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La Boîte de Pandore

 
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Katy
Elite d'Arena

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MessagePosté le: 07/09/2018    Sujet du message: La Boîte de Pandore Répondre en citant

Le clapotis régulier, entêtant, d'une goutte tombant dans de l'eau. Tel un métronome parfait, le tic-tac d'une horloge, au battement irréductible d'un coeur. Une monotone mélodie conduisant à la mort. Etait-ce là la symphonie du Havre des Gardiens ? Ou le gong des portes de la Prison de Feu ?
Gabriel ouvrit lentement les yeux, émergeant des profondeurs. Son esprit était encore prisonnier à demi des sables mouvants de l’inconscience, tandis que l’autre moitié se débattait pour rejoindre les rives de l’éveil. Six Anges Gardiens l’encadraient et étaient penchés au-dessus d'elle. Ils la regardaient fixement. Ils étaient venus l'escorter quelque part, vers le salut ou la damnation. Les yeux jade de la condamnée les dévisagea un par un. Des visages familiers… Vost, Lynn, Renji, Ezek, Dahlia et... une Infirmière.
L'alitée ouvrit un peu plus grands ses yeux, tâchant de battre des paupières pour en chasser les nuages illusoires. Cette fois-ci, seule l'image de sa gardienne de la santé persista, qui était d'ailleurs une Docteure plutôt qu'une Infirmière. Quant au son qui l'avait réveillé plus tôt, il s'agissait du compte-goutte branché aux veines de son bras valide. Un bruit plutôt discret comparé à l'activité fourmilière des aides-soignants et les gémissements des blessés de la grande salle de convalescence. Etrange qu’il ait été le seul à traverser les filtres de son sommeil artificiel.


- Vous reprenez connaissance, c'est bien. Vos soins se sont bien passés. Vous devez être confuse, je reprends : vous avez été rapportée ici avant-hier par les Elites Dahlia et Ezek suite à un message de votre part stipulant la fin de la formation de Vost Odium et la nécessité de soins urgents. Nous vous avons replacés et resoudés les os du visage fracturés… portez un heaume la prochaine fois, votre céramique n'a pas encore parfaitement adhéré à l'os et nous avons dû remplacer quelques dents. Pour cette entaille, dit-elle en lui désignant la coupure au bras et au flanc, protégée par un bandage, vous avez eu de banals points de suture et un soin cicatrisant, mais tout effort trop important réouvrira vos plaies. Prudence. Les marques de strangulation à votre gorge s'effaceront dans plusieurs jours, n’hésitez pas à mettre de la glace pour résorber l’hématome et soulager la douleur. Pour vos avant-bras à présent, sa voix devint sévère, ce ne sont pas des blessures graves, donc nous vous les avons laissés propres pour cicatrisation naturelle. Mais vous avez gagné un tête-à-tête avec le psychiatre de mon équipe. Vous pourrez d'ailleurs lui parler de votre dépendance à l'alcool, les analyses ont montré que cela faisait plusieurs semaines que vous ne buviez pas d'eau. Une petite cure s'imposera probablement. En tout cas pour votre disciple ça ne fait pas de toute. J'ai rarement vu quelqu'un revenir de formation avec autant de grammes dans le sang. Son foie a essuyé d'importants dégâts que nous ne traiterons qu’après sa désintoxication. Abus d’absinthe, d'après les relevés dans l'estomac. Non mais qui aime l'absinthe ? Je vous jure...

Gabriel ne put à aucun moment intervenir, sa gorge était trop sèche comme après chaque réveil dans ces lits blancs. Elle tendit un bras vers le verre d'eau qui l’attendait, grimaçant à l'aspect de son bras blessé, et but de grandes gorgées en regardant l'amoncellement d'anti-anxiolytiques, analgésiques et vitamines sur son plateau, en compagnie de médicaments pour le rétablissement du foie et l'ensemble du corps de façon général. Elle fut contrainte d’en avaler une partie avec le reste de son eau. Cela étant fait, après d'ultimes instructions et avertissements, la Docteure s'en alla à son prochain patient, non sans lui rappeler qu'elle la gardait encore vingt-quatre heures à l'Infirmerie pour tester les effets du sevrage.
Une fois seule, Katy rebut de l'eau, se cala un peu mieux contre le dossier de son lit et, se massant douloureusement les tempes, tâcha de se remémorer ses derniers souvenirs.

Elle n'était pas tombée dans les pommes après son duel avec Vost. Sa résistance ne lui permettait malheureusement pas souvent d'embrasser les limbes de l'oubli. Le Bersekir quant à lui n'avait pas réagi lorsqu'elle l'avait poussé sur le côté pour se redresser et prendre de grandes goulées d'air. Au contraire, il avait roulé silencieusement avec le fracas d'un pantin cassé et désarticulé. Les spectateurs de la rue, qui prenait ce revirement de situation comme un miracle ou un maléfice, acclamèrent avec la puissance du tonnerre la victoire de la guerrière aux cheveux blonds souillés de sang.
Il n'y avait pourtant rien à célébrer, si ce n'est peut-être la grâce que l'Annihilateur lui avait accordée alors qu'il était maître absolu l’instant d’avant de sa vie et de sa mort. Mais le public ne semblait pas au fait d'artefacts magiques comme les Parchemins et pensaient que le sort s’était retourné contre le tueur mécanique. Il faut avouer qu’il y avait de quoi être sceptique face à ce revirement de situation, après toute la haine que les deux combattants s’étaient instillés l’un à l’autre.

Pourquoi est-ce qu'il ne nous a pas achevé ?
Il aurait pu. Il avait sept heures devant lui.
Sans y réfléchir, Gabriel avait tendu une main vers le visage blême du Démon et passé ses doigts dans sa chevelure d'ivoire. Les voix en elles avaient protesté sans qu'elle ne les écoutât. Sa paume avait ensuite glissé vers le nez, où elle était restée immobile quelques secondes. Il respirait encore. Sa cage thoracique s’était détendue d’un seul coup. Etait-ce le soulagement, ou les bienfaits de l’air frais dans des poumons oppressés quelques minutes plus tôt ? C'est alors que la foule en délire s’était mise à scander : « À mort ! À mort ! »
Gabriel avait déchargé son regard venimeux sur eux et les badauds s'était tus. Elle avait envoyé Lucas, caché parmi les spectateurs, dans un bar de banlieue tenu par les Ecoles et apprécié de ses élèves, qui en formaient la principale clientèle, afin qu'il informe le premier Traqueur venu de la situation. Pour le remercier de ses services elle avait d’ors et déjà prolongé pour lui la location de sa petite chambre encore un mois. Ensuite il lui faudrait se débrouiller sans elle...

Un nouvel Infirmier entra, la tirant de ses rêveries. Quelque chose sur le côté attira ses prunelles vertes. Sur la table de nuit, une chaîne d'or et une boîte à musique reposaient. Captant son regard, l'employé qui vérifiait ses signes vitaux et lui prélevait un peu de sang pour les dernières analyses sourit :


- Ha oui... Vous les avez réclamés près lorsqu'on a tenté d'embarquer vos affaires pour l'opération. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, vous étiez un peu dans un état second.

Elle ne s'en souvenait pas du tout. A s'imaginer éclater une scène dans l'Infirmerie pour avoir ses deux talismans auprès d'elle, une grande honte l'envahit. Néanmoins il fallait admettre qu'elle était rassurée de les avoir là, près d'elle. L’idée de les perdre était insoutenable.
Elle attendit que l'homme sortît du carré d'intimité et refermât le rideau derrière lui pour se saisir des deux précieuses offrandes. Ils étaient froids au toucher. Une grande solitude l'envahit. Les deux précieux objets étaient les témoins des l’existence d’hommes qui lui étaient chers, leur froideur était la marque de leur absence. Gabriel repensa au Temple de la Foudre, aux rudes combats qu’ils y avaient mené, au sang chaud de Renji amputé de la moitié de son torse, qui agonisait entre ses bras impuissants et livides. Elle repoussa le collier loin d’elle, comme l’on écarte un souvenir mortellement douloureux. Ne restait que la boîte à musique.

« Dream a little dream of me »

La jeune femme avait tant refoulé au fond d’elle les images et les sons qui risquaient de réveiller en elle de fortes émotions qu’elle fut effrayé de constater qu’elle ne se souvenait plus de la mélodie évoquée. Elle ne l’avait pas jouée depuis… depuis sans doute sa propre formation d’Elite, où elle avait revu Renji pour la première fois depuis des années. Avec toutes les complications qui avaient suivies, elle n’avait pas pu s’en séparer un seul jour, et pourtant elle n’avait jamais trouvé le courage de la réécouter.
Que fut la cause de ce revirement ? L’isolement ? L’ennui des rideaux blancs ? Le relatif anonymat offert par le brouhaha des lieux ? Une nostalgie soudaine, inexpliquée… Toujours est-il que, quelques secondes plus tard, lentement, la convalescente ouvrait la petite boîte de bois et tournait la manivelle. Aucun son n’en sortit. Elle relâcha la pression sur la petite poignée métallique et les notes chantèrent au fur et à mesure que la manivelle tournait en sens inverse, poussée par l’énergie du ressort.


Comment avait-elle pu oublier ? Leur rencontre, leurs missions passées ensemble, les escapades dans leur endroit secret, dans les bars à musique de la ville...
Les souvenirs brisèrent le verrou de la boîte. Elle ne les avait pas vraiment oubliés, non, mais elle en avait étouffé les sensations au maximum, bâillonné ses sentiments, comprimé les détails de chaque instant… Pourquoi ? Pour jouer le rôle le plus pénible de son existence… Les heurts de la formation de Vost dans le cadre tragique de la Capitale la frappèrent de nouveau, un par un, aidés par la cuisson de ses blessures récentes. Le pire était sans doute les hématomes de sa gorge où une main autrefois caressante l’avait étranglée…
Un clapotis régulier, entêtant, de gouttes d’eau salée.
Incrédule, Gabriel passa un léger coup de langue sur sa lèvre où le goût de la mer qui revint de nouveau. Ses yeux lui brûlaient, elle n’y voyait plus rien. Chaque note de musique faisait tomber une nouvelle larme de cette pluie de tristesse qui s’échappait de ses paupières. Ramenant ses genoux drapés contre elle pour y enfouir son visage, la guerrière se laissa quelque peu aller à sa douleur, qu’elle ne parvenait plus à contenir…


Rideau.
Relevant brusquement la tête, la jeune femme regarda avec ahurissement la personne qui venait de pénétrer son espace d’intimité, cachant par instinct la boîte de musique sous le drap. Sa surprise ne fut que plus grande lorsqu’elle constata que l’intrus n’était autre que l’androïde qui lui avait offert l’instrument de musique mécanique. Une gêne indescriptible envahit la Protectrice. Son visage devait être défait par les larmes… il était trop tard pour le cacher. Elle essuya furtivement ses yeux et ses joues d’un revers de son bras bandé et détourna le regard, inquiète. Que venait-il faire ? Se moquer d’elle ? Achever le programme qu’il n’avait pas pu mettre à exécution lors de leur dernière entrevue ? Son cœur battait plus fort, avec expectative. Elle aurait voulu se l’arracher plutôt que de renouveler des espoirs qu’elle avait déçus de son propre chef. L’albinos la dévisageait intensément, sans hostilité apparente… La question lui brûlait les lèvres. Que lui voulait-il ? Le temps semblait s’étirer à l’infini et étrangement, songea la guerrière, cela ne lui était pas aussi désagréable qu’elle l’aurait cru.

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