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Des cheveux magiques

 
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Eöl Khaine
Elite d'Arena

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MessagePosté le: 17/10/2018    Sujet du message: Des cheveux magiques Répondre en citant

Les jours de repos étaient souvent comptés, à Arena. Les effectifs en tension constante ne permettaient pas un turn over assez important. Le résultat était une lente et inexorable érosion des effectifs et des mentales. Toutefois, il avait bien fait comprendre à sa hiérarchie qu'une semaine de repos lui était essentiel dans son cas. Ses plaies avaient cicatrisées, ses bleus s'étaient résorbés, il avait retrouvé la souplesse de ses muscles, renforcés par une pratique du sport journalière pour garder son corps à son potentiel de destruction maximum.
Concrètement, il s'infligeait de longues séances de renforcements musculaire, et au petit jour, il était l'un des premiers à sortir de sa chambre pour aller courir dans le parc d'Arena ou bien sur les remparts. Il s'alimentait normalement, ou presque, sanctionnant chaque écarts par un regain d'activité. Derrière cette hygiène de vie se déployait l'ombre de Winston, son mentor, qui lui avait inculqué tout ce qu'il tout ce qu'il savait, ou peu s'en faut.
Il faisait d'autant plus attention à tout ces détails dernièrement car une intuition, née de l'observation du monde et des gens, lui murmurait que le début des vraies emmerdes approchaient rapidement.

Au terme de ce congé, il recommença à fréquenter le mess des élites et le bureau des missions afin de reprendre un pied dans le monde du travail. Son colocataire était parti pour une mission dans le palais maudit. Cette appellation commune n'était pas très flatteuse pour l'endroit. Le « palais » était un cauchemar fait château. Un bâtiment plus vaste que ne le laissait entendre son aspect extérieur, lui même mal définie. C'était la vision horrifique d'un architecte fou dans lequel aurait été imbriqué des passages vers d'autres dimensions, des pièges en quantité astronomique, des aberrations logiques et d'autres choses qui défiaient les lois de la physique tel qu'on l'apprenait à l'école. Sans parler des nombreux monstres qui peuplaient ses couloirs. Certaines pièces semblaient abandonné depuis des siècles, d'autres depuis quelques minutes, de la nourriture fumant sur une table parée prête à recevoir des convives. Dans certaines pièces, on pouvait marché au plafond, d'autres étaient plongées dans une nuit sans fin, alors que les suivantes étaient baignées de la lumière d'un permanent été.

L 'elfe avait eu l'occasion d'y aller avec Winston, l'élite cancéreux, en mission d'exploration, mais la cartographie de cet endroit était un vœux pieux. Toutefois les deux écoles y envoyaient fréquemment des missions afin d'explorer le cœur du palais. On se perdait en spéculations sur ce qu'abritait ou recelait cet endroit. Personne n'y était jamais arrivé, beaucoup n'étaient jamais ressortit. Eöl avait tout lu concernant cet endroit fascinant et labyrinthique. Chaque rapports, chaque légendes ou début de pistes étaient passés entre ses doigts avides et son esprit curieux. Sa mémoire quasi eidétique lui permettait retenir la plupart des choses qu'il lisait du premier coup.

Distraitement, il s'assit sur un coin de bureau pour lire l'ordre de mission d'Irkaal, l'énigmatique colocataire qu'il faudrait rencontrer à l'occasion. La cartographie du palais, cette vielle rengaine, consommait une importante quantité de moyen matériel mais surtout humain, il espérait pour le guerrier qu'il s'en sortirait afin de pouvoir étoffer la cartographie de l'endroit, mais les meilleurs élites s'y étaient déjà essayer et avaient eu des maux de tête à force d'essayer de localiser certaine salles qui semblaient se déplacer, voir carrément disparaître. Il reposa le papier ou il l'avait trouver lorsqu'il croisa le regard de Powwel, un élite avec lequel il avait sympathisé il y a quelques années de cela. Un Félys bavard, assassin comme lui et doter d'une chance quasi surnaturel.


«Eöl Khaine qui vient se traîner jusque dans nos humbles locaux … Que nous vaut l'honneur de ta présence ! »

L'elfe noir soupira et leva les yeux au ciel. Au fond de lui, il appréciait le Félys, aussi redoutable et retord que lui, mais hors de question de lui avouer un jour.

« Je suis venu ici pour profiter de ta belle voix chaude et douce, depuis que tu boudes ma chambre, quelque chose est brisé en moi … »

Ils se serrèrent la main avant de sortir sur un petit balcon pour fumé. Le Félys sortit une pipe en bois très longue qu'il bourra de tabac et d'autres chose. L’assassin poilu avait ses addictions mais elles ne l'avaient jamais empêcher d'accomplir ces missions. Tant que cela durerait, personne ne viendrait le faire chier.
Eöl alluma une cigarette. Le félin tueur entama la conversation.


« Je travail sur une nouvelle affaire et j'aurais peut être besoin de toi. »

Nous y voilà, pensa Eöl. Il était près à repartir, bien sur, physiquement et mentalement, mais l'expérience de la douleur le remplissait toujours d'une appréhension diffuse. Powwel enchaîna.

« Je suis avec un groupe qui travail sur les sceaux de protection du vide. On à découvert un moyen de les renforcer, mais il faut un... ingrédient spécial. Des cheveux d'Elendecia. Tu sais que les écoles ont un département scientifico magique qui étudie la question de très près. Avec de tel cheveux, on arrive à renforcer les sceaux, les tests sont concluant. Le soucis c'est qu'on peut les trouver uniquement dans le palais maudit. Alors on cherche à monter une équipe de récupération pour en « récolter » le plus possible. Tu connais les Elendecia ? »

« Uniquement ce que j'en ai lu, je n'en ai jamais vu mois même. »

« C'est tout ce qui faut savoir... Du coup est ce que tu te sentirais d'y aller pour moi et d'en ramener ici ? »

« Pourquoi tu n'y va pas toi même ? »

« Je dois partir dans le Sud avec la milice pour contenir une incursion des orcs, ils deviennent de plus en plus hardis chaque années. Je part demain aux première lueurs avec une demi douzaine de guerriers confirmé pour encadrer la troupe. »

« Tu as déjà quelqu'un ou bien je suis le premier ? »

« Tu connais Vost Odium ? »

« L'albinos, qui ressemble à Renji ? J'étais avec lui pour les derniers piliers du temple de la foudre. Je ne le connaît pas très bien, mais de ce que ma dit Gabriel, c'est un bon guerrier. »

« Hormis que personne ne peut ressembler à Renji, oui c'est lui. Il est Officier depuis peu, mais bon .. j'ai son dossier, je te laisse lire ça tranquillement et prendre contact avec lui ?

« Si tu veut, pourquoi lui ? Je viens de lire qu'il est en cure de désintox ? »

« Le dossier ne vient pas de moi, mais de plus haut, le conseil voudrait le remettre sur les rails. »

« Est ce que j'ai la gueule d'un chaperon ? Sérieusement, le mec est pas fiable, je ne veut pas qu'il fasse une crise de manque au pire moment. »

« J'ai vu le médecin, le plus dur est derrière lui, c'est un bon élément mais il à déconner, me dit pas que ça t'es jamais arriver... »

L'affaire Madeleine lui revint fugacement en mémoire. Eöl soupira longuement. Il était près à repartir en mission, et celle ci lui permettrait d'utiliser ses compétences à bon escient.

« J'irais le voir dès que possible, je prend la mission. »

« Je savais que je pouvais compter sur toi ! Revient en vie et avec ces putains de cheveux, on va sauver le monde ! »

Sauver le monde était une vielle blague entre eux, ils étaient cynique au même niveau, c'est à dire bien au delà du commun des mortels.

« Sauver le monde avec des cheveux, quelle douce ironie, et tout ça en massacrant de jeunes nubiles, tout ce que j'aime. »

« Si c'est bon pour toi, je te laisse, il faut que je me prépare pour demain. »

« Va donc va donc, et revient vivant, fais un massacre. »

« Toi aussi oreille pointue, reste vivant et tue bien, à très vite. »

Ils se quittèrent en se saluant. Eöl tira une chaise d'un bureau inoccupé et parcouru le dossier de Vost. Dix minute plus tard, il referma la couverture de carton et resta un moment assis, pensif. Encore plus tard, il se leva et regagna sa chambre. Ses affaires étaient déjà prête, depuis le jour ou il était revenu du battle royal. Chemin faisant, il se fit la réflexion que de laisser des élites et des « élèves » ensemble dans les chambres n'était pas une si mauvaise idée, cela permettait une saine émulation et la transmission de connaissances.
Il n'hésiterait pas une seconde si jamais on lui proposait une piaule en solo. Sa misanthropie était bien plus forte que toute les valeurs de partage que prônait Arena.
En chemin, il mandat un élève pour trouver Vost et lui donner rendez vous au portail. L'élève tenta bien de protester mais l'assassin connaissait assez de moyen coercitif sans avoir besoin d'user de violence. Le malheureux repartit en boitant et la trouille au ventre.

Dans sa chambre, il saute sous la douche, laisse l'eau froide et se frotte vigoureusement avec un gant de crins et un savon solide. Comme il ne sait pas quand il va pouvoir se laver, il en profite une dernière fois. Propre et sec, il enfile rapidement des sous vêtements propre avant de tirer le coffre contenant son armure de sous le lit. La cotte de maille en acier trempé manches courtes vient reposer sur un t shirt lui aussi à manches courtes. Un pantalon de treillis noir recouvre ses longues jambes. Une paire de botte renforcé d'acier sur les tibias vient épouser ses pieds. Puis il enfile les différente partie de l'armure de cuir de Wyvern (une vache de sale bête à tuer) sur son corps, en prenant bien soins de serrer correctement les nombreuses sangles de soutient et de fixation. L'opération lui prend un bon quart d'heure. Engoncé dans son armure, il s'étire pour tester la souplesse de son corps. Il dégaine son katana si vite que le mouvement est flou, puis il exécute une série de passses d'arme dans le vide. La lame bourdonne, comme vivante, simple forme flou. Satisfait, il remet l'arme au fourreau qui pend contre sa cuisse gauche. De nombreux couteaux de lancer viennent se cacher dans les replis de sa cuirasse, dans ses manches ainsi et dans tout autres endroit qu'il estime approprier. Une quinzaine de lames viennent ainsi rejoindre le katana dans l'arsenal. Enfin, il accroche les holsters de ses arbalètes, pour le moment détendues, à ses flancs. Des armes à deux coups, mortels dans un rayon de dix mètres, précises jusqu'à vingt. Elles tirent des carreaux de bois noir solide armés par une tête barbelé en acier chirurgical, le tranchant aussi affûté qu'un scalpel de chirurgie. Il emporte une trentaine de coups dans ses sacoches, autant que possible. Il termine en enfilant un long manteau de toile brune et ocre, plus efficace que beau, imperméable et possédant de très nombreuses poches qu'il remplit de choses diverses, petite trousse médicale, nourriture, eau, cigarette dans des étuis étanche, allumette waterproof, etc etc. De plus, il emporte également un sac d'une quinzaine de kilos, contenant de l'eau, de la nourriture, et tout un tat de choses utiles, comme des caleçons et des chaussettes propres, le tout si bien emballé que même s'il tombait dans l'eau, le contenu resterait sec des heures après l'immersion.
On pourrait croire qu'il serait gêner par tout ce matériel, mais il n'en ai rien. Ce bâtard de Winston lui à fait subir un entraînement de commando pendant des semaines et des semaines, à porter des charges lourdes sous la pluie, notamment. C'est donc d'un pas léger et félin qu'il sort de sa chambre, ferme la porte et s'engage sur le chemin vers le palais maudit. Il a donné rendez vous à Vost à la sortie d'Arena. L'assassin franchit une enfilade de couloir, puis passe sous le corps de garde ou deux sentinelles en armes veillent autour d'un brasero. On pourrait penser que c'est peu, au vu de la taille de la forteresse, mais il existe une section dont l'unique mission est la protection de l'école de guerre, et ce sont loin d'être des rigolos, ils font plutôt figure de corps d'élite dans le petit entre soi d'Arena, y entrer est difficile et long. Ils les saluts d'un coup de tête et s'engage sur le sentier avant de s'arrêter au premier carrefour. Vost est là, assis sur un banc, l'air pensif.

Eöl s'assoit à coté de lui, l'arenien semble se réveiller et le salut. Il est au courant de ses derniers déboires, un peu par Gabriel, qui lui en à parler brièvement, un peu par des bruits de couloirs aussi. Peu bavard, l'assassin décide d'aller droit au but, il lui explique rapidement le but de leur mission ainsi que l'objectif.


« Les Elendecias sont de petites futées. Elles vont essayer de nous séduire, aussi sûrement qu'une succube, mais en plus efficace. Elles voudront jouer avec nous, et elles s'attendront à ce qu'on les pourchassent dans le palais pour nous y perdre, puis nous y tuer, soit en certains. Aussi, nous n'en feront rien, nous allons les laisser venir à nous. Cela va les décontenancer, puis les énerver. Nous allons trouver une salle spacieuse pour leurs tendre un piège, cela va les énerver et elles viendront à nous car nous représenterons une menace pour elles. Tout autres monstres est sans objet et doit être évité ou éliminé, comprit ? »

Le démon taciturne acquiesce. Eöl poursuit.

« Je serais le chasseur, et toi tu seras mon appât, à moins que tu es une meilleur idée, tu m'en fera part sur le chemin, allons y. »

C'est en silence qu'ils arrivèrent jusqu'au palais. L'entré était plus ou moins sécurisé, depuis le temps, et ils disposaient des dernières cartes mise à jour. Une fois de plus, l'immensité de l'édifice le frappa, il faudrait des années de sacrifices avant d'en voir la fin. Ils s'engagèrent dans les couloirs afin de trouver l'endroit idéal pour tendre leurs embuscades.

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|Eöl Khaine|
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"Ce qui ne me tue pas à intérêt à courir plus vite que moi."
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MessagePosté le: 17/10/2018    Sujet du message: Publicité

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Vost
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MessagePosté le: 20/10/2018    Sujet du message: Des cheveux magiques Répondre en citant

* ~ Alors l’état-major avait décidé, pour sa première virée depuis des semaines, d’envoyer l’alcoolique repenti au Palais Maudit, sous la tutelle d’Eöl Khaine – le fameux assassin qui, selon les rumeurs, avait la gâchette facile. D’une part, ce lieu bucolique paraissait idéal pour une réhabilitation en douceur et, d’autre part, l’elfe noir était réputé pour sa patience, sa bienveillance et son empathie. En plus, le groupe comprenait un Traqueur capable de faciliter la chasse aux Elendecias ainsi qu’un membre capable de résister à leurs charmes… Ou pas. Mais pouvait-on vraiment espérer autre chose de la part des pontes de l’école de Valcen ? Leur affreuse malice lui avait presque manqué.

* ~ Après tout, pas la peine de sombrer dans le défaitisme : ce grand échalas brun était un ami très estimé de Katy ; donc forcément une personne aussi vertueuse qu’elle, non ? Pour s’en convaincre, il suffisait d’omettre qu’elle s’amourachait, en même temps, de deux psychopathes sanguinaires dont un s’avérait finalement moins débile – par conséquent beaucoup plus dangereux – que prévu ; une broutille, vraiment.

* ~ Néanmoins, en se débarrassant de la moindre once de cynisme, on ne pouvait qu’admettre les compétences de ce géant furtif : il avait été promu Elite récemment ; lors d’une mission qui, à en croire les dires de Gabriel, semblait des plus délicates. En s’en tenant à sa spécialité, il était « amusant » de constater à quel point il se trouvait à la fois si proche et diamétralement éloigné de Vost. Tous deux étaient de froides machines à tuer, sans misanthropie ni pitié, toutefois leurs modes opératoires divergeaient radicalement. Si l’on devait comparer l’assassin à une arme, ce serait un couteau de lancer. En effet, sa versatilité ne faisait aucun doute ; lacérer, torturer, égorger, servir de projectile, couper une corde ou même une tranche de saucisson… Toutes ces actions – bien d’autres encore – appartenaient à son champ des possibles. L’Annihilateur, quant à lui, n’était qu’une masse de guerre, brute de forge. Il ne servait qu’à broyer les os.

* ~Rien d'autre.~ *


* ~ Ainsi, le manque de considération, que chacun éprouvait à son égard, paraissait d’autant plus logique à présent – il ne l’eût jamais étonné dans tous les cas. Effectivement, même si la stratégie de son compagnon avait, de prime abord, fait grincer ses dents immaculées, il fallait se rendre à l’évidence : son grade n’améliorait pas sa condition, il l’avait seulement propulsé au rang de « chair à canon avancée » ; celle qui, contrairement à sa version standard, retourne copieusement le champ de bataille avant d’y pourrir. Par ailleurs, aucune meilleure idée n’avait émergé de ses synapses à moitié synthétiques, notamment à cause de l’absence – susmentionnée ironiquement – de frères d’armes aux qualifications plus pertinentes. Il se résigna donc à endosser le rôle d’appât, une proposition qu’il aurait de toute façon finie par formuler lui-même ; ce n’était pas comme si périr le dérangeait spécialement. À cette pensée morbide s’ajoutèrent soudainement trois réminiscences. La première, optique, fut une image mentale représentant une certaine beauté, dure, brute et blonde. Les deux autres, acoustiques, résonnèrent furtivement : « Tu es essentiel pour moi. », « Je ne te quitterai jamais. ». Bon, d’accord… le Démon concéda : crever maintenant ne constituait peut-être pas une très bonne perspective d’avenir. Après avoir chassé ses mauvaises ondes d’un hochement de tête, il reprit prudemment sa route dans le dédale informe.

* ~ Le couloir qu’arpentait le groupe, éclairé par de modestes torches murales, n’offrait qu’une luminosité limitée. Si cela permettait à Eöl de se dissimuler le plus facilement, cela contraignait Vost à ralentir davantage sa progression. Il scrutait attentivement chaque dalle, chaque jointure, chaque pan de mur. Pour l’instant, le décor évoquait un château fort, classique, avec ses pierres apparentes et sa couche de poussière – ou de crasse – caractéristiques. Tout semblait normal, à l’exception des paires d’yeux jaunes qui surgissaient parfois furtivement de l’obscurité, souvent accompagnés de lointains sifflements, dont les échos rebondissaient indéfiniment sur les parois. Sa propre mort n'effrayait point le Démon, pourtant sa relative sérénité était ébranlée – il espérait vraiment que le roublard n’avait pas profité de sa discrétion pour se carapater.

* ~ Le virage suivant se présenta rapidement. L’albinos amorça alors son rituel, bien connu puisqu’il déambulait seul – au moins en apparence – depuis un bon moment : pendant que son dos rasait le mur intérieur, son visage passa l’angle. Bizarrement, il aperçut cette fois une intense lueur au fond du corridor, semblable à la radiance du jour. Une sortie ? Impossible. Un réacteur à fusion stellaire miniature ? Improbable. Pour parvenir à une conclusion fiable, il devait s’approcher – cela tombait bien car, à moins de rebrousser chemin, il s’agissait de la seule issue. Sans accélérer le pas ni se départir de sa prudence, il avança minutieuse jusqu’à la source lumineuse, remarquant qu’elle provenait d’une vaste salle. Avant de franchir le seuil, il s’arrêta net. Un frisson parcouru son échine. L’ouverture en forme d’arche, qui menait vers cette grande pièce, possédait... Des dents. Une sorte de muqueuse, pouvant s’apparenter à une gencive, les entourait, elle-même ceinte d’enchevêtrement pulsant de muscles à nu. Malgré sa tendance à répandre des tripes sur divers types de surfaces, cette infâme porte organique arracha un haut le cœur à Vost. Maitrisant son profond dégoût, il s’accroupit avant d’extirper une pierre à aiguiser de sac. Il lança celle-ci à ras de terre, afin qu’elle ne se brisât pas. Le petit galet traversa l’effroyable bouche et... Rien. Il se stoppa de l’autre côté, intact. Entre temps, Eöl s’était dévoilé : il titillait un des crocs avec un couteau. Pour sûr, il n’avait rien d’un Traqueur, mais le voir ainsi redoubler de circonspection s’avérait rassurant. Comme le laissait sous-entendre sa profession, foncer tête baissée ne faisait pas partie de ses habitudes. Son inspection terminée, l’elfe intima à son compagnon d’entrer en premier, à l’aide d’un signe du menton. En proie au renoncement, l’albâtre s’exécuta, non sans lâcher un soupir quasi-inaudible. Avec précaution, il glissa d’abord sa jambe dans l’ouverture... Son bras... Puis enfin son buste... Rien ne se produisit. Il pénétra la cavité étincelante sain et sauf.

* Sérieux ? Tout ça pour ça ? *


* ~ Cessant d’étayer la thèse selon laquelle le Palais se foutait de sa gueule, il se ressaisit prestement pour vérifier qu’aucun monstre, ou abomination architecturale, ne peuplait l’immense salle. À priori, seule la vacuité l’emplissait, seul le silence y résonnait. Ses dalles immaculées et ses colonnades torsadées, éclairées par un contraste aussi tranché qu’apaisant, lui donnaient une allure de lieu sacré. Cependant, elle n’en demeurait pas sécurisante pour autant : de nombreux accès la bordaient – Dieu savait ce qui pouvait s’en échapper. De surcroît, l’édifice maudit regorgeait d’étrangeté inquiétantes, comme par exemple ce vitrail central, posé à même le sol, d’où semblait jaillir l’intense lumière inondant les lieux. Intrigué, Vost progressa lentement vers la fenêtre insolite. Une fois suffisamment proche, il put lorgner au travers et il y vit... Le ciel. Son oreille interne paniqua. Le putain de ciel se trouvait sous ses pieds. Il vacilla légèrement avant de finalement recouvrer son équilibre. Instinctivement, il leva les yeux au « plafond », constatant avec effroi que du mobilier y était planté. La sensation de vertige s’intensifia, ce qui le força à reculer. Quand il sentit une pression sur son épaule, il volta brusquement, décidé à décocher son plus puissant crochet. Il parvint toutefois à se raviser lorsqu’il reconnut l’assassin. Ce dernier enchaina plusieurs signes à l’aide de ses doigts, indiquant qu’ils devaient poursuivre leur reconnaissance. Cette contrefaçon d’église était, en effet, tout sauf idéale pour tendre une embuscade : dépourvue de meubles – puisqu’ils pendaient « en haut » –, trop difficile à défendre, trop déroutante.

* ~ Subitement, les sifflements, bientôt suivis par des chants stridents, entamèrent un prompt crescendo. Visiblement, les Elendecias s’étaient déjà lassées de leur jeu de cache-cache alors que le duo d’Areniens n’avait pas toujours pas découvert d’endroit propice, ni dressé le moindre piège. Une phrase lue dans une des encyclopédies de la bibliothèque percuta la mémoire de Vost : « L’inconstance les qualifie très bien. ». Le plan capotait, la situation devenait critique. Si, pour son camarade, s’éclipser prestement relevait de l’envisageable, pour lui, courir dans l’enceinte du Palais revenait à se suicider ; purement et simplement. Dans un réflexe, il agrippa donc le manche de son zanbato en jetant un regard furtif vers son supérieur, qui opina du chef avant de disparaître dans l’ombre des colonnes.

Mode Combat : activé.


Tentative de diversion lancée.

* ~ L’androïde dégaina son excroissance métallique puis la fit tinter contre les dalles. Ce geste risquait d’attirer des visiteurs inopportuns mais il préférait s’assurer de focaliser l’attention des Elendecias sur lui – si Eöl succombait à leur charme, leurs chances de survie tombaient à 0%.

Redirection de toute l’énergie vers les capteurs optiques et acoustiques.

* ~ Malheureusement, l’écho empêchait une interprétation claire des signaux sonores. Impossible de localiser précisément l’ennemi.

Repère visuel acquis.

* ~ Deux signatures apparurent brutalement dans la zone de détection de ses pointeurs laser. Une à huit heures, l’autre à quatre. Elles le prenaient à revers.

Procédure de désenga€N%@g’#... Err’]#eu%.

* ~ Leurs chansons envoûtantes, qui commençaient sérieusement à lui vriller les tympans, venaient d’anéantir, avec une aisance déconcertante, la concentration martiale durement acquise au cours de sa formation. Ses processus cognitifs ne répondaient plus, seule le... [Tentative de confinement de la corruption... Echec.] Le délicieux déhanché, chaloupé et sensuel, des... [Tentative de confinement de la corruption... Succès.] succu... [Echec.] Cantatrices exquises l’appelait. Les derniers reliquats de programmes logiques regrettaient que Vost ne fût pas asexué, comme supposé avant sa rencontre avec Katy.

T€nt@tVe d®e d’#@Aes4rment d’#@Atect’#@A.

* ~ L’albinos désireux, transi, se laissa désarmer sans opposer aucune résistance aux délicates créatures plantureuses. Une d’elle le poussa gentiment vers le vitrail. Il posa un pied dessus. Le verre céda, il chut. Avantageusement, les douces Elendecias le ramenèrent sur la terre ferme à l’aide de leurs queues, in extremis. Ensuite, elles le projetèrent à nouveau, puis le rattrapèrent encore. Le manège dura un temps ; le temps qu’elles ne s’ennuyassent. Décidant que les préliminaires avaient largement trop duré, elles lacèrent langoureusement leur objet de désir, avec leurs pointes caudales et leurs éventails, en commençant par les joues, puis en descendant vers les carotides.

DërNi€R sURs@ut ’#@AnerJ’#@AtiK pøUr une d€rni’#@Are p€ns’#@Ae cøh’#@Ar€nte.

* Eöl, bordel ! *


* ~ Un carreau transperça soudain la gorge d’une des succubes. Dans la surprise, l’autre ne put contrecarrer le couteau qui sectionna avec précision ses jugulaires, ainsi que ses cordes vocales. Un flot de sang diluvien se déversa sur le visage de l’automate qui avait recouvré le contrôle de ses moteurs et de son réseau neural.

Contre-offensive déployée. Destruction à l’aide des membres supérieurs engagée.

* ~ D’un geste vif, il empoigna fermement le cou de la créature à l’œsophage transpercé – il ne chercha pas à savoir si la flèche suffisait à entraver ses capacités vocales – avant de la fracasser contre le sol. Se mettant à califourchon sur elle, il arma son appendice supérieur gauche derrière son réceptacle céphalique. Le premier direct, d’une violence inouïe, annihila tout spasme, toute convulsion, toute velléité. Le second enfonça le visage de la sirène factice jusqu’à son occiput, dans un craquement d’os répugnant.

Mode Combat : désactivé.


* ~ Le Démon entendait les sifflements s’approcher... Ou bien s’éloigner... Il ne savait plus... Écho de merde dans ce palais de merde.

On est en mission de reconnaissance pour suivre ton plan Eöl, c'est-à-dire qu'on essaie de trouver une pièce assez spacieuse est facile à défendre pour tendre une embuscade. Je marche lentement et tu me suis dans les ombres, caché. On trouve finalement une grande salle, qui a une tronche d'église mais à l'envers, verticalement parlant. On décide de ne pas s'y installer car elle présente trop d'accès. Malheureusement, les Elendecias sont déjà lassées de jouer à cache-cache. Pendant que tu te dissimules dans les ombres, deux succubes apparaissent. Elles jouent avec moi jusqu'à ce que tu sortes de ta cachette pour décocher un carreau dans le cou de l'une et égorger l'autre. Je finis, au cas où, celle qui n'est pas égorgée à coups de poings.

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Pinguin maléfique du Velm
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Eöl Khaine
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MessagePosté le: 30/10/2018    Sujet du message: Des cheveux magiques Répondre en citant

Eöl ramassa le carreau d'arbalète dans ce qu'il restait de pulpe de ce qui était auparavant la tête d'un adversaire. Elles les avaient trouver avant eux, il s'y attendait, après tout, il était sur leur territoire.
Vost avait fait preuve de peu de finesse dans l’exécution des Elendecias présente dans la pièce. Il est vrai qu'on en attendait pas moins d'un officier bersekir. Il comptait sur le démon pour lui ouvrir une route sanglante dans les rangs adverses tandis que lui récolterait les cheveux au fur et à mesure de leur progression. Il avait du mal à ressentir quoi que ce soit en général, et pour le coup, ce qu'il voyait ne faisait que le conforter dans son idée. Vost était une brute, tout en muscle, sans une once d'imagination. Une arme forger dans un but unique, à la versatilité nulle. Il frappait et frapperait jusqu'à qu'un adversaire plus fort le terrasse. Point. Quel gâchis, quelle vie inutile et sordide. Il n'était pas, bien sur, totalement décérébré, puisqu'il avait comprit le plan de l'assassin quand on lui avait expliquer, mais sinon. Et cette tristesse dans le regard ? Il était clair qu'il ne prenait pas le moindre plaisir à faire ce qu'il faisait. Il n'attendait rien de cette mission, se contenterait de faire son travail, ni plus ni moins. Quelle vie...

Et pourtant... Gabriel s'était attaché à lui. Alors bien sur, nonobstant son besoin irrépressible de couver tout les sociopathes du Velm de son amour bourru (mais sincère), cela signifiait qu'il devait donc avoir quelque chose de plus que les autres. N'importe quoi, mais quelque chose. Renji, il comprenait, le vampire était loin d'être aussi stéréotypé qu'il n'en avait l'air, sous ses airs d'animal carnassier. Mais Vost ? L'elfe noir lui accorda le bénéfice du doute avant d'essuyer un couteau sur la nappe d'un petit guéridon. Cela dit, brute ou pas, il savait se battre.
La troupe principale des Elendecias s'était retiré après les premiers morts, et faisait silence depuis.


« Récupérons déjà les cheveux de celles ci, on va traquer les autres, il nous en faut un maximum. »

A deux, ils eurent bientôt vite fait de scalper les cadavres à leurs pieds. Les couteaux d'Eöl émirent un bruit écœurant lorsque la lame racla sur l'os de leurs crânes, récupérant des touffes de cheveux et de peau qu'il jeta dans une poche vide de son sac, soigneusement emballé dans un sac poubelle afin que le sang ne dégueulasse pas les sandwichs au poulet qu'il s'était emmené pour dîner.
La besogne finit, il se laissa tomber dans un des fauteuils qui collaient aux murs de la pièce. Trois corps, une poignée de cheveux sale et collant, et p ?as de blessures, pour une introduction, ils s'en étaient bien tirés. Toutefois le plus dur était à venir. L'elfe noir alluma une cigarette pour réfléchir, puis il se tourna vers le démon.

«  Ça va ? »

Hochement de tête affirmatif.

« Elles voulaient juste nous tester, maintenant, le vrai jeu commence. Quoi qu'il arrive, on ne se quitte pas du regard, il sera dur de résister à leurs ...effluves, si on est séparé. Tu connais le principe du cache cache ? »

« Oui, quand même. »

« Parfait, c'est à ça qu'on va jouer, sauf qu'on est à la fois le loup ET la brebis dans l'histoire. Comme elles savent que nous sommes dangereux, elles vont ruser, faire preuve de subtilité, alors prudence maximum. »

L'assassin leva la tête au plafond pour apprécier le mobilier qui y était suspendu.

« Cette salle à des portes auxquels ont peu accéder de là ou nous sommes, mais aussi
une porte là haut...
 »

Leurs regard se perdirent au plafond, qui était en faite un sol. Eöl, intuitant le fonctionnement du mur, y posa un pied... puis l'autre. Le mur devint immédiatement un sol sous pieds. Il invita Vost à le suivre d'un geste. D'abord réticent, le guerrier posa prudemment un pied sur le mur et s'engagea. Il y avait de quoi être décontenancé, les cadavre de leurs adversaires étaient à présent coller au mur.

Il fit quelques pas et gagna de la même façon le « plafond », suivit par Vost.

« Pendant que tu les tuaient en bas, j'ai remarqué qu'une de ces créatures s'est éclipsé par cette porte et qu'elle à pris bien soin de refermé derrière elle. Je pense que leur territoire comme par là. »

Par geste, il lui intima maintenant le silence. A trois mètres de la porte, l'assassin mis un genoux à terre et pointa une de ses arbalètes sur l'ouverture. Vost se colla au mur et posa la main sur la poignée, puis l'ouvrit brutalement (l'arracha en fait) avant de battre en retraite. La porte retomba avec fracas sur le sol et l'elfe s'engagea dans la pénombre. Il balaya la petite pièce de son arme, profitant de son acuité visuelle. Il signa pour Vost avec sa main libre.

*pièce claire*

L'arénien, son arme en main, entra et se plaça à un mètre d'Eöl. Ils progressèrent dans un enfilement de couloir éclairé à la bougie, d'un style victorien. Il faisait assez sombre pour laisser des recoins ou l’œil ne perçait pas, et le tout était assez inquiétant pour qu'ils redoublent de prudence. Soudain, des rires cristallins éclatèrent autour d'eux. Le duo se figea en position défensive. Il s'agissait de ces rires enfantins, nubiles, clair et naturel. Comme si une dizaine de jeunes filles courraient dans le noir autour d'eux. Des bruits de pieds nues sur du parquet flottant, le plus inquiétant étant qu'il y en avait aussi à l'étage au dessus d'eux. Ils avancèrent encore un peu afin d'arriver dans une pièce vide qui possédait six mur. Sur chaque face de cet hexagone, une porte donnait sur l'inconnue.

Après quelques secondes d'attente, une porte s'ouvrit et une elendecia sortit des ténèbres. Elle avait l'apparence d'une adolescente. Elle posa ses mains sur ses yeux et commença ce qui ressemblait à un compte à rebours dans une langue inconnue. Seul le rythme métronomique fit comprendre à Eöl qu'elle comptait. Mais il ignorait si elle partait de zéro ou bien le contraire, et surtout de combien.

Les quatre porte restante s’entrouvrirent (moins celle d’où ils venaient) et ils purent entendre plus de rire. La créature face à eux continua de compter en souriant, et ils remarquèrent enfin qu'elle avait les dents un peu trop pointues. Et trop longues aussi.

Eöl se tourna lentement vers Vost, qui scrutait chaque issus, l'arme déjà prête à donner la mort.


« C'est le jeu du chat et de la souris, et c'est nous les souris pour le moment, nous devrions nous mettre à courir... »

_________________


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Vost
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MessagePosté le: 13/11/2018    Sujet du message: Des cheveux magiques Répondre en citant

« C'est le jeu du chat et de la souris, et c'est nous les souris pour le moment, nous devrions nous mettre à courir... »

* ~ Cette fois-ci, l’injonction ne ressemblait pas réellement à un ordre ; l’emploi du subjonctif laissait entrevoir une légère fissure dans la carapace de sérénité et d’impassibilité qu’arborait d’ordinaire l’assassin. Lui qui paraissait – quelques minutes plus tôt – gorgé d’assurance en mentionnant une simple partie de « cache-cache », il subissait à présent un contrecoup du Karma car sa précédente métaphore prenait vie avec une précision plus qu’inquiétante.

* ~ Courir ? Voilà un plan que seul un type extrêmement agile, capable de s’éclipser à la moindre occasion sans laisser de trace, pouvait se permettre. Avec son armure de bric et de broc, son épée démesurée et sa prestesse digne d’un éléphanteau cul-de-jatte, Vost aurait vite fait de rameuter l’exquise faune du Palais Maudit ou de tomber dans un piège – voire les deux à la fois. De surcroît, les étroits corridors qui semblaient constituer la majeure partie de cette aile entravaient les possibilités offensives offertes par son arme. Toutefois, en examinant à nouveau la scène, le Démon se rendit promptement à l’évidence : dans cette configuration, les Elendecias n’auraient aucun mal à les encercler ; ne pas se carapater d’ici en vitesse revenait donc à augmenter la probabilité de finir en charpie jusqu’au seuil critique de 99,99% – en faisant l’hypothèse qu’une probabilité de 100% n’existe qu’en théorie. Ainsi, il soupira avant de s’adresser à son compagnon d’infortune :

« Quelle porte ?

- Quatre heures. Pars devant. »

* ~ L’albinos pesta fugacement.

« T’as pas intérêt à me lâcher. »

* ~ Autant l’idée de mourir lors d’un combat singulier – même dans d’atroces souffrances – ne l’émouvait pas le moins du monde, autant la perspective de finir démembré par un pauvre joint de carrelage possédé, abandonné par un soi-disant « frère d’armes » préférant sans doute sauver son cul plutôt que de se risquer à aider un sociopathe, ne l’attirait guère. Néanmoins, en l’absence de meilleure option et face à l’urgence grandissante, il rengaina puis s’élança à travers la porte indiquée par son supérieur.

* ~ Pendant quelques minutes, les aréniens déambulèrent à nouveau dans un décor éclairé à flamme, rappelant l’univers de Fabriquamour – le célèbre écrivain d’horreur. Les étroits couloirs vrillés, à l’architecture incompréhensible car inconstante, étaient bordés de murs, aussi récents qu’anciens, dont les décrépitudes laissaient par endroit transparaître des morceaux de chair à vif, rougeoyants et pulsants. Au détour d’un corridor le golem d’albâtre appuya malencontreusement son bras sur une des parois pour conserver son équilibre. Au lieu de se heurter au dur contact de la pierre, son appendice s’enfonça quelque peu, dans un bruit assez répugnant. Lorsqu’il se tourna furtivement pour identifier l’origine de cette sensation étrange, il croisa le regard d’un œil unique – de la taille de sa main – qui sortait d’une fissure, comme exorbité. Malgré sa contenance, il ne put contrecarrer son instinctif mouvement de recul, entre autres intimé par le profond dégoût que lui inoculait ce globe oculaire inepte.

* ~ Ce ne fut pourtant pas cette rencontre inopportune qui interrompit la course des deux chasseurs mais l’arrêt du pseudo compte à rebours qui résonnait jusqu’alors comme une rythmique en sourdine. Ils n’étaient pas « cachés ». Les échos cristallins s’estompèrent rapidement au profit de ces chants hideux, ricochant dans tous les boyaux de l’affreux palais. Assaillis par ces mélodies dissonantes, rendues assourdissante par les réverbérations acoustiques, ils hâtèrent le pas dans l’espoir de trouver un refuge capable de les protéger d’une embuscade – ou, autrement dit, d’une mort certaine.

* ~ Soudain, le groupe fut confronté à un carrefour. Vost détestait les carrefours, surtout dans ce foutu donjon – ils impliquaient deux fois plus deux menaces potentielles. Il allait ralentir l’allure quand l’assassin beugla :

« Tout droit ! Ne t’arrête pas ! »

* ~ Non sans pester derechef – cet elfe hautain le prenait pour son toutou ou quoi ? –, l’annihilateur s’exécuta. En franchissant le seuil de l’intersection, il jeta un œil à gauche... Puis à droite. Trop tard. Une chose informe s’abattit sur son visage. L’impact le propulsa dans la bifurcation opposée. Une arête saillante fracassa son crâne ; il s’écroula. Il n’avait rien vu, rien entendu – à cause des chants incessants –; il sentait seulement des picotements sur sa joue, sur sa pommette, comme des coupures. Sonné, il tenta tant bien que mal de se redresser. Ses yeux sanguinolents constatèrent alors l’horreur, tapie dans la pénombre. Le couloir d’en face n’était qu’une gueule, aux innombrables rangées de crocs circulaires, de laquelle dépassaient des sortes de tentacules griffus qui s’agitaient de manière immonde. L’orifice béant semblait avancer pendant que d’autres dents perçaient les murs. Même le pire des cauchemars du Démon torturé n’égalait cette atrocité ; si bien qu’une sueur froide lacéra son échine.

« BOUGE ! »

* ~ Eöl attrapa l’hébété par le col pour le relever. Dans le même geste, il le poussa vers l’avant pour lui intimer – au cas où l’intervention orale n’aurait pas suffi – à poursuivre sa route. Tel une carcasse désarticulée, le dératé se remit à courir à un rythme aussi effréné que le permettait son oreille interne, jusqu’à ce que...

* Encore un carrefour bordel ! *


* ~ Des deux branches latérales de la nouvelle intersection émergèrent deux Elendecias ; elles dansaient tout en crachant leurs discordances habituelles. Leurs vocalises infernales taraudaient le cortex de Vost qui s’ébroua dans une vaine tentative de garder le contrôle.

Arrêt forcé de tous les processus cognitifs de haut niveau... Echec. Nouvelle tentative... Echec.

* ~ La cadence des pas se languissait, le pantin s’approcha inéluctablement de celles qui tiraient les ficelles, de ces abominations à la fois sinueuses et crochues ; sources d’un désir malsain capable de le consumer – ou le consommer – en quelques secondes.

Alerte : contrôle moteur Signal d’urgence envoyé dans l’ensemble du système nerveux… Réponse : faible à modérée.

* ~ Un dernier sursaut d’intensité parcourut les circuits l’automate corrompu. Tous ses muscles se bandèrent sans bouger, tels des moteurs en surchauffe. Cependant, sa trajectoire demeura inchangée ; le papillon de nuit rejoignant, sans fléchir, la lumière du réverbère. Heureusement, un carreau d’arbalète fusa sur son flanc gauche, suivi de près par le tireur d’élite à la gâchette facile. Lorsque le trait arracha une partie de la trachée d’une des deux succubes, le robot pâle sentit comme un fil de marionnette se détacher de ses épaules.

Shut down du cortex cérébral. Mode réflexe activé. Utilisation du système nerveux périphérique : 100%.

* ~ La pince métallique tribord harponna la mâchoire de l’engeance démoniaque avec la ferme intention de la briser – ou du moins de la clore définitivement. Sans interrompre son mouvement, la main robotique enfonça à plusieurs reprises le crâne monstrueux dans les briques avant de le racler contre le mur en reprenant sa course. En dépit de ses agissements instinctifs, l’androïde n’avait pas perdu de vue l’objectif de son programme principal ; de son étau gauche, il arracha une partie du scalp de sa cible puis la laissa gésir, inerte, sur le sol qui devenait de plus en plus organique.

* ~ En face, une lueur perçait les ténèbres, une ouverture brillant pouvant tout autant relever de la salvation que du piège. Pas le temps de tergiverser pourtant : l’entité informe qui leur collait au train ne semblait pas décider à leur accorder un délai de réflexion. Vost rattrapa son compagnon du mieux qu’il pût mais, au niveau d’un renfoncement dans la paroi, celui-ci se stoppa net. En le dépassant, le Démon constata que son regard avait été happé par celui d’une Elendecia planquée dans le sombre recoin. Il freina des deux pieds afin de récupérer son partenaire et ainsi lui éviter une éviscération ou une dissolution par des sucs gastriques – un acte motivé davantage par le pragmatisme que par la bonté. Lorsqu’il volta son regard croisa à nouveau le vide affamé qui dévorait, perçait le crépi de son émail. Les murs et le plafond se resserraient, se contractaient comme si le couloir devenait un intestin géant.

Timulateurs émotionnels stoppés. Arrêt brutal du processus « crainte.exe ». Redirection de toute l’énergie vers les fonctions motrices.

* ~ D’une poigne solide, l’albinos agrippa le sac du randonneur meurtrier pour le projeter vers la lumière. Dans le feu de l’action, il ne contrôla pas sa force – avantageusement, l’agilité de l’elfe l’empêcha de se vautrer dans le boyau géant –, ni dans ses bras, ni dans ses jambes qui essayaient désespérément de le propulser à travers l’issue à son tour. Toutefois, son rythme ralentit à nouveau sous le joug d’infâmes mélopées ; il avait l’impression qu’elles liquéfiaient son cerveau, qu’elles le faisaient s’écouler par ses narines. Toute sa volonté se retrouvait mobilisée sans pour autant parvenir à endiguer sa décélération.

* ~ De son côté Eöl commençait à fermer l’énorme battant gondé à l’extrémité du corridor. Dans un dernier effort il condamna la porte après avoir extirpé l’albâtre des tripes murales. Avant de reprendre son souffle, ce dernier barricada l’issue avec un gigantesque vase qui trainait non loin. Il n’avait pas pris le temps d’effectuer une reconnaissance dans cette nouvelle salle. Il ne savait, ne voulait pas savoir ce qu’elle contenait ; il voulait juste se poser là, pour l’éternité. Finalement, se faire occire par un joint de carrelage possédé lui paraissait plus attrayant que de finir digéré par un couloir.

* ~ Une fois mentalisé, reconcentré, il débuta un examen de son supérieur et des alentours…
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MessagePosté le: 21/11/2018    Sujet du message: Des cheveux magiques

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