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RPG dans une école de combat et de magie
 
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À vous l'horreur

 
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Raphaël
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MessagePosté le: 06/05/2018    Sujet du message: À vous l'horreur Répondre en citant

Le trajet s'effectue en silence, cela me fait du bien de passer de la cohue d'une taverne au calme des couloirs d'Illusia. Ma tête tourne, cependant, tandis que des hauts le cœur me prennent. Dans un effort surhumain, je jugule avec une grande difficulté mes envies de dégobiller.

*Je ne résisterai pas longtemps.*

Je le sais d'un moment à l'autre je risque de craquer et, par conséquent, de nous offrir plus de travail que nous n'en avons déjà. Sur le chemin des élèves lâchent des petits rires moqueurs, d'autres nous interpellent en nous disant que leur chambre doit aussi être nettoyée, que les lits sont à faire, le linge à étendre ou à repasser. Apparemment, la nouvelle de nos exploits dans la Capitale ainsi que de la punition administrée semble déjà faire l'objet des ragots de l'école.

Notre marche s'arrête devant la porte des toilettes. Je l'ouvre. Nous découvrons un endroit insalubre. La crasse recouvre le sol jusqu'à dissimuler les carrelages d'un blanc immaculé naturel. Des feuilles de papier toilette, des préservatifs usagés, des restes de nourritures, des morceaux de miroirs brisés, des seringues, des magazines douteux accompagnés de quelques excréments jonchent le parterre. Les murs au papier peint arraché par endroit présentent des traces de sang mêlées à des tags, plus ou moins artistiques ou des mots vulgaires souvent mal orthographiés, en plus de nombreux chewing-gum collés aussi sur les portes et paroi des cabinets. L'odeur nauséabonde des toilettes, unissant, dans un mélange écœurant, senteurs d'urine et d'étron, provenant des trônes en céramique, bouchés ou dont la chasse d'eau paraissait ne pas avoir été utilisée depuis des mois, souleva une ultime fois mon cœur. Je ne pus retenir mon dégueulis cette fois. Il vint se choir parmi les déchets déjà présents en éclaboussant, au passage, les chaussures d'Erwan en même temps que les miennes. Le lycan poussa un juron qui résonna jusqu'à l'autre bout du couloir.

"- Pardonne-moi, Erwan ; m'empressai-je de dire ; Je vais commencer à nettoyer ce que je peux, en attendant peux-tu aller quérir des sacs poubelles à la réception, je te prie ?"

Sans dire un mot, le balafré s'exécute. J'entreprends alors le début du nettoyage n'hésitant pas à user d'huile de coude dans le but d'éliminer la crasse accumulée sur le carrelage. Des gouttes de sueur se mettent à perler le long de mon visage ainsi dans mon dos. A me voir comme cela, certains croiraient que je reviens de la piscine.
Un quart d'heure, qui semble égaler l'éternité à mes yeux, passe.

*Franchement si Dieu avait vraiment voulu nous maudire, il aurait dû nous contraindre à faire éternellement le ménage !*

La porte des sanitaires s'ouvre de nouveau, laissant apparaître mon frère armé du rouleau de sac poubelle noir. Il déroule un sac pour lui avant de faire de même pour moi. Je délaisse nonchalamment ma serpillière au profit de l'objet tendu par le lycan. Nous passons ainsi les prochains instants à ramasser les ordures traînant au sol en faisant attention à ne pas nous écorcher avec les éclats de miroir ou les seringues, probablement utilisées par des élèves accro aux drogues dures.

*À moins qu'ils s'agissent de diabétiques s'inoculant leur dose d'insuline nécessaire à l'entretien de leur bonne santé. Dans tous les cas, ces élèves restent des gros dégouttants*

Des rires bruyants se font entendre depuis le couloir. Un groupe de jeunes étudiants se rapproche pour finalement pénétrer dans les toilettes. Ils sont au nombre de trois. Le premier entrant de la pièce semble être le meneur du groupe, de grande taille, presque autant que mon frère, yeux noir tout comme ses cheveux longs et gras, symbole d'un entretien négligé, lui descendant jusqu'entre les deux omoplates. Ses oreilles pointues m'indiquent instantanément son appartenance à la race des elfes ou peut-être des elfes noirs. Je tique à cette pensée, me rappelant péniblement mon formateur d'Arena. L'elfe porte un manteau noir lui arrivant jusqu'aux tendons d'achille.
Les deux autres pénétrant les lieux se montrent d'une taille plus respectable, plus ou moins la mienne. L'un arbore une tignasse rousse et frisée tandis que l'autre présente un crâne parfaitement lisse sur lequel j'aperçois un tatouage à l'effigie d'un scorpion. Je remarquai le temps d'un sourire du roux la longueur particulière de ses canines trahissant ses origines de vampire pendant que, de son côté, le chauve sortait d'un sac à dos une bouteille d'eau qu'il but aussitôt celle-ci débouchée. D'après son comportement et le temps passé à fréquenter Faram, je reconnus sans difficulté un Ondin.

« - Faites pas attention à nous, messieurs les concierges. »

Erwan redressa la tête en direction du groupe, je compris qu'il venait de mal prendre la remarque qu'on nous avait lancée, mais, à ma grande surprise, le lycan se retint de répondre en choisissant de reprendre ses activités de nettoyage et faisant mine de n'avoir rien entendu.
Péniblement, nous continuions nos tâches ménagères avec la sensation désagréable qu'on nous observait ; celle-ci s'accompagnait de chuchotements, de gloussements ainsi que de petits rires qui me laisser penser que nous étions le sujet de moqueries déplaisantes. Le trio de jeunes Illusiens tout en continuant de nous regarder se mit à rouler puis à fumer quelques cigarettes dont l'odeur vint subitement nous agresser les narines. Nous prîmes, une nouvelle fois, sur nous dans le but de faire abstraction du supplice que ce groupe nous imposait. Les dernières ordures ramassées. Nous allâmes nous munir de nos serpillières afin de procéder à la seconde étape de notre travail.

« - Eh ! Messieurs les concierges ! Vous en avez oublié ! »

Je me retournai et découvris, sous l'hilarité des trois compères, un amas de bouteilles ainsi que de mégots de cigarette parterre. Erwan et moi croisâmes nos regards puis, d'une synchronicité parfaite, nous lâchâmes nos accessoires de ménage pour nous diriger vers le groupe.

« - Messieurs, ce que venez de faire est une infraction allant l'encontre des normes sanitaires de l'école, vous êtes, désormais, priés de nous aider à faire le ménage ; leur dis-je.

- Vas-y et puis quoi encore ! On n'a pas d'ordre à recevoir du petit personnel ! »

Avant que le moindre son ne sorte de ma bouche, le lycan attrapa d'une main l'elfe par le col de son manteau, le souleva à quelques centimètres au-dessus du sol puis le plaqua contre le mur. J'eus tout juste le temps, à contre cœur, de retenir le coup de poing destiné à l'élève.

« - Premièrement, nous sommes des élèves comme vous ; repris-je ; Deuxièmement, je ne serais pas contre l'idée d'imiter mon frère avant de vous faire nettoyer cet endroit avec vos langues si vous ne coopérez pas. »

Je croisais succinctement le regard des trois membres du trio dans le but d'activer mon pouvoir afin d'augmenter légèrement la crainte qui s'était installé au plus profond de leur esprit. Cependant, l'utilisation répétée de ma capacité ; soit six fois dans la même journée ; me coûta la perte de mon ouïe ; certainement jusqu'à ce soir.
Je me concentrai alors pour lire sur les lèvres de nos victimes qui, apeurées, capitulèrent puis se mirent à nettoyer activement les toilettes.

« - Je vois que vous avez réussis à engager du personnel supplémentaire, bien joué ! Mais n'allez pas croire que vous en avez fini avec le ménage ; Annonça l'élite traqueur qui venait d’apparaître ; Je vous donne rendez-vous à la cafétéria, le ménage sera un peu plus corsé là-bas ; ajouta-t-il avec un sourire sadique. »

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MessagePosté le: 06/05/2018    Sujet du message: Publicité

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Erwan Silver
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MessagePosté le: 07/05/2018    Sujet du message: À vous l'horreur Répondre en citant

Le rire sadique du Traqueur ne présage rien de bon. Erwan ne l’a jamais croisé auparavant, pourtant on peut clairement lire sur son visage que ce n’est pas un rigolo. Il doit avoir dans la quarantaine, et pas une seule ride au niveau des pommettes. Quand il pousse ses zygomatiques, c’est presque effrayant. Même s’il était jovial, il ferait autant peur. Une fois les trois morveux remis à leur place, et en plein occupation de nettoyer leur cochonnerie, le duo d’Illusien prirent le chemin de la cantine.
Plus tôt dans la semaine, le lycan a pu y faire un tour. Il n’y mange pas tous les jours, les repas gluants à base de purée verdâtre et de résidu d’abat d’animaux, mort depuis trop longtemps pour être comestible, ce n’est pas ce qu’il a comme vision d’un repas. Il préfère prendre les routes à la recherche d’une auberge ou bien d’user de son instinct de chasse pour récupérer de la viande fraîche. Pourtant, quand il suivit la piste de la jeune Astrid lors de son retour de formation, il n’a pas pu apercevoir l’état de la cuisine, ni de sa réserve, du moins de près. Et finalement, ce n’est pas plus mal. Car maintenant qu’il s’y trouve pour y faire le travail des agents d’entretien, il comprend les disparitions mystérieuses des élèves les plus fragiles au niveau de l’estomac.
La façade n’est pas spécialement sale, du moins, ça reste convenable, comparé à l’arrière-boutique. Le sol est recouvert de nourriture et de moisi, tout comme les murs et le matériel de cuisson. Il n’y a pas un plan de travail qui ne soit pas dégueulasse. À croire que la cantinière n’a jamais passé la serpillère de sa vie. Erwan commence à râler, soupirant allégrement, puis se met à l’œuvre. Son frère étant sourd, suite à une utilisation abusive de son pouvoir, il commence à lui parler en signe, montrant le seau, le sol, et un balai. Raphaël se met à l’œuvre sans broncher, comme à son habitude. Parmi l’amas de crasse, une substance sort du lot. Autant on peut y reconnaître des aliments en décomposition, mais une sorte de matière visqueuse jaunâtre semble s’y être mélangée. Le lycan s’accroupit afin de l’analyser. Il y trempe les doigts, c’est chaud, gluant, gélifié, et surtout, ça pue. Une odeur d’œuf pourri et de cadavre, à croire qu’Illusia serait voué à la déchetterie sans le personnel d’entretien. Une fois l’envie de vomir passée, il remarque une traînée de cette matière jusqu’à la porte d’une autre réserve. On dirait une sorte de porte de cave, comme un accès à un sous-sol caché. Erwan tapote l’épaule de son frère pour lui indiquer sa trouvaille, et tout deux en prennent le chemin. Le géant ouvre délicatement la porte, et la première chose qui le frappe, c’est la bourrasque d’odeur nauséabonde qui ne manque pas de faire dégobiller son reste de bière au blondinet. Protégeant son odorat sensible en plongeant son nez dans sa manche, Erwan s’avance dans la pièce sombre où un escalier s’enfonce dans les méandres du château. Il arrive à mettre la main sur une torche, qu’il allume, puis entame la descente, Raphy lui emboîtant le pas une fois son estomac complètement vidé. Les parois des murs sont recouverts d’une sorte de coton, comme de la toile d’araignée, mais en plus épais. Quand le lycan y pose sa main, elle y reste fortement collée, il a du mal à la récupérer.


« -Je rêve ou on se trouve dans un nid d’insecte ? »

Erwan essaye de se faire comprendre par son frère en mimant une maison et un insecte, heureusement le ridicule ne tue pas. Le blondinet ayant compris le message derrière cette étrange danse, le duo reprend sa marche. Plus ils descendent, plus l’odeur est forte, la manche du pull ne suffit plus à la couvrir. L’escalier de pierre arrive à son terme, et la première chose que l’on remarque, le sol est recouvert d’ossement. Bonne nouvelle, le lycan vient encore de se mettre dans une galère. Il se décide donc à accrocher sa torche dans une encoche en fer forgé prévue à cet effet, puis s’avance dans l’immensité de cette cave mystérieuse. Il entend des bruits étranges, comme des grésillements, on dirait un bruit de mandibules, mais ça à l’air nombreux, et très gros pour un mille patte ou une chenille.
De l’obscurité, une étrange larve apparaît et s’approche des confrères. Elle a l’air inoffensive vu sa taille. Elle a un corps gélatineux transparent à travers duquel on peut voir ses organes internes. Elle a de minuscule mandibule, et semble avoir les yeux cachés sous une sorte de mini carapace qui protège ce qui lui sert de cerveau. Elle a six petites pattes lui permettant de se déplacer assez rapidement, et assez discrètement. Le lycan est sur ses gardes. Les bruits sont de plus en plus proche, pourtant, il ne voit rien, hormis ce petit bout d’insecte qui a l’air de le fixer. Soudain, il sent quelque chose lui sauter dessus. Il s’en saisit, le balance à terre et l’éclate à grand coup de pied. Un immense « sprotch » accompagne son geste, suivi d’un son de craquement assez morbide. Le géant soulève son quarante-huit, et y aperçoit l’une de ces larves, tous ses organes visibles, mais à l’extérieur de son corps gluant. Agrémentant son geste d’un « oups », il peut remarquer que la petite bestiole qui le fixait sans bouger se mit à trembler, et à pousser un son strident très désagréable. Autour de lui, le bruit des mandibules s’amplifie. Il se saisit de la torche et enflamme le corps qu’il vient d’écraser, le liquide qui le recouvre semble hautement inflammable, vu l’odeur de détergent qui s’en dégage. La pièce se retrouve inondée de la lumière produite par les flammes, laissant aux deux Illusiens une vision monstrueuse, un essaim de créatures baveuses fonçant droit sur eux.
Erwan se change en loup directement, puis se saisit du cadavre enflammé pour le lancer dans la foule d’insectes. Le feu en emporte une partie, aussitôt remplacée par une autre, il y en a pas loin d’une centaine, ça pullule de partout. Le lycan commence son carnage en broyant les larves qui lui sautent dessus. Les petites mandibules se changent en pinces qui commencent à lui grignoter le bras. Il frappe et écrase tout ce qu’il peut, il y en a même une qui arrive à se glisser dans son pantalon, ce qui le fit gesticuler dans tous les sens. Raphaël ne s’en sort pas mieux, il se débat également pour éviter le débordement.


« -Raphy, je vais les retenir, cours dans la cuisine me ramener de la bombe anti insecte. Prends tout le stock, va falloir envoyer le paquet ! »

Erwan fixe son frère qui, malgré son discours, n’a pas bougé d’un pouce et continue d’écraser les larves péniblement. Il se tape le front avec la paume de la main quand il se rappelle de sa perte d’ouïe. Il décide donc d’agir de façon drastique. La réserve où ils se trouvent contient des fûts d’alcool, l’idée de reproduire le brasier de la taverne ne l’enchante pas, mais le lycan profite d’un trou dans l’essaim pour foncer sur l’un des tonneaux de grog et pour le balancer dans le tas de toutes ses forces, afin de le briser et d’en déverser son contenu sur les insectes. Il se met à courir en saisissant par l’épaule son frère, puis prend et balance la torche sur les larves, provoquant un souffle d’explosion suivi d’un brasier sans nom. Les toiles recouvrant les vieux murs de pierre prennent également feu, et emporte toutes les bestioles sur son passage. On passe de l’odeur d’œufs pourris à celui de barbecue géant. Le duo réussit à esquiver l’incendie en entrant dans une arrière salle. Ils regardent autour d’eux et voient que les toiles s’amplifient en direction d’une dernière pièce. Elles sont plus épaisses, plus dures et plus collantes. Le brasier continue de fournir la luminosité nécessaire pour se déplacer, et voir qu’un immense nid empli d’œufs se tient face à eux. Une poutre traverse la pièce, mais une étrange bruit résonne comme un écho. Un grondement se fait entendre au dessus d’eux, un filet de bave dégouline sur l’épaule du lycan. Il lève les yeux et s’aperçoit que ce n’est pas une poutre, mais une reine insecte gigantesque. Elle doit faire dans les 5 mètres de long, une carapace marron la recouvre, deux grosses pinces lui servent de broyeur à viande, deux antennes munies de pointes en guise de fouet, et six pattes crochetées pour se déplacer.

« -Pourquoi il faut toujours que ça tombe sur moi... »

D’un saut, le lycan esquive un coup de pattes, et empêche son frère de se faire empaler. Il essaye de lui hurler dessus pour lui faire comprendre par quoi ils sont poursuivis, avant d’abandonner l’idée et de lui pointer du doigt le monstre.

« -Raph, va vraiment falloir que tu nous trouves un plan, je suis à cours là... »
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Raphaël
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MessagePosté le: 16/05/2018    Sujet du message: À vous l'horreur Répondre en citant

Un vrai jeu du chat et de la souris débutait entre la reine insecte, Erwan et moi-même. Tant bien que mal nous esquivions ses assauts bestiales rythmés par des cris de colère. La situation ne semblait clairement pas en notre faveur ; en effet ; tout autour de nous : des œufs, prêt à éclore d'une minute à l'autre. Nous devions faire vite, car le temps nous était compté. Si jamais les larves venaient à naître, notre duo risquerait tout simplement de se faire déborder voir tuer avant de servir de repas copieux à ces bestioles.
Mes sens restant en alerte, je balayai la pièce du regard, sans oublier de faire revenir régulièrement mon attention sur mon frère ainsi que sur la reine. Le lycan me hurlait quelque chose que ma surdité m'empêchait de comprendre immédiatement. Je dûs prendre plus de temps qu'à mon habitude afin de décoder les dires de mon compagnon.

*Maudite perte de sens, tu arrives toujours dans les pires instants !*

Je parvins à comprendre, en lisant sur ses lèvres, la volonté qu'il désirait me transmettre : "Trouves une idée !"

*Comme si je n'en cherchais pas déjà une ! Bref, je dois réfléchir. Cette créature dispose, à première vue, d'yeux. Les lui crever l'empêchera à coup sûr de nous repérer. Toutefois, prenons des précautions d'usage. Ce monstre a visiblement des antennes sur son corps ; oui à côté de ses mandibules, ces choses ressemblant à des fouets, il faut les lui en priver également ; cela devrait lui faire perdre suffisamment ses repères. Enfin, il ne nous restera plus qu'à l'immobiliser avant de l'achever. Pour la rendre incapable de bouger, je suggérerais de lui arracher les pattes une par une. Bien allons-y*

J'engage, dès à présent, une course en direction du monstre.

"- Occupes-toi de lui arracher ses antennes ; Hurlai-je à Erwan en lui montrant du doigt les sortes de fouets."

Il ne prend pas le temps de répondre et commence aussitôt sa ruée vers notre cible commune. J'évite une patte puis une autre. La distance réduite un minimum, je choisis cet instant afin de déployer mes ailes. Celles-ci me déchirent la peau, me provoquant une vive douleur au niveau des omoplates et m'arrachant une légère grimace trahissant ma douleur. Mes vêtements se retrouvent aussi réduits en lambeaux. Je saute en battant des ailes pour gagner de la hauteur. Une patte vint s'abattre sur moi, je vrille puis l'évite facilement. J'atteins le sommet de son crâne. Je fais désormais face à ses yeux pleins de rage, qui me transmettent l'envie ardente de nous tuer. L'espace d'un moment, j'hésite à utiliser mon pouvoir afin de rendre la bête plus docile, mais mon corps agit, cette fois, avant que ma raison donne de directives. Ma main gauche vint se planter dans son oeil. La douleur que la reine a l'air d'éprouver la fait reculer en arrière. J'ai l'impression qu'elle hurle sous le coup de la souffrance. Je sens alors sa tête être tirée sur l'avant. Apparemment, Erwan a réussi à attraper les antennes et a commencé son office. Par une seconde attaque, je prive l'insecte de son second globe oculaire. Sa souffrance augmente de plus belle.

* Dommage, j'aurais dû me servir de mon pouvoir et la tuer en augmentant sa douleur.*

Je prends appui sur la tête de ma victime puis saute en effectuant un super salto arrière avant d'atterrir aux côtés du balafré qui venait de terminer d'arracher les antennes de la bête laissant, au passage, une gerbe de son sang nous atteindre. Je me redressais puis croisais le regard complice de mon frère souriant. Je compris qu'il attendait la suite de mes instructions.

"- Tu fais la même chose avec ses pattes."

L'expression souriante du demi-loup laissa place à sa légère stupéfaction habituelle qu'il arborait quand mon sadisme naturel refaisait surface.
Complètement aveuglé, perdu ainsi qu'en proie à une souffrance extrême, l'insecte géant fut pris par surprise par notre action coordonnée. Erwan, quand il arriva à portée des pattes, en saisit une dans chaque main puis, d'un coup sec, les arrachèrent de la bête avec une facilité déconcertante. Quant à moi, je me saisis d'une seule patte avant de tirer de toutes mes forces. La lutte, sans merci, entre le membre et moi dura suffisamment longtemps pour que le balafré finisse de s'occuper des autres.
La reine insecte se trouvait, maintenant sans défense, n'attendant plus que la mort soit par hémorragie, soit par un ultime coup afin de lui écrabouiller la tête. Mon frère me laissa l'honneur du choix de sa fin. Je décidai alors de la laisser se vider de son sang.
Nous remontâmes donc dans la cuisine et poursuivîmes notre opération de nettoyage. Les heures s'enchaînèrent sans que nous les vîmes passer. J'affrontais avec énergie une tâche de gras résistante sur le sol à l'aide d'une brosse et de détergeant quand Erwan vint me tapoter l'épaule. Je fis volte-face avant de découvrir, à mon plus grand déplaisir, ce cher Elite donneur de tâches ménagères. Il se mit à articuler lentement ses lèvres afin que je comprenne.

"- Bien que vous soyez loin du niveau de nos femmes de ménage, on va dire que c'est à peu près propre. Vous allez en rester là pour aujourd'hui."

Erwan et moi poussions un soupir de soulagement à l'entente de ses mots.

"- Par contre, cher messieurs, il va bientôt être l'heure de dîner et je crains que vous alliez devoir remplacer l'équipe de la cuisine ; nous annonça-t-il en ricanant ; sur ce, bon courage monsieur Nihilz et monsieur Silver."

Il s'en alla et disparu. Notre soulagement avait été de courte durée.

*Bon cela ne devrait pas être trop difficile de nourrir tous ces élèves, il suffit de décongeler quelques plats de la chambre froide et de réchauffer des restes du frigo.*

Je me dirigeai donc vers la chambre froide ... vide. J'allai ensuite vers le frigo ... vide aussi. J'inspectai, aidé de mon frère, tous les recoins de la cuisine ... rien ; aucune nourriture nulle part.

"- Merde, qu'est-ce qu'on va faire Raph ? Décryptai-je en lisant les lèvres du lycan."

*En effet, nous sommes dedans jusqu'au cou, rien à préparer, rien à manger, nous filons droits vers la catastrophe. Je suis sûre que nous devons ce manque de nourriture à ces saletés d'ins... Mais bien sûr.*

J'attrapai le poignet d'Erwan afin qu'il me suive. Nous redescendons dans le nid visité plus tôt et je lui présente la carcasse de la reine insecte ainsi que les oeufs n'étant pas éclôt. Il me fixe d'un air voulant dire "Tu n'es pas sérieux ?!"

"- Je crois que nous n'allons pas avoir le choix, Erwan ..."

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Erwan Silver
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MessagePosté le: 17/05/2018    Sujet du message: À vous l'horreur Répondre en citant

L'étincelle présente dans les yeux de Raphaël, quand une vague de sadisme les parcoure, est toujours surprenante. Il est tellement rare de le voir exprimer des émotions, qu’un certain malaise s’installe à chaque fois, même pour les personnes qui en sont proches. L’idée de nourrir les élèves à base de cadavre calciné et d’œufs d’insecte était quelque peu ragoutante. Cependant, l’heure du repas approche, et une foule de sorciers affamés commence à franchir les portes de la cafétéria, et apparemment, ça ne rigole pas avec la nourriture par ici. Malgré le dégout que cela apporte au lycan, il se décide finalement à descendre dans la cave chercher les résidus de leur chasse, tout en haussant les épaules et se promettant de ne plus jamais manger en ce lieu. C’est la course folle, Erwan n’a pas mis les pieds en cuisine depuis qu’il est parti de Tirolynn, les couteaux et les fourneaux sont devenu des ustensiles de combat, et non plus de leur usage d’origine. Il se dépêche de monter le plus d’œuf et de viande possible, afin de laisser le loisir au blondinet de cuisiner. Il semble doué pour ça, autant le laisser faire. Il faudrait un miracle pour rendre cette carne agréable à manger, et pourtant, le Belzeroth fait preuve d’une ingéniosité hors norme. Grâce à quelques épices et agréments restant dans les fonds de placard, il réussit à faire quelque chose de mangeable, voir presque bon. Erwan se surprit à goûter au plat tellement les odeurs sont appétissantes.

« -Mais où est ce que tu as appris ça ? »

Il n’eut comme réponse qu’un sourire complice, mais pas le temps de plaisanter, il faut à présent faire le service. Le lycan remplit les bacs en acier de la préparation de son frère, enfile un tablier, se saisit d’une louche et commence à remplir les plateaux.

Tout se passe à peu près bien. Hormis quelques questionnements sur l’origine du plat placés sous secret professionnel afin d’éviter la panique, la foule semble ravie de son repas, et le stock étant plutôt conséquent, il n’y a pas de manque, ça tourne à merveille.


« -Tu as foiré ta vie pour te retrouver en tant que serveuse mon gros ? C’est triste pour un Illusien de devenir du petit personnel. »

Un blondinet, plutôt petit, les yeux bleus à la limite du blanc de par leur clarté, la frimousse d’un bambin, des tâches de rousseurs, et une tête à claque de première. Le profil idéal du fils à papa, arrivé à Illusia par piston, et qui n’a pas connu l’ombre d’une quête suicidaire. Il est entouré d’une bande d’abruti lui collant au basque, comme des morpions à un poil. Un grand brun au mono sourcil épais, et un autre blond, mais tout autant oubliable qu’idiot. C’est la deuxième fois que le lycan se fait insulter par une bande de merdeux qui péte plus haut que leur cul. La première fois, Raphy put retenir sa colère, autant là, il est bien trop occupé à préparer sa recette miracle.

« -Dit donc le nabot, je ne savais pas qu’on acceptait les enfants à Illusia. Tu veux que je t’aide à retrouver ta maman ? »

Erwan se mit à rire en voyant le blondin se transformer en tomate, surtout quand ses abrutis de suiveurs se mirent à rire également au pique qu’il vient de lancer.

« -Ça ne se passera pas comme ça ! Mon père va te faire virer de l’école, toi, et l’autre minable derrière toi ! Tu ne sais pas à qui tu t’adresses, sale clébard ! »

Le mot de trop. Insulter son frère est l’une des choses qui a tendance à mettre le lycan hors de lui. Il commence à se muter en loup, entrant dans une colère noire. Sa taille et sa musculature augmentent au fur et à mesure que la grande gueule du nabot se rétrécit. Il se met à sauter par dessus la vitrine de service, assomme les deux compères de son agresseur d’un violent coup de boule, puis saisit le chef du trio par le col et le soulève du sol.

« -Tu n’as pas le droit de me faire quoi que ce soit ! Si mon père l’apprend, tu es fini ! Il connaît du monde, tu ne pourras rien faire ! »

« -Je peux toujours t’éclater les dents et t’arracher la langue pour que tu la fermes une bonne fois pour toute... »

Le regard vide ainsi que les babines retroussées, Erwan montre son visage le plus effrayant, celui de la bête qui sommeil en lui, capable de déchiqueter une armée de mafieux et d’éclater des géants de pierre. Le blondinet devint livide, à la limite de se mettre à pleurer, et se pissa littéralement dessus. Erwan évite le liquide jaune afin de ne pas se salir, et pris de pitié, il balance le nabot sur une table encore pleine d’assiette et de nourriture.

« -Si jamais j’entends encore parler de toi, je t’éclate la tronche... »

Pris de panique, le jeune homme prend ses jambes à son cou et disparaît par la porte principale de la cantine en pleurant comme une chiffe molle.

« -Qu’est ce qu’il se passe Jargo ? Un problème ? Tu prends du retard sur le service. »

Raph vient d’apparaitre derrière le lycan comme une ombre. Il semble que sa sourdité l’a privé du spectacle auquel il vient de se donner. Redevant humain, il secoue la main comme si de rien n’était, puis tout deux retournèrent à leur corvée.

Trois heures plus tard, fin du service. Les assiettes sont propres, tout comme les locaux, les tables et le sol. La cave a été vidée de toutes ses dépouilles, toutes ingurgités par les élèves de l’école, et nettoyé de fond en comble afin qu’elle serve de nouveau de garde-manger.
La sueur au front, les deux Illusiens aperçoivent le traqueur, observateur des travaux finis. Il semble satisfait du travail fourni, et lève ainsi la punition pour les deux compères. Il s’approche d’un plat cuisiné plus tôt à base de cafard géant, et se l’enfile, allant jusqu’à se lécher les doigts.


« -C’est excellent, il y a quoi là-dedans ? »

Erwan tasse la dernière antenne au fond d’une poubelle avant de la fermer, avant de sortir une recette bidon à base de bœuf à l’élite. Ce dernier retourne à ses occupations, avant de donner une lettre à chacun des élèves, tout en prônant un sourire sadique.

« -Il semblerait que la punition soit plus sévère que prévu, messieurs, bon courage... »

Puis il disparaît. Erwan ouvre le courrier, le lit, et devint aussi pâle que le blondinet plus tôt dans la journée. Raph en fit autant, et malgré son inexpression, on peut lire une certaine détresse sur son visage.

« -Chers Eleves,

Comme vous le savez tous, la dernière expédition vers le puit du néant a été un véritable échec. Cela fait à présent deux ans que nous préparons un nouvel assaut, et le temps est venu pour vous de tenir vos engagements. Ce samedi, nous prendrons le portail du bois des anges, et nous retournons dans le temple de la foudre, afin de mettre fin à la mission précédente.

Nous comptons sur vous et votre courage pour faire honneur à notre école.

Cordialement, et que les gardiens vous protègent. »


Le lycan, dépité de sa lecture, se remémore la mission d’il y a deux ans qui tourna au fiasco. Aux morts ainsi qu’aux blessures graves auxquels il a fait face. De la souffrance qu’implique la cristallisation d’un pilier. De la puissance des gardiens des lieux. Il fixe son frère, lui pose une main sur l’épaule, puis prend la direction de l’infirmerie pour reprendre des forces, afin d’être à son maximum pour l’expédition suicide qui l’attend. La nuit va être courte.

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MessagePosté le: 19/05/2018    Sujet du message: À vous l'horreur Répondre en citant

MINI QUETE "A VOUS L'HORREUR" TERMINEE

Commentaires : Un très bon RP, très drôle et bien mit en scène... Rien à redire ;D Le niveau de difficulté et la thématique sont respectés. Bonne continuation en Quête Historique !

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MessagePosté le: 20/08/2018    Sujet du message: À vous l'horreur

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