, le "Wÿrm", sépare les territoires des deux clans comme une frontière naturelle. En continuant dans cette direction après l'avoir traversé, Gabriel traça une ligne perpendiculaire avec son doigt en partant corps sinueux du fleuve vers l'Ouest, tu arriveras près de ces deux collines, appelées le "Dos de l'Ours". Le village du chef des Elfes Noirs, Turrham, se trouve légèrement en hauteur - au niveau de la tête de l'Ours, qui est la plus petite des deux collines, camouflée par la première. Si tu pouvais aller les espionner et voir ce qu'ils se dit là-bas à propos des agissements Waïlen et de ses guerriers... Ils seront probablement moins prudents que les Elfes Purs qui se tiennent tranquilles en apparence pour tromper ma vigilance. De mon côté, peut-être qu'en revenant au village je devrais faire semblant de tomber par hasard sur la fosse à cadavres dont tu parlais pour demander des explications. D'un autre côté, ça pourrait également mettre notre mission en péril... Qu'en penses-tu ?

- C'est d'accord, je vais allez jeter un coup d'œil chez les Elfes Noirs. Encore de la marche en perspective, ajouta sur un ton réflexif et légèrement maussade Eöl, que le cache-cache avec la sylve semblait lasser. Gabriel compatit silencieusement. La prouesse que demandait l'effort de demeurer caché un mois durant des regards acérés des habitants de la forêt et des Monstres du Néant -tout en exécutant sa sombre mission d'espionnage- méritait à coup sûr l'estime de tous les Elites Assassins. D'autant plus que l'erreur n'était pas permise. Elle posa une main réconfortante sur l'épaule de son ami pour lui témoigner son empathie et ses encouragements. Celui-ci hocha la tête pour signifier qu'il avait compris le sens de son geste et enchaîna directement : Quand à toi, sous quel prétexte vas-tu marcher une heure dans la forêt jusqu'à cet endroit ? Il lui montra la carte à nouveau, tapotant avec insistance sur la zone du charnier. C'est à l'écart de tout et je ne suis pas sûr qu'ils croiront à une coïncidence. S'ils préparent quelque chose, ils seront méfiants ; moi je le serais, à leur place. Attend que je revienne de chez mes semblables pour tenter quoi que ce soit. Gagne du temps, laisse trainer tes oreilles, joue l'idiote un peu rustre, endors leur méfiance.

- Je crains que je n'ai pas besoin de jouer le jeu pour qu'ils me prennent pour une idiote un peu rustre, rétorqua amèrement Gabriel en se remémorant ces derniers jours d'humiliation sous le couvert de plaisanteries et remarques doucereuses et raffinées comme du miel. Ne t'en fais pas pour ça. Mais c'est noté, j'attendrais de tes nouvelles pour agir.

L'Assassin eut un petit sourire partagé entre l'amusement et la compassion devant l'expression déconfite de sa partenaire, ce qui dévoila ses dents plus pointues que la moyenne. Avec un tapotement d'épaule amical qui fit écho à celui dont la guerrière l'avait gratifié plus tôt, il lâcha, son sourire se muant ostensiblement en une grimace plus sadique :

- T'en fais pas. Ils auront l'occasion de le regretter à la fin. Garde courage.

Gabriel répondit en cela par un hochement de tête mitigé... Pour sûr, l'idée de faire ravaler aux Elfes Purs leurs inépuisables de sourires hypocrites l'échauffait d'une satisfaction barbare, mais cette conclusion signifierait qu'ils auraient vraiment trouvé quelque chose de grave à leur condamner. De façon irraisonnée et irréaliste, peut-être des restes de sa naïveté ou de sa foi que les années de front n'avaient jamais réussi à lui épuiser complètement, Katy espérait encore que l'ampleur de l'affaire qui leur apparaissait peu à peu puisse n'être qu'un affreux malentendu. Malheureusement, le vent léger qui s'élevait doucement charriait avec lui non pas les murmures d'auspices favorables, mais au contraire couvait l'odeur rance et entêtante de la putréfaction. Ce qui n'était probablement que le fumet d'un animal décadent dans les environs ramena les Areniens à leurs inconfortables réflexions sur la suite des événements qui les attendaient. Avant qu'ils ne se décident à se séparer pour un moment, la Protectrice questionna son ami sur son amulette. Celui-ci lui avoua d'un ton acariâtre en se souvenant de l'existence de l'artefact qu'il n'était pas encore parvenu à invoquer le Hibou, malgré tous ses efforts. Comme leurs rencontres devaient être limitées au maximum étant donné le danger dans lequel elles les mettaient tous les deux, Gabriel se creusa la cervelle pour trouver dans ses souvenirs quelque chose qui puisse aider l'aspirant Officier. Elle n'avait pas lié d'amitié avec beaucoup d'Assassins mis à part Eöl, et les amulettes étaient rarement au centre des conversations. Néanmoins ses efforts de réminiscence furent récompensés et quelques fragments de souvenirs lui revinrent.

- Je crois que dans un premier temps c'est plus simple d'essayer d'invoquer tes deux créatures en même temps, si tu peux faire ça discrètement, dit-elle car elle ne se souvenait pas quel animal de base possédait Eöl. Il était certain qu'à sa place, avec son grizzli, la discrétion aurait été un tour de bras digne d'un maître dans l'art. Il me semble qu'il faut répartir ta concentration simultanément dans les deux amulettes, comme si tu versais de l'eau dans deux bols différents que tu voulais remplir au même niveau. Enfin, c'était l'image qu'utilisait... je ne me souviens plus de son nom, il est mort de toute façon. Ca te demandera deux fois plus d'énergie et de concentration que d'ordinaire, mais il faut faire en sorte que ce soit équitable. Il parait que c'est le même effort que pour effacer sa présence... Je n'en sais rien. Je n'ai pas réussi, comme je te l'ai dit, et ce n'est pas comme si je savais me camoufler comme un Assassin, ajouta-t-elle en haussant les épaules. En tout cas apparemment une fois que tu as débloqué pour la première fois ta deuxième amulette, c'est plus facile d'en avoir le contrôle seul les fois suivantes.

Après ce dernier échange, les deux guerriers rompirent rapidement leur réunion d'état-major, inquiétés que les Elfes restés au campement se soient réveillés dans leur sommeil et remarquent l'absence soupçonneuse de leur hôte Humaine. Gabriel rebroussa le chemin en tâchant de contrôler la hâte qu'alimentait son anxiété. La situation était plus délicate qu'elle ne l'aurait imaginé et la tension habitait ses épaules, que la crispation rendait douloureuses. Lorsqu'elle revint près du feu, sa semelle fit craquer une brindille qui réveilla dans un sursaut délicat et inaudible de la plus jeune de ses accompagnateurs, Saellaenee. Celle-ci tourna ses yeux scrutateurs, pareils à des perles noires, vers la jeune femme qui revint s'asseoir près du feu sans le moindre commentaire. Elle ajouta d'ailleurs quelques branches de bois qu'elle avait ramené pour le change. Après encore quelques secondes d'observation discrète, l'Elfe aux cheveux de geai se leva avec la souplesse d'un chat pour prendre son quart de garde. La jeune femme en armure s'adossa contre son sac de voyage, lui-même reposant contre le tronc d'un frêne, et ramena son duvet par-dessus elle pour se prémunir du froid de la nuit et de l'immobilité. Ses yeux verts se fermèrent mais à aucun moment Morphée ne vint lui rendre visite, si ce n'est peu avant l'aube pour peupler ses songes de rêves étranges où se mêlaient chasse à la dragonite, vouivre jalouse protégeant un donjon où était prisonnière une princesse esseulée, chevalier à l'armure étincelante pourfendant ronces et Elfes sanguinaires sur sa route pour la délivrer...


~*~*~*~


Le surlendemain, le groupe arriva à l'endroit où étaient susceptibles de nicher les Dragons juvéniles délaissés par leur mère en quête de quoi subvenir aux besoins de sa portée. Gabriel demanda l'intérêt de la dragonite à ses accompagnateurs, qui se montraient peu loquaces et ne parlaient entre eux que dans un dialecte chantant qu'il lui était impossible de comprendre. Elle dut insister quelque peu pour obtenir une réponse à ses questions.

- Ce sont des pierres aux multiples propriétés connues depuis des temps immémoriaux, répondit placidement Vayänim, qui ne parlait que pour saisir l'occasion d'exacerber l'ignorance de l'Arenienne. On peut l'utiliser en alchimie comme dans certaines disciplines magiques, telles que la magie invocatoire.
- Comme pour les Golems, c'est ça ?
- On pourrait dire cela, répondit son interlocuteur avec un soupçon de dédain dans la voix, rejetant ses cheveux blonds comme les blés par-dessus son épaule et prospectant les environs à la recherche de traces. Mais il existe bien d'autres façon d'utiliser une dragonite, que les non-initiés ne pourraient soupçonner.
- C'est un récepteur d'âmes et d'esprits. En sertissant une pierre chargée il est possible de rendre une arme redoutable, ajouta distraitement Olobren. Vayänim l'assassina du regard. Etait-ce un différent entre les deux hommes pour bien avait-il laissé échapper une information erronée ou secrète ?
- Et Waïlen - commença Katy dont la curiosité était attisée, mais en constatant les expressions outragées de ses interlocuteurs elle se corrigea - le Seigneur Waïlen a-t-il besoin de ces pierres pour des fins magiques ? Vous êtes en paix, maintenant, si je ne m'abuse, acheva-t-elle sur un ton quelque peu cinglant qui lui valut de recevoir à son tour les coups de poignards des yeux bleus de Vayänim.
- Notre Seigneur est un alchimiste hors-pair, grinça celui-ci avec orgeuil. Le meilleur de nous tous. De nombreux remèdes d'une extrême rareté peuvent être confectionnés avec cette pierre. Entre ses mains, la dragonite devient une panacée à tous les maux que l'on puisse imaginer. Par ailleurs les pierres elles-mêmes sont d'une infinie magnificence et Tatiana, notre Reine, aime à s'en parer pour les cérémonies.
- Silence ! leur intima Saellenee sur un ton glacial et autoritaire.

Elle avait repéré de ses yeux à la vue perçante quelque chose que ses deux confrères ne tardèrent pas à détecter également. Seule l'Humaine, agacée, ne parvenait pas à distinguer le point si spécial qu'elle avait indiqué dans l'enchevêtrement de lianes, de troncs et de feuillages qui obstruait leur champ de vision. Le chant des oiseaux cessa tout à coup. Un silence inquiétant, lourd comme une chape de plomb, pesa dans toute la forêt autour du groupe de chasseurs. Gabriel sentit un frisson s'emparer d'elle. Son instinct lui cria qu'un danger approchait de façon imminente. Tout était immobile et se taisait autour d'elle. La forêt entière attendait, aux aguets.

*** Flap Flap Flap Flap Flap FLAP ***


Le chuchotement d'un battement d'ailes lointain vibra légèrement dans l'atmosphère, avant de se rapprocher de plus en plus, devenant assourdissant et froissant le feuillage des arbres tout autour, qui dont les silhouettes se recroquevillèrent sur elle-même comme de peur. Sous la pression de l'air chassée par les ailes de l'immense créature, respirer devenait presque suffoquant. Malgré le bruit assourdissant et les bourrasques, Gabriel cligna des paupières avec efforts, un bras replié à demi-devant son visage pour le protéger du vent. Elle eut la chance d’apercevoir la majestueuse silhouette aux écailles d'émeraude filer au-dessus d'eux. La musique de son cœur s'accéléra, un frisson d'exaltation la parcourut toute entière, la plongeant dans une transe presque belliqueuse. De tous temps les dragons avaient nourri le fantasme de nombre d'aventuriers. Leur fureur, leur puissance et leur beauté étaient emblématiques, source d'inspiration pour nombre d'artistes, de rois et de guerriers. Pour la première fois, la Protectrice comprenait quel ascendant ces maître absolus de l'éther possédaient sur l'esprit humain. La silhouette gracile du Dragon s'éloigna en laissant derrière elle des tourbillons de feuilles et de poussière. Le tambour de ses puissantes ailes s'éloigna en emportant avec lui la magie de son apparition. La vie reprit timidement son cours dans la forêt et le groupe, dont tous les membres expirèrent profondément, prirent la direction que la créature venait de quitter.

Cette partie de la forêt était couverte de séquoias géants endémiques de la région. Leurs troncs avaient une circonférence de plusieurs mètres et, s'ils ne dépassaient jamais les trente mètres de hauteur, c'était cependant l'étendue de leurs branches massives qui faisaient leur notoriété : le diamètre des arbres adultes pouvait atteindre plusieurs dizaines de mètres également. C'était dans cet entrelacs de bois de et feuilles charnues que reposaient les nids des Dragons arboricoles. Chaque séquoia était porteur au maximum d'un nid. La période d'éclosion était dépassée depuis plus d'un mois et les Dragoneaux devaient avoir atteint une maturité suffisante pour que la pierre que renferme leur crâne soit de la grosseur d'un poing, ce qui était la taille idéale, mais ils étaient également en âge de parcourir l'arbre avec une agilité redoutable même si leurs muscles pectoraux ne leur permettaient pas encore de voler. De plus la dragonite devait être prélevée vivante de l'animal pour préserver toutes ses propriétés, un exercice encore plus délicat que celui déjà épineux que de rivaliser avec ces reptiles.
A côté de l'Humaine, Vayänim décocha de façon fulgurante plusieurs flèches qui allèrent se ficher deux par deux, selon un schéma précis, dans le tronc d'un arbre que Saellenee avait désigné comme abritant dans le labyrinthe de son feuillage cinq jeunes Dragons. La précision et la célérité avec laquelle avaient été exécutés tous les mouvements de l'archer intimèrent le respect de l'Arenienne, qui n'était pas sûre d'avoir jamais vu quelqu'un maîtriser cette arme avant autant de dextérité. Les flèches étaient disposées de façon à leur permettre de grimper jusqu'à ce qu'ils atteignent le premier niveau de branches. Les Elfes passèrent en premier pour laisser la guerrière en armure, plus lourde et moins agile, les suivre en dernier. Les flèches, confectionnées dans un bois résistant et profondément enfoncées dans l'écorce, tinrent le coup malgré les semelles d'acier de la jeune femme. Lorsqu'ils arrivèrent au premier niveau, ils se séparèrent d'un accord silencieux pour encercler le premier Dragoneau, qui comme son âge l'exigeait dormait profondément sur une branche loin de son nid qui se situait plus haut dans l'arbre. Malheureusement, l'animal les sentit s'approcher, ou bien il simulait son sommeil, car avant que la première flèche ne puisse le blesser il bondit sur Vayänim qui, surpris par la fureur soudaine de l'animal qui faisait déjà le double de leur taille, perdit un peu de sa suprême contenance et manqua de glisser de sa branche. Fort heureusement, ses réflexes et son extrême habilité le sauvèrent et avec la grâce se laissa balancer à bout de bras sur son perchoir avant d'exécuter un saut périlleux qui le fit atterrir sur un autre appui. Mais c'était sans compter le coup de queue fatal qui partit vers sa nuque et qui l'aurait sans doute décapité par sa violence si Gabriel, qui était suffisamment près à ce moment-là, n'avait pas décroché son bouclier et jeté celui-ci du bout de son lasso. Le plateau d'acier frappa à la tête la créature avec une violence assourdissante qui assomma le Dragon juvénile. Sans attendre, Saellenee et Olobren dégainèrent leurs dagues et coupèrent les tendons de l'animal pour l'empêcher de bouger, puis presque dans le même mouvement lui ouvrirent le front pour prélever la dragonite. Tout était exécuté avec une vélocité et précision telle que l'animal ne souffrait que quelques secondes avant d'expier. Récupérer les quatre autres pierres précieuses se révéla être un défi plus ardu que le précédent, mais la fonction de Protectrice de Gabriel prit tout son sens lorsqu'elle sauva de la mort presque chacun de ses compagnons en les protégeant à distance de son bouclier. Quant au dernier Dragonneau, elle le transperça de son épée et ils eurent tout juste le temps de lui arracher son précieux diamant du front. Après une telle moisson, ils décidèrent que le butin était satisfaisant et redescendirent avant que la mère ne réapparaisse et n'abatte sur eux son courroux.

Le soir du retour après une journée à s'occuper cette fois-ci de leurs récoltes végétales, plus pacifiques pour la plupart, Gabriel décida de prendre le premier quart de garde. Alors qu'elle contemplait les étoiles qui scintillaient doucement dans le ciel en jouant à cache-cache avec la canopée frissonnante, elle reçut sur son plastron un petit rouleau sans le moindre avertissement. Seul un regard interloqué jeté en l'air lui permit de percevoir un flottement d'ailes blanches avant que le Hibou ne dissimule son vol silencieux derrière les ombres chinoises des arbres.
La jeune femme déroula le minuscule parchemin et mais ne trouva qu'une page vierge. Après l'avoir retourné pour être sûre que rien ne lui échappât, elle approcha légèrement le papier de la chaleur de la flamme afin de vérifier que les lignes n'étaient pas écrites au crayon clair. C'est alors qu'à la chaleur du feu des tracés apparurent. Du jus de citron ou de l'encre spéciale du commerce... c'était bien le genre d'Eöl de redoubler toujours de précautions. Le texte, court, n'était composé que d'une série de chiffres espacés mais sans ponctuation. La clé pour décrypter le message se trouvait résidait dans le livre qu'on leur avait donné au grade Officier, le Code de guerre d'Arena, qui était en quelque sorte le Bushido des guerriers de l'Ecole. Outre son intérêt philosophique et pratique, car il recelait de très nombreuses informations et de conseils importanst à suivre une fois gradé, la clé reposait sur le principe que les deux Officiers ou Elites qui communiquaient possédaient ce livre uniquement distribué par leur établissement. Ils se mettaient d'accord en amont sur la façon de décrypter le code à partir du livre. Katy et Eöl avaient décidé de s'écrire de messages en une série de chiffres, les chiffres se lisant par paire, chaque paire désignant une page du livre. Ensuite, ils devaient lire la première lettre en bas à gauche de la page désignée. L'avantage était qu'une même lettre pouvait correspondre à de multiples pages, rendant impossible le code à déchiffrer sans la clé. De plus il était aisé de décider de modifier le code, comme par exemple en choisissant de changer de coin de page à lire, ou en ajoutant un indice entre parenthèses pour désigner la seconde, troisième (...) lettres du coin de page à lire.


« 89 125936 47881545 99781424 89 3659 11228841 222559 2543 5941558819 47 47 »

Elle traduisit à l'aide du Code de combat d'Arena. Une paire de chiffre : une page. Coin en bas à gauche, pas d'indices donc première lettre. Elle griffonna sur un petit carnet de note qu'elle avait sur elle et qu'elle n'avait encore jamais utilisé, n'en voyant pas l'utilité jusqu'à ce jour. Le code donnait la transcription suivante :

« J RSS TLSR MLTT J SS VLLG LFS NRS RN SGNLR T T »

Pour plus de commodité et de secret, ils s'étaient mis d'accord de supprimer les voyelles de leur message et de délaisser la ponctuation. Gabriel commença à déchiffrer. La troncature était assez désarçonnante au début, mais elle prit son aise au fur et à mesure et finit satisfaite de son interprétation.

« J'ai réussi (à) utiliser l'amulette. Je suis (au) village des Elfes Noirs. Rien (à) signaler. Et toi ? »

Elle retourna le papier et écrivit avec l'aide du livre un alignement de chiffre qui symbolisait la chaîne de caractère suivante :

« FLCTTNS RN SGNLR J RTRN VLLG DS LFS PRS »

« Félicitations. Rien (à) signaler. Je retourne (au) village des Elfes Purs. »

A peine eut-elle achevé d'écrire et enroulé le petit papier sur lui-même que le Hibou réapparut. Il fondit sur elle et récupéra sans un bruit, si ce n'est le froissement léger du papier, la missive secrète. Gabriel rentra un peu le cou dans ses épaules lorsque les ailes battirent près de son visage, puis regarda la créature se fondre de nouveau dans le décor de la nuit, un petit sourire aux lèvres. Eöl se débrouillait bien, ce qui ne la surprenait pas mais lui faisait tout de même plaisir à voir. Elle réveilla l'Elfe qui devait prendre le quart suivant et s'endormit avec une sensation de satisfaction et de réconfort qui lui firent du bien. Même si l'espion allait sûrement rester sur place pour confirmer ses observations, savoir qu'il n'y avait encore rien à signaler nourrissait son espoir qu'aucun danger ne menace réellement la paix de la forêt. Un doux mirage qui allait se dissiper très bientôt.


~*~*~*~


Le quatuor revint au village moins d'une semaine après son départ. Pendant ce court laps de temps rien ne semblait avoir changé, autant que les apparences en permettent de juger. Gabriel jeta un regard circulaire tandis qu'elle avançait en compagnie des trois autres Elfes en direction de la maison arboricole du chef. Elle ne vit pas de traces des guerriers apprêtés pour la guerre dont son ami avait fait référence plus tôt. Un éclaireur était allé prévenir le roi de leur venue et celui-ci les attendait, comme au premier jour, perché au balcon de sa demeure en compagnie de sa femme et de son fils. Il répéta le geste gracieux qu'il avait fait à l'Humaine la première fois pour les inviter à monter par l'escalier en colimaçon, consigne que les chasseurs exécutèrent aussitôt. Ils entrèrent ensuite tous ensemble dans la bâtisse après une inévitable séance de courtoisies. Là, ils s'enfoncèrent jusqu'au bureau qui devait faire office de trône et de table de travail pour le modeste seigneur des Elfes Purs.
Waïlen accueillit les trophées de chasse et récoltes fructueuses avec une avidité qui contrastait avec la retenue raciale que la jeune femme lui connaissait. Les yeux écarquillés, les pupilles dilatées, le souffle plus court que d'accoutumé et un sourire à l'inquiétant tressautement de commissure, il fit glisser les dragonites entre ses doigts et les étudia à la lumière du lustre avec un imperceptible tremblement. Les pierres bleues et translucides comme des cristaux éclairèrent le visage du seigneur Pur d'une mosaïque de lumières chatoyantes. Le roi qui transparut pendant ces quelques secondes de négligence renvoya définitivement à Gabriel l'image d'un fou, d'un fanatique ou d'un cocaïnomane. Il lui avait semblé possédé par un mélange de délire et d'exaltation... un dangereux cocktail dont s'abreuvent en général les psychopathes avides de se repaître de chair fraiche, ou les dictateurs avec une soif de domination à assouvir. Waïlen faisait-il partie d'une ces deux catégories, ou bien... ?
Pareil à Janus, la seconde suivante ne se présentait devant la jeune femme que le roi calme, gracieux et composé à la tête des fiers Elfes Purs. Le changement de visage avait été abrupt, sans transition, et le contraste si grand que Gabriel tressaillit malgré elle, mais l'indifférence de son entourage la firent s'interroger. Avait-elle rêvé, imaginé ce profil presque démoniaque de roi transi par l'éclat des pierres précieuses ? Halluciné le triomphe qu'elle avait vu allumer dans ses yeux, comme si un champ de possibilités infiniment dangereuses s'était ouvert devant les yeux de l'Elfe ? Cela semblait plausible car à présent, avec un calme et une indifférence souveraine, Waïlen avait rempaqueté ses présents et les avaient tendus à sa femme sans s'y intéresser davantage. Celle-ci, toujours silencieuse et serviable comme à son habitude, les avait recueillis dans ses bras avec le même flegme et déposé dans une pièce scellée par un simple verrou où Gabriel entrevit ce qui semblait être un banal atelier d'alchimie. Mais il était difficile d'en juger de son angle de vu et en si peu de temps. L'épouse revint rapidement près de son mari, qui entre-temps avait repris la parole de sa magnifique voix apaisante à laquelle il rajouta avec mesure des accents de satisfaction.


- Je suis gré de votre succès, mes chers hôtes, notamment de votre aide, Gabriel Sorden d'Arena. Il semblerait effectivement que votre force et votre détermination puisse servir précieusement votre cause pendant ce mois.

Ses paroles étaient douces comme du velours et pourtant, la jeune femme aurait juré que le tissu cachait une lame. Elle hocha néanmoins la tête pour signifier son approbation comme pour accepter la gratitude qu'on lui témoignait avec une délicatesse agaçante et abréger ces simagrées. Plus empathique qu'il ne le laissait transparaître, le roi comprit et exécuta un geste doux pour les inviter à sa table chargée de plateaux de fruits et légumes frais et de quelques pièces de gibier faisandé. L'épouse les rejoint plus tard, elle préparait encore des omelettes, qu'elle souhaitait servir chaudes. Elle les apporta à chacun d'entre eux sur un plat en terre cuite avant d'aller s'agenouiller près de son mari et de leur servir à tous une coupe d'hydromel.
Comme au cours de la plupart des repas, Gabriel se servait plus dans les plats et les carafes que la plupart des autres convives, plus réservés et à l'appétit et la soif modérés. Chez les Elfes Purs, il était de convenance de cesser de manger avant la satiété et d'interrompre la boisson avant l'ivresse. Même s'il était contrariant pour elle de ripailler seule, la jeune femme profitait obstinément des victuailles et du vin dont elle estimait avoir mérité la juste proportion. Elle engloutit donc l'omelette aux champignons, se découpa une bonne part de chevreuil et goûta à tous les fruits et tous les légumes, qu'elle fit descendre dans son estomac à l'aide de plus d'un litre de vin. Elle fut repue et désaltérée assez vite, la tête lui tournant légèrement, probablement que fatigue et de la tension accumulée au cours de l'expédition laissaient une brèche favorable pour l'alcool. Il était encore tôt, le couvre-feu ne sonnerait pas tout de suite. Pour qu'ils puissent se délasser, la femme du roi prit la parole pour proposer à leur invitée de profiter d'un bon bain en plein air. A la périphérie du village, derrière des cloisons de bois, se tenait un petit bassin artificiel joliment aménagé où était déversé de l'eau de la rivière. L'eau de ce bassin était chauffée par un ingénieux système qui faisait intervenir un faible sort pour l'entretenir et garder son eau pure. Normalement, seule la famille royale ou les blessés pouvaient en bénéficier, d'autant plus que les pierres qui composaient le bassin avaient des propriétés régénérantes. La guerrière accepta la proposition avec une reconnaissance sincère, trop contente de pouvoir décompresser avant d'entamer un sommeil bien mérité. Elle eut la décence d'attendre que le roi finisse sa coupe pour quitter la table et se diriger aux bains en armure, en transportant avec elle des affaires civiles de rechanger pour le reste de la soirée.

La vision toujours trouble et de plus en plus éreintée, la jeune femme de déshabilla à l'abri derrière l'enclos circulaire. Laissant ses affaires quelque peu en désordre derrière elle, elle se glissa avec délice dans l'eau chaude et claire du bassin circulaire en forme de bol décoré de magnifiques carreaux de pierres taillées, avec une marche sur tout le pourtour pour se reposer. Au milieu du bain, Gabriel n'avait pas pieds. Elle décida donc après avoir un peu barboté de rester sur le bord, trop épuisée pour nager. La nuque reposant sur le rebord, elle ferma les yeux en tâchant de ne pas s'endormir, car la marche sur laquelle elle était assise dans l'eau était lisse et elle glissait quelque peu vers l'intérieur du bassin si elle ne prenait pas garde. De longues minutes s'écoulèrent dans la plénitude. Après peut-être une demi-heure de baignade, la jeune femme commença à se sentir vraiment nauséeuse. Etait-ce possible que ce soit l'alcool lui donne autant le tournis ? Ce n'était tout de même que de l'hydromel. La nausée la gagna rapidement et dangereusement. Elle voulut se redresser et, constatant que son corps ne lui répondait pas, sentit la panique l'envahir. Que se passait-il ? Elle répéta l'effort en y mettant toute sa volonté et toute sa concentration vacillante. Elle réussit à se redresser mais glissa presque aussitôt plus profondément dans le bassin. Son bras sortit de l'eau pour chercher le rebord du bassin, qu'elle ne trouva pas. Elle glissait le long de la paroi et se retrouva bientôt au fond de l'eau, où elle se débattait faiblement contre le liquide pour remonter à la surface, les muscles tétanisés. Très rapidement, l'air lu manqua et dans un hoquet de panique, l'eau s'infiltra dans ses poumons et elle perdit connaissance.

Tandis que la dernière lumière s'éteignait dans son champs de vision, elle entendit résonner dans son crâne le terrible avertissement :

"Un mois est certes une longue période pour une Humaine.
Mais c’est un répit trop court pour quiconque sait qu’il s’agit du peu de temps qu’il lui reste à vivre
.
"



Je pense que tu l'avais compris, Gabriel a été empoisonnée, vraisemblablement par la femme du chef mais je te laisse choisir si c'est vraiment elle et quelles sont ses motivations. Le poison provient des champignons, même s'ils ont tous mangé les mêmes. Certains champignons sont toxiques s'ils sont consommés avec de l'alcool surtout en grande quantité (dans la plupart des cas, comme les morilles, ces toxines sont détruites avec la cuisson mais ici ce n'est pas le cas ou pas complètement). Les toxines en elle-mêmes ne sont pas mortelles elles rendent franchement malade et affaiblissent énormément les victimes, comme une intoxication alimentaire et de la paralysie partielle, mais quelqu'un qui se baigne dans un tel état aura des chances de voir sa vie mise en danger...
Tu peux inventer le nom que tu veux pour le champignon qui a été consommé, je ferai peut-être une fiche dans l'Herbier si j'ai la foi.

En tout cas le meurtre est bien orchestré car on ne peut pas accuser la femme du chef d'avoir agit différemment pour Gabriel que pour ses autres invités ou elle-même et son mari. C'est simplement que la guerrière a beaucoup plus bu et mangé que les autres, comme c'était escompté de sa part. Se rendront-ils donc compte qu'il s'agit d'une tentative de meurtre ? Je te laisse voir tout ça...

PS : Me laisse pas mourir XD

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Eöl Khaine
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MessagePosté le: 08/05/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Eöl voyagea jusqu'à la frontière entre les deux clans rivaux, symbolisée par une petite rivière. Une fois cette limite franchit, il trouva facilement le village. L'elfe noir fut très intéressé par les différences entre les deux peuples. Là ou les elfes « pur » ( ce terme était d'une prétention de niveau cosmique) s'étaient intégré en harmonie avec leur environnement, les elfes noir eux, avaient transformé leur espace à leur convenance. Autour du village, ceinturé d'une haute palissade de bois d'allure solide, les arbres avaient été coupés sur deux cent mètres. Ainsi, impossible d'approcher au plus près sans se faire voir. Cet espace était dédié à l'agriculture et à l'élevage. Une série de champs et d'enclos concentriques marquaient l'emplacement de la forêt. De nombreux petits chemins serpentaient autour de ces cultures avant de plonger dans la forêt. Les elfes avaient aussi détourné le cour d'un petit ruisseau, qui remplissait maintenant les douves autour des défenses, Eöl estima la largeur du fossé à trois mètre. Le tout avait une allure très martiale et utilitaire. Il y avait probablement un puits au centre du village, l'eau devait filtré des douves à travers la terre. Pratique, sachant que ces douves, ou régnait en permanence un légers courant, devaient aussi servir de latrines à leurs sortis. L'observation ne lui apprit rien de spécial, bien qu'un sentiment diffus, son antenne de combat, comme il l'appelait, lui hurla le contraire. En apparence tout du moins, rien ne laissait présager quoi que ce soit.

Caché non loin de là, l'elfe décida d'envoyer un message à Gabriel pour la tenir au courant. Il repensa à ce qu'elle lui avait dit concernant les amulettes. A la nuit tombante, il trouva refuge dans une cavité inconfortable et humide, qu'il recouvrit de branchages pour échapper à la vue d'un éventuel garde. Il se détendit autant qu'il pu et sortit l'amulette du hiboux. L'image des deux bols lui revint en tête. D'habitude, pour invoquer sa première amulette, il déversait sa concentration et sa puissance de manière un peu brutale vers l'objet, et cela suffisait à l'activer. Cette fois, il sentit tout de suite une résistance, il faudrait être bien plus subtile. Il se concentra et puisa un filet de puissance mentale qu'il déversa comme un filet d'eau continu vers l'objet. Il le sentait près à se matérialiser, l'esprit de l'amulette l'avait sentit aussi, une connexion s'établit entre eux, petit à petit. Finalement, l'amulette accepta Eöl comme son maître de circonstances. Un petit hiboux moyen duc se matérialisa de nul part, directement sur ses genoux. Eöl souffla et relâcha sa concentration. Il caressa la petite tête du volatile du bout des doigts.

«  -Hey salut toi ! »

La créature le regarda de ses grands yeux jaune. Il avait l'air ahurit mais l’assassin savait qu'il n'en était rien. Depuis la création du Velm, les hiboux et les chouettes étaient des prédateurs redoutable. Il les appréciaent d'autant plus qu'il se trouvait des points communs avec ces animaux. Ils étaient silencieux, rapide, sans pitié, mortel. Ils voyaient très bien la nuit, à la simple lueur des étoiles, leur ouïe était également très développé. De parfait tueurs, mais recouvert de plumes quoi.
Il sortit d'une de ses nombreuses poches le nécessaire pour écrire un message, qu'il coda de façons à ce que seul la guerrière puisse le lire.


«  - Trouve Gabriel, porte lui mon message, attend sa réponse, puis revient, je serais ici. Va ! »

Il leva les bras pour que l'oiseau passa à travers les branchages de son abris, puis il le sentit s'envoler en silence. Après cela, l'elfe noir s'endormit, puisqu'il n'y avait rien d'autre à faire.
Une heure avant le lever du soleil, le hiboux le réveilla en hululant au dessus de lui. Alerte, il fit passer le volatile à travers les branches et lu la réponse de Gabriel.
Rien de nouveau donc. Il se rendormit, même pour une heure.

L'impression de malaise ne le quitta pas durant les quatre autres jours qu'il passa à observer le camp/caserne militaire des sombres.
Quelque chose n'allait pas, tout était trop normal. De temps en temps, il voyait des éclaireurs, des patrouilles partir, rien de plus normal, mais quelque chose le titillait. Il décida d'en être sur avant de faire part à Gabriel de ses inquiétudes. Le rempart lui posait problème. Impossible de voir quoi que ce soit à l'intérieur du village. Après un tour complet de la cité, qui lui prit une journée de discrétion et de coupures de ronces, il décida de prendre de la hauteur. Il aurait pu utiliser sa propre amulette, un petit merle banal et inoffensif, donc tout à fait passe partout, mais il préférais le garder en cas d'urgence. De plus, se connecter à l'esprit de l'animal exigea qu'il fut immobile et concentré, et donc vulnérable, même caché.
Il trouva son bonheur avec un chêne centenaire (au moins) et s'y hissa aussi discrètement qu'il put, étouffant ses râles de douleur et ses halètements de chiens jusqu'à qu'il se laisse mourir sur une branche à mi-hauteur. Son souffle retrouvé, il s'installa le plus confortablement qu'il pu et sortit sa lunette.
Le village était disposé en petits quartiers, pour autant qu'il puisse en juger. Un moulin à aubes jouxtait le quartier des forges, aux martellements métallique qui lui arrivaient depuis sa cachette. Au centre du village, une motte de terre artificielle supportait un donjon de bois à la base de pierre. Tout cela semblait plutôt récent, comme il l'avait deviné par observation. On tramait bien quelque chose ici, mais de l’extérieur, on voulait garder les apparences de la normalité. Il griffonna un plan du village, note quelques informations et redescendit.
Après avoir manqué de se rompre le coup à plusieurs reprise, il arriva essoufflé comme un bœuf en bas, les bras pris de crampes. Rapidement, il gagna la relative sécurité de la forêt.

Le jour suivant, il s'aventura sur un des chemins qui semblait plus empruntés que les autres, comme en témoignait l'usure du sol et d'autres indices. Il le suivit, portant son sac sur le dos comme une tortue sa carapace. Il remercia la météo d'être un peu fraîche dans ses bois, ce qui limitait sa transpiration.
Puis, au cours de l'après midi, une odeur familière le fit stopper nette.
Un feu de camp. Aucun doute possible, n'importe qu'elle idiot connaissait l'odeur du bois qui brûle.
Il déposa son sac à l’abri et reprit sa progression avec prudence. Il capta bientôt des bruits, des cris échangés, le renâclement d'animaux, et d'autres sons d'ambiances qui ne lui dirent rien de bon.
Au cœur de la forêt, il trouva un camp.
Bouche bée, allongé sur le ventre, il contempla la mort se préparer. Des tentes alignées en rangées parallèles, des enclos, des chariots transportant la logistique. Sous ses yeux, une armée se rassemblait. Une armée d'elfe noir. Un frisson le parcourut.

Il compta approximativement six cent guerriers. Impossible que le leader des elfes noirs ai pu rassembler une armée aussi vaste avec la seule population de son village. Soit il avait ratissé la forêt de long en large, pour trouver d'autres villages plus lointain, soit il avait eu recours à des mercenaires. Dans les deux cas, la force qu'il avait rassemblé était considérable, propre à écrasé n'importe quelle opposition.
Dans le Velm, les armées importante n'était pas la norme. D'une part car un tel ost était une ruine financière, avec les soldes, la nourriture, l'équipement, d'autre part à cause même d'illusia et d'arena. Les deux écoles faisaient office de force de police ou de diplomate selon la situation. La plupart des conflits étaient réglé avant même d'avoir pu dégénérés. La dernière, enfin, était qu'une armée bivouaquant attirait fatalement les monstre du néant affamés.
Donc, les sombres, ses compatriotes, avaient trouvé un moyen de se protéger localement, avec des sceaux ? Il l'ignorait.
Une ambiance militaire régnait dans le camps, évidemment. Des sergents druchis, reconnaissable à leurs casques à cimier bleu gueulaient des ordres. Les capitaines, eux, reconnaissables à leurs cimier blanc, s'entretenaient entre eux sous une tente plus grandes. Eöl distingua environs deux centaines d'archer, trois de lancier et une centaine de cavaliers montés sur d'horrible lézard de la taille d'un cheval, ayant l'air de peser plus d'une tonnes, la gueule garnis de crocs, caparaçonné de métal noir et de cuir.
Une armée en campagne n'allait certes pas passer inaperçu longtemps, mais que pourrait on y faire ensuite ? Arena n'avait pas les effectifs nécessaire pour combattre une tel force, même avec Illusia à ses cotés. Peut être qu'a la limite, les deux forces des écoles parviendraient à les stopper. En fait c'était même certain, mais à quel prix ? Pour voir leurs effectifs déjà fragile être réduit à peau de chagrin ? Laisser le Velm sans défense ?

Eöl soupira. Déjà tant de morts, tant de disparu qu'il avait cessé de les compter, Dantes, Ambre, Opale, tant d'autres. Il se perdit un moment dans ses pensées, avant que le bruit de pas derrière lui ne le fasse bondir comme un diable.

Les réflexes de l’assassin étaient affûtés, malgré ces derniers jours passé dans la forêt. Un long (et douloureux) entraînement l'avait changé en arme mortelle. Avant même que son cerveau enregistre l'information, il s'était retourné, avait saisit l'arbalète sur sa cuisse droite et avait tiré. L'un de ses carreaux partit se ficher dans le tronc d'un jeune chêne, tandis que le second rencontra un corps mou. Plus précisément celui d'un elfe pur à l'air surpris. L'éclaireur pur avait deux dagues, une dans chaque mains, il regardait d'un air effaré le second carreaux, planté dans son abdomen. Lorsqu'il releva la tête, Eöl bondit comme un crotale vers sa proie. Il faucha l'elfe comme au rugby, par la taille. Ils roulèrent sur deux mètres, sa victime tenta de se débattre. D'un coup rageur, il enfonça son poing sur la flèche tout en plaquant sa main sur la bouche de son adversaire. L'elfe hurla de douleur, mais son crie mourut dans sa bouche fermé solidement par la poigne de fer d'Eöl. Profitant de la faiblesse du blessé, il se glissa sous lui. Il garda sa main gauche sur la bouche de l'éclaireur pur et il passa son bras sur son cou, puis il serra. Fort.

Suffoquant, sa victime se mit à ruer violemment, tentant de se soustraire à cette étreinte mortelle. Il lutta deux bonne minutes, signe d'une constitution exceptionnelle, avant d'être pris de spasmes, puis tout son corps se détendit. Par mesure de précaution, l'elfe noir continua sa strangulation une demi minute afin d'être certain que la cible ne feintait pas sa mort. Il avait eu recourt à cette ruse lui aussi, on ne la lui ferait pas. Finalement, Eöl se détendit à son tour, le corps du mort toujours sur lui.Il le poussa sur le coté, tachant de reprendre son souffle. Un flot d'adrénaline avait dilaté ses narines, ses yeux et multiplié son apport en oxygène. Allongé, il se calma rapidement, avant de s’intéresser à son agresseur. L'elfe regardait le ciel d'un air triste, ses yeux injectés de sang, ses lèvres cyanosées.
Méthodiquement, il fit les poches du cadavre mais il ne trouva rien hormis ses armes et une provision de nourriture. A tout hasard, il goutta le fameux pain elfique. C'était légèrement sucré, sans goût particulier, mais réputé très nourrissant. Il fourra la nourriture dans son sac. L'éclaireur avait l'air jeune, un adolescent à peine adulte, un beau gâchis. Il devait faire ses classes dans une section de reconnaissance, si tant est que ces purs en aient.Le corps lui posait problème, il fallait s'en débarrasser pour ne pas attirer l'attention sur lui. Il regarda autour , aucune cachettes valable en vue. Il ne se voyait pas transporter le corps sur des centaines de mètres en plus de son sac, l'effort allait lui coûter une précieuse énergie. Il réfléchissait encore lorsque le destin se manifesta sous la forme d'un sifflement menaçant. Par réflexe atavique, il se jeta au sol tandis qu'une flèche frôlait son crane. Il roula jusque derrière un arbre avant de se relever, il réarma son arbalète et se saisit de la seconde qui pendait sur sa cuisse gauche. Une arme dans chaque main, il risqua un coup d’œil furtif vers la forêt. Rien. Toutefois, comme il regardait la flèche planté dans le sol à quelques mètres de lui, il comprit que l'éclaireur de Waïlen n'était pas venu seul.
La situation était critique, il était coincé derrière cet arbre à peine assez large pour le protéger , et face à lui, à cinq cent, mètre, le camps militaire des sombres fourmillait encore d'activité. Il risquait d'être découvert à chaque instant.

Pendant son observation, il avait envisagé de se faire passer pour un mercenaire, mais ces bandes errantes de soldats de fortune étaient très soudés, un visages inconnu ne passerait pas inaperçu, quand à l'armée, in envisageable, pour les mêmes raisons. Décidé à agir, il libéra sa main gauche en rangeant son arme. Il saisit son amulette et invoqua l'esprit de l'animal. Un petit merle, tout à fait banal et anodin, apparu dans sa main. L'esprit de l'animal, habitué à son maître, ne produisit aucun son. L’assassin connecta son esprit à celui de l'oiseau et lui ordonna de prendre son envol. Le petit volatile pris de la hauteur sans un bruit. Maintenant, l’assassin pouvait voir par les yeux de l'animal. En outre, la vision de l'oiseau portait sur près de trois cent degré, le monde était déformé, mais plus on en voyait, mieux c'était. Il le fit voler en cercle concentrique, d'arbre en arbres, en s'éloignant de lui.


«  - Allez montre toi sale enfoiré... »

L'oiseau poursuivit ses révolutions en orbitant de plus en plus loin d'Eöl, mais le tireur restait invisible. L'elfe noir s'agaça et commença à perdre patience. Il commanda à son oiseau de revenir à lui.

«  - Merde !! »

Il rompit la connexion avec son amulette et son katana jaillit se son fourreau. Juste à temps pour parer un coup de dague vicieux. L'elfe roula, une fois de plus, sur le sol et se releva pour faire face à son assaillant. L'elfe pur se rua à l'assaut. Il combattait avec un sabre dans une main et une dague dans l'autre. Cette technique était très efficace et de nombreux guerriers l'employait, elle avait l'avantage de pouvoir frapper à la fois loin et près, et donc de parer à plus d'éventualités.
Eöl pratiquait lui même cette forme de combat, assidûment, aussi se saisit il d'un de ses nombreux couteaux et alla à la rencontre de son adversaire.
Le choc des lames retentit dans la forêt tandis que les belligérants s'escrimaient à qui mieux mieux pour s'ouvrir la panse. Eöl espérait que la forêt empêcherait les sons de cette lutte d'arriver jusqu'à des oreilles indésirable. Ils firent plusieurs passes avant de se repousser. Lentement, ils se mirent à se tourner autour, s'évaluant du regard.

Son adversaire était bien plus âgé que l'éclaireur qu'il avait tué juste avant. C'était un guerrier accomplis qui économisait ses moyens et ses gestes et dont chaque mouvements était calculé.
L'elfe noir lui adressa un sourire carnassier, il fit tomber son manteau de ses épaules, enfin , un adversaire à sa hauteur ! Le petit manège dura ce qui sembla être une éternité. La concentration d'Eöl se focalisa uniquement sur ce moment, le temps ralentit tandis qu'il affinait ses perceptions sensorielles. Un millier de détails venaient l'assaillir, le bruit des feuilles mortes qu'il écrasait, le souffle du vent sur son front perlé de sueur, le son du bruissement de la sylve, la lumière jouant sur le sol. Il chassa toutes ces pensées, il fit le vide dans son esprit.


«  - Le vide, c'est la clé. Affirma Winston le traquer d'un ton docte. C'est uniquement en faisant le vide que tu gagneras tout tes combats. Les cimetières sont remplis de gens qui réfléchissent trop. Tu ne dois pas essayer d'anticiper les mouvements de tes adversaires. Lorsque tu feras le vide, tu réagiras aux mouvements de tes ennemis sans même t'en rendre compte, et tu trouvera la faille. N'oublie jamais, ne pense pas, laisse le sabre te guider. »

Eöl expira lentement, l'esprit libre de toutes pensées et contradictions.
Il laissa l'autre venir à lui. Son adversaire attaqua en grognant méchamment. Eöl para et contre attaqua derechef. Les coups portés étaient si rapide qu'il eu été compliqué de les voir à l’œil nu. Les lames sifflaient comme des frelons enragés tandis qu'ils dansaient parmi les fougères. C’eut été presque beau si le résultat n'avait été fatal pour l'un des protagoniste. Son adversaire était bon, très bon même, il enchaînait parade et contre attaque à un rythme effréné, ne laissant aucune seconde de répit à Eöl qui lui rendait la pareille. Une sueur acide coula de son front jusqu'à la commissure de ses lèvres, sa bouche grande ouverte pour avaler les litres d'air nécessaire à la bonne endurance du combat. Il se baissa pour éviter un coup qu'il l'aurait au mieux décapité, au pire ouvert le crane d'une oreille à l'autre.
Il n'y avait pas à dire, il connaissait son affaire le salaud! Ce combat s'éternisant en de longues minutes à pleine concentration commençait à l'épuiser, il fallait songer à en finir ou bien à fuir. Il para le sabre de l'elfe avec son couteau tandis que son katana retenait la dague mortelle. Leurs visages étaient proches, l'elfe lui envoya un regard brûlant d'une haine comme de l'acier liquide. Ils se repoussèrent dans un concert de grognement pour la seconde fois. Essoufflé, fatigué, il darda ses yeux rouge dans le bleu de ceux de l’ennemie. Ils restèrent immobiles, en posture de garde, reprenant leurs souffles respectifs.
Le vide putain, faire le vide!
Il s'y obligea, malgré la fatigue qui lui brûlait les muscles et lui desséchait la bouche. Le vide. Le silence. Il ferma les yeux.
Tout se passe en moins d'une seconde. L’elfe pur attaqua en silence, si rapide, presque indiscernable. Eöl s'élança à sa rencontre, il frappa en criant puis ils se croisèrent. Puis il rouvrit les yeux, fit tournoyer son sabre pour enlever le sang et le rangea dans son fourreau en un seul et même mouvement. Enfin , il se retourna. L'elfe pur tomba à genoux dans un gargouillis, le torse tranché de la hanche à l'épaule opposé. Puis il mourut. Sans perdre une seconde, Eöl ramassa ses affaires et pris ses jambes à son cou. Il s'arrêta après avoir parcouru un kilomètre. Il s'affaissa mollement contre le tronc d'un arbre, les jambes douloureuses, les poumons en feu. Ivre de fatigue, il porta sa main à son flanc. Un filet de sang s'écoulait de la plaie ou l’épée de son adversaire avait transpercé l'armure et la cote de maille.

La nuit passa.

Il émergea d'un sommeil lourd et poisseux, presque aussi fatigué que la veille. Torse nu, un pansement rougit faisait le tour de son abdomen. Il nettoya la plaie du mieux qu'il pu, avala deux cachets d'anti douleur interdit à la vente et se rhabilla, les conséquences viendraient plus tard, un combat à la fois. Il fallait rentrer voir Gabriel d'urgence. Il tenta bien de faire usage de son amulette mais n'y parvint pas. Il se remit en route après avoir enfilé son armure et son manteau, et clopinât toute la journée aussi vite qu'il pu, c'est à dire à une allure qui le frustra grandement. Toutefois, il parvient à franchir la rivière et à revenir sur le territoire du roi Waïlen assez rapidement, il retrouva sa cachette intacte, et s'y reposa.

Il fallut tout de même fermer la plaie. Le petit coin sombre d'Eöl retentit de cris étouffés par un bâton dans la bouche tandis que l’assassin suturait sa plaie avec un fil et un hameçon chirurgical. Il avait déjà eu recourt à l'auto chirurgie dans le passé, mais il ne s'y était jamais fait. L'effort le laissa pantelant durant quelques minutes. Il suait à grosse gouttes et ressentit le besoin de manger quelques chose de sucré. Il dévora le pain elfique, qui avait durcit entre temps, et fit passer le tout avec une longue rasade d'eau de ruisseau au goût minéral mais délicieusement fraîche. Il plaqua une compresse désinfectante sur la plaie refermée, provoquant moult gesticulations, avant d'y apposer une poudre cicatriciel volé à l'infirmerie d'Arena, en prétextant une luxation du petit orteil droit.
Avec attention, il leva le bras, pour tester la souplesse de sa futur cicatrice. Il fit plusieurs mouvements au ralentit pour tester ses capacités, il s'en sortait bien. Par prudence, toutefois, il mit une compresse propre sur la plaie et sparadrapa le tout. Il en profita pour se débarbouiller. Ses fringues commençait à sentir la forêt, et sa propre odeur piquait un peu le nez. Si les événements le permettaient, il irais s'immerger plus tard. Et toujours avoir les pieds propre, c'est la base.

Habillé, presque propre, il se mit en route pour le village des elfes. Les anti douleur faisaient effets mais il resta prudent dans ses déplacements pour évité de faire craquer ses coutures, sa pharmacopée n'était pas infinie. Finalement, il trouva une cachette assez proche du village à sa périphérie. A la faveur d'une rotation de garde, il put s'y installer. Ici, la pente permettait de couvrir tout un pan du village, il s'allongea sur le ventre en étouffant un gémissement de douleur et sortit sa lunette. Le spectacle de la vie du village l'aidait à ne pas sentir le temps passer.

En fin d'après midi, il parvint à apercevoir Gabriel montant dans les appartements du roi. Probablement qu'on allait fêter le retour des chasseurs avec forces nourriture et boissons, tandis que lui, pauvre cloche, serais là, allongé dans la terre, servant de buffet à une armada de moustiques, de fourmis et Valcen sait quoi encore. Sentant l'agacement poindre, il laissa un moment sa surveillance pour se convaincre que tout ceci était plus utile que d'attaquer le village avec un commando de ninjas armée d'une réserve inépuisable de parchemins explosif. De la demeure du roi, il ne vit que de vagues formes se découpant dans la lumière par une fenêtre à l'angle peu pratique. Si Gabriel passait la nuit la dedans, il retournerait dans sa tanière, inutile d'essayer de la contacter tant qu'elle n'était pas dehors. Il continua d'espionner les habitants, mâchonnant un brin d'herbe pour tromper une furieuse envie de fumer. La soirée était déjà bien entamé, le soleil se coucherait dans une heure, lorsque son amie ressortit. Depuis le balcon, une femme elfe regardait Gabriel se diriger vers la sortie du village.
C'était inespéré, il allait pouvoir la contacter loin des regards et des oreilles indiscrète, parfais. A l’abri, il commença à griffonner un message codé sur un petit morceau de papier. Encre invisible, évidemment, même si ce stratagème ne durait pas longtemps face un analyste aguerri. Un œil toujours dans la lunette, il vit la guerrière se diriger vers un genre de petit bassin entouré d'une palissade de bois, d’où s'échappait de la vapeur. Il supposa qu'il s'agissait de bains public, c'est d’ailleurs ce qu'il avait griffonné sur son plan de fortune.
Il ajusta la mise au point pour y voir mieux de près, comme les bains se trouvaient en contrebas de sa position.
Une demi seconde de gymnastique mentale lui arracha un sourire. Si Gabriel se baignait la dedans, il la verrait. Pour la blague, il rajouta une ligne sur le morceau de parchemin, afin d'observer sa réaction quand elle le lirait.
Il n'y avait rien de pervers dans sa réaction , l'elfe noir en avait vu d'autres, et sans être blasé, il n'allait pas s'émouvoir pour ça. C'est juste qu'il trouvait cela cocasse, et qu'après tout ces jours caché comme un animal dans la forêt, deux combats et une blessure, il avait besoin de rigoler un peu.

Effectivement, elle y entra.

Eöl détourna pudiquement le regard quand son amie se déshabilla, et ne reprit sa surveillance attentive que lorsqu'elle fut immergée. Toutefois, à la faveur de quelques mouvements qu'elle accomplit, il eu un aperçu non exhaustif de son anatomie. Il apprécia le galbe de ses jambe, ses abdominaux musclé, tout comme ses bras. Il émanait d'elle une beauté singulière, brut, sans artifices. Ses longs cheveux blonds cascadaient sur ses épaules, se terminant à la naissance de sa poitrine. Des cheveux, en passant par la chute de reins, jusqu'au orteilles, Gabriel était une très belle femme, dans son style.

L'elfe retira son œil de la lunette et se frotta les yeux. Il avait un peu chaud. Avec sa mémoire, il emporterait ces images dans sa tombe, il ne savait pas encore si c'était une bonne chose ou pas. Le visage de Renji passa dans sa mémoire. Le vampire ne manquerait pas de l'éventrer si jamais il l’apprenait.
Mais pour le moment, il était loin, assez loin pour qu'Eöl soit en sécurité.
Katy semblait se relaxer. Probablement qu'on lui avait réservé l’exclusivité du bain pour la soirée, grand seigneur, ce Waïlen.


Bon, il le moment était sûrement bien choisit pour lui envoyer son petit messager à plumes. Il invoqua son merle, attacha le message à sa patte, et inspecta une dernière fois les environs pour être sur que la voie était libre. Ces elfes purs avaient de très bon yeux, il fallait donc que le volatile effectue un sprint en rase motte pour ne pas se faire déceler. Il passa rapidement sur son amie lorsqu'un détail le fit revenir violemment en arrière. Gabriel agissait bizarrement dans le bain, elle coula, sa tête reparut , tendis le bras vers le bord et coula de nouveau.
Le cœur d'Eöl s'arrêta.
Il se passa bien deux secondes avant qu'un plan ne se dessine dans sa tête. Il détacha le message de la patte de l'oiseau et le fourra dans sa poche.


« - Il y à une sentinelle dans un arbres à cent mètres derrière nous, vas la distraire, vite ! »

L'oiseau bondit comme une balle de fusil, battant des ailes aussi vite que possible. Il couvrit la distance en quelques secondes. Il percuta le dos de la sentinelle, qui, déséquilibré, tomba de son perchoir. Trop surpris pour crier, il percuta le sol, vingts mètre plus bas, et ne bougea plus, ses membres brisés formant des angles douteux avec le reste de son corps. Eöl, qui avait suivit la scène par les yeux de son familier, n'en demandait pas tant, mais fut satisfait du résultat.
D'un bond de ses puissantes jambes, il s'élança vers le village, en courant aussi plié qu'il pouvait. Par chance, ces bains était un peu à l'écart, et les membres de la communauté, le soir venant, étaient déjà, pour la plupart, dans leurs pénates. D'une détente, il eu tôt fait d'escalader la palissade, non sans un grognement de douleur. Il se réceptionna sans un bruit, tel un chat, et il fut au dessus du bassin.
Gabriel flottait entre deux eaux, mais ne bougeait plus. Avant même de s'en rendre compte, son manteau était à terre et il plongea dans l'eau tiède (et foutrement agréable) du bassin. Il nagea vers son amie qu'il saisit par la taille. S'aidant du fond du bassin, toujours en apnée, le cœur battant la chamade, il se propulsa vers la surface. Après quelques secondes d'éternité, il émergea. Il avala goulûment quelques gorgé d'air, et parvint à s'accrocher au bord du bassin malgré son aspect glissant. Il hissa la guerrière nue par dessus le rebords, sentant au passage quelques point de sutures sauter dans la joie. Tans pis, un combat à la fois. Il allongea la bonde sur le sol et fit un tour de tête périscopique pour s'assurer de leurs solitudes. Rassuré, il colla sa tête sur sa poitrine dans l'espoir de capter un battement de cœur.
Rien, il était temps de se souvenir de ses cours de secourisme.

D'abord, il la retourna pour qu'elle se vide de l'eau qui avait remplis ses poumons. Il regarda le liquide s’écouler en tachant de savoir depuis combien de temps elle ne respirait plus. Il l'allongea de nouveau et il commença un massage cardiaque, aussi silencieusement qu'il le put.
Le visage colérique de Renji passa de nouveau dans sa tête, mais il se dit que le vampire serait sûrement content qu'on lui ramène sa copine en vie.
Il ouvrit les lèvres de la guerrière et y colla les siennes pour lui insuffler de l'air dans les poumons.
Après une minutes de se traitement, elle n'était toujours pas reparti et il sentit la panique le gagner.


«  - Merdemerdemerdemerde !! »

Si jamais ces elfes étaient responsable de la mort de son amie, il serait à son tour responsable d'un génocide contre eux. Des images d'une rare violence passèrent dans son esprit avant qu'un ultime espoir ne naquisse entre deux poussé d'adrénaline.

Justement.

Il fouilla dans sa trousse de secours personnel, il y avait une seringue, avec une aiguille de taille respectable. Il l'avait volé à l'infirmerie en même temps qu'un tas d'autre trucs, mais il n'en connaissait pas les dosages.

Pas le temps de faire un calcul. Il connaissait en revanche le mode de fonctionnement par cœur, pour en avoir fait les frais une fois. Il arracha la gaine protectrice d'un coup de temps et la cracha plus loin. Il empoigna la seringue à deux mains, leva les bras et adressa une prière à quiconque l'entendrait. Puis il abaissa violemment l'aiguille et la planta entre ses seins, jusqu'au cœur de l'arénienne. Il pressa pour injecter l'adrénaline directement dans sa pompe vitale.

Le résultat fut à la hauteur de sa prière. Gabriel sembla surgir du néant, ses yeux s'ouvrirent tout rond et elle inspira un grand coup. Avant qu'elle ne se rendent compte, il retira l'aiguille. Cette fois, elle était bien de retour, mais pas tirée d'affaire. A quatre pattes, la guerrière fut pris de violent hoquets. Il sa mit à coté d'elle pour lui tenir les cheveux d'une main, et la soutenir de l'autre. Enfin, elle vomit un flot brunâtre peu ragoutant, si tant est que le vomis puisse l'être.


« - Vas y, vomit, c'est bien, c'est normal, laisse faire ton corps, ne lutte pas. »

Lui murmurât il à l'oreille. Une minute de se traitement la laissèrent sans forces. Il la fit s’asseoir par terre, contre le mur, une fois le ventre vide. La substance qu'elle avait recraché n'était pas comme d'habitude.

Un léger aparté s'impose. En tant qu’assassin, Eöl connaît les poisons, et leurs effets. Ce n'est pas un botaniste mais il se défend. Il est capable de déceler, même dans du vomis, et dans une moindre mesure, ce qui est responsable de l'état de son amie. Fin.

Il renifla de plus près, et identifia ce qui ressemblais à des champignons, malgré qu'ils fussent mastiqués. Mais plus tard.


« - Tu as été empoisonné. »

Il vérifia les pupilles de Gabriel.


«  - Je parierais pour ce que tu as mangé ce soir. Des champignons ? Ne répond pas, garde tes forces.

Il vérifia son pouls.

«  - Il faut que l'on se débriefe l'un et l'autre, mais pas maintenant, tu n'est pas en état. »

Gabriel tremblait sous le contrecoup. L'adrénaline était synthétisé par son organisme, et elle était en pleine descente. Il s’approcha d'elle pour la rassurer, constatant qu'elle le suivait du regard.

«  - Les tremblements vont s'arrêter, ne t'inquiète pas.
- Eöl... »

A peine un murmure, faible.
L'appelé tourna sa tête vers son interlocutrice. Elle avait replié ses jambes sur elles. Il s'aperçut qu'elle était encore nue. Il se sentit idiot.


«  - Ha merde, excuse moi. »

Il se leva pour ramasser une serviette propre qu'il déposa sur ses épaules, il l'aida ensuite à s’asseoir sur un petit tabouret en bois. Il lui frotta les cheveux et les coiffa en arrière pour ne pas qu'ils retombent sur ses yeux, et il essuya la commissure de ses lèvres avec un mouchoir.

«  - Tu as soif ? »

Hochement affirmatif. Il approcha sa gourde de son visage pour qu'elle puisse y puiser quelques gorgées.

«  - Pas plus Gabriel, sinon tu vas revomir »

Emmitouflée dans cette grande serviette, la guerrière avait l'air fragile, et cette vision choqua légèrement l'elfe. Depuis qu'il la connaissait, Gabriel avait toujours été ce pilier sur lequel s'appuyer
. La voir ainsi impuissante donnait une désagréable impression de fragilisation des repères.
La guerrière avait repris le contrôle de ses membres à présent, et sa respiration se faisait moins aléatoire. Le poison contenu dans son sang allait disparaître petit à petit, maintenant qu'il n'était plus alimenté pat le contenu de son estomac. Eöl se laissa glisser sur le mur à coté d'elle. Lui aussi relâcha la tension de ces dernières minutes, et il en profita pour remiser ses plans de vengeance et d'incendie volontaire de ce coin de forêt. Il s'aperçut enfin qu'il était lui aussi trempé depuis son plongeon salvateur. Le vestiaire des bains était sur leur droite, il était plus discret que le reste de l'installation, aussi décida t-il de s'y faire sécher un peu. Il se leva et se baissa pour saisir Gabriel afin de la soulever lorsqu'une voix se fit entendre derrière lui. Un garde entra.


« - Hey vous là ! »

Le tir réflexe de l’assassin atteint le garde elfe à la jambe. Il s’effondra sur le sol dallé à coté du bassin en tentant de se retenir, mais Eöl était déjà sur lui. La tête du garde s'enfonça sous l'eau, fermement maintenu par un Elfe noir au fait d'une colère libératrice. Il tirait si fort les cheveux de sa victime que des touffes lui restèrent dans la main. Il cala son talon droit sur la nuque du futur mort.En quelques minutes, le garde fut noyé. Il tira le corps au sec, et, pour être sur, l'égorgea au dessus d'une grille d'évacuation des eaux.

« - Et de quatre ! »

Prononçât il avec le sourire. Il se tourna vers Gabriel, qui avait assisté à la scène dans un silence fatigué. Elle le regardait d'un air interrogateur. Il y eu un moment gênant.

«  - Je t'expliquerais tout dès que tu iras mieux. D'accord ? »

Il jeta un regard vers le soleil, il allait manquer de temps. Il porta Gabriel dans les vestiaire ou il trouva ses vêtements de rechange. S’efforçant de ne pas la regarder ni de l'effleurer par mégarde, il l'aida à se sécher et à s'habiller. Quand elle fut prête, il se déshabilla lui aussi, se sécha et se rhabilla dans ses affaires humides, mais il s'en occuperait plus tard. La guerrière faisait craquer ses doigts et ses poignets, elle remua la tête comme pour tester la souplesse de son cou, petit à petit, ses forces, semblaient revenir. Son regard s'était rallumé, et il y retrouva cette flamme familière et rassurante, cette détermination dans laquelle tout le monde puisait allègrement. On y voyait également de la colère. Lui même en était plein. Profitant de l’aparté, caché comme selon l'adage, au plus près du danger, il se détendit.

«  - Bien, il va falloir que tu rentres, et que tu mentes, bien sur, je ne t'apprend rien. Tu sais qui à pu essayer de te tuer ?
- La reine.
- Certaine ?
- Sans le moindres doute. Et Katy lui parla de la phrase mystérieuse en forme d'épitaphe.
- Alors je te crois. Dans ce cas, il va falloir que l'on joue très serré . Tu vas devoir te tenir à l'écart de cette salope autant que possible. Ne mange plus rien qui vienne d'elle. Prétexte la fatigue s'il te ré invite, demande à loger ailleurs, n'importe quoi. En s'en fout de froisser leurs dignités, cette mission n'est plus diplomatique depuis longtemps. Gabriel, les sombres sont sur le sentier de la guerre, j'ai trouvé leur camps. C'est une questions de jours avant qu'ils n'attaquent. J'ai été attaqué par deux éclaireurs d'ici, j'ai été blesser mais je les aient tués. J'espère que les monstres du néant se sont occupé des corps.
Je suis persuadé que la clé de ce que nous cherchons se situe du coté de ce charnier. J'ai encore un mince espoir pour que tout cela ne soit qu'un énorme malentendu, mais l'un des deux camps cherche à entuber l'autre, c'est clair.
Demain, je retourne sur place pour essayer d'en savoir plus. Si tu te sent d'attaque pour traîner de coté là demain, je ne serais pas loin. 
»

Elle se leva un peu chancelante, mais elle tenait debout. Eöl fit un baluchon de son armure avec une serviette et lui donna.

«  - Le soleil tombe, il faut que tu rentres.
- Soit prudent Eöl.
- J'ai l'impression que je ne suis pas le plus à plaindre dans cette histoire non ? »

Elle lui renvoya un sourire un peu pitoyable mains plein de bonnes intentions. C'était une guerrière, elle s'en remettrait. Une bonne nuit de sommeil, un vrai petit déjeuner, sans champignons bien sur. Eöl lui, allait rentrer dans son terrier pour recoudre sa plaie suintante au flanc. La douleur se ravivait lentement, égrenant son chapelet de spasmes et autres réaction désagréable.
Il souleva l'épée de Gabriel, une arme qu'il aurait été bien en peine de manier. Il la posa sur la baluchon.


« - Il faut que l'on découvre pourquoi tout ça se met en place. J'aimerais pouvoir te surveiller tout le temps mais je ne peut pas, même avec deux amulettes à ma disposition. Alors fais gaffe hein.
- T'en fait pas pour moi, je me laisserais pas avoir une seconde fois, cette vielle peau ne perd rien pour attendre. Et puis merci de m'avoir sauver. »

L’assassin haussa les épaules avec désinvolture.

«  - Bah tu aurais fais pareil pour moi. Maintenant, je me sauve. Pour le corps, laisse le ici, les créatures s'en chargeront cette nuit. J'espère seulement qu'il n'a pas dit à quelqu'un ou il allait, pour ne pas qu'on le recherche trop vite. A tout hasard, je vais le planquer dans un placard, que l'on retrouveras défoncé demain, mais la reine ne pourra t'accuser sans se dévoiler. Pour le moment, c'est un pat. »

Une fois la sentinelle plié en quatre dans une armoire, il fit un dernier signe amicale de la main à la guerrière avant de sauter la palissade. Il eu à peine le temps de rentrer à sa cachette tandis que la forêt devenait un piège mortel pour les attardés.

Le lendemain, il s'éveilla groggy, le manque de sommeil commençait à se faire sentir, la fatigue ne se récupérait plus aussi bien qu'au début, normal. Ce n'étais pas la première mission longue que l’assassin accomplissait, il avait déjà traqué des proies durant des jours voir des semaines, mais il était forcé d'admettre que c'était la mission la plus originale qu'il eu jamais faites.
De retour à son poste de surveillance, il attendit, anxieux, de voir ré apparaître Gabriel au petit matin, et il en fut très soulagé lorsqu'elle sortit de la maison du roi en vie. Elle ne portait pas ses protections, ce qui le laissait pensé qu'elle devait être encore sous le coup de sa résurrection d'hier. Personne n'avait l'air de se soucier du corps disparut sans laisser de traces, ce qui était aussi une bonne chose. Rassuré, il se mit en route vers le charnier au cœur de la forêt.

La route, qu'il connaissait par cœur, ne lui prit pas autant de temps que prévu, et il s’arrêta pour manger un morceau à l'ombre des arbres, guettant. Il avait pris place au sommet de la petite colline, et il ratissait le périmètre avec sa lunette pour détecter des anomalies susceptible de le renseigner.
Il était en plein travail quand un groupe arriva. Il se tassa sous son buisson de houx et les suivit attentivement du regard . Ils passèrent très près de lui, quelques mètres à peine, contournant l'éminence de terre et de roche, et il disparurent dans un buisson de fougères.

Une barrière magique ?

Un seul moyen d'en être sur.

Il rampa, une fois de plus, se déplaçant avec prudence, silencieusement. Arrivé sur les pas des elfes, il tendis son bars là ou le groupe s'était évaporé.
C'était froid sur sa main, et à n'en pas douter, magique. Un sort de dissimulation, peut être ? Ses connaissance étaient limité dans le domaine
Avec une lenteur calculé, il passa la tête.
Derrière la barrière, il n'y avait qu'une entré, un chemin taillé dans la pierre, recouvert de mousse, qui descendait dans les entrailles de la colline. Il dégaina une de ses arbalètes à deux coups et descendit. S'il était pris ici, il n'y aurait pas d''endroit pour se cacher, il faudrait se battre. S'il le capturait, il pourrait toujours dire qu'il venais de chez les sombres, histoire de ne pas mouiller Arena plus que nécessaire, mais ses amulettes le trahirais au moment de la fouille. Ce cas de conscience le tiraillait tandis qu'il continuait sa progression, sa vision s'adaptant peu à peu à l'obscurité. Il n'y avais pas de porte, juste une simple grille d'acier, ouverte pour l'instant. Il entra.
La première pièce était assez petite, avec une seule porte vers l'intérieur. Il se cala à coté de l'ouverture et risqua un œil pour voir ce qui s'y tramait.
Ce qu'il vit lui glaça le sang.

Il devait y avoir une demi douzaine de cellules, contenant quelques prisonnier, druchis, pour la plupart. Au centre de la pièce, une étrange machine rayonnait d'une énergie malsaine. Les purs tirèrent un prisonnier de sa cellule, il se débattit mollement, sous l'emprise d'un narcoleptique. Ils l'attachèrent sur un siège et lui sanglèrent les chevilles, les mains, le torse et la tête. Un curieux casque fut posé sur son crane, et l'un des elfes, visiblement magicien, activa quelques levier tout en marmonnant une incantation. Le prisonnier se mit à crier de douleur, puis à hurler, tandis que les vibration de la machine faisait vibrer jusqu’aux fondations de la colline. Après quelques minutes de se traitement, le prisonnier se tendis une dernière fois, puis retomba mollement sur son fauteuil, mort. Le sorcier ouvrit une trappes derrière le corps sans vie et en sortit une pierre grosse comme un poing, qu'il déposa précautionneusement dans un coffres à l'intérieur couvert de velours. Il déposa la pierre sur les dizaines d'autre déjà à l'intérieur.


«  - La reine m'a demandé ce matin qu'on en prépare une spéciale, pour la guerrière d'Arena. Avec son énergie chargé à bloc dans une de ces gemmes, les dégâts sur une armée ennemis serait considérable. Évacuez le cadavre avec les autres.  »

Un frisson parcourut le dos de l'elfe noir, un frisson de très mauvais augure, et il pris la tangente. La barrière magique lui hérissa le poils mais il était trop occupé par la suite pour s'en soucier.
La sécurité était minimal autour de ce complexe, sans doute pour ne pas attirer les regards. S'il n'avait pas vu lui même la troupe y entrer, il ne l'aurait jamais trouvé.
Il couru se cacher non loin de là, ans le lit d'un ruisseau à sec. Fébrilement, il sortit un bout de parchemin et écrivit rapidement en langage codé.


Citation:
DANGER ! Wailen possède une arme. Siphon d'énergie vitale dans pierres inconnus. Plusieurs dizaines chargés pour guerre à venir. DANGER ! La reine veut ta mort par ce procédé. REDOUBLER DE PRUDENCE !C'est peut être elle qui tire les ficelles. Je rentre. Quand tu lis je suis déjà en route. FIN


Il attacha le message à la patte de son familier, qui s'envola. Puis il se mit en route aussi vite que possible, mais il était encore à une bonne heure du village.


Désolé, j'ai pas la force de corriger maintenant, donc je le post brut, je le ferais dans la journée, le temps de me changer les idées. C'est la dernière fois que fais un post aussi long, je le jure !

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|Eöl Khaine|
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Katy
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MessagePosté le: 15/05/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Après avoir été ressuscitée de la mort par le moyen qui a été détaillé plus haut, Gabriel retourna lentement, les membres flageolants, vers la maison du roi. Elle perdit sur le chemin à plusieurs reprises des pièces de son armure qui s’échappaient de son étreinte affaiblie par la noyade. N’ayant pas la force de jurer ni même de s’impatienter, elle les ramassait mollement, laissant échapper la moitié de ce qui lui restait dans les bras. Tu as été empoisonnée. Tandis qu’elle avançait avec pesanteur, Gabriel s’efforçait de rassembler ses esprits et son aplomb afin de faire face à l’adversité. Tu sais qui a pu essayer de te tuer ? A l’image du collapsus de son corps, sa réflexion n’était qu’un fouillis inconsistant de pensées non linéaires. La reine. Bien qu’elle ait conscience de la nécessité de se ressaisir avant de passer le seuil du foyer royal, la jeune femme n’y parvenait pas. Trop tard, car à présent il lui fallait gravir l’escalier en colimaçon. Cette vieille peau ne perd rien pour attendre.
Bien qu’elle se montrât forte face à son ami à la peau anthracite, la jeune femme était clairement encore sous les effets du poison, de l’épuisement et du choc. L’ascension par les marches en spirale sucèrent ses dernières forces en plus de lui donner le tournis. Gabriel sentit le sang se retirer de son visage. Sa vue s’obscurcit et elle sentit le contrôle de son corps lui échapper. La seconde suivante, elle s’attendait à entendre le lourd fracas de son corps et de son armure contre le sol - mais rien ne vint. Elle avait été réceptionnée par Olobren, qui quittait leurs hôtes pour s’en retourner chez lui avant que la Malédiction n’étende son joug sur le Bois des Anges. La vision revint progressivement à la guerrière, qui redressa son visage exsangue vers l’Elfe qui l’observait de ses yeux verts pénétrants. Il semblait lire les symptômes dessinés sur ses traits avec la concentration et la clarté d’un érudit penché sur un livre. Balbutiant un remerciement d’une voix las, Katy se détacha de son appui pour pénétrer à l’intérieur de la bâtisse. Elle veilla à ne pas se retourner, bien qu’elle sente posé sur elle le regard perçant de son compagnon de chasse.

A l’intérieur, la Reine l’accueillit avec un naturel désarçonnant. Elle était alors en train de composer un arrangement floral, agenouillée à la table basse où ils avaient soupé plus tôt. Bien qu’elle tourne le dos à la porte, elle demanda de sa voix calme et mélodieuse :


- Le bain était-il à votre goût ?

Pour l’instant, c’est pat.
La fureur donna une seconde vie à l’énergie de Gabriel, qui sentit une flamme belliqueuse jaillir des cendres refroidies de son ardeur. Elle répondit avec véhémence sur un ton volontairement hypocrite.

- Parfait, j’ai un peu bu la tasse en glissant à un moment, c’est tout.

Il y eut un « clac » plus fort que les autres du ciseau. La tête d’une belle rose tomba significativement sur la table avant d’être récupérée entre les doigts délicats de la fleuriste. Elle se retourna à-demi tandis qu’elle contemplait délicatement sous tous les angles l’assemblage de pétales écarlates qui flamboyaient doucement à la lueur des bougies.

- C’est vrai que vous avez mauvaise mine, ma pauvre. Votre lit est prêt, tâchez de vous reposer. Elle eut un sourire ravissant auquel l’Humaine trouva pourtant le rictus d’un loup. Nous avons besoin de vous en forme, demain.

En disant cela, elle plaça la tête de rose sur une épingle qui décorait le sommet de sa création. Avec un air attendrit, elle caressa du bout des doigts l’ensemble de son œuvre. L’assortiment floral était d’une rare perfection, les couleurs y étaient disposées avec intelligence et goût. Rien n’était laissé au hasard, ni dans le choix des essences, de leur taille, leur teinte et leur exacte position. A la façon dont la femme du roi achevait les dernières touches, on sentait la maniaquerie pathologique du détail percer de ses gestes vifs comme des serres. Du bout de l’ongle elle caressa le velours de la rose, esquintant doucement la chair d’un pétale.

- C’est beau, n’est-ce pas, comme toute l’œuvre prend son sens lorsque la pièce maîtresse lui est apportée ?

~*~*~*~


Le lendemain matin, après un sommeil profond et réparateur entrecoupé de nombreux entractes passés à boire à sa propre gourde, Gabriel se sentit revigorée. Son estomac protestait de faim, ce qu’elle interpréta comme un bon signe. Les propriétaires de la maison semblaient soit absents, soit occupés dans une de leur pièces privées. L’Arenienne ne voulait pas savoir ou du moins, pas tout de suite. Son objectif premier était de se ravitailler dans les bois hors de ce village où l’on voulait vraisemblablement sa peau. Avant qu’elle ne revêtît son armure, un mouvement par la fenêtre attira son attention. Elle avait distingué quelque chose dans les fougères en contrebas, à l’orée de la frondaison. Intriguée, elle ouvrit le petit vitrail rond qui pivotait sur son axe horizontal. Elle reçut aussi tôt contre sa poitrine un petit caillou auquel était attaché un rouleau. L’ombre dans les fourrées s’évanouit et, croyant qu’il s’agissait d’Eöl, Katy s’empressa de lire le message en s’inquiétant du changement de procédé de son ami.
Lorsqu’elle déroula la missive, elle fut déconcerté de constater que le message était écrit en toutes lettres et non pas de façon codée. D’ailleurs, l’écriture n’était même pas celle de son frère d’arme. Celle-ci était d’une grande finesse comme le sont celles des individus versés dans l’art de la calligraphie.


« Sortez par l’Est. Ne prenez pas votre armure ni votre sac. Ayez l’air faible.
O.»


Le court message était signé par une seule lettre, mais Gabriel comprit qu’il s’agissait d’Olobren. C’était de toute façon le seul Elfe dont elle se souvenait du nom qui commençait par ledit caractère. Face à un tel pli l’Humaine n’avait qu’une voix cornélien à faire : obéir ou désobéir. La prudence exigeait qu’elle ne se sépare pas de son armure et elle s’imaginait aisément la voix d’Eöl lui intimer de ne pas suivre une directive aussi absurde, de sortir en furtif du village et d’assommer son interlocuteur avant de l’interroger menotté. Un sage conseil de la part d’un Assassin. En tant que Protectrice, la guerrière s’imaginait difficilement prendre de revers un Elfe entraîné à la dissimulation, mais pour sûr il ne faisait pas sens de délaisser son équipement. Malgré tout, elle prit le risque de suivre les indications qui lui étaient données. S’il s’agissait d’un piège, c’était certes le meilleur moyen de se précipiter à l’intérieur, mais Gabriel en avait assez des grandes intrigues et préférait la confrontation directe, quitte à la provoquer. Mais plus encore, elle était d’avis que le conseil de paraître trop faible pour se revêtir de son armure était bon, ne serait-ce que pour espérer flouer le couple royal qui guettaient ses moindres faiblesses avec l’avidité d’un prédateur bicéphale.
Ne ceinturant que son épée, dont elle était résolue de ne jamais se séparer sur ces terres, la jeune femme sortit vêtue uniquement d’un léger sous-pull en coton, d’un fin pantalon noir de sport et de chaussures de marche en cuir. Les talents d’actrice ne faisant pas partie de son panel de compétences, elle se contenta de marcher sans précipitation et de laisser ses épaules s’affaisser. Elle quitta comme demandé le village indiqué par le Sud, tâchant au passage de détecter une activité anormale dans les environs. Tout semblait calme, peut-être de façon excessive, finalement. Comme si les Elfes avaient au choix pour la plupart déserté leurs maisons ou tâché d’y rester enfermés malgré le beau temps. Quelques personnes vaquaient à leur occupations mais il y avait quelque chose de forcé dans leurs gestes, comme s’il s’agissait d’une mise en place théâtrale pour feindre le rythme quotidien du village. En constatant tout cela, Gabriel se demandait si son imagination alimentée par sa méfiance ne lui jouait pas des tours.

La jeune femme finit par disparaître hors du cercle d’arbres habités pour pénétrer la végétation sauvage et luxuriante du Bois des Anges. Elle ne vit ni Olobren ni aucun autre Elfe, mais n’y fit pas attention ou du moins tâcha de ne pas le laisser transparaître sur son visage. Elle voulait dans tous les cas remplir son outre dans un cours d’eau claire et cueillir les quelques fruits ou jeunes pousses qu’elle savait comestibles. Sa marche tranquille durait depuis une petite demi-heure quand enfin, surgissant de la sylve comme si de rien n’était, Olobren apparut. Un rapide coup d’œil permit à la guerrière de constater qu’il était armé de son arc et de ses deux couteaux de lancer attachés à chacune de ses cuisses. Néanmoins sa posture était détendue, les mains ballantes le long du corps et les doigts dépliés.

- Qu'est-ce que vous me voulez ? demanda sans préambule et avec défiance la guerrière, la main droite refermée sur la garde de son épée.

- Je vous propose de vous escorter chez les Oïtakas.

- Pourquoi donc ?

Olobren resta silencieux. Katy soupira, décontractant ses épaules au passage.

- Vous avez conscience que je ne vous suivrais pas si vous ne m’expliquez pas clairement ce qu’il se passe.

- Hier, vous avez été empoisonnée et vous vous êtes noyée, n’est-ce pas ? demanda Olobren avec un drôle de ton, comme si sa question contenait la réponse que la guerrière recherchait. Un Elfe est venu récupérer votre cadavre ou ce qu’il en restait. Non seulement il ne l’a pas trouvé, mais il n’est jamais ressorti des bains. Vous l’avez tué. La disparition d’un des nôtres n’est pas une chose qui passe inaperçu, nous qui nous connaissons tous depuis des décennies, voire des siècles. Mais tout le monde a feint l’ignorance car ce garde n’était pas venu vous voir avec de bonnes intentions dans les bains et que questionner son absence reviendrait à admettre sa culpabilité et celle de ceux qui l’ont envoyé.

- La Reine et le Roi, je paries ?

De nouveau l’Elfe Pur se mura dans le silence. Son mutisme s’éternisa pendant de très longues minutes, au point que Gabriel doutât qu’il ne réouvre la bouche. Alors qu’abandonnant l’espoir d’obtenir une réponse là-dessus la jeune femme allait reprendre la parole, Olobren sembla sortir vainqueur de son duel interne puisqu’il reprit évasivement :

- Vous êtes en danger. Quant à nous, nous sommes vos débiteurs, car nous vous devons chacun notre vie lors de la chasse aux dragonites. Nous devrions également vous êtes reconnaissants du traité de paix pour lequel l’un des votre a péri bien qu’il n’ait malheureusement pas beaucoup servi. Il haussa les épaules comme si ce détail n’avait pas d’importance. Enfin c’est un lourd péché pour nous les Elfes Purs qu’un délégué politique ait été reçu de la sorte. Afin de sauver le peu d’honneur qu’il nous reste, nous souhaitons vous conduire chez les Oïtakas. Avec eux à vos côtés, il sera plus difficile de vous porter atteinte. Olobren fit un mouvement de tête. Saellenee et Vayänim apparurent de derrière les fourrées situés à plusieurs mètres de là. Ils la saluèrent du chef avant de se désintéresser d’elle et de grimper aux arbres. Ils semblaient monter la garde. Leur compagnon reprit. Vous êtes une Oïtaka. Ils sont nombreux et puissants, ils se désintéressent du conflit qui oppose les Elfes Noirs de Turham et notre peuple depuis toujours. Ils vous protègeront ou vous prêteront main forte si nécessaire.

Katy allait rétorquer quelque chose à cet argumentaire quand un éclair de plumes passa près d’eux en relâchant un courrier dans les mains de la guerrière. Il s’agissait cette fois-ci bel et bien d’Eöl, le message était crypté. Les Elfes regardèrent chacun de leur position avec une curiosité sans pareille cet échange qui signifiait que l’Arénienne communiquait avec quelqu’un. Ce pouvait être n’importe qui. Pour pouvoir le déchiffrer la jeune femme devait sortir son livret ce qui révèlerait en partie la clé du code, chose qui était bien entendu interdite et au-delà de toutes les règles de prudence. Elle repoussa à plus tard à un moment où elle se saurait à l’abri des regards le déchiffrage du message, priant pour qu’il ne soit pas urgent. Si l’oiseau de son compagnon était toujours dans le coin, à guetter la réponse de la jeune femme, Eöl pourrait regarder à travers ses yeux et comprendre la raison de son retard.

- C’est une lettre d’Arena, mentit la guerrière sans trop de problème, car il s’agissait d’un mensonge aisé qui par ailleurs avait des accents de vérité étant donné que l’auteur venait effectivement de cette Ecole. Je dois leur faire des rapports réguliers sur le déroulement de la mission diplomatique. Je m’en occuperai plus tard. Allons chez les Oïtakas comme vous le suggérez, de toute façon j’ai de bonnes raisons d’y aller pour en savoir plus sur les tensions de la forêt. Je vais récupérer mes affaires.

- N’en faites rien, l’interrompit Olobren d’un geste. Je ne suis pas sûr… que vous ressortiriez du village. Si je vous ai demandé de venir sans sacs ni équipement, c’est pour que l’on croit que vous n’allez pas loin et que vous allez revenir, qu’on vous laisse libre de vos mouvements. Allons-y au plus vite.

De l’empressement teinté d’inquiétude perçait dans sa voix, ce qui n’était pas rassurant pour un Elfe si calme et composé d’habitude. Un peu abasourdie, Gabriel hocha la tête. Voulait-on donc s’en prendre à elle, personnellement ? Pourquoi ? Parce qu’elle gênait les Elfes Purs dans leurs sombres machinations, qui avaient quelque chose à voir avec le fameux charnier qu’Eöl avait découvert ? Malgré la tentative de meurtre de la veuille, Katy avait du mal à y croire. Elle trouvait que tout cela était absurde : si elle mourrait, Arena le saurait et en tiendrait rigueur aux Elfes Purs, avec elle Illusia et les autorités de la Capitale. A moins bien sûr que depuis le début les Elfes aient prévu d’appliquer en cas de danger ce qu’elle-même et Eöl avaient prévu depuis le début : faire passer l’assassinat pour un accident pour gagner du temps et parvenir à ses fins. Peut-être qu’une partie des réponses aux questions qui tourbillonnaient dans sa tête se trouvaient dans la lettre d’Eöl, mais il était impossible de le savoir pour le moment… C’était pour elle extrêmement frustrant de ne pouvoir s’enquérir de ses nouvelles et le prévenir de ses propres agissements. Mais l’imprévu et les obstacles étaient le lot de toutes les missions, de celle-ci sans doute plus qu’une autre.

Le groupe se dirigea donc en direction de l’endroit où Gabriel avait rencontré les Oïtakas pour la première fois, il y a plusieurs années de cela. Elle n’était pas certaine que ceux-ci, désireux de vivre dans le secret et l’ignorance des êtres inférieurs de la forêt, n’aient pas migré vers un autre endroit pour fuir les rencontres indésirées. Mais elle nourrissait l’espoir qu’ils aient laissé derrière eux un éclaireur pour leur signaler tout du moins qu’on les cherchait, et qu’ils se souviendraient d’elle comme l’une des leurs, lui ouvrant préférentiellement la voie incertaine qui menait vers eux. En se remémorant cette tribu anthropophage et les enfants qu’elle gardait prisonniers comme réserve de chair, la jeune femme sentit une sueur froide courir le long de son échine. Elle tâcha de l’ignorer et de le cacher pour le reste de la très longue marche qui les attendait.
Finalement le soir, pour son quart de garde, Gabriel trouva le temps de décrypter le message d’Eöl. Ce qu’elle y lit lui glaça les entrailles. Ainsi elle avait participé, en pourchassant les dragons arboricoles, à l’élaboration d’une arme de guerre reposant sur ces pierres qui emmagasinaient l’énergie de braves. Un peu de la même manière que la tête de rose sublimait l’œuvre florale que la Reine avait composé, l’âme d’une Protectrice d’Arena aurait sans doute son pesant dans la confection d’une gemme mortelle. Lorsqu’elle comprit à quel horrible sort elle avait échappé grâce au trio d’Elfes qui l’accompagnaient, la jeune femme ressentit un soulagement difficilement descriptible. Elle réfléchit longuement à ce qu’elle pouvait répondre à l’Assassin, tenta de s’éloigner du campement dans l’espoir de le voir surgir de la végétation pour un conciliabule discret, mais ne le trouva pas. Son quart se terminait lorsqu’elle abandonna l’idée de le retrouver, l’inquiétude formant une boule dans son ventre. Qu’est-ce qui retenait Eöl, lui qui jusqu’ici la suivait comme une ombre ? La question sombra avec elle, sans réponse, dans un sommeil agité de cauchemars. Le lendemain ne fut pas marqué de signes de vie de l’Elfe Noir mais par un événement qui les fit tous sursauter. Alors qu’ils tournaient en rond dans un coin de la forêt que la jeune femme pensait reconnaître, une voix puissante venant de nulle part emplit l’air autour d’eux. La stupeur fit se raidir la guerrière autour de Scorpion.


- Etes-vous des guerriers, ou bien de la viande ?

Gabriel se détendit à cette question pourtant peu réjouissante, pour la simple et bonne raison qu’elle la reconnaissait. Elle l’avait déjà entendue il y a quelques années, lors des épreuves par les cinq éléments que les Oïtakas leur avaient fait subir. Pour toute réponse, la guerrière dénuda son épaule pour montrer la marque que le peuple anthropophage avait gravé sur elle, la bien choisie Manticore, mangeuse d’hommes, qui l’indiquait comme l’une des leurs. Elle indiqua ensuite les trois Elfes Purs qui l’accompagnaient.

- Ils sont avec moi.

- Tu es la bienvenue, Gabriel Sorden des Oïtakas. Pas eux, cracha presque la voix évoquant les trois autres étrangers. Elle semblait provenir des arbres et changer de direction. Ou alors ils devront passer l’Epreuve.

- Il ne vaut mieux pas, alors, soupira Gabriel en se retournant. Vous devriez rentrer chez vous. Je m'occupe du reste.

Un peu circonspects, ses compagnons de chasse qui avaient payé leur dette vitale opinèrent et s'en allèrent, non sans jeter un dernier regard en direction des feuillages dans l'espoir de repérer leur interlocuteur invisible - en vain. Il y eut un profond silence le temps qu'ils disparaissent complètement du champs de vision de l'Humaine, puis la voix reprit :

- Campe ici, ma sœur. La Chamane et nos généraux viendront te retrouver ce soir pour en savoir plus sur les raisons de ta présence.

Gabriel ne possédait pas réellement l'équipement pour camper, mais elle ne protesta point. Le soir-même, avant la réunion, elle reçut enfin un nouveau message d’Eöl, qu’elle put retranscrire en paix. Il lui donnait des informations complémentaires qu’il n’avait pas pu lui délivrer plus tôt, concernant la dangereuse armée d’Elfes Noirs qu’il avait aperçu plus tôt. Apparemment il avait été obligé de rester caché quelque temps très discrètement car il avait manqué à plusieurs reprises d’être repéré et pour laisser le temps à sa blessure de se refermer quelque peu. Tâchant de rassembler toutes les pièces du puzzle qu’ils avaient à présent en main et sans oublier que leur mission devait se faire dans la discrétion et la neutralité, Gabriel lui répondit le message qui suit :

« Je suis avec les Oitakas. Je vais leur expliquer la vérité, ils ne diront rien aux Elfes Purs ou Noirs qu’ils exècrent mais interviendront pour leur propre protection. Dans un premier temps, nous irons disperser l’armée des Elfes Noirs, si possible de façon diplomatique. Je le ferai au nom du roi Waïlen, vu que je suis sensée le servir. Pendant ce temps si possible, il faudrait que tu assassines le roi et la reine des Elfes Purs. Si tu le peux, pour ne pas laisser de traces, je te conseille de retourner leurs propres armes contre eux : les pierres, qui sont des dragonites. Comme ça, même si on retrouve la cause de leur mort, ce dont je doute, aucun Elfe n’osera s’en plaindre. Ce serait admettre ouvertement les agissements honteux de leurs précédents souverains. N’oublie pas de toutes les détruire, à l’exception de celles qui détiennent l'âme des souverains si jamais tu les obtiens. Nous les ramènerons à Arena et pourront peut-être servir plus tard pour faire pression en cas de recrudescence des conflits. » Elle termina sa missive, comme d'habitude, par une demande de prudence de la part de son compagnon qui devait être épuisé et à nerfs à force de se terrer avec ses blessures. Elle lui souhaita également bon courage, puis étendit le bras et regarda le courrier s'envoler dans les serres du Hibou.

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(artiste : Wadim Kashin)

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Vêtue de son armure qu’elle avait récupéré dans toutes ces aventures, Gabriel attendait avec anxiété dans la clairière qui bordait le chemin ramenant à Arena. Elle n’avait eu aucune nouvelle d’Eöl, pas plus qu’elle n’avait aperçu de traces de Waïlen et de sa femme. Cela pouvait signifier qu’ils avaient « disparus » proprement et donc que son ami avait réussi sa mission, mais quand bien même c’était le cas, s’en était-il lui-même sorti ? Pourquoi ne pas lui avoir manifesté de signes de vie ? Elle avait décidé de l’attendre vingt-quatre heures sur le chemin de l’Ecole puis, sans nouvelles de sa part, de retourner à Arena dépêcher un Traqueur au bon flair pour le retrouver.
Que s’était-il passé ces derniers jours ? Les Oïtakas étaient sortis de l’ombre armés jusqu’aux dents pour chasser l’armée d’Elfes Noirs. Ils étaient accompagnés à leur front par la Protectrice pour les défendre et leur prêter mains fortes, qui comme prévu agissait toujours sous couvert des volontés du roi Waïlen; celui ci ne souhaitait après tout certainement pas qu’une armée ennemie marche sur son royaume, n'est-ce pas ? Vénérée de par son existence légendaire, l’apparition seule de cette tribu terrifiante suffit à faire baisser les armes à plus d’un Elfe Noir, mais un peu plus de la moitié des effectifs résistèrent par fierté ou frénésie guerrière, entraînant une bataille qui gorgea la terre de sang pour les années à venir. Après le carnage, Gabriel s’en était retournée innocemment au village des Elfes Purs dans le but de présenter ses respects au roi. C'est alors qu'avec un mélange de soulagement et d'anxiété, elle avait prit connaissance de la disparition du couple royal sans qu'on ne puisse pour autant lui fournir plus de détail sur les circonstances de leur évanouissement. Il était impossible de soupçonner l’intervention de l’Humaine, qui avait un alibi de taille et qui était intervenue en faveur de la forêt une nouvelle fois. Olobren avait été porté par ses consoeurs et confrères en tant que régent en l'absence du véritable roi, une nouvelle qui rassura l’Humaine sur l’avenir de la forêt, car Olobren était plus sage et moins illuminé que son précédent maître. Sa mission touchant à sa fin, Gabriel avait dû se résoudre à partir pour ne pas éveiller les soupçons en s’attardant. C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée à tourner en rond au pied de la forêt, se rongeant les sangs pour son frère d’arme dont elle espérait revoir la haute silhouette bientôt, et entendre le rapport qu’il avait à lui fournir…

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MessagePosté le: 10/07/2018    Sujet du message: Au service du roi Répondre en citant

Eöl sursauta en se réveillant, et un torrent de douleur envahit son corps. Assis contre un mur, jambes inertes, il cherche un instant ses repères avant que la mémoire ne lui revienne. Lentement, il plie et déplie ses mains pour s'assurer qu'elles fonctionnent bien. Pas de soucis de ce coté là, puis le reste du corps, avant de poser la main sur son entrejambe pour s'assurer que tout est là à sa bonne place. Rien de coté là. Son cerveau se remet lentement du choc qui lui à fait perdre conscience. A ce qu'il semblerait, l’assassin est actuellement à demi encastré dans un mur, ce qui pourrait expliquer une partie de la douleur qui irradie son corps aussi efficacement qu'un charbon ardent appliqué sur les parties charnue son anatomie. Un filet de sang s'écoule paisiblement de son nez et de sa bouche, sans qu'il sache trop pourquoi. Sa mâchoire ne semble pas touché, mais il semblerais qu'un morceau de bois soit venu se loger dans son palais en se frayant un chemin à travers sa joue. Chaque respiration est un calvaire, et une violente quinte de toux lui arrache un rictus douloureux à la limite du supportable. Un sifflement rauque s'échappe de sa gorge inondé de sang elle aussi. L 'elfe racla sa gorge et cracha un long jet de salive rouge rubis qui tomba piteusement sur son pantalon. Le souffle lui manquait.

Eöl balaya l’espace devant lui, contemplant le carnage. Il compta trois cadavre de garde, plus deux autres, un homme et une femme, tous des elfes. Il ne devait pas être étourdis depuis plus d'une minute s'il en jugeait par la poussière retombant du plafond. Son cerveaux continua à enregistrer le moindre détail, automatiquement, mue par l’entraînement. Le savoir c'est le pouvoir. Encore confus, il se redressa en grimaçant. Il arracha le bois fiché dans son palais, ajoutant une hémorragie supplémentaire à une liste déjà longue. Quelques chose l'avait projeté ici, quoi ? Comment ? Il ne savait pas. De vagues détails lui revenaient en cascade tandis qu'il reprenait le contrôle de son esprit. Une explosion, une violente lumière, et une tornade d'énergie magique. Une pierre , comme celle de la machine dans le sous sol.

Il se dressa à quatre pattes et prit appuis sur un tas de planches qui avaient du être un mur dans un passé meilleur. Il posa le pied sur un des corps, et le coup se rompit dans un craquement abjecte. Il regarda la tête de la souveraine des elfes, ses yeux vident de vie, la chevelure brûlée par la décharge magique, son époux, corps mutilé, membres disloqué, comme une poupée de chiffon, reposait en bonne posture plus loin, une de ses jambes formant un angle impossible avec le reste de son corps.

L'elfe noir respira prudemment, puis il augmenta ses amplitudes jusqu'au seuil de la douleur. Cette technique lui permettrait de connaître l'effort maximum qu'il pourrait subir dans les minutes à venir. Ce qui était sur, c'est qu'il n'allait pas pouvoir courir tout de suite. Il marcha vers la lumière et émergea en pleine forêt. Il fallait qu'il s'éloigne rapidement, dès fois que quelqu'un est entendu le bruit du combat. Il en en doutait. Les souvenirs lui revinrent entièrement. Il avait tendu un piège, il avait pris d'assaut la machine, tué les gardes, et chargé la pièce la contenant avec assez de pierre d'âmes pour mettre une montagne sur orbite. Quand l'automne arrivera, il y aura un nouveau lac dans la forêt là ou se trouvait auparavant une colline. Évidemment après ça, il était retourné au village des elfes pures, assoiffez de sang depuis qu'il avait tué les sentinelles. Le couple royale n'avait pas tardé à se mettre en chemin pour constater les dégâts. Un départ en catimini que l’assassin avait suivi de loin, usant de ses meilleurs techniques, car le petit groupe était d'une méfiance confinant à la paranoïa. Ils avaient emprunté un chemin détourné, bondissant quasiment d'arbre en arbres, d'une souplesse et d'une endurance qui avait fait envie à l’assassin. C'est lorsqu'ils s’arrêtèrent dans un abris qu'il ne connaissait pas qu'il avait déclenché son attaque.
La première sentinelle était morte avant même se comprendre, son corps tomba et l’assassin le rattrapa avant qu'il ne produise aucun son. Il récupéra son couteau planté dans les cervicales du malheureux. Cette course dans la forêt l'avait rendu insatiable, une soif de sang rare mais salvatrice coulait dans ses veines gonflé par l'effort. Il prit une seringue auto infectante dans sa sacoche de pantalon et se piqua la cuisse. Un cocktail de drogues de synthèse et d'adrénaline se dispersa en une seconde dans son artère fémorale. Trois seconde plus tard, ses pupilles et ses narines se dilatèrent, son cœur adopta un rythme de combat digne d'une marche militaire tandis que sa respiration s’accélérait. Un cocktail d'anti douleur lui assurait de ne plus rien ressentir dans les quinze prochaines minutes.

La descente allait être terrible, il le savait, les effets de la drogues s'estompait était digne de figurer dans les annales de la médecine. Il allait avoir froid, il perdrait les sensations de ses mains et de ses pieds, il ne pourrait plus marcher, et un mal de crane colossal le ferait saigner du nez. Sans parler des crampes généralisé, des vomissement, de la perte des cheveux et, parfois, des ongles. Ses reins et son foie allaient se mettre en grève sans préavis pour une durée de quarante huit heure. Minimum. Il allait payer chère cette entorse à la biologie, mais pour le moment, il se sentait prodigieusement bien.
Ses pupilles dilaté rencontrèrent l'entrée de la cachette. Chargé comme une mule, l’assassin décida de faire entorse à son style de combat de prédilection.

Le cadavre de la sentinelle morte passa à travers la porte en défonçant les vielles planches, transformant l'ouverture en allumette. Eöl se rua dans l'ouverture en grognant comme un chien affamé. Deux sentinelles se levèrent précipitamment de la petite table ou ils se reposaient. Le premier perdit la tête quand le sabre d'Eöl le lui arracha. La lame trancha de la base de la mâchoire jusqu'à l'oreille opposée. Il tomba sans dignité ni hurlement. Le second avait sortit son arme et arma son coup. Rapide comme un serpent, l’assassin lui saisit le poignet pour bloquer l'arme. Le coup de tête qu'il assena ensuite au malheureux lui brisa le nez si fort qu'il tituba en reversant la table. Une cruche en grès se brisa sur le sol, l’assassin saisit un des tesson l'enfonça dans la carotide de sa victime, qui se mit a repeindre le mur en carmin. Il se releva d'un bond et lécha ses doigts pleins de sang avec un râle de plaisir. Il pointa son sabre vers le couloir et s'enfonça sous terre. Il ne devait pas y avoir plus de six sentinelles, il n'en avait pas compté plus. La quatrième se jeta sur lui en criant. L'étroitesse du couloir ne permettait pas de faire de grands mouvements aussi se contentât il de tirer avec ses deux arbalètes. Le guerrier fut projeté en arrière quand les quatre carreaux d'arbalète le touchèrent. Le premier lui arracha la mandibule, le second s'enfonça dans son œil et alla percuter le fond du crane, le troisième lui arracha la gorge et le dernier s'enfonça entre ses cotes jusqu'au cœur. Il était mort avant d'atteindre le sol, l'action avait durée moins de deux seconde. Frustré, l’assassin entreprit de recharger ses armes quand un cinquième larron se présenta face à lui. Plus prudent que ses comparse, il était équipé d'une armure faite d'un métal léger, d'un bouclier et d'un marteau de guerre en airain. L'elfe noire pencha la tête sur le coté en jaugeant son adversaire. Il remisa prestement ses armes dans ses holsters de cuisses et attrapa un couteau et son sabre.

Le combat qui s'en suivit n’eus rien d'élégant, gênés dans leurs mouvements, les deux adversaires se lançaient des attaques peu puissante. Eöl pesta, la drogue allait dans son sang au rythme de son cœur mis à rude épreuve et il perdait bêtement du temps avec un subalterne. Décider à en finir, il pris un risque calculé. Il se laissa tomber au sol, faisant semblent d'être déséquilibré. Le guerrier ouvrit la garde se son bouclier, mais c'était plus bas qu'Eöl visa. La jambe se l’assassin se détendit comme un ressort et frappa le genou, qui se brisa car comme chacun sait, les genoux ne peuvent se plier que dans un sens, ce qui était vrai pour la plupart des espèces, mais Eöl savait tuer à peu prêt n'importe quoi. Le guerrier ennemi tomba en criant, mais l’assassin était déjà sur lui. Son couteau transperça la main qui tenait le marteau, qui tomba au sol. La lame du katana trouva aisément la faille entre le gorgerin et le casque et s'y enfonça avec délice. Il y eu quelques secondes de borborygmes informe tandis que la vie quittait l'elfe, puis plus rien. Il ramassa le marteau et continua sa progression. Il entendit avant de voir le dernier guerrier qui arrivait prestement dans un autre couloir. Il se coula le long du mur et arma le marteau. Les pas se rapprochèrent, il se tendit, puis il frappa de toute ses forces.

Le crane de l'elfe éclata comme un fruit trop mur et son intellect partit tapisser les murs de pierre. Son corps continua quelques pas erratique avant de s'effondrer, salissant les tapis aux sol.
Il jeta l'arme, arma ses arbalètes et repartit de plus belle. La salle suivante contenait une série de râteliers d'armes mais aussi ces fameuses pierres chargées d'âmes de malheureux. Il en ramassa une avant de continuer, tout à sa furie sanguinaire. Sa botte trouva la porte final, défonça la serrure, et l’assassin donna l'assaut final.

Le grand flash blanc l'avait laissé aveugle, le bang sonore, confiné dans les sous sol, avait fait saigné ses oreilles, il était techniquement sourd. Tel un automate désincarné, il se traînait lamentablement sur le sol, laissant un sillage sanglant là ou ses multiples hémorragies le vidait de sa substance. C'est uniquement mu par un instinct de survie plus fort que la mort qu'il pouvait bouger. Son corps n'était plus qu'un abîme de douleurs brûlantes, le jeter dans un four n'aurait pas été moins efficace. Aveugle, sourd, il rampait pourtant, brisant ses ongles sur le sol dallé du souterrain, d'une respiration sifflante, inquiétante. Il réussit à se hisser jusqu'à l'air libre. Les yeux de l’assassin plus mort que vivant ne perçoivent qu'un flot de lumière aveuglant. Il finit par se traîner en position assise contre un arbre, semblent il, puis il décide d'attendre tranquillement la mort.

Tout à son agonie, l'elfe noir, qui se sent faiblir un peu plus à chaque secondes, retrouve une vision, de même que l’ouïe, même si le résultat est loin d'être optimale. Les bruits lui parviennent comme à travers un casque, et sa vision reste flou, très flou.
D'une main tremblante, il attrape son paquet de cigarette et parvient, après de nombreuses manipulations maladroite, à allumer sa clope, dont il souille le filtre de ses doigts sanglant et tremblant. La première bouffé lui arrache une quinte de toux, du sang coule sur son menton.
Pétris de douleur mais serein, l'elfe fume en attendant de mourir.
Il n'a pas de regret, ou presque, le combat contre le couple royale fut une épreuve, la plus dure qu'il n'est jamais faite. Leurs puissance magique combiné avait bien faillit l'avoir plusieurs fois, et le souverain s'était avéré être un bretteur exceptionnel, malgré son grand âge. Il avait fallut qu'il puise dans toutes ses réserves pour le vaincre, qu'il utilise ses coups les plus fourbes, les plus vicieux qu'il connaisse, tout son arsenal y était passé.
Maintenant, leurs deux corps gisaient sous la terre, brisé par l'explosion de plusieurs pierres chargé d'âmes. La salle s'était effondré sur lui et sur eux au dernier moment, les ensevelissant pour l'éternité, pour peu que personne ne creuse jamais à cet endroit. Il en doutait, cette cachette était secrète, et quand il serait mort, dans quelques minutes, plus personne n'en connaîtrait jamais l'emplacement, à moins d'un hasard malheureux.

Maintenant, la cigarette est éteinte entre ses doigts, la dernière bouffé depuis longtemps dilué dans l'air tiède de la forêt. Il regrette de ne pas pouvoir prévenir Gabriel, qui doit s'inquiéter pour lui, tout comme il s'inquiète pour elle. Est elle seulement encore en vie ? Probablement, elle était tellement dure à tuer, même lui ne savait pas s'il pouvait le faire, alors le commun des mortels ?

Quelque chose bouge dans sont champs de vision étroit. Une forme, puis 'autres, s'approche de lui. Ils parlent dans un langage inconnu, on le touche, on le manipule, on le tâte. Le groupe d'inconnu ressemble à des elfes, autant qu'il puisse en jugé. A chaque seconde, il s'attend qu'on le perce d'un coup de lame. Quelqu'un s'agenouille près de lui, des doigts prennent son pouls, écarte ses paupières si lourdes qu'il doit lutter pour ne pas dormir. Car c'est bien tout ce dont il à envie, dormir, pour longtemps, se laisser aller au dernier sommeil, pour que la douleur s'arrête, pour que tout cesse enfin.
Mais c'est la vie qu'on insuffle en lui.
Il le sent, quand un des inconnus appose ses mains sur sa poitrine et utilise une magie salvatrice. C'est donc encore la douleur qui revient, quand les os de son corps se ressoudent de forces, quand ses plais se referment, quand ses organes vitaux se remettent en fonctions. La douleur est inimaginable, mais la force de crier lui manque, il ne peut que baver pathétiquement encore plus. Enfin, il sent qu'on le soulève, sa tête roule sur le coté et il voit des elfes sortir de la cachette. Ils parlent rapidement, dans leurs dialecte incompréhensible, un de ses guerriers met un genoux au sol et pose ses mains à ses pieds. Une explosion de végétation sort du sol, envahit l'espace, dissimulant à jamais l'entré de la petite caverne sous une épaisseur de racines et de ronce infranchissable. La grotte est scellé pour l'éternité.
Un de ses sauveurs examine l'insigne d'Arena qui pend à son coup, tandis qu'un conciliabule à lieu alors que tout le monde se remet en marche. On lui fait boire une potion qui le laisse groggy mais dont il sent qu'elle à pour but de le soigner également, alors il se résigne à vivre encore un peu, l'espoir chevillé au corps que tout cela ne soit pas qu'une atroce mise en scène.

L’assassin perd la notion du temps, son champ de vision éclaircit ne peut que capter la cime des arbres bien plus haut, par laquelle filtre un soleil d'été. Enfin, on le dépose doucement sur un lit de mousse, puis ses sauveurs l'abandonne. Eöl Khaine décide que c'est le bon moment pour tomber dans les pommes. Son sommeil est lourd mais il émerge quand même. Il remue ses doigts de pieds, signe que sa colonne vertébrale se porte bien, puis ses autres membres. Il parvint à se redresser sur les coudes. Son sac est là, à ses coté, ainsi que ses armes. Étonné mais également soulagé, il se redresse, chancelant. Il se confectionne rapidement une béquille de fortune et reprend la route.
On la déposé a proximité du village elfique, il reconnaît la configuration du terrain, mais assez loin tout de même pour ne pas être découvert par une patrouille inopinée. C'est en boitant qu'il décide de s'en aller.
Il parvient, après quelques essais, à invoquer son petit merle.

« - Trouve Gabriel et guide moi, petit oiseau. »

Aussitôt, l'oiseau part en reconnaissance, en l'attendant, l'elfe noir décide de quitter la forêt, bien trop dangereuse pour lui dans son état. Il se traîne ainsi quelques heures, guidé par le petit volatile qui progresse sur le sol en lui indiquant la direction à prendre. Bientôt, la lumière perce la sylve, la forêt se fait moins dense, il retrouve le chemin, qu'il prend aussitôt dans la bonne direction pour s'éloigner au plus vite.
Physiquement, hormis une immense fatigue musculaire et nerveuse, tout à l'air de fonctionner dans les limites de l'acceptable. A son retour, il dormira pendant une journée entière, et il tuera quiconque le réveillera pour une conneries de mission, ou même en claquant trop fort la porte.

Son cœur fait bientôt un bon tandis qu'il reconnaît bientôt la tignasse blonde de sa compagne d'infortune. Il accélère le pas, et dès qu'elle l’aperçoit, elle se porte à sa rencontre, visiblement soulagé. Quand elle est à son niveau, il s'effondre dans ses bras, ses jambes ne le portent plus.
Ils restent ainsi quelques minutes sur le bord de la route, tandis qu'Eöl, tout en lui expliquant brièvement les événements, mange une ration de son sac avec avidité, et descend un litre d'eau une une seule fois.


« - Je ne sais pas qui ils étaient, mais ils m'ont soigné. Ils ne ressemblaient à aucun des groupes d'elfes qui vivent dans le coin. Franchement, je m'en fiche pas mal, je suis soulagé d'être en vie. Mais je suis curieux, à l'occasion, je reviendrait ici pour essayer d'en savoir plus. »

Gabriel le lui déconseilla fortement, ce qui le fit tiqué, mais il ne posa pas plus de question.

Quelques minutes encore, et ils purent repartirent, il passa son bras sur l'épaule de son amie.
Au moment de tourner pour sortir de la forêt, il regarda le chemin disparaître dans la forêt. Il aurait juré avoir capté un mouvement, quelque chose, mais rien ne s'offrit à ses yeux. Puis Gabriel lança une plaisanterie sur son odeur corporel, ils rigolèrent de concert et quittèrent le bois des anges pour de bon.



Voilà. J'ai abrégé pas mal de choses, surtout pour éviter de me retrouvé avec un post de quinze pages sur les bras. J'espère que c'est mieux que la dernière fois. Quoi qu'il en soit, ce fut toujours un grand plaisir de RP avec toi ;) Il reste pas mal de fautes, je corrigerais, je promet.

_________________


|Eöl Khaine|
Elite Assasin

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"Ce qui ne me tue pas à intérêt à courir plus vite que moi."
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MessagePosté le: 20/08/2018    Sujet du message: Au service du roi

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