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Le dernier maître de la terre

 
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Katy
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MessagePosté le: 26/11/2018    Sujet du message: Le dernier maître de la terre Répondre en citant

[HRP] Base de rythme convenue : 72h chacun. [/HRP]

Des coulisses d’une blancheur de laboratoire, aux portes innombrables et anonymes -la plupart interdites d’accès-, une atmosphère filtrée en continu, une température relativement fraiche pour un intérieur, des surfaces aseptisées à l’éthanol et à la javel alternativement… Le Refuge et sa blouse impeccable d’hôpital futuriste donnait le tournis à la guerrière par sa perfection dérangeante, qui ne laissait aucun détail livré au hasard. Elle avait envie de propager l’entropie dans cette zone, ce qu’elle faisait à l’échelle du dortoir qui lui avait été accordé, malgré les efforts prodigieux exécutés par l’agent d’entretien entièrement robotisé pour dissiper le chaos qu’elle semait derrière elle. Plus l’ennui était fort, plus la confrontation homme-machine, traduite par désordre-ordre, s’intensifiait. Il faut accorder pour la défense de la blondinette que, malgré la puérilité et la vacuité de cette bataille, cela faisait tout de même trois jours qu’elle attendait sans instructions la venue de l’un ou de l’autre des protagonistes de cette formation. En tant qu’Elite Protectrice, son rôle était relativement limité dans cette affaire, tant est soi peu qu’elle en ait réellement un. Elle attendait les directives, en vain. Depuis qu’elle avait proposé sa participation, qui lui tenait à cœur étant donné qu’elle avait envie de soutenir Faram dans cette épreuve, on l’avait téléportée ici et laissée pour compte. Les aides-soignants et infirmiers du Refuge lui assuraient en permanence, chaque fois qu’elle le demandait, qu’ils étaient informés de la venue de Faram Derol et d’Adam Hongsi, et que ceux-ci ne devraient pas tarder. D’ailleurs, des soins extensifs étaient prévus pour l’Ondin. Finalement, on l’avait informée que le retard était en partie dû au fait que l'Officier subissait une cure de désintoxication suite à des prises médicamenteuses outrancières.
Si Gabriel détestait tant le temps passé seule et enfermée, c’est parce qu’elle avait le loisir de réfléchir. L’Ennui ouvrait la porte aux angoisses qui l’animaient au plus profond d’elle-même, des peurs enracinées qui rampaient autour de ses deux amants, de leurs vies à tous les trois, dansant toujours sur le fil ténu des combats. La crainte pour ses amis aux conditions toujours aussi précaires. L'éreintement dans la lutte si écrasante contre la Malédiction… et puis elle ressassait une question qui la taraudait depuis quelque temps: après, en admettant que tout cela finisse, qu’adviendrait-il d’eux ? Une perspective presque aussi opaque que la vie après la mort. Alors, elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour penser à autre chose et s'occuper. Tandis qu’elle s’accordait de brèves sorties sur les étendues gelées et battues par la neige, emmitouflée dans son grand manteau à doublure de fourrure, elle tâchait de creuser ses souvenirs sur le dénommé Adam Hongsi… L’avait-elle déjà croisé en mission ? Mais ce nom associé à un Elite Destructeur ne lui disait rien. Pourquoi celui-ci n’était pas présent ? Avait-il lui aussi un passif de toxicomane ou un handicap qui l’obligeât à rester anonymement au Refuge pendant plusieurs jours ?
Le quatrième jour d’attente fut enfin le jour où elle eut des nouvelles concrètes de ses compagnons. C'était tant mieux, car la guerrière était traversée par un pic d’agressivité la poussant à songer sérieusement à détruire de façon irréversible l'équilibre de sa chambre. Un infirmier vint la retrouver juste à temps avant qu’elle ne s’arme de Scorpion à des fins peu louables. Il tenait dans sa main un rouleau manuscrit qui lui était adressé. Intriguée, elle le décacheta (le sceau représentait un oiseau) et le lut attentivement.


    « Chère Gabriel Sorden,

    Je suis Adam Hongsi, Vétéran Destructeur et maître de la terre. En tant que formateur, je dois enseigner à Faram Derol cet élément qui demande une grande force et stabilité intérieure pour pouvoir le maîtriser. L’idéal pour cela est l’isolement et le retrait spirituel. Malheureusement l’état de santé de notre initié semble s’y opposer et j’ai pour instruction de le ramener au Refuge tous les deux ou trois jours, maximum, pour des examens et des soins intensifs. Il faut vraiment que l’administration soit pressée de le renvoyer en mission pour que l’on ait pour idée de combiner une formation d’Elite à une telle épreuve de rééducation. Quoiqu’il en soit, votre mission est de l’aider à faire la navette entre mon repère et le Refuge, ces contrées étant infestées de créatures qu’il ne fait pas bon de croiser. Vous nous aiderez également pendant certains exercices.

    Je suis en retrait dans le flanc d’un volcan aux coordonnées XX’XXXX°N XX’XXXX°E.

    Afin d’accélérer et d’améliorer la qualité de cette formation, si vous détenez des informations susceptibles de m’aider à appréhender l’Officier Faram Derol, je vous prie de me renvoyer une lettre avec le même oiseau que celui ayant transporté ce rouleau.

    En vous remerciant pour votre aide, je vous prie d'agréer [etc.]
    Adam Hongsi.»


La jeune femme nota les coordonnées et demanda une carte à l’Infirmer pour pouvoir se repérer. C’était à une trentaine de kilomètres au Sud du Refuge. Trop long à pied dans de telles conditions climatiques, surtout si Faram éprouvait des difficultés à marcher. Elle réclama donc à ce qu’on les équipe d’un jetski, ce qui lui fut accordé, non sans le rappel que le jetski n’était pas tout terrain et qu’ils auraient à parcourir à pieds les derniers kilomètres en flanc de montagne. En réalité, l’Arenienne comptait utiliser son amulette de grizzli à cet effet : l’animal était suffisamment grand et puissant pour les transporter tous les deux, l’Ondin et l’Humaine, sur les flancs inclinés du volcan. Sa dernière requête fut un parchemin pour pouvoir renvoyer un pli au maître de la terre. C’est avec un certain enthousiasme, celui de s’activer après plusieurs journées d’attente, qu’elle se mit à écrire. Comparé à son destinataire, qui possédait une belle calligraphie que l’on sentait exécutée à la plume, l’écriture comme le style de la guerrière étaient frustes, à l’image de sa personnalité et de son éducation. Elle maniait pour tracer ses mots sans charme un simple stylo à bille noir emprunté au bureau de son dortoir. Elle composa sa réponse ainsi :


    « Bonjour Adam Hongsi.

    Bien reçu pour vos coordonnées. Je suis sans nouvelles de Faram pour le moment, si ce n’est qu’il est en soins. Dès qu’il sera libéré, je vous l’amènerai comme demandé.

    Faram est un ami de longue date. Il est le seul Ondin des deux écoles, il me semble. Ces derniers temps, après de longues missions dans l’eau, il éprouve des difficultés à retourner à la vie terrestre. Il a un passé (et peut-être un présent) de toxicomane. Mais c’est quelqu’un de bien : Il a un grand sens du devoir, il essaie toujours d’aider ou de secourir les autres, je lui confierais ma vie sans souci. C’est seulement très dur de le faire parler de lui-même. En tant qu’illusionniste, il est maître dans l’art de la tromperie et de la dissimulation, dont il se sert beaucoup pour cacher ses faiblesses. Ses pouvoirs sont extrêmement puissants en combat. Voilà, je ne sais pas si ces éléments vous aideront. Je gage que sera un élève assidu et qu’il ne vous décevra pas.

    Gabriel. »


La jeune femme enroula la courte missive sur elle-même, la maintint ainsi avec une ficelle. Elle ne possédait pas de sceau ni de cire pour la cacheter, aussi elle n'en fit rien. Elle se rendit au pigeonnier du Refuge qui, malgré la présence d’une centaine de volatiles adaptés au froid, était presque aussi propre que n’importe quelle autre pièce de l’immense complexe. Un homme prit sa missive qu’il accrocha aux pattes de l’oiseau qui avait porté le message de l’Elite jusqu’ici. La Protectrice n’avait aucune culture ornithologique, cela dit elle apprécia à sa mesure les discours du chercheur passionné tandis qu’il célébrait d'éloges ce colombidé au plumage hyper isolant, capable de traverser des blizzards et de résister à des températures chutant jusqu’à -70°C. Rien qu’en entendant ce record, Katy frissonna. Ne pouvaient-ils pas augmenter le chauffage dans ces locaux ? « Pour éviter la prolifération des germes », lui avait confié à un moment une aide-soignante « et éviter la transpiration ». Quitte à avoir froid, elle avait hâte de traverser les contrées gelées pour se diriger vers le maître de la terre. Elle était curieuse de savoir à quoi ressemblait la maîtrise de cet élément et de quelle façon les techniques seraient enseignées à son ami.
Ne restait en réalité plus que le protagoniste principal de cette mission pour la démarrer.



*~*~*~* FICHE DE ADAM HONGSI *~*~*~*



Prénom et Nom : Adam Hongsi, connu sous le nom de « l’Alchimiste » ou, plus rarement, du « Dernier Maître de la terre »
Age : 35 ans
Race : Humain

Rang : Vétéran Destructeur (niveau 15, maximal)

Force : 12 En bon Illusien qui se respecte, Adam ne s’est jamais embarrassé de développer sa force pendant ses années de formation. Mais il est au-dessus de la moyenne masculine du Velm.
Agi : 12 Idem que la force. C’est assez pour exécuter les chorégraphies nécessaires à l’utilisation de ses pouvoirs, et pour éviter les assauts au corps à corps.
Endurance : 14 Son endurance lui sert surtout à utiliser ses pouvoirs le plus longtemps que possible. Il s’économise en combat.

Sagesse : 17 Adam mise tout sur ses capacités d’observation et d’adaptation au terrain, qui constitue sa meilleure arme. Il est excellent tacticien. C’est aussi un homme très cultivé. Malheureusement, il a le sang un peu chaud.
Magie : 22 Comme la plupart des Destructeurs, c’est dans la maîtrise magique qu’Adam est le plus dévastateur.
Pouvoir de base :
    Transformation
    Adam est né avec une faculté hors du commun : celle de pouvoir transformer la matière en une autre. Ce qui lui a valu très tôt le surnom de l’Alchimiste. Mais loin de se contenter de pouvoir changer le plomb en or, il n’y a rien qu’il ne puisse transformer, au contact de ses mains ou de ses pieds, en une matière de son choix. A partir de la zone de contact, la vitesse de transformation est de un centimètre par seconde à un mètre par seconde, selon la difficulté à passer d’un matériau à un autre (par exemple, transformer du plomb en or peut se faire à grande vitesse, car les atomes sont très proches, mais transformer de la chair humaine en plomb se ferait à une vitesse beaucoup plus faible étant donné que leur composition est très différente). Toutes ces transformations sont réversibles au bout de quelques minutes (si les deux matériaux sont éloinés, car instables), ou quelques jours voire semaines (si les deux matériaux sont très proches).

Pouvoir de Destructeur :
    La Terre
    Ces pouvoirs se traduisent essentiellement par géokinésie. Adam est capable de modifier la forme, la granulosité et de contrôler par la pensée (et les gestes) tous les matériaux qui sont issus de la terre, y compris les métaux, la difficulté croissant avec la complexité du matériel (il contrôlera donc plus facilement du quartz ou un métal pur qu’un granit composé de plusieurs phases de cristaux). Cette aptitude se marie très bien avec son pouvoir originel d’Alchimiste, car il peut également contrôler tout ce qu’il a transformé en pierre ou en métal.


Arme : Il se balade toujours avec une espèce de lingot de fer qu’il peut façonner, contrôler ou transformer selon ses besoins. (A noter que s’il voyage longtemps, il le transforme en pièce de pin pour qu’il pèse moins lourd sans s’abîmer)
Armure : /
Autres : Mana Ring, qui lui permet d’utiliser plus longtemps ses pouvoirs mais aussi d’écorcher un peu ses adversaires lorsqu’il leur met une bonne droite. Il possède également deux pendentifs : une Amulette de Protection et une Amulette du Destin. Adam ne part jamais en mission sans un sac bien rempli et soigneusement organisé. Sa sacoche contient pour cette mission, entre autres, une potion de soin moyenne, une potion de soin majeure, une potion du sage, une potion de mana, une potion sensorielle et deux potions de résistance au froid.

Façon de se battre :
Adam n’est clairement pas du genre à foncer tête baissée dans un danger. Courageux mais pas téméraire, il analyse -rapidement, certes- les situations avant d’agir, quitte à laisser ses camarades foncer en premiers pour observer les réactions de l’ennemi. Etant donné la nature de ses pouvoirs, il est important pour lui de s’approprier correctement le terrain pour en tirer le meilleur parti. Il ne mise presque que sur l’utilisation de ses compétences magiques et évite à tout prix le corps à corps. Pour exécuter sa géokinésie au maximum de ses pouvoirs, il doit exécuter une espèce de chorégraphie belliqueuse, comme un enchaînement de kata.
Lorsqu’il est pris par surprise, acculé ou s’il a momentanément perdu l’usage de ses pouvoirs, par exemple par épuisement, il se révèle être un combattant correct, mais ne fait pas le poids longtemps contre des guerriers ou des monstres puissants. Il essayera donc de mettre de la distance ou de se servir de zones de contact pour pétrifier son ennemi.


Résumé physique :
De stature moyenne mais de nature trapue, Adam possède une musculature épaisse, due à la fois de sa physionomie mais aussi de ses longs entraînements martiaux autour de la maîtrise de la terre. Sa peau est très mat, attestant d'origines probablement des Terres du Sud. Peu soigné, ses cheveux bruns sont souvent en bataille voire emmêlés, son corps et les vêtements sont régulièrement couverts de poussière et légèrement usés. Il n’est pas sale, mais a un côté réellement sauvage. Il aborde toujours les tenues les plus légères que possible, qui semblent typiques de sa région (pour cette mission, forcément, il sera tout de même couvert pour ne pas mourir de froid). On remarquera que ses mains comme ses pieds sont plus grands que la moyenne et pourvus d’une ossature très robuste. Il les maintient nus le plus souvent que possible.

Résumé mental :
Dans sa jeunesse, Adam était ambitieux, fougueux voire hargneux, toujours agité comme en colère, bien que très intelligent. Mais depuis qu’il a appris la maîtrise de la terre auprès des nomades, il tire de leur enseignement philosophique et spirituel une plus grande sagesse. Il essaie d’acquérir une meilleure maîtrise de lui et accorde toujours une partie de sa journée à la méditation. Malgré tout, sa nature profonde le rattrape tout de même par moments et, si l’on touche à des points sensibles de son passé, on risque d’éveiller en lui des colères noires qui peuvent le pousser à tuer sans remords.

Histoire
:
Sera développée pendant le RP, mais les faits sont les suivants : Arrivé à Illusia très tardivement, le jour de ses trente ans, il a eu une ascension fulgurante. Il est aujourd’hui le seul Destructeur à maîtriser l’élément de la terre. Il aurait acquis cet art, comme ses prédécesseurs décédés, auprès d’un peuple maîtrisant ce type de pouvoirs. Malheureusement ceux-ci auraient été victimes d’un génocide peu après. D’où le fait qu’il soit considéré comme le « Dernier maître connu de la terre ».
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Dernière édition par Katy le 07/12/2018; édité 3 fois
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MessagePosté le: 26/11/2018    Sujet du message: Publicité

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Faram
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MessagePosté le: 06/12/2018    Sujet du message: Le dernier maître de la terre Répondre en citant

Traverser un portail n’est déjà pas une sensation que le corps humain apprécie. Il ne s’y habitue guère voir, dans mon cas, pas. Des éléments modifient la perception de la perte d’équilibre de la traversée, comme faire une roulade, qui permet de jouer en la faveur du centre de gravité du corps, néanmoins, d’autres facteurs altèrent tout de même l’intérieur de l’organisme : cette attraction littérale des viscères vers l’exterieur, en passant par la bouche naturellement, s’accentue par la galipette.
Dès lors, en me faisant traverser le portail à l’aide d’un fauteuil roulant, je ne me doutais pas de la terrible sanction que recevrait mon corps à l’idée d’user de magie pour traverser des kilomètres. Il va sans dire que la nausée fut terrible, incroyable, et me fit déglutir instantanément la maigre pitance avalée quelques heures plus tôt. Quant à la perte d’équilibre, étant assis je ne pouvais chuter, cependant cette aventure m’apprit beaucoup de la physique des portails. Il semblerait que la vitesse du corps s’altèrent durant la traversée, ainsi que sa direction. Pour faire clair, on pense marcher droit, mais nous nous retrouvons comme sur un tapis roulant en biais. Résultat, le Traqueur avait visait juste pour un homme debout, mais pour moi non : le fauteuil roula à une vitesse folle vers un mur, mur que je taguai avec mon repas susnommé et posai ensuite mon crâne avec virulence sur le crépis blanc. Le choc fit naturellement repartir mon bolide en arrière, qui tourna en rond, ralentissement progressivement, sans que j’ai les réflexes nécessaires pour réagir à cette farce improvisée.

Naturellement, du monde m’observait. Des blouses blanches, à foison, stéthoscope autour du cou et montre dans les poches des chemisiers, reconnaître un hôpital me fut aisé. D’en déduire le Refuge, il n’y avait qu’un pas ; seulement, et là ma compréhension du monde s’arrêtait, les médecins et les Elites avaient convenu qu’on ne me soignerait pas au Refuge. Du moins, qu’on ne m’implanterait pas du titane dans les jambes, alors une question me traversa l’esprit.
« Par les couilles des Gardiens, qu’est-ce que je fous là ? » Et puis, alors que nous nous fixions en chiens de faïence, eux incrédules quant à cette entrée si soudaine et si remarquée, moi parce que je débarquais littéralement, j’entendis dans les murmures un mot-clef qui dénoua le fil de l’énigme. Formation. En clair, je ne venais point ici pour guérir, à quoi cela pouvait-il bien servir d’avoir un soldat en parfaite santé? Tant qu’il lance des sorts et des flèches, cela suffit. Simplement, pour apprendre, pour ingérer une nouvelle magie.

Mon corps tiendrait-il ?
Probablement. Au pire, je me trouvais dans le garage des Ecoles, réparant leurs jouets les plus endommagés.

Une grande dame, aux cheveux particulièrement longs, s’approcha de moi et commença à pousser le fauteuil dans une direction que je ne connaissais pas. Elle m’apprit aussitôt qu’on me débarbouillerait avant de m’embarquer vers ma formation. Je reviendrais ici tout les deux ou trois jours, pour me piquer afin que je me transforme et m’hydrate. Quelle joie ! Ils me donneraient aussi des potions de sommeil sans rêve, si jamais la douleur devenait trop forte, mais qu’il faudrait utiliser avec parcimonie : en effet, bien qu’assommé par un sommeil calme, il n’en était pas réparateur.
Elle continua de m’expliquer, tout en m’aspergeant d’eau, que j’aurais de grandes difficultés à marcher au début et, suivant l’intensité de ma formation, je ne me rétablirai guère. Cependant, les techniques employées ici m’éviteraient trop d’opiacés addictifs, ce qui permettrait a minima à mon cerveau d’agir. Mes autres capacités motrices, comme ma voix et les mouvements de mon corps, reviendraient bien vite, juste le temps d’évacuer les médicaments archaïques fournis par Illusia. A ma prochaine métamorphose, tout irait mieux !
Elle me prit mon bagage, ne me laissant que le strict minimum dans un petit sac, accompagné des potions, me posa tout sur les genoux et me propulsa dans vers la sortie. Elle ricana en évoquant un volcan et une fille bien trop énervée pour rester ici, ce qui ne me rassura absolument pas. Je connaissais de nom, et de réputation, le mage qui me formerait, nulle sorcière colérique par contre.

Quand j’aperçus sa silhouette de loin, il me fut aisé de la reconnaître. L’épéiste à la poitrine la plus imposante du Velm pouvait être connue pour ses colères, surtout dans un lieu si peu accueillant pour les bretteurs écervelés ici -soit la majorité des Aréniens. Serait-elle ma formatrice ? Nulle doute que sa présence rimait avec une coïncidence, mais allait-elle me lire des livres, me faire dessiner des symboles sur le sol ou me faire réciter les différents types de roche et de sol, me martyrisant avec son fouet à chaque erreur ? Comment pouvait-elle intervenir dans ma formation, et pourquoi un volcan ?
Quoi qu’il en soit, j’étais particulièrement heureux de la voir ici. Comme une présence rassurante et chaleureuse dans les murs austères et froids de la clinique expérimentale. Et je pouvais compter sur elle pour mettre le Refuge à feu et à sang pour me protéger des envies vindicatives des différents chirurgien désirant disséquer et étudier les métamorphoses des ondins. Quand elle me vit, à son tour, elle fut autant soulagée que surprise de me voir dans une telle position, mais je la rassurais en lui expliquant que ce n’était que temporaire. La docteure la briefa sur l’usage des différentes potions et, surtout, la nécessité à ce que je sois de retour maximum dans trois jours, sous peine de mourir desséché dans d’atroces souffrances. Un énième homme en blouse blanche déposa un énorme pack d’eau sous le siège de mon fauteuil, et je fus ravi de cette astuce, je n’aurais à porter trop de liquide moi-même. Bien que neuf litres risquaient de ne pas me suffire en trois jours, surtout si Katy buvait aussi. Or, je savais qu’elle avait une particulièrement bonne descente de liquide, capable de me suivre dans les plus grandes virées alcooliques.

Me restait plus qu’à savoir : comment aller sur un volcan en fauteuil roulant, sans arme et presque sans pouvoir, dans une des contrées les plus hostiles du Velm.
Petit détail, j’avais aussi un plaid tout mignon couvrant mon corps, pour me protéger du froid. Nul doute qu’il me protégerait aussi des assauts des démons alentours et absorberait la douleur de mes membres.

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Katy
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MessagePosté le: 09/12/2018    Sujet du message: Le dernier maître de la terre Répondre en citant

Gabriel installa Faram sur la motoneige, bien qu'elle sentit qu'il n'apprécie pas de se faire dorloter comme un invalide et de la voir jouer le rôle d'infirmière personnelle. Cependant elle n'avait pas grand choix, il ne pouvait visiblement pas prendre place seul. Elle plia son fauteuil roulant et l'accrocha à l'arrière du véhicule, sur la caisse qui contenait entre autre leur réserve d'eau à présent. En cas de besoin pour hydrater la peau de Faram, elle songea qu'ils pourraient utiliser de la neige fondue. Elle avait entendu dire par un homme au Refuge qu'il fallait cependant éviter cette astuce pour se désaltérer, sauf cas de force majeure : le risque de souffrir de maux de ventre aigus était trop important, à cause de l'absence de minéraux dans l'eau. Or il n'était pas bon de tomber malade loin de toute civilisation.
La guerrière s'installa sur le siège à l'avant. Elle ne possédait pas le permis moto et, bien qu'il neige dans sa contrée de naissance, les habitants là-bas utilisaient plutôt les animaux que des véhicules thermoélectriques pour se déplacer, même au cours des saisons les moins hospitalières : ils ne possédaient tout simplement pas cette technologie. Par conséquent, malgré la formation accélérée qu'elle avait eue au Refuge avec un sauveteur habitué à patrouiller avec de tels engins, ce n'était pas exactement "dans son sang". Faram dût ressentir une frayeur indescriptible aux premiers instants de conduite. En tous cas, Gabriel l'entendit crier dans les premiers virages peu maitrisés et dérapages involontaires qu'elle accomplit, sans parler des freinages intempestifs lorsqu'elle voulait éviter un obstacle camouflé par la neige. Alarmes auxquelles elle n'eut pas l'occasion de répondre, puisqu'elle-même serrait les dents. Après un quart d'heures de conduite, l'Humaine s'était un peu plus habitué à sa monture mécanique. l'Ondin, baromètre de la dangerosité de conduite, s'était tut, trop crispé ou évanoui. En voulant tourner la tête pour évaluer son état, la conductrice improvisée eut le droit à un
« Regarde devant toi ! » paniqué et teinté de reproche. Haussant les épaules, elle décida donc de ne plus se préoccuper de lui jusqu'à nouvel ordre.

Ce premier trajet fut sous de bonnes auspices. Les deux amis ne croisèrent aucune créature hostile et presque aucun animal sauvage également, effrayés par le bruit du moteur. Faram faisait office de copilote pour la guerrière aux commandes, elle lui avait donné à cet effet la carte où elle avait mis en évidence avec une croix la position du maître de la terre. Le volcan se dessina derrière le rideau de neige, qui griffait sa silhouette noire recouverte d'un manteau blanc. Seule la pierre basaltique et la forme conique de la structure témoignaient de l'origine volcanique du relief. Aucune fumée, lueur rougeâtre de magma, explosion, tremblement, ni même aucune odeur de soufre, ne venait perturber le calme infini de la zone, où l'on pouvait presque entendre les flocons de neige tomber. Dans un tel environnement, la motoneige et ses deux passagers étaient aisément repérables, leur progression bruyante troublant la quiétude extrême des lieux. Même si, malgré tout, il était peu probable que du fond de son perchoir Hongsi les entendît, car les précipitations neigeuses agissaient comme un barrage anti-son sur des distances modérées à longues.
Arrivant à destination, Gabriel gara la motoneige dans un renfoncement rocheux comme le lui conseilla Faram : même si la zone semblait déserte, autant rester prudent pour éviter d'attirer l'attention et la convoitise de pillards ou de créatures à la vue aiguisée. Elle descendit ensuite lourdement de son poste de pilote, les muscles du corps entier paralysés par la tension de la route, et contourna péniblement le véhicule pour décrocher leurs affaires. Saisissant son amulette, elle appela son grizzli, qui apparut aussitôt. Cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas invoqué et sa démesure comme sa férocité l'impressionnaient invariablement. Elle fit monter Faram en premier puis, s'étant assuré qu'il était bien accroché au poil dru de l'ursidé, grimpa à son tour, un sac sur chaque épaule. Elle demanda au grizzli de saisir la poignée de leur bonbonne d'eau entre ses dents et commencer l'ascension. La bête s'exécuta dans un grognement et commença sa progression de son pas lent et chaloupé.

L'élévation dura un petite heure, qui fut singulièrement pénible pour les deux voyageurs. Le froid et l'immobilité leur givrait les articulations, les cahots et de la difficulté à se tenir sur le dos de l'animal sur une pente aussi forte violentait leurs os et leurs muscles. Cela me faisait que trois heures qu'ils avaient quitté le Refuge, pourtant il leur en paraissait le triple tant ils étaient à bout de force. C'est donc avec effarement qu'ils constatèrent, arrivés à destination, qu'ils n'étaient pas au bout de leurs peines.0
Hongsi ne se trouvait pas dans la grotte.
Une vérification rapide de la carte leur confirma qu’ils se trouvaient bien aux longitudes et latitudes exactes indiquées. Il s’agissait de la seule grotte visible de l'extérieur, pour peu qu'ils aient pu en juger lors de leur ascension… Retirant ses gants avec les dents dans un juron, Katy vérifia de nouveau l’ensemble des indications : sur la lettre, la carte, les points de repère dans le paysage, la boussole… Alors, ils avaient réellement raté une autre entrée ? Ou bien l’Illusien se campait dans une galerie secondaire ? Elle alla jusqu’au fond de l'accès actuel, armée d’une lampe torche, et jeta un œil dans les chatières incommodes qui assuraient de longues minutes à ramper sans destination, probablement aboutissant à des cul de sac de l'épaisseur d'une tête dépingle. Elle n’avait pas la moindre envie de s’y risquer, ses formes et l’épaisseur de ses vêtements promettaient qu’elle se coincerait rapidement. Non seulement la spéléologie ne faisait pas partie de son panel de compétences, mais en plus s’imaginer coincée sous plusieurs centaines de mètres de roches la faisait suffoquer à l’avance. Elle se découvrait soudain une certaine claustrophobie. Cet endroit aux parois sombres et humides lui donnaient l’impression d’un boyau de pierre cherchant à l'avaler et à la digérer. Frustrée, épuisée et désespérée, elle retourna vers Faram, assis à l'entrée à la grotte là où elle l'avait laissé avec leurs affaires. Il affichait un air si piteux était qu’elle n’osa point lui exprimer son agacement ou son inquiétude, qui devaient cependant se lire clairement sur son visage. Elle tenta de se rassurer avec l’idée que le Refuge n’était qu’à deux heures de motoneige, même si dans l'impossibilité de convoquer de nouveau le grizzli il serait plus compliqué de redescendre, elle pourrait effectuer deux aller-retours, le premier en transportant l’Ondin sur son dos, le second avec le reste de leurs affaires… Etant donné son épuisement nerveux, elle espérait que cette option ne resterait qu'une issue de secours, et non pas une réalité. Les jours se raccourcissaient drastiquement avec les débuts de l’hiver polaire, et le jour était terminé bien qu’il soit encore tôt en réalité. L’obscurité était presque totale dehors, fort heureusement la lune était pleine, les étoiles brillantes et le ciel dégagé, offrant aux deux égarés une certaine luminosité nocturne. Sans compter leur lampe de torche, sensée être suffisamment puissante et rechargée pour durer plusieurs jours d’utilisation continue.


- Je vais regarder dehors s’il n’y avait pas une autre grotte, proposa la guerrière d’une voix lasse, tandis qu’elle songeait déjà à camper sur place et à repartir aux premières et courtes lueurs de l’aube au lendemain.

- Il n’y avait pas d’autre entrée, il s’agit sûrement d’un test, dit l’Ondin qui semblait sûr de son observation.

- Un test de quoi ? C’est stupide, tu n’es pas en train de passer une formation de Traqueur. On a aucune instruction. Non, on a dû louper quelque chose. Et puis il n’avait pas l’air tordu, dans sa lettre. Quoiqu’avec les Illusiens, parfois, je ne sais jamais trop.

Faram haussa les épaules dans un geste obscur que la guerrière ne chercha pas à déchiffrer. Elle sortit et arpenta les environs, tâchant d’abord d’habituer ses yeux à l’obscurité pour avoir une vision d’ensemble, puis fouillant les flancs de volcan de sa lampe. Rien n’apparaissait.
Elle marcha ainsi un long moment dans le froid, de plus en plus dévorant et insupportable que la nuit avançait et que la fatigue la gagnait. Ces ténèbres constantes pesaient sur son cycle circadien, elle saisissait soudain pourquoi les Nordiques étaient si sensibles à la dépression et au suicide. Lorsqu’elle revint, vaincue par le climat et le manque d’indices, elle fut déconcertée par l’absence de Faram, si bien qu'elle refusa tout d'abord d'y croire, immobile face à son ancien emplacement. Elle crut tout d’abord que l’Officier avait rampé jusqu’au fond de la grotte pour s’abriter du vent, mais leurs affaires également avaient disparues. Or, il n'avait pas la force de les transporter, en plus de se traîner lui-même... A défaut d'une autre idée, elle fouilla la cavité de fond en comble et ne vit personne. Son cœur se mit à cogner dans sa poitrine. Faram avait-il été attaqué par une créature habitant normalement dans cette caverne ? Mais il était curieux qu’aucune trace de lutte ne soit visible, et que leurs affaires se soient volatilisées elles aussi. Etait-il parti seul explorer, ou s'était absenté pour répondre à des besoins naturels ? Pour la première option, il n'en avait pas la force, pour la seconde, il ne se serait pas embarrassé de leurs affaires... Ou alors, des pillards ? Adam Hongsi lui-même ? Mais si c’était le cas, pourquoi l’avoir délaissée à l’arrière, elle ?
A bout de nerfs, la Protectrice poussa un cri de rage et frappa de son pied botté contre le mur. Elle passa ses nerfs ainsi inutilement contre les parois millénaires de la grotte, épuisant son souffle mais diminuant la pression qui l'habitait. Haletante, épuisée, elle s'assit ensuite par terre et tenta de réfléchir à la situation calmement. C'est alors qu'entre le soufflet de sa poitrine, il lui sembla entendre un tambourinement singulier. Celui-ci semblait vibrer sur toutes les parois, ostensiblement. Elle l'entendait plus distinctement en collant son oreille contre le mur de pierre lisse. Le son, à peine distinguable, discret et lointain, rappelait celui de percussions, ou le battement d'un coeur rocheux. Comme si le volcan était un organisme vivant. Ou alors...

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MessagePosté le: 10/12/2018    Sujet du message: Le dernier maître de la terre

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